Hot streak : saignant
Le printemps sera sportif, short et baskets mais aussi poisson et gros nounours. On avait l’œil sur Magical Athlets (Athlètes de Compète à paraître cet été), c’est Hot Streak qui franchit la ligne d’arrivée des sorties en premier ! Vous n’aimez pas les thématiques sportives, ce jeu risque bien de vous faire changer d’avis.

À vos marques…
Le départ est donné, Saucisse s’envole et prend la tête. Parfait, c’est votre poulain, vous avez misé sur lui. Mais…Mais, pourquoi ce crétin change-t-il de sens et revient-il vers la ligne de départ ? En plus, le voilà qui chute. Ce genre de situation va devenir familière si vous décidez d’inscrire votre coureur dans ce challenge. Car oui, la course, surtout ici, n’est pas de tout repos.

Dangle, Hurley, Mum et Gobbler… en forme !!
Hot Streak est un jeu, un jouet, magnifique et foufou. On ne peut que s’attarder sur sa présentation : une boîte vitrine abritant les 4 personnages costumés en saucisse, ours, reine et poisson bleu (Hurley/Gobbler/Dangle/Mum) et une roulette sur le côté de la boîte permettant de dérouler le tapis symbolisant la piste de course. Il reste le paquet de cartes qui permet de faire progresser les participants. Un bel objet.

L’amie molette
L’idée est simple et repose sur le principe de l’auto battler (la Bataille en français ?). On choisit plus ou moins les cartes que l’on va glisser dans le paquet, cartes que l’on va révéler une par une et en appliquer l’effet. Ce principe n’est pas nouveau, on le trouve, dans un esprit approchant, chez Colt Express (un peu plus développé car on tente d’anticiper/contrer ce qui peut se passer) ou Challengers qui, lui, associe une notion d’amélioration de son propre paquet avec l’avancée des manches. Hot Streak, s’il permet de glisser quelques cartes inconnues au sein du paquet, reste plus basique que les titres cités. Un parti pris qui colle bien à ce qu’il propose.

le jeu compte 7 effets
Contrôle antidopage
Les quatre coureurs sont sur la piste. On va constituer, en tirant des cartes au hasard et en les attribuant à chacun, le paquet course de 18 cartes. Chacun voit donc ce qui va être joué. Hum… La reine vient de récolter une carte demi-tour. Est-ce bien la peine de miser sur elle en sachant qu’elle a de grandes chances de ne pas atteindre la ligne d’arrivée puisqu’elle court dans l’autre sens ? Deux petites choses permettent de contredire ce postulat : j’ai dans ma main une carte qui peut modifier cet effet et je vais la glisser dans le paquet, la reine peut arriver avant que la carte pénalisante ne soit jouée. Risqué, avouons-le. On prend donc des paris en fonction de ce que l’on voit. Les paris rapportent moins s’ils sont confortables, le risque paie. À vous de voir si vous préférez jouer la sécurité ou tenter le diable.
Si on peut parier sur l’ordre d’arrivée, on peut aussi décider de miser sur un pari secondaire et répondre à une question Oui ou Non ( X va-t-il être disqualifié ? Y sortira-t-il de la piste ?). Vos deux paris en poche, la course peut commencer.

Si pour le moment, on a une vue assez globale du déroulement, le hasard va venir gripper la mécanique. Chacun ajoute secrètement une carte de sa main au paquet. On en a trois, on en donne une : celle qui va pourrir l’adversaire ou donner un coup de pouce au personnage choisi ?

je ne vais peut-être pas miser sur Dangle !
Le paquet est mélangé et trois cartes sont retirées. Les informations sont finalement parcellaires, rien n’est sûr à 100%. Vos calculs savants viennent de voler en éclats. Le poisson ne va pas chuter, la reine ne fera pas demi-tour… Les cartes sont alors révélées une par une devant les spectateurs. Une fois la course commencée, il n’y a plus rien à faire, si ce n’est serrer les fesses. On avance, on avance, c’est une évidence. Jusqu’au moment où un nounours change de couloir et percute le poisson qui maintenant se traîne. La reine se retourne et part dans l’autre sens. Saucisse est proche de la ligne mais s’arrête et se fait remonter par l’ours. Rien n’est vraiment écrit. Vous vous souvenez que certaines cartes ne sont pas tombées, il reste peut-être une chance à Saucisse… Il peut même être DQ (disqualifié) si il chute une seconde fois ou sort de la piste.

Dans l’autre sens !
Plus de cartes et pas de vainqueur. La course n’est pas terminée, on repart ! Afin d’éviter la répétition à chaque nouveau départ, une partie de la piste est rembobinée à l’intérieur de la boîte. Si un coureur est à la traîne et se trouve dans la zone supprimée, tant pis, il rentre au vestiaire. Une élimination sans appel. Chaque joueur reprend une carte, en donne une et on mélange le paquet.

Trop lent, Dangle est DQ
Ce rythme frénétique va se maintenir sur trois courses. Le montant des paris engrangés désigne le gagnant. Et ce dernier peut aller lire dans un livret dédié ce que le destin va lui apporter en fonction de la somme. Un destin loufoque.

Coupe et décalé
Si on regarde froidement ce jeu, c’est une bataille avec de beaux atours : un jeu de course , de paris, sur lequel on a très peu de contrôle. C’est surtout un jeu d’ambiance ! C’est bien sûr son propos : prendre des risques, essayer d’évaluer la manche à venir, croire, espérer, pester, jubiler…et se faire poutrer !
La découverte de la boîte génère la surprise et l’admiration, le packaging est vraiment bien pensé. La règle est étoffée, on est étonné du nombre de pages et d’exemples pour décrire une partie. Le descriptif de chaque mascotte et sa petite histoire, ainsi que l’événement lié aux gains sont des ajouts plus que bienvenus. Si la partie annoncée de 20 minutes est difficile à tenir (on peut doubler la durée), on ne voit pas le temps passer. Tout arrive et le chaos est le véritable maître de cette course folle à laquelle on assiste, quasi impuissant, comptant sur les cartes que l’on connaît, celle que l’on a glissées dans la pioche, tout en craignant le coup bas des voisins. On manipule les figurines, on les couche, on les tourne, le jeu aurait-il été le même attrait sans cette débauche de matériel ? Non, bien évidemment. On imagine mal jouer sur une grille avec des meeple, la magnificence du décor ajoute énormément. Cette magnificence a bien sûr un prix, qui pique, mais sans elle, le jeu serait moindre.

Hot Streak demande aussi à être joué nombreux. En dessous de six compétiteurs, cela fonctionne mais c’est moins excité, et moins excitant. La course bénéficie de retournements, on trépigne, on jubile mais ici le nombre fait force. En résulte un vrai bordel, et c’est ce qui crée l’ambiance que nous sommes venus chercher. N’hésitez pas non plus à commenter, à encourager vos mascottes, debout sur les gradins. Hot Streak est un jeu à sortir quand tout le monde est chaud, voire très chaud. On peut lui reprocher sa simplicité, il y a peu d’effets au final, ce « manque » se fera sentir au bout de quelques parties, une fois que l’on se sera habitué (on imagine de nouvelles cartes). Mais ne crachons pas dans la soupe, cette simplicité suffit pour réunir le public autour de la piste et permet de jouer dès l’ouverture de la boîte. Dans la joie, et c’est le principal.
Je vais quand même attendre de découvrir Athlètes de Compète avant d’arrêter mon choix. Ce titre semble multiplier les pouvoirs et les effets en cascade.
La course est à nouveau ouverte. Qui montera en premier sur le podium ? Réponse dans quelques semaines.
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