Matthieu d’Epenoux nous a quittés.
Des centaines de messages de tristesse, de souvenirs, pour rendre hommage à un grand monsieur du jeu de société français, le fondateur de Cocktail Games, Matthieu D’Epenoux, disparu à 60 ans ce 3 juin 2026.
Il commence en tant qu’auteur, et crée Interlude, une société dont Cocktail Games est la marque principale, implantée à Versailles.

L’édition
Si on le connaît c’est surtout en tant qu’éditeur, infatigable chercheur de jeux qui mettent l’ambiance, des jeux d’apéro, des jeux qui font rigoler tout le monde, mais Matthieu D’Epenoux a commencé par être auteur (coauteur avec Roberto Fraga et Odet L’Homer) de son premier jeu, Contrario, sorti pour la première fois en 2001 – ce qui marqua également les débuts de Cocktail Games.
Ont suivi des dizaines de boîtes métal, de Foutrak à Twin it, Panicozoo, Tokyo Train… ou Hanabi. Ce métal était la marque de fabrique de Cocktail Games, on reconnaissait les boîtes au premier coup d’œil, même les formats moins carrés, comme Sushi Go, Vitrail ou L’île interdite. Depuis sa création, Cocktail Games a publié plus de cent jeux, avec ou sans ce boîtage d’ailleurs.
La malédiction des As d’or
Cocktail Games, le magnum opus de Matthieu d’Epenoux, ce sont dant de jeux qui ont marqué nos soirées, et tant de jeux qui ont été reconnus en recevant 10 nominations aux As d’or : (Unanimo (2003),Vitrail (2007), Kiproko (2008), Kaleidos (2009), Perlin Pinpin (2015), Imagine (2017), Twin it (2018), Top Ten (2021), Happy City (2022) Trio (2024)).
Cette malédiction est devenue un “mème”. À chaque nouvelle nomination, on guettait les posts plein d’humour et d’autodérision de l’éditeur sur les réseaux sociaux ; Matthieu d’Epenoux se mettait en scène en éternel déçu, ce qu’il était toujours un peu, mais il tirait une certaine fierté d’être ce Poulidor ludique que l’on acclamait toujours.

Nous l’avions Interviewé en 2024 après la nomination de Trio, juste avant qu’il décroche enfin l’or avec ce titre, puis le Spiel des Jahres avec Bomb Busters, mais on retient aussi sa mise en scène au Flip ou Matthieu reproduisait la marche de la honte de Games of Thrones, déclenchant l’hilarité des passants.
L’homme derrière les jeux
Matthieu d’Epenoux était engagé pour faire progresser le milieu ; membre très actif de l’UEJ (Union des éditeurs de Jeux), il a également beaucoup contribué à Accessijeux, une association visant à adapter des jeux pour des déficients visuels.
Éternel bougon, si vous lui demandiez ce qu’il pensait de votre jeu, il fallait accepter la critique car il n’avait pas la langue dans sa poche et disait ce qu’il pensait. Tout en étant bienveillant ; beaucoup d’éditeurs racontent combien l’échange était riche et fructueux.

Joueur invétéré, il savait reconnaître quand un jeu était bon et savait le dire, une belle marque de fair play. Il a même organisé une contre cérémonie pour décerner son Cocktail d’or à [Kosmopoliːt].
Tous les témoignages des proches et moins proches s’accordent pour décrire une personne généreuse et entière, qui a marqué leur carrière de son empreinte.
Certains disent même qu’il est parti faire jouer dans l’ailleurs tant Matthieu d’Epenoux a marqué le jeu d’ambiance ces 20 dernières années. Nos pensées vont, évidemment, à ses proches.





