Les petits joueurs #46 : Dixit kids – L’arbre aux 3 élixirs – L’escalier hanté
Chaque mois, notre chronique Petits joueurs vous propose plusieurs jeux adaptés à différents âges de l’enfance, joués entre parents chroniqueurs et enfants.
Pandawan est une joueuse de 5 ans qui aime se déguiser en panda ou bricoler une licorne en pâte à modeler entre deux tours. Elle n’en est paradoxalement pas moins concentrée car ce qu’elle aime dans les jeux de société c’est : Gagner ! Son premier avis sur un jeu est souvent binaire : Trop bien, j’ai gagné ! ou Nul, j’ai perdu. Elle refuse cependant de se laisser abattre et demande à enchaîner les parties jusqu’à ce que revanche soit prise.
Pandatwo est une très jeune joueuse de presque 4 ans, fan de pandas roux. Enfin joueuse, c’est un grand mot ! La concentration est très très courte et le sens des règles aléatoires… Au Mistigri, elle veut le Mistigri, au jeu de 7 familles, elle ne veut que la famille dinosaure et au jeu Opération Noisettes, elle
veut … faire tomber les noisettes ! Pas toujours facile de s’engager dans une partie, mais ça progresse de semaine en semaine !
Maxiloutre : 8 ans, nourri aux cubes en bois par son papa voxien & auteur de jeu, Maxiloutre a commencé à baigner dans les jeux de société dès 2 ans. Jouant principalement à deux avec papa ou maman, il refuse rarement une partie.
Axelosaurus : 6 ans, suit activement son grand frère Maxiloutre dans la découverte des jeux modernes, n’hésite pas à essayer des jeux pour bien plus grand, pour faire comme le frangin.
Dixit Kids
Asmodée souffle souvent le chaud et le froid avec ses déclinaisons enfant de ses jeux à succès. On a eu les incroyables Mysterium Kids et Unlock kids, mais aussi les plus oubliables Splendor Kids et Mon premier Unlock l’an passé. Cette fois c’est Dixit qui y passe, avec je trouve un sacré challenge que d’adapter cette mécanique aux plus petits.
Toujours coopératif, toujours avec les images, mais plutôt que d’avoir à énoncer un mot qui doit faire penser à une illustration, on va devoir choisir une illustration qui devra faire penser à une émotion.
Sur le papier, cette mécanique est extrêmement bien trouvée. On ne force pas les joueurs à imaginer le mot parfait pour représenter notre image, on donne uniquement accès à un choix parmi deux émotions à retranscrire.
En pratique, cette mécanique n’est finalement pas si facile à expliquer aux enfants, puisqu’il va falloir leur faire comprendre que l’un des joueurs veut essayer de faire deviner l’une des émotions, et que tous les autres joueurs, pour retrouver cette émotion, doivent jouer une carte de l’AUTRE émotion. Mine de rien, ça leur fait un peu des nœuds au cerveau, et il faut répéter plusieurs fois ce qu’ils doivent représenter à chaque tour pour éviter les erreurs.
Coté cartes, elles sont assez suggestives pour représenter pas mal de situations émotionnelles différentes. Mais le fait que de n’en avoir que 3 en main limite assez rapidement les choix. C’est efficace car les enfants se concentrent sur peu de cartes, et ça permet de créer des dilemmes car les cartes ne fonctionnent pas toujours parfaitement avec l’émotion à représenter, obligeant l’enfant à se projeter ou à devoir faire des efforts d’imagination. Mais à l’inverse, il arrive que plusieurs manches de suite on n’ait en main aucune des cartes qui fonctionnent avec l’émotion choisie, et cela est assez frustrant, ce qui fait qu’il arrive que l’enfant joue un peu au hasard.
Après deux ou trois premières parties nécessaires à rentrer dans le jeu, alors qu’ils ont quand même 7 et 9 ans, les enfants prennent du plaisir à jouer et à choisir leurs cartes. Les émotions générées par les révélations ne sont pas aussi euphoriques que dans un Dixit, et on est plutôt sur des évidences, ou bien des incompréhensions sur les choix des joueurs, qui se justifieront en disant qu’ils n’avaient pas de cartes appropriées.
Pour ma part j’ai trouvé la difficulté du jeu bien dosée. Je regrette cependant qu’on ne change pas l’humeur d’un lapin que l’on n’est pas arrivé à faire deviner, puisqu’il restera présent d’une manche sur l’autre, et si on n’a pas eu les cartes pour le faire deviner une fois, il se peut qu’on ne les ait toujours pas la fois prochaine. L’édition quant à elle est très réussie, avec un joli soin apporté à la boite et son utilisation.
Au final un jeu plutôt réussi, qui réussit l’exploit d’adapter un monstre sacré avec une idée mécanique efficace, mais qui reste assez difficile à appréhender lors des premières parties pour les plus jeunes.
-Fredovox
Un jeu de Elodie Clément, Jean-Louis Roubira, Théo Riviere
Illustré par Iris Wincker, Lucie Dessertine, Seppyo
Edité par Asmodee Kids
À partir de 6 ans
L’arbre aux trois élixirs
L’arbre aux trois élixirs est un très joli jeu qui se présente comme un arbre, vertical, sur lequel des petits elfes vont se lancer dans une course frénétique pour monter au sommet !
Qui arrivera à trouver le chemin le plus vite en s’accrochant de branche en branche pour atteindre en premier l’élixir des temps ?

Pour monter, les pions s’accrochent grâce à des aimants. À notre tour, nous sommes face à différents chemins pour l’ascension : trois choix pour chacun des 8 étages à gravir. Des bandes magnétiques aimantent un seul des trois espaces. Il faut donc poser notre pion sur un des trois espaces et espérer qu’il reste magiquement accroché à sa branche ; s’il reste collé, on continue à monter et on teste l’étage du dessus en espérant les gravir tous et gagner le jeu. Sinon, si notre pion est tombé, on arrête de jouer. Avec un petit coup de bol, il arrivera à s’agripper dans sa chute pour ne pas redescendre tout en bas. Le jeu associe donc une part de chance mais aussi une part de mémoire car il faut se souvenir des choix des autres pour savoir où sont les aimants.
Chez nous, la concentration laisse souvent place aux fous rires quand pour la énième fois, on tente de s’accrocher à la même branche alors qu’on s’était dit qu’on ne s’y laisserai pas reprendre, et à la frustration quand, si proche du sommet, notre elfe dégringole. Le fait que les bandes magnétiques soient interchangeables permet une parfaite rejouabilité.
Pandawan et two adorent ! Le principe des aimants est particulièrement malin et donne un petit côté magique aux elfes (quel enfant n’a pas passer des heures à jouer avec les aimants du frigo !).
-Mine2rien
Un jeu de Fabien Bachir, Olivier Colin
Edité par Nathan
À partir de 5 ans
L’escalier hanté
Esprit, es-tu là ? Il ne s’agit plus d’esprit de la forêt mais de celui d’un château hanté : un effrayant fantôme ! Dans L’escalier hanté les joueuses et joueurs partent eux aussi à l’ascention, non pas d’un arbre, mais d’un vieux manoir. Pour cela, rien de plus simple, ils lancent un dé et avancent du nombre de cases que le dé indique. Ennuyeux ? Pas quand un fantôme vient rabattre les pions et y mettre une sacrée pagaille ! En effet, quand le dès n’indique pas un chiffre, il affiche un petit fantôme. Le pion est alors recouvert d’un draps de fantôme blanc ! Pour le premier, ça ne change pas grand-chose, me direz-vous ! Certes, mais quand les quatre joueurs sont ainsi grimés en fantôme, difficile de se rappeler quel pion faire avancer ! Surout quand refaire tomber le dé sur le fantôme nous oblige à inverser deux fantômes. Ça devient très vite un joyeux bordel et quand enfin on arrive à avancer notre fantôme sur la dernière case et que les masques tombent, on découvre que c’était finalement le pion de notre adversaire qu’on vient de faire gagner ! Pandawan, quand je ne suis pas concentrée me dit « T’inquiète pas maman, ce jeu c’est de la chance ! ». Alors, même si en vrai, non, une concentration de tout les instants nous permettraient de ne pas nous mélanger les pinceaux, ces quatre fantômes identiques nous plongent très vite dans le doute pour notre plus grand amusement.
Avant de découvrir le jeu, j’étais sceptique car nous avons un autre jeu à rôle caché : Carapate. Sur une piste, en fonction d’un dé, on choisit de faire avancer un escargot, une tortue, un hérisson ou un asticot, une carte découverte avant de commencer à jouer nous indique de manière secrète qui est qui. Les rôles sont donc censés être secret et le rester ! Sauf qu’avant la fin du premier tour, on sait déjà qui est qui.
Comment ? Déjà parce qu’avant de commencer pandatwo fait la tête si elle n’a pas la carte qu’elle veut, puis que pandawan fait tomber sa carte sur le sol face visible parce qu’elle fait de la gymnastique sur sa chaise. Bref, il faut redistribuer des cartes, espérer que Pandatwo soit satisfaite, dire à Pandawan de poser sa carte sur la table et ne plus la toucher avant d’avoir fini sa figure de trapèze en intérieur, ouf, vite lancer les dés, tomber sur son animal et se dire : « Ah bah non, je préfère faire avancer mon concurrent que moi ! » avant de se ressaisir, non, garder les rôles cachés n’a aucun intérêt…
Bref, je ne sais pas pourquoi, Pandawan et two adorent ce jeu ! Elles peuvent enchaîner les parties, certes avec un peu plus d’enjeu avec les objets spéciaux qui ajoutent des pouvoirs. Mais franchement, en tant que parent, l’absence de suspens qui est sensé être le piment du jeu rend l’aventure très longue… Enfin, je suis curieuse, petit appel à ceux et celles qui ont le jeu à la maison, chez-vous, ça marche ?
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