Participatif, la sélection naturelle N° 166 du 29 mars 2021

 

 

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N° 166

 

Salutations ludico participatives !

► C’est la semaine des campagnes dans lesquelles plusieurs jeux sont proposés. On dirait que les éditeurs se sont donnés le mot ! C’est aussi, et là c’est moins fun, le semaine des projets trop chers, certes en partie à cause des frais de port, mais pas que.

C’est aussi la semaine où un auteur français à la personnalité originale prend une décision rarement vue (une seule fois sauf erreur de ma part) pour faire connaître son jeu à l’international, celle de l’offrir gratuitement hors frais de port, par ailleurs ridiculement bas.

Et c’est enfin également la semaine où l’on apprend, après quelques jours de teasing vite décryptés par certains fans toujours au taquet, que La Boîte de Jeu va apporter son expertise à 4Univers, les créateurs de Malhya, pour la campagne Kickstarter de ce jeu. Si vous ne connaissez pas Malhya, il s’agit d’un jeu d’aventure mixant avec un bonheur quasi miraculeux le dungeon crawler, le land crawler et le Livre Dont Vous Etes le Héros.

Et cette association rend dingue les gens qui, comme moi, l’attendent comme leur graal du jeu d’aventure et qui en même temps placent La Boîte de Jeu au firmament des éditeurs ludiques. L’attente jusqu’à la fin de l’année, période prévue pour la campagne, va être longue et quelque chose me dit que Saint-Benoit va finir par être fêté sur le calendrier (le 11 juillet pour info) comme le Patron d’une certaine frange de ludistes de goût 😉

 

Bonne lecture, à la semaine prochaine (ou celle d’après 😉 )

et surtout continuez à faire attention à vous !

 

 

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Évolution des campagnes en cours la semaine passée

 

► Celles qui se terminent cette semaine…

 

600 soutiens supplémentaires pour So, You’ve Been Eaten par LudiCreations dont la campagne terminera à l’aise à plus de 7 000. Et on s’approche tranquillement d’un financement à 30 fois. Autant dire que tout va bien (actuellement 304 700/10 000 $ et 7 220 soutiens. Fin le 31 mars).

fr  Tout comme la semaine passée, résultat correct mais sans plus pour la campagne de Valeria Card Kingdoms: Darksworn par Daily Magic Games. Ça ronronne tranquillement mais le fait de savoir qu’on aura quasiment la même chose en boutique et peut-être bien pour moins cher n’aide pas à provoquer l’enthousiasme (actuellement 153 500/65 000 $ et 2 340 soutiens. Fin le 31 mars).

fr  Pour Heroes of Normandie: Big Red One Edition par Devil Pig Games cela continue à rouler gentiment. Les stretch goals déjà débloqués ont sérieusement enrichi l’offre de départ, déjà pas mauvaise. Et les autres à venir ne feront qu’enfoncer le clou (actuellement 143 400/50 000 € et 1 880 soutiens. Fin le 31 mars).

fr  Le petit poucet sur Ulule, Ephios par Disto Studio, s’en sort lui aussi pas mal du tout, à son échelle et compte tenu de la plateforme de financement s’entend. D’ici la fin, on pourrait bien être encore plus agréablement surpris (actuellement 19 700/7 500 € et 394 soutiens. Fin le 02 avril).

Clash of the Ardennes par Elwin Klappe s’est repris après son coup de mou de la semaine précédente. Ce n’est pas Broadway non plus, mais on approche du financement à trois fois (actuellement 18 200/6 000 € et 600 soutiens. Fin le 03 avril).

fr  Mythology Go par Ioani, l’autre petit projet français sur Ulule, progresse lui aussi à son petit rythme. Même si en valeur réelle il n’y a pas de quoi sauter au plafond, c’est quand même un tiers de soutiens supplémentaires arrivé la semaine passée (actuellement 2 800/2 000 € et 88 soutiens. Fin le 03 avril).

 

► Et les autres

 

Je suis obligé d’avouer que ce n’est pas sans une certaine satisfaction que je constate la débâcle de la campagne de Stellaris: Infinite Legacy par Academy Games et Paradox Interactive. Bien que je n’ai personnellement aucun grief contre les deux éditeurs, j’ai tout de même du mal avec ce genre de jeu basé sur une licence porteuse et un look attirant mais dont la campagne se garde bien d’entrer dans les détails du gameplay. Autrement dit, on vous demande d’acheter cher un projet soigneusement dissimulé en grande partie derrière un écran de fumée. Et je me réjouis de constater que finalement le backer moyen n’est pas si bête (actuellement 2 330 000/50 000 $ et 13 160 soutiens. Fin le 05 avril).

fr  La campagne Ulule Aös, Capitale du Vice par Dorian en est aux deux tiers de son financement. L’espoir de trouver sur les deux semaines de campagne restantes le tiers manquant pour aider cet original jeu à voir le jour est toujours présent (actuellement 206 ventes sur 300 et 105 soutiens. Fin le 15 avril).

Belle progression pour 1815, Scum of the Earth par Hall or Nothing qui approche la barre des 1 000 contributeurs pour un financement à plus de trois fois. Preuve d’une part qu’il y a toujours un public pour les wargames et, d’autre part, que d’être un auteur de jeu doué aide à faire passer qu’on est pas au top sur les rapports humains (actuellement 56 800/16 000 £ et 996 soutiens. Fin le 17 avril).

fr  Joli succès pour Mage Noir par Mage Noir, le jeu de cartes français qui a pour ambition de revisiter le système de jeu à la Magic. Le pari est réussi, et ce n’était pas gagné. L’autre étape sera celle suivant la réception du jeu, tenir les promesses ludiques attendues et que cette campagne soit suivie de bien d’autres pour enrichir le jeu (actuellement 87 500/16 000 € et 1 325 soutiens. Fin le 17 avril).

 

 

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Les projets qui ont attiré mon attention

 

 

fr  Léandre Proust est, on le sait déjà, un personnage un peu iconoclaste dans notre petit monde du ludique sur table. La première campagne pour son jeu Clash of Deck lancée par sa société d’édition Grammes Edition n’a pas fonctionné ? Soit, il remet ça avec une nouvelle campagne qui garde le même nom (et heureusement), Clash of Deck, mais avec ses règles à lui. Toujours sur Kickstarter, certes. Mais foin du classicisme habituel ! Il tente un truc, un gros. En l’occurrence offrir gratuitement son jeu à qui n’en veut, partout dans le monde. Si, il a osé !

Bon, ce n’est pas tout le jeu qui était proposé lors de la première campagne, c’est plutôt un kit d’initiation. Mais on parle tout de même de 36 cartes fournies dans une jolie tuckbox. Et le gameplay n’est pas au rabais puisqu’il permet le mode Duel classique ou le solo. En Duel, on a même deux possibilités : en draft avec un seul jeu, ou en mode construit avec deux.

Bien entendu, la direction artistique reste la même que celle que l’on connaît, seuls les noms des cartes vont être revus pour être totalement neutres et valables tant en français qu’en anglais. Car la règle est disponible dans ces deux langues et plusieurs autres devraient faire leur apparition en PDF. Bien entendu, pas de stretch goals pour cette campagne, on le comprend aisément.

Alors la question qui se pose à l’évidence est : pourquoi cette gratuité ? Léandre est sûr (à juste titre) de son jeu (lire le Just played) et il a trouvé ce moyen pour le diffuser au maximum, et en priorité à l’étranger vu que Clash of Deck est déjà connu par chez nous. Son espoir est qu’il plaise assez pour attirer du monde vers les futures campagnes qu’il a l’intention de lancer, pour des extensions qui viendront étoffer le jeu mais, cette fois ci, payantes.

Le jeu est gratuit, c’est un fait, mais pas les frais de port. Je vous rassure tout de suite, ce n’est pas avec ça que Léandre a l’intention de se rattraper : ils sont de 2 €, quel que soit la destination. Ce petit miracle est rendu possible grâce à un contrat qu’il a avec La Poste lui permettant d’envoyer avec ce coût réduit des produits dès lors qu’ils sont gratuits. Donc pas de danger, l’opération a été calculée pour être financièrement neutre si la campagne arrive à 2 000 soutiens et 4 000 €.

Autant dire que c’est gagné puisque ces conditions ont été remplies dans les premières heures de la campagne. Le résultat est d’autant meilleur que les français ne représentent qu’un cinquième des souscripteurs et que les américains seront sous peu aussi nombreux. L’objectif de Léandre était clairement l’international, objectif atteint.

Vu le nombre de jours qu’il reste avant la fin, nul doute que la réussite de la première partie de son pari ne va aller qu’en se renforçant. Reste à savoir comment la deuxième partie sera validée, et ça c’est quelque chose qui va être extrêmement intéressant à suivre (actuellement 26 000/4 000 € et 7 860 soutiens. Fin le 06 mai).

 

 

Je ne vais pas vous présenter Robinson Crusoe, ce jeu coopératif de survie aux multiples récompenses et à la fanbase en béton armé. Je vais passer directement à la campagne actuellement en cours sur Gamefound, Robinson Crusoe – Collector’s Edition par Portal Games.

Comme son nom l’indique fort justement, cette campagne est là surtout pour « Deluxifier » le jeu. Cela passe de base par 18 figurines et une grosse boîte avec le désormais incontournable insert de rangement. Est également proposé en option une sorte de compendium, The Book of Adventures, regroupant moult scénarios, la plupart fan made et trouvable gratuitement en français sur le net. Je dis ça… Bon, il y en a bien quelques uns originaux, il y a des limites à tout.

Les stretch goals vont encore améliorer cela avec notamment une magnifique maquette de camp, en huit parties, et qui va vraiment claquer sévère sur le plateau de jeu une fois montée et peinte. Il y aura également de nouveaux scénarios, dont le premier dévoilé s’avère être compétitif. J’ai envie de dire : pourquoi pas ?

Tout cela à bien entendu un coût. Le jeu en version collector est à 85 €, 115 € avec le livre, 165 € avec en plus les deux extensions Treasure Chest et Mystery Tales. Pour les possesseurs de la version pour pauvres du jeu, un pack de mise à niveau est proposé pour 85 €. Oui, c’est cher, mais c’est Collector mon ami. Et vu qu’on est en pleine saison de tonte du mougeon, on va pas se gêner.

S’il vous reste quelque monnaie, vous pourrez piocher dans la liste des add-ons pour rendre votre copie du jeu encore plus collector que la collector. À un tarif qui fera de même, bien évidemment. J’exagère un peu, ces add-ons ne sont pas si onéreux que ça individuellement. Mais la note peut vite monter et si vous désirez tout le cosmétique hors sleeves, il vous faudra ajouter un petit billet de 50.

Les frais de port sont très variables en fonction du pledge choisi mais cela tourne en moyenne autour des 20-25€, hormis pour le livre seul à 15 € tout pile. Ha, petit détail : le jeu est disponible dans à peu près toutes les langues des pays joueurs, sauf le français (actuellement 840 500/50 000 € et 7 310 soutiens. Fin le 15 avril).

 

 

fr  BoardGameTables.com est à la base, ainsi que son nom l’indique, un fabricant de table de jeu de plateau. Mais pas que, il propose également des sacs de transport à l’usage de notre loisir préféré et, surtout, se laisse aller régulièrement au métier d’éditeur de jeux.

Il a de fait 7 campagnes à son actif, pour des « petits » jeux au matériel de qualité, dont pour les plus célèbres, On Tour et le trio GPS / Sequoia / Mountain Goat. C’est dans l’esprit de ce trio que nous sont proposés actuellement à nouveau trois jeux : Factory Funner, Bear Raid, and Ghosts of Christmas. Différence de taille avec les campagnes précédentes, le français est de la partie.

Factory Funner est la réédition du jeu de placement de tuiles pour 1 à 6 joueurs sorti en 2016. Les joueurs sont des directeurs d’usine qui vont chercher à maximiser leur efficacité en plaçant judicieusement des machines et en les reliant au mieux entre elles. La règle est la même mais l’une des « machine » a été retirée car trop sujette au hasard.

Le gros changement est surtout esthétique, et là je suppute que les avis vont être partagés. Car effectivement, la première version est très belle, colorée et fun. La nouvelle est très épurée, nettement moins colorée mais en revanche peut-être plus lisible.

Bear Raid est un jeu pour 3 à 6 joueurs dans lequel le but est de boursicoter pour gagner le plus d’argent possible. L’univers est très loin des places de marchés boursiers à la Wall Street et c’est bien heureux. Mais il va falloir tout de même se montrer tout aussi fourbe et sans foi que dans la vie réelle. On va donc acheter et vendre des actions dont la valeur va dépendre du tirage de cartes de prévisions. Mais pas de panique, comme dans la vraie vie il sera possible de manipuler les marchés en votre faveur grâce à une mécanique à base de dés.

La direction artistique est là encore très sobre, mais il faut avouer que hors les paravents individuels, le matériel n’est pas particulièrement propice aux délires visuels.

Le troisième et dernier jeu, Ghosts of Christmas, est la version rethématisée d’un jeu japonais pour 3 ou 4 joueurs désormais introuvable, Time Palatrix. Il s’agit d’un jeu de plis au thème un peu particulier et surtout pas facile à saisir. Les joueurs vont voyager dans le temps en jouant avec trois plis distincts : passé, présent et futur. Les trois époques sont visitées en un seul tour, et gagner des plis à une époque peut aider à en gagner plus dans le futur ! Car on gagne des points en pariant sur le nombre de plis que l’on va faire dans le tour. La partie se déroule en un nombre de manche équivalent à celui des joueurs et bien entendu, celui qui a le plus de points à la fin est le vainqueur.

La direction artistique est totalement différente de celle du jeu d’origine et les illustrations sont basées sur « Un chant de Noël », le premier conte écrit par Charles Dickens. Cela donne un jeu très joli et avec une esthétique particulière.

Voici donc trois jeux aux thèmes et gameplay totalement différents mais qui ont comme point commun d’être accessibles et non dénués de profondeur. Egalement, et comme pour les campagnes précédentes de l’éditeur, le matériel semble devoir être de bonne qualité et les prix plutôt contenus.

Ghosts of Christmas est proposé à 15 $, Factory Funner et Bear Raid sont quant à eux à 34 $. Le pack des trois jeux vous coûtera 69 $. Deux autres pledges existent. Le premier est, pour 89 $, composé des trois jeux et de composants améliorés, à savoir un insert de rangement en bois pour Factory Funner et des jetons en bois pour les deux autres jeux. Pour 129 $, le deuxième ajoute un sac de transport spécialement étudié pour les jeux de plateau.

Je tiens à mettre en avant l’effort important de l’éditeur sur deux aspects. Tout d’abord, et je l’ai déjà dit, les jeux sont disponibles en français. Mais de surcroît, la page de campagne est elle aussi en français via une page miroir. Ensuite, et contrairement à bien d’autres campagnes dont certaines sont traitées dans cette chronique, les frais de port sont drastiquement minimisés pour ne pas plomber la facture finale. Et à cet égard l’effort est particulièrement conséquent puisqu’ils ne sont que de 9 $, quel que soit le pledge.

Résultat, même le jeu le moins cher reste à un tarif acceptable et bien entendu, mécaniquement plus on prend un gros pledge et plus ces frais de port perdent de leur « nocivité ». Ces efforts de BoardGaleTables.com nous autorise à réfléchir sur la politique tarifaire de certains éditeurs étrangers et à agir en conséquence (actuellement 138 200/50 000 $ et 2 090 soutiens. Fin le 16 avril).

 

 

fr  Un petit jeu accessible à tous, aux règles simples mais avec un gameplay relativement profond, aux parties courtes bénéficiant qui plus est d’une mise en place quasi immédiate, ça vous tente ? Et si je vous dis que de surcroît il est disponible en français ? Ok, alors voici Fjords par Grail Games.

Il s’agit de la nouvelle version remise au goût du jour du jeu paru sous le même nom en 2005 chez l’éditeur allemand Hans im Glück. Fjords est un jeu d’exploration à base de placements de tuiles de Franz-Benno Delonge pour lequel Phil Walker-Harding a conçu une mini extension. La direction artistique a bien sûr été entièrement revue et a été confiée avec bonheur à Beth Sobel (qui a œuvré sur Wingspan, entre autre).

Le matériel lui aussi bénéficie d’une hausse de qualité visuelle grâce à des meeples customs plutôt sympas. Hors l’aspect esthétique et matériel, rien ne change.

Deux pledges sont proposés. Celui de base est à 33 dollars australiens (21 €) et celui « Deluxe » qui ajoute la mini extension, un petit kit pour jouer à deux sur un plateau d’une taille prévue pour quatre et des pierres de runes en plastique, est à 59 AU$ (38 €). Les frais de port sont de 13 AU$ pour la France, soit un peu plus de 8 € (actuellement 108 600/8 500 AU$ et 1 655 soutiens. Fin le 13 avril).

 

 

Sefirot est un jeu proposé par un nouvel éditeur viennois (en Autriche donc), Causa Creations. Il a pour ambition (le jeu) de mêler le tarot divinatoire et le jeu de plateau au travers d’un gameplay propice à la méditation et à la contemplation de l’intérieur de soi-même (si tant est que ce soit beau à voir).

À titre personnel et terre à terre comme je le suis, rien qu’à l’énoncé de ce pitch je serais déjà loin sans les illustrations qui m’ont fait rester plus de 10 secondes sur la page de campagne. Parce qu’elles sont vraiment magnifiques. Oserais-je aller jusqu’à dire que c’est là le seul intérêt du jeu ? Oui en ce qui me concerne, et cela n’engage que moi, et je suis absolument certain que d’autres y trouveront leur bonheur, donc je continue.

Le jeu propose trois modes : solo, à deux en compétitif ou en coopératif. Aucune idée de ce que valent les uns et les autres, je n’ai strictement rien compris de comment ça se joue. Mais c’est moi hein, visiblement j’y suis suis hermétique, ne cherchez pas plus loin.

Tout comme je suis hermétique aux niveaux de pledges proposés, incroyablement et inutilement compliqués… Il y avait longtemps que je n’avais pas vu quelque chose d’aussi rebutant à cet égard. Et cher également. Surtout, en fait ! Le jeu de cartes seul vous reviendra à pas moins de 54 €, pledge + frais de port. Si vous désirez en plus le très joli plateau double face, il vous en coûtera 73 € !! Frais de port inclus, certes, mais quand même. Mais si l’originalité vous attire quel qu’en soit le prix… (actuellement 105 300/10 000 $ et 1 680 soutiens. Fin le 24 avril).

 

 

Final Frontier Games est un éditeur macédonien qui a toujours proposé des jeux au matériel de luxe, sans lui en donner le nom. Quant à leur intérêt ludique (Rise to Nobility, Cavern Tavern…), on va dire qu’il est diversement apprécié en fonction des publics, mais sans jamais tomber dans la honte intégrale ou a contrario atteindre le nirvana ludique.

L’éditeur nous revient donc avec une campagne pour deux jeux dont le thème tourne autour du ciel et des étoiles, Solani + The Girl Who Made The Stars.

Solani est un jeu abstrait de Drake Villareal, précédemment co-auteur de Merchants Cove également édité par Final Frontier. Il s’agit d’un jeu de draft et de pose de tuiles pour 1 à 4 joueurs dans lequel il faut créer une constellation d’étoiles sur son plateau personnel.

The Girl… est un jeu de John Shulters, qui a lui aussi travaillé sur Merchant’s Cove et sur plusieurs autres jeux (inconnus) auparavant. On est là sur un jeu de placement d’ouvriers et de pose de tuiles. Chaque joueur va poser des tuiles sur son plateau et essayer de dessiner des constellations, lesquelles vont permettre de créer sur le plateau de jeu principal des chemins par lesquels il faut mener ses petits meeples vers des points particuliers. Le reste n’est pas très clair, en tout cas pour moi.

Ce sont donc deux jeux au gameplay simple mais toutefois assez stratégique et qui va demander un peu de réflexion. Adeptes des beaux jeux, ceux-ci sont fait pour vous. Ainsi que je l’ai mentionné plus haut, le matériel des autres opus de l’éditeur penche clairement du côté deluxe et ce ne sont pas ces deux là qui feront dire le contraire.

Car en effet, entre les superbes tuiles en bois imprimé et les playmats néoprène de Solani, les magnifiques meeples customs de The Girl…, on est vraiment gâtés en beau matériel. Et la direction artistique des deux titres n’est pas en reste. Si elles sont bien différentes, elles n’en sont pas moins magnifiques.

Avec tout ça, vous vous doutez bien qu’on ne parle pas ici de jeux à 30 €. À 42 en fait, ou plus précisément à 49 $, ce qui ne me paraît pas scandaleux dans l’absolu. Bien sûr un bundle des deux est proposé pour 95 $, soit environ 81 €. Les frais de port sont de 15 € que ce soit pour une ou deux boîtes, rendant de fait le pledge d’une seule un peu cher (actuellement 69 900/30 000 $ et 1 010 soutiens. Fin le 14 avril).

 

 

fr   Shakos est un petit éditeur derrière lequel se trouvent deux passionnés d’histoire en général, et de wargames en particulier : Julien Busson et Denis Sauvage. Leur ambition est d’éditer des jeux de stratégie « modernes », dans le sens adaptés au public d’aujourd’hui, rebuté qu’il est (on se demande bien pourquoi) par les wargames d’antan aux règles en trois volumes et aux unités sous forme de petits carrés de carton aux symboles abscons posés sur une grande carte à hexagones magnifiquement décorée d’aplats jaunâtres ou verdâtres. 

Cette ambition s’est concrétisée par la campagne de Napoléon 1806 il y a tout juste quatre ans et celle de Napoléon 1807 deux ans plus tard. A été également localisé l’année passée en partenariat avec Pixie Games un jeu de Reiner Knizia passé assez inaperçu, Battle Line Medieval, basé sur la mécanique du quant à lui célèbre Schotten Totten (Nous vous en parlions dans cet article – Ndlr).

Shakos continue sur la même voie et nous propose aujourd’hui une campagne pour deux jeux à deux joueurs, Salädin + Border States. Ce sont bien sûr des jeux de stratégie accessibles et profonds mais dont les gameplays s’éloignent franchement du wargame classique. On serait même plutôt sur des jeux abstraits, très intelligemment thématisés.

Salädin a été conçu par Denis Sauvage. Il est le premier titre d’une collection nommée « En ordre de bataille » (en français dans le texte) qui sera composée de jeux offrant de revivre deux batailles menées par un personnage historique. En l’occurrence et pour celui qui nous occupe, il s’agit du Sultan Saladin (de son vrai nom Al-Malik an-Nāsir Ṣalāḥ ad-Dīn Yūsuf) et des batailles de Hattin le 4 juillet 1187 en Galilée, où il a laminé les croisés de Guy de Lusignan, et celle d’Arsouf menée le 7 septembre 1191 près de Jérusalem contre les troupes de Richard Coeur-de-Lion, mais avec une défaite à la clé cette fois là. 

Dans Salädin, le but n’est pas d’éliminer l’adversaire mais de désorganiser ses troupes, afin de coller au mieux à ce que fut la réalité et de retranscrire le chaos des batailles. Pour ce faire, des cartes dites Bannières sur lesquelles figurent plusieurs possibilités de formation de troupes vont être jouées grâce à des jetons d’ordre dont le nombre diminue au début de chaque tour.

Ces cartes ne sont pas les mêmes pour chaque camp et cela induit une petite asymétrie qui va surtout se traduire par des façons différentes de mener l’affrontement : plutôt dans l’esquive pour Saladin et à l’inverse, plutôt dans les charges agressives côté croisés. Le gagnant est celui qui aura réussi à garantir la cohésion de son armée tout en conservant des jetons d’ordre.

Avec Border States, de Stéphane Brachet, on change totalement de registre. On se retrouve entre 1861 et 1865 dans ce qui n’est pas encore vraiment les USA. La Guerre de Sécession fait rage entre l’Union et les Confédérés mais cinq états frontaliers (Delaware, Kentucky, Maryland, Missouri et la Virginie-Occidentale), appelés les Border States, n’ont pas encore vraiment choisi leur camp.

Chaque joueur va donc incarner l’un des protagonistes, Union ou Confédérés, et va chercher à remporter un maximum de batailles (concrètement, des cartes) pour faire basculer l’opinion publique de ces états de son côté. Pour ce faire chacun a à sa disposition 10 blocs représentant des généraux qui vont être placés sur le plateau central.

Border States est un pur jeu de bluff et de déduction et la victoire appartiendra au plus rusé et fourbe. A l’inverse de Salädin, point d’asymétrie ici, les deux joueurs partent à armes égales.

À mon sens, la direction artistique de ces deux jeux est agréable et plutôt sobre. Le matériel est essentiellement constitué de cartes, de cubes et marqueurs en bois. Pas de souci à se faire pour la qualité finale donc. Les dits marqueurs en bois deviennent customs par l’effet du déblocage des stretch goals et améliorent de fait l’aspect visuels.

Contrairement, et c’est heureux, à plusieurs campagne mentionnées plus haut, les tarifs des deux jeux ne rejoignent pas la stratosphère. 24 € l’un, 44 € les deux, 5€ de frais de port pour un jeux, 6 € pour deux, cela nous fait un all-in à 50 € tout compris. Et en français (actuellement 13 200/30 000 $ et 295 soutiens. Fin le 14 avril).

 

 

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Ils débarquent cette semaine

 

 

 

fr  V-Commando Deluxe par Triton Noir – Le 29 mars

Nouvelle version revisitée avec de nouveaux modes de gameplay, avec des figurines en option. 

 

 

 

 

Lasting tales (+ Blacklist Miniatures : Fantasy Series 2) – par Blacklist Games – le 30 mars

Jeu d’escarmouche avec figurines par un fabricant de figurine. Ça se tient.

 

 

 

 

 

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Légende des symboles utilisés

coeur rouge: Désigne les campagnes conseillées par Shanouillette.

coeur bleu: Désigne les campagnes conseillées par Gougou69.

fr: Désigne les campagnes dont tout ou partie des éléments sont en français.

€ : Désigne les campagnes particulièrement intéressantes sur le plan financier.

Attention 2: Désigne les campagnes que nous déconseillons fortement.

Le lexique du participatif
  • Add-on : (Nom m.) Ajouts optionnels et néanmoins payants proposés au cours de la campagne. Cela peut-être des packs de figurines, des extensions, des dés plus jolis, mais aussi des objets beaucoup plus dispensables tels que des t-Shirts ou des mugs, voire des pin’s (si si !). Dans tous les cas, les sommes collectées par ce biais participent à l’augmentation de la cagnotte et à atteindre les paliers des stretch goals.
  • Backer [bakeur] : (nom m.) Aussi utilisé, « pledger ». Personne qui avance de l’argent pour la réalisation d’un projet dont la campagne est en cours.
  • Box Upgrade : Modifications apportées tout au long de la campagne (souvent dans le cadre des stretch goals) qui permettent d’améliorer la qualité du matériel du jeu (cartes plus épaisses, carton de la boîte plus fort, dés spéciaux, etc…).
  • CAD$ : Dollars Canadiens (cours bien inférieur au Dollar US)
  • Campagne : Période au cours de laquelle le projet est proposé au souscripteurs. Généralement de 2 à 4 semaines, mais cela peut être moins ou beaucoup plus. Cette durée n’est pas anodine et ne doit pas être choisie au hasard par le porteur du projet. En effet, de celle-ci dépend la forme et la dynamique de la campagne.
  • CMoN : Initiales de l’éditeur “Cool Mini or Not”. Afin de briller en société et avoir l’air du mec (ou de la meuf) qui s’y connait, on le prononcera “Simone” (oui, comme la tata du même nom) et on proscrira les “kmone” ou, pire, les “komone”.
  • DPG : Initiales de l’éditeur “Devil Pig Games”.
  • Early Birds [eurli beurdz] : (Nom m.) Rien à voir avec des oiseaux qui arriveraient en avance. Il s’agit d’un nom poétique donné au pledge à prix réduit (généralement quelques dollars) ou avec un bonus proposé parfois aux tous premiers souscripteurs d’une campagne.
  • FdPI : Initiales de « Frais de Port Inclus »
  • KS : Contraction de KickStarter, la plus grosse plate-forme de financement du monde connu.
  • KS Exclu : Acronyme regroupant tout ce qui est proposé lors d’une campagne et qui lui est exclusif. Par exemple, un add-on ou un stretch goal « KS Exclu » ne se retrouvera jamais dans le commerce et ne pourra plus être acquis en dehors de la campagne. Mais certains porteurs de projets ont des notions bien personnelles de la signification du terme « exclusif ».
  • Mougeon : (Nom m.) Race animale grégaire endémique sur Kickstarter, mi-mouton mi-pigeon. Les spécimens qui la compose ont pour particularité d’avoir, au cours de certaines périodes de l’année qui correspondent peu ou prou à la durée des campagnes de financement les plus en vue, une capacité de discernement inversement proportionnelle à la taille de leur compte en banque.
  • Pledge [plèdj] : (Nom m.) Niveau de soutien proposé lors d’une campagne. Par extension, somme d’argent versée pour y accéder.
  • Pledge groupé (ou PG) : (Nom m.) Regroupement des participations de plusieurs soutiens géré par une personne, généralement pour diminuer (parfois drastiquement) les frais de port et après négociation avec le porteur du projet.
  • Pledger : [plédjé] (Verbe) Action de sélectionner un niveau de soutien et d’autoriser le débit de son compte de la somme correspondant en cas de réussite de la campagne.
  • Pledger : [plédjeur] (Nom m.) Voir « Backer ».
  • PnP : Initiales de « Print and Play ». Il s’agit d’un fichier (généralement PDF) gratuit ou payant, permettant d’imprimer les composants du jeu qui s’y prêtent et ainsi de le tester avant la fin de la campagne.
  • Reboot [rebout] : Deuxième (voire plus) lancement d’une campagne qui a précédemment échoué à être financée. En général, le porteur du projet essaie à ce moment là de corriger les erreurs qui ont mené à l’échec, mais pas toujours…
  • Reminder [wemeyndeur] : Option qui vous averti par mail de l’entrée d’une campagne dans ses dernières 48 heures et vous permet ainsi de juger de la pertinence d’y participer. Utile lorsque l’on est pas certain d’être intéressé en l’état en début de campagne.
  • Reprint : Nouveau tirage d’un jeu qui fait parfois l’objet d’une campagne participative.
  • ROW : Acronyme de “Rest Of the World”. Indique l’ensemble des zones géographiques concernées par des frais de port qui n’ont pas été déjà détaillées.
  • SG : Contraction de « Stretch Goals » (voir explication de ce terme).
  • Stretch Goals [strètch golz] : Paliers de financement qui, lorsqu’ils sont atteints, débloquent un ou plusieurs éléments supplémentaires venant généralement enrichir le jeu. Lorsque ces stretch goals sont spécifiques à la campagne et lui resteront exclusifs, on emploie l’expression acronyme de « SG KS Exclus ».
  • UE Friendly : Définit un projet dont le porteur s’est assuré que les colis de son jeu arriveront dans notre boîte aux lettres sans surcoût lié au passage en douane.

 

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4 Commentaires

  1. TheGoodTheBadAndTheMeeple il y a 17 jours
    Répondre

    Le prix de Robinson, son contenu creux, son arrivee 6 mois apres le treasure chest est juste ehontee a mes yeux.

    C’est creux, cher et vide de contenu. 18 fig a 85 EUROS + shipping !

    Le pire c’est que ca marche, la puissance marketing, l’eloquence de Ignacy, ca vend du reve.

    • Gougou69 il y a 17 jours
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      Quand je vois un simple jeu de cartes format tarot à 54 boules partir comme des petits pains, il n’y a plus rien  qui soit étonnant. Pour Robinson, au moins ils font semblant de filer quelque-chose pour 85 €, il y a un effort de fait pour soutirer les sous des backers 😉

      • TheGoodTheBadAndTheMeeple il y a 16 jours
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        Imagine que chez moi, ces 85 euros se transposent en 130 CAD 😀 Pour ce prix tu as 2 jeux neufs pour joueurs. 4 usagers 😀

        Ici, y a du plastique, peut etre 2-3 scenars.

  2. Kawdjer il y a 17 jours
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    Une précision pour Factory Funner. Dans la version Cwali, il y a déjà des règles en français.

    (Pour les 2 autres jeux, je ne sais pas)

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