► E.D.I.T.O. : COUPS DE COEUR LUDOVOX 2021

En septembre, année après année depuis l’an de grâce 2017, la Rédac Ludovox mange décerne 7 macarons mettant en valeur 7 merveilles ludiques, des jeux ayant marqué notre année sur la période allant de juillet à juillet.

Juillet 2020 à juillet 2021… Une époque particulière s’il en est, marquée par des confinements et du distanciel. Malgré tout, l’équipe a joué, parfois même ensemble ! Dingue !

Les nouveautés sorties en français et trouvables en boutique délimitent comme chaque année notre terrain de chasse. Aux 7 jeux qui parviennent à fédérer l’équipe avec bonheur, s’ajoutent ensuite un petit coup de cœur personnel pour chacun des membres de la Rédac. 

 

             Coups de coeur 2017 – Coups de coeur 2018 –  Coups de coeur 2019Coups de coeur 2020

 

Il est à noter que ces derniers mois furent particulièrement riches en opulentes rééditions de jeux de (bon) goût, mais nous restons sur l’idée de mettre en avant des créations originales en premier lieu. Cela dit, si on vous propose une partie de Concordia, Maître Couturiers, ou Endeavor, allez-y de notre part. 

Alors quels sont-ils ces coups de cœur ?

Les voici, du plus petit au plus gros, suivis par les coups de cœur perso ! 

 

Le premier coup de cœur est toujours celui des petits joueurs, comme ça, ils peuvent aller se coucher ensuite. 😉

Doudou

Cette année, nous avons eu un coup de cœur pour un jeu s’adressant aux petits vraiment petits. Doudou est une petite boîte qui paie pas de mine, édité avec amour par Oka Luda à partir d’une idée originale de Xavier Violeau. Il s’agit d’un jeu coopératif dans lequel les joueurs mènent l’enquête pour retrouver le doudou grenouille qui s’est caché dans la chambre. Avec un nombre limité de tentatives proposées par les 7 tuiles enquête, nul ne connaît la solution, mais ensemble, parents et enfants tenteront de faire les choix les plus judicieux pour résoudre l’énigme. 

L’édition est top, les règles sont bonnes, la mécanique originale, accessible dès 3 ans ou 3 ans et demi, jouable de façon autonome dès 4 ans et demi. Ici l’adulte peut s’effacer ou entrer dans le jeu pour accompagner, et essayer de mettre en avant des systèmes de déductions complémentaires. Bref, c’est bien malin, le ton est le bon, avec la petite dose de hasard qui va bien (si au final l’enfant n’y est pas arrivé ou a connu un tirage malheureux on pourra dire que c’est la faute à pas de chance !) et porté par une édition qui sait viser juste sans surproduire. En bonus, le verso des cartes forme ensemble un puzzle à reconstituer (et qui n’est pas facile !). Testé et approuvé par nos pitits joueurs !

Pour aller plus loin dans la douceur : On en causait déjà ici et sinon vous avez toujours le Ludochrono 

Info : Un jeu de Xavier Violeau
Illustré par Pauline Verdal
Edité par okaluda
Distribué par Pixie Games
Pays d’origine : France
Langue et traductions : Français
De 1 à 4 joueurs
A partir de 3 ans
Durée moyenne d’une partie : 5/10 minutes

 

Mot malin

Comment arriverez-vous à faire deviner vos coordonnées à votre équipe avec un seul mot servant d’indice ? Quel lien trouverez-vous entre “Ours” et ”Docteur” pour que les autres joueurs trouvent vos coordonnées ? Oui Mot Malin s’inscrit dans la pure tradition des jeux de mots coopératifs. Mais en fait, Mot Malin est une cacahuète. Dès qu’on le voit, on en a envie. Il suffit de l’installer pour que les gens autour de la table comprennent instinctivement ce qu’il va se passer. D’ailleurs on vous a expliqué les règles en une ligne et demi. Voyez comment c’est accessible, à portée de main. Puis on croque dedans et là, satisfaction instantanée, on a envie d’y retourner, on replonge la main, encore et encore. Si vous aimez Codenames mais que vous souhaitez un titre plus rapide, plus nerveux, plus court, n’allez pas plus loin, il est là. La recherche du mot parfait génère toujours autant de crépitements du côté de nos petits neurones mais ici on ne se paralyse pas, le sablier pose le tempo, et les parties filent comme l’éclair. Un petit dernier avant de partir ? 

Pour aller plus loin dans l’association : lisons le Test ou regardons le Ludochrono 

Info : Un jeu de Gregory Grard
Edité par Blue Orange Games
Date de sortie : Février 2021
De 2 à 6 joueurs
A partir de : 7 ans
Durée moyenne d’une partie : 10 minutes

 

MicroMacro : Crime city

Si vous avez déjà cherché Charlie une fois dans votre vie, vous connaissez les règles de MicroMacro : Crime City. Et c’est d’ailleurs là une grande force du titre : son immédiate prise en main. Une scène de crime se cache dans le poster géant, si vous cherchez bien, vous trouverez l’instant d’avant et/ou l’instant d’après, pour saisir le mobile, l’arme du crime, l’alibi… Toute l’histoire, toutes les histoires car elles sont multiples (16 enquêtes), sont là, narrées en filigrane dans l’encre des allées de la ville que l’on apprend à connaître comme notre poche. 

Voici sans doute le buzz de l’année, et on n’est pas passés à travers à la Rédac, la boîte s’est baladée chez tout le monde comme on se partage un bon bouquin à ne pas rater, une friandise à croquer, une expérience à connaître. Dans l’immensité du chaos de la cité naît soudain, non sans humour, du sens, des points d’achoppement, des relations, des liens de cause à effets, de la vie. Grande fresque où rien n’est laissé au hasard, MicroMacro : Crime City brille par l’intelligence de sa mise en pratique ultra maîtrisée, l’originalité rafraichissante de sa proposition, et sa capacité à renouveler le jeu d’enquête sans attendre des joueurs la moindre lecture de texte descriptif.   

Pour aller plus loin dans le crime : Just played, Ludochrono, des infos sur la suite Full House

Info : Un jeu de Johannes Sich
Illustré par Daniel GollJohannes Sich
Edité par Edition Spielwiese
Distribué par Blackrock Editions
Langue et traductions : Allemand, Anglais, Français
De 1 à 4 joueurs
A partir de 10 ans
Durée moyenne d’une partie : 15 minutes

 

Botanik 

Dans l’intimité feutrée de son laboratoire, l’éminente chercheuse Beatrix Bury vient d’élaborer une technologie qui permet de générer mécaniquement toutes sortes de végétaux. Vous et votre adversaire entrez en lutte pour tenter de produire la machine la plus performante. Voilà un pur jeu à deux, à base de tuiles qu’il nous faudra placer intelligemment pour créer notre réseau. Trois tuiles sont disponibles, chacun en choisit une dans un aller-retour asymétrique, afin de les positionner sur un plateau partagé. D’ici, il faudra ensuite soit créer des liens (par type/couleur) qui nous permettront de mettre des tuiles de côté, soit au contraire couper ces liens afin de libérer des tuiles du plateau, qui iront se placer au mieux dans nos machines respectives. On agrandit nos réseaux en tâchant d’être cohérent, de créer des zones assorties, et relier ce qui doit l’être pour l’emporter.  

Tout tient dans le système de récupération des tuiles, avec un petit twist inédit qui ne paie pas de mine de prime abord,
Botanik recèle une profondeur insoupçonnable avec une multitude de mini situations sans cesse renouvelées à arbitrer. On doit tenter d’avoir un coup d’avance sur ce qu’il se passe pour optimiser chaque tuile en les débloquant à l’exact bon timing. L’interaction est assurée dans ce duo aux allures de duel avec parfois des coups un peu plus vaches à jouer ! Un jeu plutôt abstrait jouissant d’une édition minimaliste et pleine de charme avec son parti pris graphique fort et son boîtage ultra calibré qui se transporte aisément. Un bel objet ludique, qui sait trouver le bon rapport entre implication et plaisir, bref un jeu très efficace comme il se dit. 

 

Pour aller jardiner encore : Just played, Test, Ludochrono, Dans le Viseur

Info : Un jeu de Frank CrittinGrégoire LargeySébastien Pauchon
Illustré par Frank Dion
Edité par Space Cowboys
Distribué par Asmodee
Langue et traductions : Français
2 joueurs 
A partir de 10 ans
Durée moyenne d’une partie : moins de 30 minutes

 

Paleo 

Vis ma vie d’homme préhistorique, faite de survie et de chasse !
Dans ce défi coopératif, nous devons chaque jour survivre, préparer le feu et nourrir les membres de notre tribu avant la tombée de la nuit. On décide ensemble de la répartition des tâches (
exploration, mission, invention…), sans jamais savoir précisément ce qui nous attend. D’aucuns pourront acquérir des ressources utiles à la survie, d’autres de quoi fabriquer un objet, et parfois il faudra s’entraider, sachant que plus on avance, plus on explore, plus on s’arme pour surmonter les nombreux obstacles qui nous attendent. À la fin de la journée, il sera important de nourrir tout le monde, et qui sait, peut-être parviendrons-nous à peindre ce mammouth sur les murs de la caverne ?

Paleo est un jeu narratif qui, lui aussi, parvient à déployer son propos sans jamais avoir recours à du texte, tout en nous immergeant dans le quotidien d’une tribu en proie à des velléités pragmatiques : Ne pas mourir.
La mécanique de cartes est juste et brillante ; on a une idée de ce que l’on va faire, mais des surprises peuvent toujours intervenir (on peut se retrouver nez à nez avec un prédateur alors que l’on partait ramasser du bois, etc). Mais pas de panique, on pourra aussi demander le soutien de la part des autres joueurs. Intuitif et thématique donc. 
Le jeu est organisé en scénarios ; le niveau va augmenter doucement et des problématiques différentes vont pouvoir émerger (une fièvre rare qui décime la tribu, une tempête de neige, des bêtes qui rodent, etc) au travers des divers modules. L’auteur livre un système bien pensé grâce auquel on est jamais au bout de nos surprises.

On veut continuer à chasser l’info : Just played, Test, Ludochrono, de l’info sur une extension en approche

Info : Un jeu de Peter Rustemeyer
Illustré par Dominik Mayer
Edité par Hans im Glück Verlags-GmbHZ-Man Games
Distribué par Asmodee
De 2 à 4 joueurs
A partir de 10 ans
Durée d’une partie entre 60 et 90 minutes

 

Dune: Imperium 

Dune est une saga SF incroyable qui est en ce moment dans tous les esprits (en tout cas elle s’étale sur grand écran avec une certaine classe, mais c’est un autre sujet). Dune: Imperium nous propose quant à lui une expérience qui mélange deck-building et pose d’ouvriers dans un jeu d’affrontement/majorité. Tout le monde débute avec le même deck de cartes, ainsi qu’un Leader asymétrique. Peu à peu, nos decks se façonnent, nos forces et nos faiblesses se dessinent. Ces cartes sont le centre du jeu puisqu’elle nous permettent aussi d’envoyer nos Agents sur les zones du plateau. Il ne faut pas oublier de s’armer car les adversaires ne manqueront pas de se préparer aux combats qui rythment la partie. Qui va prendre le contrôle d’Arrakis ?

Le mélange de deck-building et de pose d’ouvriers tourne avec brio. C’est avec un savant équilibre que nous devons choisir nos actions en fonction des cartes que l’on a en main, mais aussi des opportunités sur le plateau. Oubliez les jeux de pose d’ouvriers où chacun joue dans son coin, ici l’interaction est centrale au jeu. À chaque fin de manche, un combat a lieu, selon les cubes que l’on aura engagés, mais quelques moyens de retourner les choses avec les cartes Intrigues peuvent aussi faire sensation. Cela donne un côté très vivant au jeu, car il n’est pas rare qu’un combat mal engagé connaisse quelques conclusions étonnantes.
On aime aussi l’asymétrie : il est possible d’incarner plusieurs personnages de la saga, Paul, le Baron Harkonnen, Leto, etc. L’effet est relativement limité mais suffisant pour que l’on garde une certaine liberté d’action et de choix tout en essayant de profiter des forces de son personnage. 
L’aspect deck-building est brillamment distillé avec la double utilisation des cartes, et leur grand nombre permet une belle rejouabilité avec pléthore de stratégies à explorer. Et la thématique ne s’arrête pas à la façade, elle est en fait plus subtile qu’il n’y paraît : on retrouve la rareté de l’eau, les immondes Sardaukars (des guerriers sans pitié), les vers des sables qui donnent de l’épice ou encore la carte Kwisatz Haderach qui oui, a un effet surpuissant mais en même temps, c’est conforme à l’œuvre 🙂

Pour s’enfoncer dans le sable : Just played, Test, Ludochrono, Dans le Viseur 

Info : Un jeu de Paul Dennen
Illustré par Clay BrooksNate Storm
Edité par Dire Wolf DigitalLucky Duck Games
De 1 à 4 joueurs
A partir de 14 ans
Durée d’une partie entre 60 et 120 minutes

 

Le dilemme du roi

On pourrait dire un soupçon de Reigns, un autre de Game of Thrones, et le tout en Legacy. Les joueurs incarnent des familles de conseillers royaux qui aimeraient tirer la couverture à eux. Ça veut dire favoriser certaines aires du royaume… et, avec force tractations, insister pour qu’on en délaisse d’autres. Chaque tour est un dilemme présenté sous forme de petite narration à laquelle les joueurs répondent à l’aide d’une enchère. Et celui qui a misé le plus de pouvoir signe l’édit, en assume les conséquences, qu’elles soient heureuses ou désastreuses.
De partie en partie, l’intrigue s’épaissit, l’histoire du royaume dessine une image de plus en plus précise, pour peu que l’on parvienne à lever le nez de l’urgence des dilemmes… et de ses propres intérêts.

Le Dilemme du Roi nous sort des clichés du jeu narratif d’exploration ou d’aventure. Ici, plutôt que résoudre un puzzle coopératif, on écrit ensemble l’histoire du royaume d’Anclisse. Non content de cette fraîcheur, le Dilemme du Roi apporte également cette touche collaborative (mais pas coopérative du tout) : dans une certaine mesure, on est ensemble, mais nos objectifs ne sont pas alignés. Ce jeu d’alliances flottantes laisse la part belle au jeu de rôle, à l’interprétation, mais, plus profondément, questionne sur le pouvoir. En effet, les familles vont parfois – souvent, inévitablement même – trahir leurs idéaux pour parvenir à leurs fins. Le propos porte.
Par ailleurs, le fil rouge de la narration ne se contente pas d’être un univers de med-fan typique : il y a une intrigue qui propose, là encore, des secrets, des instants de fanfreluche et de bizarrerie, qui n’épargne pas les joueurs de l’abject. Les jeux narratifs ont bien pris de la graine (et cette année passée a été truffée de bonnes pioches de ce côté, dont pas mal dans cette sélection !).

Pour continuer à régner : Just played, Test, Ludochrono, podcast

Info : Un jeu de Hjalmar HachLorenzo Silva
Illustré par Giorgio BaroniGiulia Ghigini
Edité par Horrible GuildIello
De 3 à 5 joueurs
A partir de 16 ans
Durée d’une partie entre 45 et 60 minutes

 

Et désormais place aux 7 coups de cœur personnels des membres de la Rédac !

 

► Coup de cœur spécial Fredo : My City 

« My City est un jeu de pose de tuile familial, dans la lignée d’un Patchwork, dans lequel les joueurs arrangent des bâtiments de différentes couleurs et différentes formes pour remplir une grille et scorer selon de multiples paramètres.

Le jeu de Knizia présente la particularité d’être « Legacy », c’est-à-dire qu’il contient une campagne évolutive et destructive, dans laquelle les règles et le matériel vont évoluer, à travers 24 parties différentes.

Enfin un jeu legacy qui a la bonne idée d’être compétitif et familial !
C’est un très grand plaisir d’enchainer les parties en famille/en couple, avec des règles simples, qui ne s’accumulent pas jusqu’à l’écœurement, permettant au jeu de rester dans son format tout le long de la campagne, avec des parties de 20 minutes chrono.
Les scorings proposés sont diversifiés et malins, et on reste accroché à la campagne jusqu’au bout, avec la possibilité de continuer à jouer le jeu même après. Une belle expérience à vivre. » 

Pour en savoir plus : Ludochrono, Just played, Test 

Info : Un jeu de Reiner Knizia
Illustré par Michael Menzel
Edité par IelloKosmos
De 2 à 4 joueurs
A partir de 10 ans
Durée moyenne d’une partie : 45 minutes

 

► Coup de cœur spécial Atom : Polynesia

« Le volcan sur l’île polynésienne où nous vivons est en train d’entrer en éruption, c’est le moment ou jamais de quitter notre terre paradisiaque, mais on sera en compétition avec les autres tribus. Concrètement, on explore de nouvelles routes, on collecte des ressources, et on tente de remplir des cartes objectifs.

J’ai choisi de consacrer Polynesia pour plusieurs raisons : en premier lieu, c’est un jeu qui propose une mécanique épurée et très simple, mais qui est aussi très interactive, car si nous façonnons nos routes nous empruntons aussi celles des autres joueurs. On peut également casser les chaînes de transmissions des adversaires. Le volcan est un événement semi aléatoire qui joue comme une épée de Damoclès, on ne sait pas quand il va exploser et si on a le temps de se mettre à l’abri, c’est lui qui donne un peu plus de vie au jeu. Le gameplay est simple à appréhender et les parties sont plutôt rapides et dynamiques. Pour ne rien gâcher l’édition est somptueuse, les illustrations de David Prieto et Laura Bevon sont à couper le souffle.

Mais j’ai choisi Polynesia aussi pour Ludonova, l’éditeur espagnol qui depuis des années, propose des jeux originaux avec des univers qui sortent un peu de l’ordinaire. C’est donc l’occasion pour moi de modestement saluer leur travail. »

On en parlait par ici, et on le Just playait par là (entre autres)

Info : Un jeu de Peer Sylvester
Illustré par David PrietoLaura Bevon
Edité par Ludonova
Distribué par Gigamic
De 2 à 4 joueurs
A partir de 14 ans
Durée moyenne d’une partie : 60 minutes

 

► Coup de coeur spécial Umberling : Destinies

« Destinies est un jeu narratif compétitif. On vit une aventure unique dans laquelle vous incarnez un personnage prêt à tout pour accomplir sa destinée. Chasseur aux sombres motivations, jeune faiseuse de miracle en quête de béatitude, médecin radié de son ordre… à vous de faire votre choix. Vous devez explorer l’environnement en récupérant des objets correspondant à votre but, ou en échanger. Un petit air de Legend of Zelda, quelque part. Sauf que. C’est une course. Le Mario Kart des jeux narratifs. Chacun veut accomplir sa destinée, d’une façon parmi deux, et ces destinées se télescopent.

Il y a dans Destinies un travail d’expérience utilisateur (UX) considérable. Vous ne vous posez JAMAIS de question : tout est logique : les objets ont un fonctionnement intuitif, et viennent compléter trois statistiques dont l’utilisation est maline. De plus, si vous échouez des actions, le mécanisme de rattrapage vous met aux commandes : vous gagnez de l’expérience qui vous sert à améliorer lesdites statistiques… mais vous choisissez comment !

Les histoires proposent aussi une vision finalement assez slave de la France médiévale et de son folklore, rappelant parfois l’ambiance de The Witcher. Quant à l’application, elle s’avère très agréable à manipuler et, là encore, des efforts sont faits pour qu’elle soit aisée à manipuler. Enfin, la trame narrative ne se résume pas à des séquences porte-monstre-trésor ; on trouve une certaine richesse et diversité d’intrigues sans pour autant compromettre le gameplay limpide. »

Pour continuer à explorer ce drôle d’univers : itw Lucky Duck, Ludochrono et Test

Info : Un jeu de Filip Miłuński
Illustré par Karolina JedrzejakMagdalena Leszcynska
Edité par Lucky Duck Games
De 1 à 3 joueurs
A partir de 14 ans
Durée d’une partie entre 90 et 150 minutes

 

► Coup de cœur spécial Shanouillette & Fouilloux : Tainted Grail

« Tainted Grail est un jeu coopératif dans lequel les joueurs plongent dans une aventure narrative puisant son inspiration dans les légendes arthuriennes et les mythes celtes. Oui, ce jeu a marqué notre année (si l’on considère que l’année va de juillet à juillet ^^), indubitablement (nous avons joué deux campagnes séparément), vu le nombre d’heures passées dessus, le nombre d’heures à raconter ensuite nos épopées, à rire de nos déboires, à partager nos astuces de combat, à ergoter sur la manière idéale de jouer le jeu (les règles nous donnent les curseurs sur lesquels agir pour trouver la formule qui nous sied), etc. Ce qui est assez abyssal, car c’est aussi ce qu’il se passait durant la partie, quand nos personnages partaient librement vivre diverses aventures dans ce monde ouvert et se retrouvaient ensuite pour partager leurs acquis, leurs découvertes, leurs coups durs et leurs échecs aussi.

Tainted Grail
présente une ambition démesurée, ludique et littéraire aussi, celle de reprendre à son compte toute la légende du roi Arthur, s’étalant sur 1400 ans d’histoire (pour les trois campagnes), pour la réécrire à sa sauce, avec ses revirements, ses héros, ses environnements. L’écriture est soignée, le parti pris fou, et l’aventure exigeante. Oui, il faut explorer, observer l’environnement, le modifier peut-être, retenir ce que l’on croise en chemin, qui servira probablement plus tard, oser certains choix sans retour, et se méfier, toujours, des apparences comme des dangers manifestes. 

Avec cet Awaken Realms, la campagne est longue et difficile, à l’aune de ce que vivent nos héros – qui n’en sont d’ailleurs pas de prime abord. L’exploration doit être mûrement réfléchie, la gestion des ressources aussi, et les combats peuvent saigner à blanc. Un jeu rugueux, sans concession, qui place la barre haut et tire toute l’industrie a un autre niveau de maturité avec son propos, qui sous sa noire patine fantasy, sonne comme une métaphore écologique et politique de notre monde. À ne pas mettre entre toutes les mains, vous êtes prévenus ! »

Pour apprendre la geste aussi bien que nous : Just played et Ludochrono

Info : Un jeu de Krzystof PiskorskiMarcin Swierkot
Illustré par Ewa LabakPiotr FoksowiczPiotr Gacek
Edité par Awaken Realms
De 1 à 4 joueurs
A partir de 14 ans
Durée d’une partie env 120 minutes

 

► Coup de cœur spécial Mattravel : Pandemic Legacy Saison 0

« Pandemic Legacy Saison 0 est le troisième opus de la série Legacy de Daviau et Leacock. Il s’agit du prequel des deux premiers scénarios, avant que le virus ne se propage sur notre belle planète. En 2015, le premier volet avait défrayé la chronique en proposant un mode de jeu legacy, qui avait connu un beau succès, suivi d’un second tome en 2017, tout aussi original que le premier. Quelques années plus tard, Z-man Games nous propose un troisième opus, qui se doit de se renouveler au risque de lasser les fans de la série.

Nous sommes en octobre 2020, la version française sort en pleine pandémie, et semble être une mise en abîme de ce que nous vivons dans notre présent. À la différence près que cette version parle de la création du virus, et que contrairement au premier volume, où il fallait traiter des maladies, au second qui nous demandait de gérer les stocks de nourriture, vous êtes ici plongé dans une ambiance de contre-espionnage en pleine guerre froide. Les cubes de maladie sont remplacés par des espions qu’il faudra éliminer ou éviter, les cartes villes séparées entre bloc soviétique, pays neutres et alliés et la trame narrative se hisse à la hauteur des enjeux de l’époque. Vous devrez découvrir ce que cachent les services secrets soviétiques, empêcher la création d’armes chimiques mortelles, enquêter sur des agents retournés, empêcher la fuite d’espions ennemis et fouiller des bâtiments à la recherche d’indices.

Aucune des 12 parties qui composent le scénario ne se ressemblent, chaque mois offrant son lot de surprises. Que ce soit du nouveau matériel qui compliquent vos missions, des bâtiments à visiter grâce à un ingénieux système de cartes à conserver en main, des fugitifs à empêcher en imposant des barrages sur le plateau, tout concourt à faire de cette édition une réussite aussi bien narrative que ludique. Enfin, la tension ressentie est au moins aussi forte que dans le jeu de base et il vous faudra bien gérer votre personnage qui malgré ces pastiches et ces fausses identités pourra se faire intercepter et recevoir des handicaps.

Une très belle édition, une réussite sur toute la ligne. Cette version numéro trois est pour moi la meilleure de la collection. »

Pour continuer à espionner le monde : Test et Ludochrono

Info : Un jeu de Matt LeacockRob Daviau
Illustré par Chris Quilliams
Edité par Z-Man Games
Distribué par Asmodee
De 2 à 4 joueurs
A partir de 13 ans

 

► Coup de cœur spécial Fanny : Jekyll VS Hyde

« J’ai eu beaucoup de mal à me décider cette année, je l’avoue, j’ai vraiment hésité entre trois jeux (Shamans, Shards of Infinity et Jekyll vs Hyde) que j’ai envie de défendre pour des raisons très précises. Après avoir retourné le problème dans tous les sens, mon choix s’est finalement porté sur Jekyll vs Hyde. 

Jekyll vs Hyde est un jeu pour deux joueurs exclusivement, dans lequel les personnalités du Docteur Jekyll et de Mister Hyde luttent pour être la celle qui l’emportera sur l’autre. Dans ce jeu de tir à la corde, le joueur incarnant Mister Hyde tente d’attirer le buste marqueur de personnalité dans son camp, tandis que Jekyll essaie de l’en empêcher. Le combat se matérialise à travers un jeu de plis où le but n’est pas de gagner le plus de plis possible mais, selon son rôle, de créer le plus grand écart possible entre le nombre de plis gagnés entre les adversaires, ou au contraire de réduire au maximum cet écart. 

Alors, pourquoi finalement avoir ce jeu ? La raison principale, c’est que ce jeu a été une très grande surprise pour moi. Amatrice de jeux de plis depuis longtemps, je suis assez exigeante lorsqu’une nouveauté arrive dans cette catégorie. Sans être une révélation de prime abord, c’est en enchaînant les parties que j’ai découvert tout le potentiel et les subtilités du jeu. 

Véritable mix de contrôle et de chaos, on pourra y jouer de façon légère sans trop d’investissement ou alors de manière très calculatoire. Et c’est ce qui me semble être là une grande force du titre. Il saura ravir des joueurs occasionnels comme les joueurs les plus aguerris qui analysent chaque possibilité. En somme c’est un jeu accessible mais aussi très profond. Une belle cohérence thématique / mécanique et une édition épurée et qualitative dans un petit format de boîte viennent parfaire le tableau et entériner mon choix ! »

Pour vous décider entre Jekyll et Hyde, vous avez là aussi le Ludochrono et le Just played

Info : Un jeu de Geon-II
Illustré par Vincent Dutrait
Edité par Mandoo Games
Distribué par Blackrock Games
 2 joueurs
A partir de 10 ans
Durée moyenne d’une partie : 20 minutes

 

► Coup de cœur spécial Sha-Man : Shards of Infinity 

« Bon, vu qu’il y a déjà du monde pour défendre Tainted Grail, je décide d’accorder mon coup de cœur à Shards of Infinity. En réalité, cela fait depuis 2018 que nous y jouons, avec la version anglaise, autant vous dire qu’on a quelques parties dans les pattes ! Le fait d’avoir la version française permet de le sortir encore plus facilement et d’y jouer avec les plus jeunes. Shards est un jeu de deck-building dont l’ADN s’inscrit directement dans la veine des jeux à la Star Realm, avec un affrontement direct à coup de combo. Il n’est donc pas le premier, mais il est le meilleur.

Star Realms, aussi rafraîchissant qu’il fût à sa sortie, a des tendances à nous pousser vers des combo monolithiques et des possibilités de synergies avec plus d’une couleur plutôt risquées et rarement aussi efficaces qu’un deck 1 ou 2 couleur(s). Avec Shards, on ouvre les fenêtres. Les cartes suivent le même concept, mais montrent des effets plus variés et des contraintes de synergies moins fortes (l’accord de plusieurs types de cartes, la destruction et la défausse, les déclencheurs basés sur la maîtrise…) ; Shards apporte des nuances (avec par exemple la mécanique des Mercenaires) et une double condition de victoire qui lui donne une plus grande richesse et rejouabilité.
C’est le jeu qui sort ultra facilement et dont on enchaîne les parties, trois, quatre fois d’affilée. Avec un système à plus de deux qui marche très bien, occultant les « hey pourquoi tu me tapes moi ?! »… vu qu’on tape sur tout le monde en même temps. 😀 À noter que les extensions sont légères et très facilement intégrables quand on commence à bien connaître le jeu pour lui redonner encore un peu plus de souffle. Bref, une valeur sûre pour les amateurs du genre. »

Pour continuer à taper le carton de façon joviale : Test, Just played, Ludochrono

Info :  Un jeu de Arant GaryJustin Gary
Illustré par Aaron Nakahara
Edité par IelloStone Blade EntertainmentUltra Pro
De 2 à 4 joueurs
A partir de 10 ans
Durée moyenne d’une partie : 30 minutes

 

Comme l’an dernier, on vous en cause aussi en vidéo 😉

 

Et voilà, c’est tout pour cette année ! Mais on a déjà des idées pour la prochaine 😉

À suivre ! 😉

 

 

2 Commentaires

  1. Djinn42 30/12/2020
    Répondre

    Belle selection. Dune : Imperium et Shards of Infinity sont effectivement très bon. J’ai limite préféré Tortuga 2199 à Dune : Imperium pour ses différents lieux pour piocher. Mais le thème de Dune fonctionne à merveille, quand celui de Tortuga est presque anecdotique. De vrais pirates du XVIII siècle auraient été aussi bien.

    J’ai une table Le Dilemne du Roi et une autre Tainted Grail en cours. Le premier est déroutant avec son mélange d’enchère et de narratif mais fonctionne excellemment bien. Il faut la bonne tablée pour ça. Le second offre une expérience unique avec un matériel et des régles relativement contraintes. On ne s’ennuie pas, c’est plein de bonnes idées et la narration est très maline.
    Gros coup de coeur.

     Destinies à essayer, ça a l’air chouette.

    Belle sélection.

  2. Knightbob il y a 27 jours
    Répondre

    Merci pour cette sélection annuelle toujours très bien argumentée et assumée!

    Je partage totalement le coup de coeur pour Tainted Grail! Ce jeu est une tuerie narrative! Les nombreux lieux regorgent d’interactions et d’explorations, faisant vivre ce monde crépusculaire de dark fantasy dépeint merveilleusement bien.

    Nous sommes devenus accros à notre campagne en cours!

    Par contre, quand vous dites que cela se déroule sur 1400 ans d’histoire, si vous voulez parler de l’ensemble des 3 campagnes c’est plutôt sur 1000 ans d’histoire il me semble (Age of legends 600 ans avant / The Last knight 400 ans après).

Laisser un commentaire