Jeux de civilisation : un tour d’horizon

Un jeu de civilisation est un jeu qui vous place à la tête d’un peuple que vous mènerez à travers les âges. La politique, l’économie, la culture, la science, le type de gouvernement, la religion et la guerre sont autant de paramètres à gérer et ceci sans que l’un d’entre eux ne soit prépondérant.

Le genre s’apparente au 4 X, popularisé dans les jeux vidéo par la série Sid Meier’s Civilization, 4 X signifiant eXploration, eXpansion, eXploitation, eXtermination.

Pour définir la liste, forcément subjective, des jeux cités dans cette article, je suis allé sur BGG et j’ai cherché les jeux de la catégorie « Civilisation ». J’en ai dénombré 814. J’ai donc sélectionné ceux auxquels j’ai joué plus d’une fois. En résulte un petit tour d’horizon des jeux de civilisation.

Civilisation, le plus ancien

jeu de société civilisation ludovox

À tout seigneur, tout honneur. S’il ne devait en rester qu’un ce serait celui-ci. Civilisation de Francis Tresham, édité par Avalon Hill, localisé en France par Descartes, est le tout premier du genre (1980), celui qui donne le « La » en matière de jeux de civilisation. Le genre y est irrémédiablement défini : la gestion du peuple, la recherche technologique, les interactions entre les peuples, les côtés militaire, politique et commercial. De 8 000 av JC jusqu’à l’avènement de Rome au troisième siècle avant JC, de 2 à 7 joueurs s’affrontent pour imposer leur culture. C’est après avoir découvert ce jeu que Sid Meier avoue avoir pensé à son Civilization en jeu vidéo, aujourd’hui la franchise du genre la plus connue à ce jour.

Son point faible est la longueur de ces parties (au moins 6 heures). Pourtant, à l’heure où les jeux durent de moins en moins longtemps, l’ancêtre, indisponible sauf sur le marché de l’occasion, s’est réinventé en 2015 sous la forme d’une réédition XXL : Mega Civilization, qui permet de jouer de 5 à 18 joueurs (!) pour des parties à rallonge certes, mais aussi mémorables.

 

Through the Ages, le plus stratégique

 

jeu de société through the ages ludovoxjeu de société through the ages a new story of civilisation ludovox

Through the Ages, ou TTA pour les intimes, est selon moi le jeu de plateau de civilisation le plus abouti sur le marché. L’auteur, Vlaada Chvatil, y réussi le coup de maître de composer tous les ingrédients d’un jeu de civilisation en le transposant aux jeux de société sans que l’on perde en terme de stratégie, d’immersion et de choix cruciaux proposés. Son défaut est que dans sa première version le côté militaire était trop important par rapport aux autres développements. Toutefois, dans la réédition de 2015, Through the Ages: a New Story of Civilization, cette aspérité militaire est soigneusement rabotée par son auteur. Le jeu est toujours aussi riche mais ne souffre plus de la prépondérance d’un des domaines. Quasiment indispensable pour 2 à 4 joueurs motivés, en comptant un heure de jeu par joueur, ce qui est selon moi le temps idéal pour un jeu de civilisation afin de bien sentir le souffle épique sans que ça devienne trop long.

 

Nations, le plus tactique

jeu de société nations ludovox

C’est le jeu où il faudra faire preuve de plus d’opportunisme que les autres, au détriment de la stratégie pure. Difficile, en effet, dans ce jeu d’échafauder un plan dès le départ. Ce sont les cartes que vous acquérez sur le marché qui feront le boulot de votre stratégie. Ici on raisonne moins en plan général que dans les moyens de parvenir à la victoire. Le jeu est donc éminemment tactique, rapide entre chaque tour de joueurs et plutôt facile à prendre en main.

Nations s’est décliné en 2014 en un jeu de dés, Nations: the Dice Game, jeu dans lequel on retrouve le souffle de l’original mais dans un temps plus court (45 min contre 3 heures à 5 joueurs). Y réside toujours le hasard de la sortie des cartes auquel se rajoute celui des dés que l’on lance pour attribuer de la force, des ressources, de l’argent, de la culture (avec les livres).

 

Patchistory, le plus original

jeu de société patchistory ludovox

Ce jeu coréen, publié en 2013 et localisé par Iello, renouvelle le genre en y ajoutant une composante patchwork pour gérer sa civilisation. Après avoir acheté aux enchères la carte qu’il désire, le joueur doit la placer en la superposant aux cartes déjà présentes dans son tableau. C’est original tout en reprenant les bases d’un jeu de civilisation : vous devrez gérer votre argent (pour acheter les cartes), la culture (pour gagner), la nourriture (pour former de nouveaux ouvriers et entretenir ses héros), les ressources (pour construire ses bâtiments, faire la guerre et entretenir ses merveilles), la politique (pour faire des actions de diplomatie et/ou d’administration), le transport (pour le mouvement des ouvriers et les échanges), le militaire (pour entrer en guerre ou menacer) et la défense (pour se défendre pardi). Un jeu injustement méconnu à mon goût.

 

Sid Meier’s Civilization : the Board Game, le plus fidèle

jeu de société sid meier's civilization ludovox

La boucle est bouclée. Après avoir été influencée par le jeu de société, la franchise vidéo Sid Meier’s Civilization inspire à son tour un jeu de société en 2012. C’est la version 5 du jeu vidéo qui est ici adaptée au jeu de plateau.

C’est pour moi le jeu de civilisation le plus beau en matière d’esthétique mais il souffrait avant l’arrivée de ses extensions de certains déséquilibres entre certaines civilisations (les Russes notamment sont trop forts). Les extensions heureusement rajoutent des leaders et il est ainsi possible d’écarter ceux au pouvoir trop grand. Car vous l’avez compris, c’est un jeu de civilisation asymétrique. Chacun démarre avec une civilisation possédant ses propres bonus et/ou caractéristiques.

C’est aussi le jeu le plus fidèle à l’esprit du jeu vidéo éponyme. Kevin Wilson, l’auteur, s’accapare du jeu vidéo pour proposer un jeu de société avec 4 types de victoire différente (culturelle, scientifique, économique et militaire), des grands personnages, des barbares, des ruines antiques (les villages), des ressources, des éclaireurs et, comme je l’ai dit plus haut, des civilisations de départ asymétriques. Si vous aimez le jeu vidéo, laissez-lui sa chance.

À noter qu’il existe un autre jeu de société avec quasiment le même nom, Sid Meier’s Civilization: the Boardgame (notez l’absence d’espace entre board et game à l’inverse de celui dont je parle majoritairement ici). Ce jeu date de 2002, est introuvable et est réputé injouable donc on ne s’éternisera pas dessus.

 

Clash of Cultures, le plus comboteur

jeu de société clash of cultures ludovox

Clash of Cultures couvre sensiblement la même période que l’ancêtre, Civilisation, et se joue en une heure par joueur pour 2 à 4 joueurs.

Allez je l’avoue, c’est celui que je préfère le moins dans cette liste. D’abord je ne retrouve pas le frisson de l’immersion habituel dans un jeu qui privilégie grandement le côté découverte scientifique. Ensuite il possède un côté gestion/combo trop prononcé qui ne se marie pas bien à mon goût avec le genre civilisation. Enfin, mais peut-être parce que je n’ai pas donné assez sa chance à ce jeu, je regrette que les conflits culturels avantagent trop ceux qui les déclenchent en premier.

 

Twilight Imperium, le plus épique

jeu de société twilight imperium ludovox

Ce jeu de civilisation passe du côté de la science-fiction en nous mettant à la tête de différentes races extra terrestres, de manière asymétrique (pouvoir différent pour chaque race).

Je l’annonce d’emblée, c’est celui qui en fin de partie me donne la plus grande sensation d’accomplissement et l’envie inextinguible de « refaire le match ». Celui dont la profondeur de jeu est sans égale. Mais celui dont l’investissement (à l’exception de TTA) et la durée de jeu (à l’exception de Civilisation) sont les plus importants de cette liste. Comptez au moins six heures pour une partie à six joueurs (la meilleure configuration).

Si vous jouez sans l’extension Shattered Empire, il est préférable de changer la règle de la carte « imperial » en baissant de 2 à 1 le nombre de points de victoires donnés par cette carte, quitte à diminuer le nombre de points pour arriver à la victoire. En effet, et c’est pratiquement le seul défaut que je trouve à ce jeu, les 2 points initiaux sont exorbitants et font que chacun prend en priorité cette carte lorsque c’est son tour de jouer en premier, laissant un arrière goût de répétition et d’inéluctable.

 

Space Empires, le plus wargame

jeu de société space empires ludovox

Les chats ne font pas des chiens. Lorsque l’éditeur américain GMT sort un 4X, la sauce est volontairement relevée avec du wargame. Plateau en hexagone tout noir pour représenter l’espace (quelle autre couleur en fait ?), pions de wargames pour figurer les troupes et les planètes, l’ensemble est aussi sobre, certains diront austère, que les règles, écrites sans guère d’illustrations et sur le mode voir paragraphe 6.3.2.

Sous l’angle de la science-fiction, Space Empires donne le beau rôle aux unités militaires et à leur management avec des mécanismes assez calculatoires quant au recrutement. Le pitch est simple à souhait : vous construisez votre empire puis vous allez poutrer celui des autres.

Jouable de 2 à 4 joueurs, Space Empires propose aussi une version solo très intéressante. Certains pourront opposer le fait que ce 4X n’est pas un véritable jeu de civilisation, pourtant tout y est : l’arbre technologique, le volet exploration, le côté économique même si c’est surtout à la guerre que vous devrez penser et vous préparer.

 

Eclipse, le plus gestionnaire

jeu de société eclipse ludovox

Encore un jeu de civilisation dans l’espace. Mais cette fois-ci la part belle est faites à la gestion de trois ressources, les crédits pour agir et contrôler des territoires, la science pour rechercher de nouvelles technologies et les matériaux pour construire les vaisseaux et les structures spatiales.

Il est possible de jouer avec des civilisations avec les mêmes caractéristiques de départ mais aussi de manière asymétrique, avec des caractéristiques différentes.

Même s’il fait partie de la sous-famille de l' »eurocivilisation », Eclipse se caractérise par une grande liberté dans le choix de ses actions, la nécessité d’avoir le bon timing en ce qui concerne l’ordre de ses actions, tout en maintenant la pression militaire sur ses adversaires.

 

Antique, le plus dépouillé

jeu de société antique ludovox

Sans dé et sans carte, Antique propose en 2005 un jeu de civilisation quasiment dénué de hasard. Grâce à sa célèbre roue d’actions, popularisée par la suite par Imperial et Navegador, Mac Gerdts nous offre une contribution très fluide au jeu de civilisation. Cette roue est découpée en huit camemberts, chacun représentant une action. A votre tour vous pouvez vous déplacer dans le sens horaire, gratuitement jusqu’à trois camemberts, et en payant au-delà. C’est comme cela que vous choisissez l’action que vous faites à chaque tour.

Tout en se développant les civilisations tentent d’attirer vers elles de grands personnages (rois, sages , généraux, citoyens). En acquérir un nombre spécifique, variable selon le nombre de joueurs, permets de gagner la partie. Dans ce jeu, rien n’est cosmétique, rien ne dépasse, c’est le jeu de civilisation le plus dépouillé.

Antique II voit le jour en 2014, améliore la première version tout en ne proposant pas de changements spectaculaires.

 

Scythe, le plus eurogame

jeu de société scythe ludovox

J’aurai pu dire le plus actuel, tant Scythe, après avoir remporté l’As d’or expert cette année, fait le buzz en ce moment. Issu d’une campagne participative sur Kickstarter, la localisation en français, après avoir été momentanément assurée par Morning, sera assurée par Matagot dans un futur proche. Mais à l’heure où j’écris ces lignes, il y a une rupture du côté éditeur et les prix flambent sur le marché de l’occasion (j’en ai vu partir à 125 euros pour un prix de 70 en boutique).

Ce buzz est surtout le résultat d’un excellent jeu de Jamey Stegmaier avec les illustrations les plus belles que l’on peut trouver sur les cartes d’un jeu de civilisation et même d’un jeu tout court selon moi. L’auteur s’est associé avec l’artiste Jakub Rozalski, dont je vous encourage à googler son nom pour découvrir son travail.

Le plumage est donc du plus bel effet et le ramage lui est porté sur la gestion de kubenbois. Scythe est une sorte de jeu de civilisation mâtiné d’eurogame où la gestion des ressources aura une importance capitale.

 

Huit minutes pour un empire, le plus léger

jeu de société huit minutes pour un empire ludovox

Sans aucun doute le plus léger car comme son nom l’indique, il ne faut que huit minutes (en fait, un quart d’heure, pour mon groupe de joueurs) pour mener sa civilisation à la victoire. Bien que le souffle épique ne soit évidemment pas au rendez-vous, le genre est respecté avec un développement à la fois militaire, diplomatique et économique. Certains puristes objecteront que la recherche technologique n’est pas présente et qu’il n’y a pas plusieurs types de victoires (on compte simplement à la fin les points des territoires où on est majoritaire et de ses sets de ressources). Mais le jeu de Ryan Laukat est d’une remarquable ingéniosité et permets de s’essayer au genre, de 2 à 5 joueurs, quand on a que quelques minutes devant soi.

 

Roll through the ages, le plus hasardeux

jeu de société roll through the ages ludovox

Spin-off de Through the Ages, Roll Through the Ages propose de mener le développement de votre civilisation avec des dés et en moins de 45 minutes.

En lançant les dés, les joueurs accumulent de la nourriture pour nourrir leur population, des ouvriers pour construire d’autres cités et/ou monuments, des pièces d’or pour acheter des développement technologique et des ressources qu’ils vendront au marché rajoutant ainsi à leur stock de pièces d’or.

Le jeu met aussi l’accent sur des catastrophes. Vous devrez essayer d’éviter au possible les sécheresses, la peste, les invasions ou les révoltes qui feront abandonner des points, points dont le total le plus élevé en fin de partie annonce le gagnant.

 

Tigre et Euphrate, le plus classique

jeu de société tigre et euphrate ludovox

Moi qui ne qui ne suit un grand aficionado du très prolifique Reiner Knizia, je considère toutefois Tigre et Euphrate de 1997 comme son chef d’œuvre.

Le jeu se déroule en Mésopotamie, dans l’ancien croissant fertile qui a vu naître les premières civilisations humaines et le développement de chaque civilisation se fait par la pose de tuiles sur le plateau. Chaque joueur dispose de 4 leaders qui collectent des points de victoire dans 4 domaines différents (paysannerie, commerce, religion et gouvernement). Le score final est le nombre de points dans son domaine le plus faible. Cette simple règle oblige à un développement harmonieux et non spécialisé entre les 4 domaines, ce qui est un peu la marque de fabrique des jeux de civilisation : tout est important, il ne faut rien laisser de côté.

 

Hyperborea, le plus fantastique

jeu de société hyperborea ludovox

Dans un univers médiéval-fantastique, Hyperborea, jeu italien, innove en utilisant le mécanisme du « bagbuilding » : vous allez construire votre civilisation en piochant des cubes dans un sac. Ces cubes de couleurs représentent les spécialisations de votre civilisation : guerre, commerce, mouvement, science, croissance et construction. A certains moments des cubes gris, inutiles, se rajouteront dans votre sac, représentant la corruption et le gaspillage des ressources. A son tour un joueur pioche trois cubes dans son sac et essaie de réaliser des combinaisons pour activer les technologies qu’il possède.

Hyperborea est une bonne surprise pour moi car son mécanisme décrit plus haut donne une grande fluidité au jeu. Les tours s’enchaînent très vite et l’on peut jouer jusqu’à six avec des peuples asymétriques sans trop attendre entre deux tours de jeu, d’autant plus que le piochage des cubes se fait en fin de tour, laissant le tour des autres pour réfléchir à ses actions.

 

Mare Nostrum, le plus antique

jeu de société mare nostrum ludovoxjeu de société mare nostrum2 ludovox

Sans doute un 4X mais pour être un vrai jeu de civilisation il lui manque le volet recherche technologique ou scientifique qui donne la sensation de l’écoulement du temps à travers les âges. Ici l’on est à la tête de civilisations antiques Babylone (Hammourabi), Rome (César), la Grèce (Périclès), l’Égypte (Cleopâtre), Carthage (Hannibal) et l’on se développe et l’on combat dans l’antiquité, sans que les armes ou les bâtiments ne s’améliorent.

Tandis que la première version de 2003 était un petit joyau, notamment grâce à sa phase de commerce, celle de 2016 me laisse un arrière goût d’inachevé. Pourquoi contraindre le chef du commerce à choisir entre six possibilités plutôt que de lui laisser l’entière liberté de choix, ce qui faisait le sel de la phase commerce ? Pourquoi avoir le droit de poser un bâtiment dans une région le même tour où l’on pose une influence, rendant presque cosmétique le plateau tant la géostratégie a perdu son importance ? Pourquoi avoir abaissé le prix des héros et merveilles les rendant disponible à chacun quasi à chaque tour ? Et que dire de l’esthétique du plateau qui a grandement perdu en clarté, notamment en ce qui concerne l’emplacement des ressources. Certes, je comprends la volonté des auteurs, Serge Laget et Bruno Cathala, de diminuer la durée de jeu pour l’adapter aux standards actuels et de simplifier les règles mais le résultat est pour moi une simple course à l’échalote. C’était un jeu de passionné, c’est devenu un jeu familial +. Pas convaincu par la nouvelle mouture, toujours amoureux de la première. Pour être honnête je dois préciser que si l’on regarde les notes de ces 2 jeux sur BGG, la majorité des joueurs pense l’inverse de moi, la mouture de 2016 ayant une meilleure moyenne non pondérée que celle de 2003 (7,80 sur 10 contre 6,75).

 

Les laissés pour compte (mais pas trop)

J’aurai pu développer les jeux qui suivent mais soit parce que je n’y ai jamais joué, soit parce que je n’y ai joué qu’une fois (toujours un mauvais signe quand la seule fois commence à dater), je préfère rester succinct.

The Golden Ages, un jeu de civilisation en moins de 2 h. À découvrir.

Age of Empires III, un jeu qui revisite l’ère des découvertes et de l’exploration de la planète.

History of the World, auquel je n’ai joué qu’une fois il y a plus de 5 ans, mais, exception confirmant la règle, à qui je redonnerai sa chance si je trouve une boîte sur le marché de l’occasion.

Seafall, un jeu de civilisation orienté découvertes (eXploration) mixé avec le système Legacy, popularisé par Rob Daviau.

Cyclades, un jeu de civilisation à la sauce des dieux de l’ancienne Grèce. Ne m’a pas captivé.

Deus, un autre jeu de civilisation à tendance mythologie permettant de jouer en une heure, une heure et demi max. Sans doute le plus abstrait des jeux de cette liste et fatalement le moins immersif.

The Flow of History et Guns & Steel, deux jeux de cartes par le même auteur taïwanais, Jesse Li. [NDLR : on parlait il y a peu de The Flow of History.]

Historia, un jeu de civilisation que je conseille à ceux qui jouent en solo, pas vraiment aux autres.

Imperial Settlers est à essayer un jour si j’arrive un jour à passer outre l’illustration cartoonesque de la boîte, rédhibitoire pour un jeu de civilisation selon moi.

Innovation, un jeu de cartes de Carl Chudyk (la Gloire de Rome) et je peste de ne pas avoir encore essayé.

Olympos, un jeu de civilisation simplifié mais pas simpliste de Philippe Keyaerts qui introduit la notion de gestion du temps.

Antiquity, Roads & Boats et The Great Zimbabwe, publiés tous les trois chez l’éditeur Splotter, représentent mes fortes envies de découvertes du moment. Des jeux de civilisation avec une composante économique proéminente.

Struggle of Empires, un Martin Wallace de la grande époque dans l’univers de la colonisation.

Vinci, l’ancêtre de Small World, autre jeu de Philippe Keyaerts, est surtout un jeu de conquête de territoires mâtiné de civilisation.

Je terminerai ce tour d’horizon par une mention spéciale pour le jeu qui fait le plus pour la propagande des jeux de civilisation, le jeu le plus primé de tous les temps, le jeu qui n’a plus besoin d’être mis en lumière, 7 Wonders. C’est une très bonne initiation aux jeux de civilisation et un excellent tremplin vers des jeux plus costauds si affinités. 

21 Commentaires

  1. Remi 27/04/2017
    Répondre

    Innovation est en effet vraiment a tester rapidement! C’est un excellent jeux. A preferer toutefois a 2j ou 3j max. Trop aléatoire à 4 et 5j (avec extension)

    merci pour l’article

    • Photo du profil de kabrateo
      kabrateo 27/04/2017
      Répondre

      Je l’essaie dès que je peux !

      • ocelau 27/04/2017
        Répondre

        A 4 joueurs il y a une variante par équipe (en gros en joueur 2*2 comme avec les conditions de victoire d’une partie à 2) qui tourne plutôt bien, même si la config la meilleure reste à 2.

        A savoir que c’est un peu à part des jeux de civ, ici le coeur du jeu est vraiment l’innovation (trouver les bonnes techno, savoir les gérer et surtout s’adapter aux évolutions) , il n’y a pas tous les leviers d’un jeu de civilisation (pas vraiment de ressource, ni population, ni expansion territoriale même simulée). A part cette « limite », c’est un excellent jeu.

  2. Photo du profil de Maruk
    Maruk 27/04/2017
    Répondre

    La boucle est bouclée. Après avoir été influencée par le jeu de société, la franchise vidéo Sid Meier’s Civilization inspire à son tour un jeu de société en 2012. C’est la version 5 du jeu vidéo qui est ici adaptée au jeu de plateau.

    –> Sauf erreur de ma part, c’est Civilization 4 qui a été adapté. En effet, à partir de Civ5, les cases sont exagonales, et non carrées.

    Sympathique article en tout cas 🙂 Et en plus je suis fan du genre, car j’ai joué à tout sauf à Nations, Patchistory, Clash of Culture, et Space Empire.

    Mon préféré reste Through the Ages, la V3 de chez Iello.

    • Photo du profil de kabrateo
      kabrateo 27/04/2017
      Répondre

      Effectivement les cases sont carrées dans le jeu de société à l’inverse de civilization 5 qui fait apparaître les cases hexagonales dans la franchise. De plus, pas grand choses dans les règles du jeu de société ne permets de savoir s’il s’inspire de civ 4 ou civ 5. Pourtant civ 4 est apparu à l’automne 2005 et civ 5 en septembre 2010 et je me souviens que quand j’ai acheté civ 5 il y avait dans la boîte une pub preview pour le jeu de société. C’est pourquoi j’ai écrit que c’est civ 5 qui est adapté. Il s’agit plus d’une parenté temporelle plutôt que ludique. 😉 Sinon, parmi les jeux auxquels tu n’as pas joué, je te conseille d’essayer Patchistory, il renouvelle bien le genre.

  3. Florent 27/04/2017
    Répondre

    Et Myrmes?

    • Photo du profil de kabrateo
      kabrateo 27/04/2017
      Répondre

      Myrmes n’est pas un jeu de civ pour BGG. IL n’apparaît pas dans les 814 jeux de civ.

      • Florent 28/04/2017
        Répondre

        N’y a-t-il pas là matière à débat? Le jeu a tout les éléments des définitions fournies dans l’article et les commentaires sauf un aspect guerrier direct. Cela dit, l’aspect guerrier n’est pas totalement absent puisque l’on a bien besoin de soldats pour attaquer les territoires adverses… Donc il ne manque que l’aspect défensif, ce qui ne rend le jeu que plus fourbe et agressif.

        Quand au thème: de l’avoeu de l’auteur, le goût des fourmis est venu de l’univers des romans de Werber. Donc L’univers du jeu en est imprégné, donc la personification est parfaitement présente. Donc ce n’est pas moins une gestion de civilisation que lorsque l’on parle d’extra terrestre (une autre espèce quoi…).

        Donc… bgg se tromperait-il?

         

        Enfin à part ce point de débat, l’article est vraiment top, bien écrit, bien construit, instructif… On voudrait tous les essayer, mais ca en fait des dizaines d’heures de jeu. Et des centaines d’heures de lecture de règles…

  4. Photo du profil de fouilloux
    fouilloux 27/04/2017
    Répondre

    Moi j’aurais dis 7 Wonders. Bon finalement la question c’est: c’est quoi un jeu de Civ?

    • Photo du profil de kabrateo
      kabrateo 27/04/2017
      Répondre

      Je parle de 7 Wonders en fin d’article et je propose une définition d’un jeu de civ en début d’article.

  5. Sycla63 27/04/2017
    Répondre

    Autre référence au travail déjà titanesque de Kabrateo (Bravo à lui au passage)

    Olympus (et pas Olympos) est un jeu de Civ par les auteurs de kingsburg.

    Pas de hasard dans ce jeu puisque, comme dans Mage Wars, les joueurs ont toutes les cartes accessibles à tout moment. Elles sont plus ou moins chères et représentent quasiment un « tech tree » à gravir stratégiquement tout au long des parties.

    Certaines cartes sont cependant uniques et communes (il y a donc une petite course pour les obtenir).

    C’est un placement d’ouvrier « non bloquant mais… », qui peut durer de 60 à 120-150 minutes suivant le nombre et la vitesse des joueurs. Le petit twist réside dans le fait que chaque action à une version puissante (la place pour un ouvrier seulement) et une version normale (autant d’ouvrier que l’on veut). A nous de gérer le tempo pour profiter de ce dont on a besoin dans le tour.

    Passé un peu en dessous des radars il y a bientôt 7 ans, trouvable pour peu cher, voilà un jeu de Civ avec du matos qui vous fera varier et passer un bon moment avant d’en avoir fait le tour.

  6. Photo du profil de Grovast
    Grovast 27/04/2017
    Répondre

    Intéressant listing, je suis toujours content de trouver des chroniques de fond sur le Vox.

    J’aurais trouvé encore plus passionnant d’attaquer le sujet sous différents angles (avec ou sans carte géographique, importance de la diplomatie, différentes mécaniques permettant d’implémenter un arbre technologique…) et de les illustrer avec des exemples de jeux.

    Après, ce genre de de synthèse est sans doute encore plus difficile à mettre en forme, et ton approche en liste a le mérite d’être plus digeste.

  7. Photo du profil de eolean
    eolean 27/04/2017
    Répondre

    Merci pour cet article. Il s’agit d’un genre de jeu que j’affectionne également particulièrement. Pourtant, et c’est tant mieux, mon préféré est clash of culture. Un jeu où j’ai vraiment la sensation de choisir l’axe de développement de ma civilisation en choisissant le gouvernement le mieux adapté. TTA est également excellent tout comme civilisation.

    Mais, il y a beaucoup de jeux que, moi, je ne placerai pas dans la catégorie des jeux de civ. Scythe, hyperborea, tigre et euphrate, même le très bon innovation n’y rentrerai pas selon moi. C’est juste une histoire de sensation de jeu. Quand je démarre un TTA et un Scythe, je ne vais pas du tout jouer sur les mêmes sensations de jeu (histoire à travers les âges, progression scientifique, choix de gouvernement, etc…). Alors qu’entre TTA, civ et clash, on retrouve ces sensations par exemple.

    Après c’est affaire de sensibilité justement 🙂

    Merci en tout cas pour l’article qui met un peu de lumière sur un genre que j’adore !

  8. Varlsack 27/04/2017
    Répondre

    Probablement parmi mes jeux favoris ! Merci pour cet article, certes un peu consensuel, mais qui donne un bon aperçu du panorama en la matière.
    Question subsidiaire : une idée d’où se procurer le Mega Civ en France ?
    Merci d’avance =)

  9. Photo du profil de Conar le Barban
    Conar le Barban 27/04/2017
    Répondre

    Ça aurait bien de donner une définition de jeu de civilisation et de s’y restreindre, parce que le critère BGG me paraît quand même trop flou. J’ai l’impression que sur BGG c’est surtout sur la thématique, alors qu’il y a un prérequis au niveau des mécaniques.

    Bon je dis pas que c’est simple mais pour moi il faut au minimum :
    -une évolution technologique avec une montée en puissance;
    -de la guerre;
    -un aspect construction (via merveilles, bâtiments).
    On pourrait ajouter une évolution à travers les âges, mais c’est quand même assez abstrait, voir une notion de culture.

    Avec ces critères, on exclus pas mal les 4X (dans Eclipse on construit surtout des vaisseaux), les jeux de développements non militaires (Deus, Olympos dans mes vagues souvenirs, Settlers…) et les jeux où nos capacités évoluent peu (Cyclade).

    Les bons exemples sont :
    -TTA, le roi
    -Clash of Cultures, l’ameritrash
    -Civilization, même si je le trouve lourd et avec des effets de seuil pas agréables

    Je mets pas Nations car je trouve que l’aspect opportuniste du jeu casse trop l’idée d’évolution dans le temps.

  10. edugon 27/04/2017
    Répondre

    « Clash of cultures », et pour moi tres bon, mais avec son extension « civilisation » il est brillant brillant. Pour reprendre les sensations du Sid Meier Civilisation en PC, je dois combiner « Clash » et « Through the ages ». Clash reprend mieux le concept exploration, expansion sur le plateau, construction des villes et armées et flotes qui attaquent. TTA reprend tres bien l’aspect de gestion et d’optimisation. J’adore les deux jeux.
    Par contre, meme si ils ont un theme civilisation, certains des jeux citées, a mon avis ne sont pas des jeux de civilisations: Par example, scythe, 7 wonders ou Cyclades.

  11. ocelau 27/04/2017
    Répondre

    « C’est après avoir découvert ce jeu que Sid Meier avoue avoir pensé à son Civilization en jeu vidéo » . Rectificatif (A ma connaissance) : pas d’influence assumé, Sid Meier connaissait peu le jeu de plateau Civilisation, son influence serait plutôt vidéo-ludique avec notamment Sim City. Par contre il a bossé avec Bruce Shelley, qui lui avait travaillé chez Avalon Hill, l’éditeur originel de Civilisation.

    A part ça, très beau panorama effectivement

  12. Photo du profil de snaketc
    snaketc 27/04/2017
    Répondre

    Super article. Que d’informations en si peu de place et si peu de temps pour en profiter…. comment faites vous pour jouer à tous ces jeux !

  13. Karpot 29/04/2017
    Répondre

    Merci pour ton article…Un réel plaisir de te lire.

    Mais comme dit avant il faut que tu essaies Innovation, Il est Très bon à 2.Sinon dans mon cercle de joueur Mare Nostrum 2016 fait un tabac et après chaque partie Il y’a de longues discussions sur les choix de chacun.

  14. Eric 06/05/2017
    Répondre

    Super intéressant! Merci 🙂

  15. Salmanazar 06/05/2017
    Répondre

    J’ajoute peloponnes à cette belle liste

Laisser un commentaire