Participatif, la sélection naturelle N° 178 du 12 octobre 2021

 

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N° 178

 

Salutations ludico-participatives !

► Une partie de la sélection de cette semaine est à nouveau défavorisée par l’application sans discernement de la TVA Européenne. Combien de temps faudra-t-il aux porteurs de projets extracommunautaires pour s’adapter et nous proposer leurs jeux à des prix un peu plus décents ? Et surtout, en ont-ils envie, en ont-ils besoin ? Car on voit bien que les campagnes bien trop chères pour nous cartonnent tout de même, dans leur grande majorité. Et oui, n’oublions pas que les backers européens sont loin d’être majoritaires et qu’un projet peut très bien se porter comme un charme sans eux. Nous verrons ce que l’avenir nous réserve mais on voit quand même les prémices d’une prise de conscience du problème avec des éditeurs (enfin, un, en l’occurrence) qui prend sur lui pour limiter la casse. En espérant pour nous que d’autres suivent le mouvement.

 

Bonne lecture, à la semaine prochaine (ou celle d’après 😉 )

Et surtout continuez à faire attention à vous !

 

 

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Évolution des campagnes en cours sur la semaine passée

 

► Celles qui se terminent cette semaine…

 

fr  Plutôt mauvaise semaine pour Les Contes des 1001 Tuiles, qui a perdu une vingtaine de soutiens et bien entendu les sous qui vont avec, sans réelle cause apparente. Peut-être la campagne fait-elle simplement les frais d’une sélection plus rigoureuse de la part des backers ? Difficile à dire…  (actuellement 23 400/15 000 € et 604 soutiens. Fin le 13 octobre).

4 000 contributeurs pour One Deck Galaxy par Asmadi Games, c’est un beau résultat mais par rapport au succès commercial de One Deck Dungeon et de son extension Forest of Shadows, je m’attendais à mieux. Mais le rappel des 48 heures n’a pas encore eu lieu, à voir donc. Pour rappel, le jeu sera localisé en français grâce à Nuts! Publishing (actuellement 182 800/50 000 $ et 4 060 soutiens. Fin le 15 octobre).

 

► Et les autres !

 

fr  On peut toujours se plaindre dans nos contrées à cause du tarif trop élevé de Voidfall par Mindclash, il n’empêche que la campagne reste un gros succès avec près de 8 500 soutiens. La barre des 10 000 est accessible sur la semaine de campagne restante (actuellement 1 050 000/150 000 € et 8 490 soutiens. Fin le 18 octobre).

Beast par Studio Midhall s’en sort lui aussi très bien. Plus de 4 000 contributeurs et encore deux semaines de campagne, ça roule tout seul pour ce jeu dont le gameplay semble très intéressant. Concernant le français, certains pourraient bien revenir lors du pledge manager puisqu’il a été confirmé qu’une VF par Don’t Panic Games y sera disponible (actuellement 2 760 000/130 000 SEK et 4 550 soutiens. Fin le 18 octobre).

fr   Keep The Heroes Out ! par Luis Brueh excite bien avec ses Meeples tout choupinets. De fait, la barre des 5 000 soutiens vient d’être franchie. À celles et ceux d’entre vous qui hésitent à cause du tarif final, l’auteur a annoncé qu’un éditeur francophone est sur les rangs pour localiser le jeu par chez nous. Ce qui devrait être facile vu que le matériel est sans texte. Patience donc (actuellement 342 000/10 000 $ et 5 020 soutiens. Fin le 19 octobre).

Avec près de 2 000 contributeurs, The Stuff of Legend par Th3rd World Studios ne s’en sort pas mal du tout même si là encore, j’aurais parié sur un résultat plus élevé. D’autant plus que la BD dont le jeu  s’inspire semble avoir bonne presse outre-atlantique. Mais ça ne suffit visiblement pas pour faire un gros carton, même avec un tarif raisonnable (actuellement 200 000/50 000 $ et 1 930 soutiens. Fin le 21 octobre).

Seulement 1 300 soutiens pour Drop Drive par Phase Shift Games, c’est vraiment peu par rapport aux près de 8 000 de la campagne de Dungeon Drop et des 4 000 de son extension. Alors, certes, le tarif a pris de l’embonpoint, mais le matériel n’est pas le même et le contexte actuel est ce qu’il est. Il reste deux semaines et il est toujours possible d’avoir une bonne surprise, mais j’en doute un peu (actuellement 115 500/39 000 $ et 1 260 soutiens. Fin le 28 octobre).

►  Verdant par Flatout Games n’a pas ce problème de backers puisque la campagne vient de dépasser les 8 000 soutiens et que les 10 000 ne devraient être qu’une formalité étant donné qu’il reste deux semaines de campagne. Comme quoi, il y a un vrai public pour les jeux zen, surtout s’ils beaux ! (actuellement 242 600/8 000 $ et 8 180 soutiens. Fin le 28 octobre).

fr  La campagne de Chronica Universalis par Chronica Universalis progresse lentement, mais progresse. C’est déjà ça, car on est sur Ulule, plateforme sur laquelle les campagnes tiennent plus de la course de fond que d’un sprint sur 100 mètres. Il reste un peu moins de 20 jours et on sait que c’est généralement sur la dernière semaine que tout se joue (actuellement 9 710/3 000 € et 155 soutiens. Fin le 31 octobre).

fr  La campagne pour la version française de Sleeping Gods de Ryan Laukat par Lucky Duck Games vient d’exploser la barre symbolique des 1 000 contributeurs, ce qui doit réjouir les canards chanceux. Une localisation d’un jeu comme ça, c’est toujours un petit challenge pas gagné d’avance. Si vous hésitez encore à sauter le pas, Shanouillette vient juste de vous concocter un petit Just Played qui saura peut-être vous convaincre de le faire (actuellement 160 600/10 000 € et 1 240 soutiens. Fin le 31 octobre).

 

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Les projets qui ont attiré mon attention

 

fr  Après Voidfall la semaine dernière, voici le nouveau prétendant au titre de « 4X abordable » (en termes de durée de jeu) : Fractal: Beyond The Void par Board Game Ink et Boar Games Studio. Je vais tuer le suspens d’entrée : il semblerait bien que Fractal soit mieux placé pour remporter le titre en question.

Comme tout le monde ne cesse de comparer ces deux jeux pour décider lequel prendre, je vais essayer de mettre en avant ce qui les différencie, car oui, les deux n’ont rien à voir à part leur thème et le fait qu’ils revendiquent tous deux être des 4X.

Le thème justement, de la SF classique à souhait : des races vont chercher à coloniser de nouvelles planètes pour quitter leur galaxie dévastée par la chute de la Fédération, le plus grand empire galactique qui ait jamais existé. Mais il ne peut y avoir qu’une seule race pour dominer les autres, et c’est reparti pour un tour de mailloche spatiale. Résultat du match Voidfall / Fractal : match nul.

Concernant le gameplay, je ne vais pas vous faire une revue de détail, il faudrait une chronique seule rien que pour ça. Je vais simplifier le tout en vous listant les principales différences que j’ai pu relever en parcourant diverses sources, n’ayant bien entendu joué à aucun de ces deux jeux pour le moment.

  • Dans Voidfall les combats ne sont pas déterminants pour la course à la victoire, ce qui est bien moins le cas dans Fractal puisqu’une stratégie militaire a toute ses chances de succès ;
  • Les combats sont gérés de façons totalement différentes, sinon opposées. Dans Voidfall, une confrontation est pliée d’avance dès lors que l’un des protagonistes aligne plus de forces que son adversaire. Avec Fractal, c’est plus subtil et peut-être joueur. Si un pauvre vaisseau esseulé ne fera certes pas de vieux os devant une flotte de warships, être en sous-effectif n’est pas nécessairement synonyme de défaite.
  • La notion d’exploration est bien plus présente dans Fractal que dans Voidfall ;
  • Les règles de Fractal semblent plus épurées que celles de Voidfall, qui paraissent assez lourdes. Les durées de partie paraissent également moins importantes avec Fractal, qui paraît pouvoir à-peu-près tenir les 30 minutes par joueur annoncées, là où Voidfall demande visiblement une bonne heure bien tassée par joueur. De plus, les retours des testeurs de Voidfall parlent d’une mise en place assez longue et idem pour la durée d’explication des règles ;
  • Voidfall offre d’emblée les modes coopératif et solo. Avec Fractal, seul le mode coopératif est disponible de base (sous forme de scénarios), le mode solo est en add-on. Concernant ce mode solo, il s’agit d’une automata que l’on peut intégrer à la partie, notamment à 2 joueurs, histoire de pimenter le truc.

 

Finalement, Voidfall est plutôt un euro expert orienté gestion sur lequel on a posé un thème 3X (oui, parce qu’il en manque un bout pour du 4X) alors que Fractal est plus près de l’idée que l’on se fait d’un 4X spatial moderne, notamment en y intégrant la campagne optionnelle (Legacy non destructif) nommée Aftermath.

Celle-ci semble être très bien conçue et atteindre son objectif, à savoir de nous emporter dans une histoire épique. À mon humble avis, c’est sur cette différence de type de jeu que doit s’effectuer le choix si l’on hésite entre les deux.

Car ce n’est ni la direction artistique, ni la qualité du matériel qui devraient départager les protagonistes. Les deux sont très beaux (bien que personnellement je préfère largement le look de Fractal que je trouve sobre, clair, épuré et en parfaite adéquation avec le thème spatial). Et concernant le matériel, les deux éditeurs ont déjà fait leurs preuves en la matière.

Un autre élément qui ne va pas se transformer en juge de paix, c’est le tarif. Les déçus de celui de Voidfall attendaient Fractal avec l’espoir qu’il soit plus accessible financièrement, il n’en est malheureusement rien.

Deux pledges sont disponibles. Celui de la boîte de base pour 79 € et celui qui « offre » la campagne Aftermath pour 119 €. Jusque là il n’y a pas grand chose à dire, le jeu est Deluxe de base, on aime ou pas, mais le tarif est cohérent. Pour le mode solo, il faut ajouter 30 €, là encore c’est un choix de ne le proposer qu’en add-on mais tout le monde ne joue pas solo et je trouve qu’à cet égard, c’est plutôt pertinent.

Comme d’hab’, ce qui peut mettre le dawa dans l’offre tarifaire, ce sont les frais de port et la TVA. Pour la France, le jeu vous coûtera donc 112,80 € pour la core box seule et 207,60 € pour le all-in, solo inclus. Bon, je sais pas vous, mais je trouve que ça piquouille un peu au fondement. Peut-être qu’il vaut mieux acheter le tube de crème qui va bien tant ce genre de tarifs semble vouloir se généraliser, au moins pour un temps (actuellement 255 400/80 000 € et 2 450 soutiens. Fin le 26 octobre).

 

fr  L’infini de l’espace est à l’honneur en ce moment et après Voidfall et Fractal, voici Federation par Explor8. Ici point de 4x, de campagne, de narration à tous les étages. Nous sommes dans un pur Euro, annoncé comme expert par l’éditeur, dont la mécanique principale est classiquement de la pose d’ouvriers. Enfin, classiquement …

… pas tant que ça parce que justement, Dimitri Perrier (« Perrier, c’est fou ! » …désolé, ça m’a échappé) et Matthieu Verdier, les auteurs, ont réussi à introduire de l’originalité dans cette mécanique pourtant vue et archi-vue, à savoir le double-face. En effet vous pouvez poser votre « ouvrier » d’un côté ou de l’autre, ce qui aura des conséquences différentes selon votre stratégie.  

Il faut être honnête, on n’achètera pas le jeu pour son thème. L’univers connu est organisé en fédérations, certaines plus puissantes que d’autres. L’une de ces petites fédérations cherche à recruter de nouveaux ambassadeurs, et comme vous n’avez rien de prévu pour les 4 ou 5 ans à venir vous vous êtes porté volontaire.

Et ça tombe bien, puisque la fédération demande aux candidats de faire leurs preuves pendant 5 ans pour choisir le plus méritant. Comme la nature fait bien les choses, une partie de Federation se joue en 5 tours. On aurait voulu le faire exprès qu’on n’aurait pas fait mieux 😉

Vous le savez, je n’aime pas faire un boulot qui a déjà été réalisé par ailleurs, et d’autant plus quand cela a été très bien fait. Pour avoir un maximum d’informations sur le jeu et ses mécaniques, je vous renvoie donc à la lecture de l’excellentissime Just Played du nom moins excellent Atom.

Je ne vous parlerai que de la direction artistique et de ses illustrations. Œuvres de Miguel Coimbra, elles sont pour le moins colorées et donnent un peu de peps au jeu au point de le faire visuellement quasiment passer pour un jeu familial. Je ne sais pas si commercialement c’est un avantage ou au contraire un inconvénient, mais personnellement cela me plaît beaucoup.

J’espère que ce n’est pas justement la direction artistique qui pêche, mais la campagne peine à décoller vraiment. Moins de 400 soutiens, c’est quand même peu après une semaine de campagne. Le tarif de l’unique pledge n’est pourtant pas exagéré à 75 € et même les frais de port sont dans la norme (malheureusement un peu haute) actuelle. En tout cas, c’est financé et c’est déjà pas mal. Reste un peu plus de deux semaines pour faire monter la cagnotte (actuellement 26 000/20 000 € et 390 soutiens. Fin le 30 octobre).

 

fr  Summoner Wars est un jeu d’affrontement de Plaid Hat Games à base de cartes pour deux joueurs (jouables à quatre, mais bon…) sorti en 2009. Il avait fait un peu de bruit à l’époque d’ailleurs. Deux invocateurs s’affrontent sur un terrain défini en invoquant (what else?) des créatures et en lançant de puissants sortilèges. Un invocateur est donc à la fois un mage et une sorte de Général qui appartient à un peuple. Chaque peuple en lice a ses capacités propres et le jeu est donc totalement asymétrique.

Summoner Wars présente plusieurs facettes. Parfaitement jouable en dilettante lorsqu’on se contente de jouer les factions telles quelles, il peut devenir très profond et stratégique en y intégrant du deck-building (dans le sens de préparation de deck à la Magic). Le jeu a sa fanbase et près d’une vingtaine de packs de factions sont sortis jusqu’à cette année, qui voit l’apparition d’une V2 revisitant légèrement les règles et beaucoup la direction artistique. Les illustrations sont toutes refaites et le jeu y gagne énormément au niveau esthétique.

Figurez-vous que dans sa fanbase se trouve la nouvelle recrue de chez Matagot, qui a usé de toute son influence pour pousser l’éditeur à nous proposer une version localisée de la V2 du jeu. Et le résultat est la campagne de précommande pour Summoners Wars VF par Matagot sur Game On Tabletop.

Les raisons du choix d’une campagne de pure précommande plutôt qu’une classique campagne de financement participatif n’appartiennent qu’à Matagot mais, et là je ne vais pas y aller par quatre chemins, l’offre proposée est plus que correcte, et dans tous les cas infiniment plus attractive que nombre de campagnes actuelles aux tarifs stratosphériques.

Jugez vous-même : 19 € pour le Starter Set (2 factions et plateau papier, pour découvrir le jeu), 55 € pour le Master Set (7 autres factions et plateau rigide) et 75 € pour le all-in (Starter et Master Sets + 1 autre faction, pour un total de 10). À chacun de ces pledges sont ajoutées en cadeau deux cartes Champion promotionnelles et une surprise est annoncée pour le courant de la campagne.

Ces tarifs s’entendent TVA incluse (par les temps qui courent il est bon de le préciser) et les frais de port sont de 5 € pour le Starter Set et de 9 € pour les autres pledges. Enfin un jeu qui ne nécessite pas de vendre un organe au marché noir pour l’acquérir !

Mieux encore, pour le all-in Matagot nous sort un paiement en deux fois sans frais (de port). Vous payez 38 € lors du pledge, vous choisissez une boutique pour le retrait à laquelle vous payerez à nouveau 38 € lorsque vous irez récupérer votre dû, celle-ci bénéficiant d’une partie de cette somme. Un deal à trois, gagnant-gagnant-gagnant comme on aimerait en voir plus souvent.

Matagot a pris un risque en proposant d’emblée 10 factions car le but est d’offrir la plus grande diversité possible pour que vous puissiez tout de suite bénéficier d’une grande rejouabilité. Certes, le jeu atterrira avec certitude en boutique mais le tarif ne sera pas le même, le all-in devant avoisiner les 105 €. La précommande est donc une vraie bonne affaire pour les personnes qui seraient intéressées par un jeu d’affrontement à la fois simple et profond et je vous encourage donc à soutenir l’initiative.

Si actuellement ce sont à peine 130 backers qui se sont manifestés, il faut rappeler que Game On Tabletop n’est pas Kickstarter et que les campagnes sur cette plateforme sont handicapées par le fait que les pledges sont immédiatement prélevés. Du coup on se retrouve avec des campagnes « à la Ulule », qui vivotent tout du long pour s’affirmer franchement à quelques jours de la fin. Les résultats attendus par l’éditeur étant quoi qu’il en soit modestes, on peut dire que la campagne ne se porte finalement pas trop mal.

Avant de terminer, si vous voulez vous faire une idée un peu plus précise du jeu, Plaid Hat Games en a fait un portage numérique ICI (en anglais). Vous pouvez jouer gratuitement avec deux factions, largement suffisant pour savoir si cela va vous plaire ou non (actuellement 7 300/1 000 € et 127 soutiens. Fin le 10 novembre).

 

Mythwind par Brendan McCaskell est un jeu que l’on pourrait qualifier de contemplatif. En ce sens que l’objectif final n’est qu’un prétexte pour permettre de faire un peu ce qu’on veut. Et quand on le veut. Il s’agit d’un jeu de plateau coopératif (parfaitement jouable en solo) dont le monde est persistant.

C’est-à-dire que potentiellement, une partie pourrait ne jamais se terminer mais en réalité et d’après l’auteur, il faut 20 à 30 heures pour amener un personnage à son maximum de développement et deux à trois personnages sont nécessaires pour finir le village. Donc potentiellement de 60 à une centaine d’heures de jeu, c’est plus que correct.

Vous jouez des artisans (quatre de base) appelés par des esprits pour redonner vie à une région à l’abandon et vous serez ainsi amenés à construire et faire prospérer un petit village. Chaque artisan a ses capacités propres et, surtout, se joue selon une mécanique bien précise. Ainsi, l’un sera surtout axé sur le deck-building, l’autre sur du placement d’ouvriers, etc. Vous aurez bien évidemment compris qu’ici l’asymétrie est reine.

Comme je l’ai dit, le monde de Mythwind est persistant. Il est possible de jouer la Crafteuse (et pas Cafteuse, je vous vois venir… ;)), de la faire monter en expérience puis de passer au Paysan, puis à l’Homme des Bois, ou de les jouer tous en même temps, c’est vous qui choize. Et tout cela au cours de la même cession de jeu.

De même, vous pouvez attaquer le jeu avec votre moitié (homme ou femme, c’est encore vous qui choisissez ;-)) qui peut quitter la cession de jeu à tout moment et revenir pour une autre cession de jeu plus tard. Entre-temps vous aurez pu faire évoluer le jeu, et ladite moitié retrouvera un monde modifié sans conséquence pour son personnage. Le monde est totalement ouvert, c’est limite un bac à sable. Pour rappel, la vidéo de Nixx vous en apprendra bien plus.

Ceci est rendu possible par le gameplay, évidemment, mais aussi par le matériel. Chaque artisan a son plateau de jeu made in GameTrayZ qui sert également de rangement, avec un couvercle s’il vous plaît. D’où une mise en place et un rangement en moins de 5 minutes, facilitant ainsi le reviens-y. Le reste du matériel est du même acabit, je citerai simplement le plateau de jeu principal double couche et les très belles figurines. La direction artistique est parfaitement en phase avec le thème, zen et poétique.

On en arrive au sujet-douche-froide : les sous ! Eh bien c’est plutôt une bonne surprise. Alors certes, ce n’est quand même pas donné puisque la core box est à environ 73 €, comptez une centaine d’Euros avec l’extension Expanded Horizons en supplément et enfin 122 € pour y ajouter les belles figurines. Les frais de port vont de 25 à 30 $ (j’insiste : Dollars) mais ce sera tout : pas de TVA en sus, c’est marqué noir sur blanc sur la page de campagne. L’éditeur en prend donc une bonne part à son compte et ça c’est bien urbain de sa part.

Au final on a là un jeu proposant une expérience originale qui peut valoir qu’on casse sa tirelire pour elle. En anglais. Mais des bruits de couloir parlent d’une VF par un éditeur français en vue… L’avenir proche nous en dira certainement plus (actuellement 865 500/100 000 CA$ et 7 500 soutiens. Fin le 1er novembre).

 

fr  Goldenstar: The galactic Tournament est le reboot sur GameFound du dernier jeu de Gindie passé sans succès le printemps dernier sur Kickstarter sous le nom de Final Fusion, seule l’illustration de la boîte ayant fait les frais de ce changement de nom. Il s’agit d’un jeu d’affrontement en arène pour 2 à 4 joueurs du type « King of the Hill », asymétrique et à base de deck-building. Voilà qui résume assez bien le tout. 

Ou presque. Passons rapidement sur le thème : Le tournoi Goldenstar est un événement organisé par l’impératrice galactique tous les 5 ans en l’honneur de Goldenstar, son film policier préféré. Avec des arènes de combat disséminées dans toute la Galaxie, ce tournoi attire désormais les duos les plus dangereux qui aient jamais vécu pour se battre pour la gloire et la célébrité ultimes… En tant que protagoniste, vous allez diriger deux personnages qu’il vous faudra faire évoluer pour devenir de plus en plus puissant afin d’être prêt pour l’affrontement ultime. Les cartes d’aptitude de chacun des persos sont rassemblées en un seul deck et c’est parti pour une série de combats qui vont se dérouler dans différents environnements représentés par de grandes cartes.

Chaque perso pourra être armé avec du matos obtenu au marché noir et boosté avec des cartes « power up ». Et voilà, vous en savez autant que moi sur le gameplay. Oui, ça fait léger.

C’est pourquoi je me suis autorisé à m’inspirer très fortement du post d’un éminent Cwowdien qui a pu jouer au prototype et qui a proposé un retour sur les mécaniques d’autant plus intéressant que c’est le seul que j’ai pu trouver en français. C’est parti. 

Chaque joueur/joueuse a donc deux personnages avec lesquels jouer une action à chaque tour. Le but est de se renforcer en contrôlant des territoires, dans lesquels on gagne de la puissance, et en améliorant son deck en achetant des cartes au marché. Le contrôle de zone peut aussi permettre de gagner des bonus pour l’action finale. Car lorsque vous vous sentez ready, vous annoncez « Je contrôle cette zone, si au prochain tour je la contrôle encore, je gagne la partie ! ».

C’est généralement le signal de départ de la curée, car les autres vont venir vous tomber dessus comme la misère sur le pauvre monde. Soit vous avez assez amélioré votre main et préparé votre coup et vous gagnez, soit c’est la fessée. Dans ce deuxième cas, vous gagnez tout de même un bonus pour votre prochaine tentative, histoire de ne pas passer 2h à revenir dans la partie.

Les deux factions apportent de très bonnes cartes orientées sur une stratégie précise, comme par exemple « je devine la carte que tu vas jouer lors d’un duel », « je gagne +12 en force », ou « les personnages des cases d’à côté deviennent mes alliés à l’insu de leur plein gré ». Les factions sont très différentes, et toutes assez fun à jouer semble-t-il, à faire combotter et se confronter. À tout cela, il faut ajouter les effets sympathiques de chaque lieu qui vont apporter une aide précieuse.

Cette description laisse augurer d’un jeu très tendu et bien fun, avec une forte rejouabilité. Et d’autres retours que j’ai pu lire laissent à penser que ce serait bien le cas. Les figurines ne seraient pas si anecdotiques que ça et le seul point un peu négatif serait la durée de partie qui peut facilement atteindre voire dépasser un peu l’heure. On a vu pire.

Esthétiquement parlant, le jeu n’est pas laid du tout mais ce n’est que mon avis. Enfin… c’est vrai qu’il faut aimer le fluo quand même. Parce que les couleurs de Bartek Repetowski pètent bien, c’est clair. Les illustrations sont fort sympathiques, modulo la remarque précédente. Le truc le plus visible, ce sont les figurines. Très réussies et bien grosses, les peintres devraient se faire plaisir.

Plusieurs pledges sont proposés, quatre pour être précis. La core box est à 43 €, avec une extension incluant le 5ème joueur on monte à 69 € (très beau nombre au passage !), le all-in gameplay incluant une autre extension est à 72 € et le all-in « y’a tout dedans et notamment un playmat néoprène » est à 97 €. Des tarifs plutôt raisonnables en ces temps un peu fous à cet égard, à peine augmentés par des frais de port à 16 €, quel que soit le pledge. Et pas de TVA à rajouter !

Malheureusement, malgré ces tarifs, la campagne peine un peu à décoller. À peine 130 soutiens, c’est peu. Peut-être que les stretch goals journaliers vont finir par attirer un peu de monde, car l’offre est vraiment sympa. Ha oui, petit détail, c’est dispo en français intégral (actuellement 9 800/30 000 € et 128 soutiens. Fin le 29 octobre).

 

 

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Ils débarquent cette semaine

 

fr  OLEM par LudoTech – le 12 octobre

Énième tentative de réunion du jeu de plateau et de l’électronique !

 

 

 

 

fr  Paint the Roses par North Start Games – le 12 octobre 

Jeu de logique et de déduction dans l’univers d’Alice au Pays des Merveilles.

 

 

 

 

fr  Taverns & Dragons par Lord Racoon Games – sur GameFound le 12 octobre

Jeu de placement de dés et d’ouvriers avec un peu de gestion de ressources dedans, par l’éditeur de The Last Bottle of Rum.

 

 

 

fr  Tales of the Rift par Pride – sur Game On Tabletop le 12 octobre

Jeu d’affrontement avec figurines à base de deck-building.

 

 

 

Thunder Road Vendetta par Restoration Games – le 12 octobre

Version modernisée du jeu de 1986

 

 

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Légende des symboles utilisés

coeur rouge: Désigne les campagnes conseillées par Shanouillette.

coeur bleu: Désigne les campagnes conseillées par Gougou69.

fr: Désigne les campagnes dont tout ou partie des éléments sont en français.

€ : Désigne les campagnes particulièrement intéressantes sur le plan financier.

Attention 2: Désigne les campagnes que nous déconseillons fortement.

Le lexique du participatif
  • Add-on : (Nom m.) Ajouts optionnels et néanmoins payants proposés au cours de la campagne. Cela peut-être des packs de figurines, des extensions, des dés plus jolis, mais aussi des objets beaucoup plus dispensables tels que des t-Shirts ou des mugs, voire des pin’s (si si !). Dans tous les cas, les sommes collectées par ce biais participent à l’augmentation de la cagnotte et à atteindre les paliers des stretch goals.
  • Backer [bakeur] : (nom m.) Aussi utilisé, « pledger ». Personne qui avance de l’argent pour la réalisation d’un projet dont la campagne est en cours.
  • Box Upgrade : Modifications apportées tout au long de la campagne (souvent dans le cadre des stretch goals) qui permettent d’améliorer la qualité du matériel du jeu (cartes plus épaisses, carton de la boîte plus fort, dés spéciaux, etc…).
  • CAD$ : Dollars Canadiens (cours bien inférieur au Dollar US)
  • Campagne : Période au cours de laquelle le projet est proposé au souscripteurs. Généralement de 2 à 4 semaines, mais cela peut être moins ou beaucoup plus. Cette durée n’est pas anodine et ne doit pas être choisie au hasard par le porteur du projet. En effet, de celle-ci dépend la forme et la dynamique de la campagne.
  • CMoN : Initiales de l’éditeur “Cool Mini or Not”. Afin de briller en société et avoir l’air du mec (ou de la meuf) qui s’y connait, on le prononcera “Simone” (oui, comme la tata du même nom) et on proscrira les “kmone” ou, pire, les “komone”.
  • DPG : Initiales de l’éditeur “Devil Pig Games”.
  • Early Birds [eurli beurdz] : (Nom m.) Rien à voir avec des oiseaux qui arriveraient en avance. Il s’agit d’un nom poétique donné au pledge à prix réduit (généralement quelques dollars) ou avec un bonus proposé parfois aux tous premiers souscripteurs d’une campagne.
  • FdPI : Initiales de « Frais de Port Inclus »
  • KS : Contraction de KickStarter, la plus grosse plate-forme de financement du monde connu.
  • KS Exclu : Acronyme regroupant tout ce qui est proposé lors d’une campagne et qui lui est exclusif. Par exemple, un add-on ou un stretch goal « KS Exclu » ne se retrouvera jamais dans le commerce et ne pourra plus être acquis en dehors de la campagne. Mais certains porteurs de projets ont des notions bien personnelles de la signification du terme « exclusif ».
  • Mougeon : (Nom m.) Race animale grégaire endémique sur Kickstarter, mi-mouton mi-pigeon. Les spécimens qui la compose ont pour particularité d’avoir, au cours de certaines périodes de l’année qui correspondent peu ou prou à la durée des campagnes de financement les plus en vue, une capacité de discernement inversement proportionnelle à la taille de leur compte en banque.
  • Pledge [plèdj] : (Nom m.) Niveau de soutien proposé lors d’une campagne. Par extension, somme d’argent versée pour y accéder.
  • Pledge groupé (ou PG) : (Nom m.) Regroupement des participations de plusieurs soutiens géré par une personne, généralement pour diminuer (parfois drastiquement) les frais de port et après négociation avec le porteur du projet.
  • Pledger : [plédjé] (Verbe) Action de sélectionner un niveau de soutien et d’autoriser le débit de son compte de la somme correspondant en cas de réussite de la campagne.
  • Pledger : [plédjeur] (Nom m.) Voir « Backer ».
  • PnP : Initiales de « Print and Play ». Il s’agit d’un fichier (généralement PDF) gratuit ou payant, permettant d’imprimer les composants du jeu qui s’y prêtent et ainsi de le tester avant la fin de la campagne.
  • Reboot [rebout] : Deuxième (voire plus) lancement d’une campagne qui a précédemment échoué à être financée. En général, le porteur du projet essaie à ce moment là de corriger les erreurs qui ont mené à l’échec, mais pas toujours…
  • Reminder [wemeyndeur] : Option qui vous averti par mail de l’entrée d’une campagne dans ses dernières 48 heures et vous permet ainsi de juger de la pertinence d’y participer. Utile lorsque l’on est pas certain d’être intéressé en l’état en début de campagne.
  • Reprint : Nouveau tirage d’un jeu qui fait parfois l’objet d’une campagne participative.
  • ROW : Acronyme de “Rest Of the World”. Indique l’ensemble des zones géographiques concernées par des frais de port qui n’ont pas été déjà détaillées.
  • SG : Contraction de « Stretch Goals » (voir explication de ce terme).
  • Stretch Goals [strètch golz] : Paliers de financement qui, lorsqu’ils sont atteints, débloquent un ou plusieurs éléments supplémentaires venant généralement enrichir le jeu. Lorsque ces stretch goals sont spécifiques à la campagne et lui resteront exclusifs, on emploie l’expression acronyme de « SG KS Exclus ».
  • UE Friendly : Définit un projet dont le porteur s’est assuré que les colis de son jeu arriveront dans notre boîte aux lettres sans surcoût lié au passage en douane.

 

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1 Commentaire

  1. Alan il y a 14 jours
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    La campagne de Sleeping Gods s’est terminée hier (le 12/10) à 18h.

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