Mayor of Chicago – élections mega tendues dans une megapole

La gamme InPatience est connue pour ses jeux en solitaire de petit format et à la DA plutôt atypique. Celle-ci a récemment pris un virage éditorial depuis deux ans environ. Le format de la boîte est devenu rectangulaire et surtout les thèmes et mécaniques de jeu se sont grandement diversifiés.

Dans un précédent article, on vous parlait du sympathique Freigard (Reiner Knizia) qui fait partie de cette nouvelle vague. Mayor of Chicago, de Xavier Georges (Troyes, Carnegie), rejoint un style déjà connu que je rapprocherais plus de certains jeux de la gamme Microgames de Matagot, tels que Sprawlopolis.

 

Grille remplie, il est temps de compter les votes

 

Dans Mayor of Chicago, vous êtes un candidat à la mairie de la célèbre mégapole, au début d’un 20e siècle marqué par la corruption. Vous affronterez votre adversaire durant cette élection et tenterez d’obtenir plus de bulletins de vote que lui à la fin de la partie.

Pour ce faire, vous disposez d’un simple paquet de cartes que vous allez piocher une par une. Vous les placerez l’une après l’autre en grille sur la table, sur leur verso qui représentent des quartiers avec des ressources situées aux angles. Vous pourrez également utiliser ces cartes sur leur recto pour recruter un agent, à condition que vous disposiez d’assez d’argent. Vous pourrez ensuite placer ces agents à l’intersection entre 4 quartiers, et remporterez les 4 ressources affichées.

 

 

Tout l’enjeu sera de bien placer vos quartiers afin que les ressources d’un même type soient groupées aux mêmes intersections entre ces quartiers. Par exemple, si vous placez un agent par-dessus un icône de richesse, vous gagnerez 1 dollar, si vous le placez par-dessus 4 de ces icônes, vous en en gagnerez 8.

On sera donc partagé entre utiliser le verso de ces cartes pour bien placer des quartiers ou bien le recto pour recruter un agent. Ces derniers vont de plus apporter un bonus au moment de leur placement. Les ressources sont assez variées : richesse, popularité (baisse le prix des agents), votes (points de victoire), ainsi que des ressources négatives comme la corruption ou l’alcool.

En plus de cela, en bas ou en haut de chaque colonne, vous disposerez des cartes événement dont l’effet se déclenchera lorsque vous compléterez une colonne. Il peut être négatif ou positif et dépendra de la différence de ressources que vous aurez avec votre opposant.

 

 

Si l’on agrège toutes les variables à prendre en compte, le jeu va donner une sensation de contrainte assez forte car il faudra à la fois trouver le meilleur compromis entre placement de quartier, recrutement d’agent et gestion des ressources qui sont très limitées. En d’autres termes, il faudra à chaque coup tenter d’aligner de multiples planètes et l’on aura rarement des boulevards s’offrant à nous.

Les sensations sont proches de celles que j’ai ressenties avec Sprawlopolis, que je citais plus haut, même si les mécaniques n’ont à peu près rien à voir. Si vous avez aimé ce dernier vous aimerez à coup sûr Mayor of Chicago. On se sent tout de même moins contraint et coincé que dans Sprawlopolis, où chaque tour de jeu m’a donné un arrière-goût de souffrance et de sacrifice.

 

Chaque opposant aura des ressources qui rendra les événements plus ou moins difficiles. Il collectera aussi les agents que vous ne recrutez pas.

 

En plus de cela, le jeu propose un niveau de difficulté élevé. Huit opposants sont disponibles et je n’ai pour l’instant pas réussi à battre le second. Je me retrouve coincé par manque d’argent, ou à cours de bulletins de votes. Je n’ai pas encore trouvé le truc, mais ce qui est certain, c’est que ce jeu demande d’aller loin dans l’optimisation pour parvenir à progresser. Et bien entendu, une part de chance fait que régulièrement vous n’aurez pas les bonnes ressources au bon moment, mettant la partie en péril.

Mayor of Chicago est un jeu plutôt bien ficelé qui va s’adresser à un public gamer hardcore qui aime la grande difficulté et qui sera à l’aise avec des choix contraignants, où il faudra accepter une certaine dose de frustration et avoir aussi l’envie de persévérer. Pour ce public-là, il offrira du challenge et de nombreuses parties mais je dirais qu’il faut savoir à quoi l’on a à faire.

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