Legacy of Dragonholt : j2s dont vous êtes le héros

Gamin, j’ai dévalisé la bibliothèque municipale de tous les livres dont vous êtes le héros. Sans aller jusqu’à la collectionnite, j’en ai acheté quelques-uns, eu de bonnes surprises (et d’autres moins bonnes). La collection de Folio a clairement battu son plein dans les années 90, pour disparaître peu à peu. Mais le livre-jeu lui-même n’a pas disparu. L’idée de raconter des histoires interactives s’est surtout reportée sur le jeu vidéo, avec des ténors tels que Baldur’s Gate, The Bard’s Tale ou même World of Warcraft.

Cependant, le livre-jeu n’a pas disparu, surtout pour les enfants. Le jeu de société s’en empare, avec, par exemple Baïam/Kuala. Et puis il y a Legacy of Dragonholt. Un hommage pharaonique au livre dont vous êtes le héros, mais en jouable à plusieurs. Et ça, c’est pas dégueulasse. Ça, ça méritait l’attention de votre serviteur. Il se trouve que le jeu nous a tapé un peu dans l’œil, à la rédaction, mais il s’est perdu dans le tourbillon de sorties. Et puis, au hasard d’une interview avec Nikki Valens, l’autrice dudit jeu, la hype est revenue s’inviter. J’ai donc craqué.

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Un air de jeu de rôle…

On commencera par créer son personnage de façon très simple. Le livret de règles permet d’ores et déjà de construire le monde en donnant une idée de ce que viennent faire les différentes races de personnages.
On s’appropriera vraiment son personnage, en le décrivant, narrativement (avec beaucoup de détails inutiles mais tout à fait indispensables, comme sa provenance, son apparence, etc), mais aussi en termes de gameplay, avec des compétences que l’on sélectionnera assez librement, avec une certaine orientation donnée par notre personnage. Simple et élégant, le système de création de personnage ne s’encombre pas d’inutilités, et on se rappellera de deux choses de notre personnage : son endurance finale, et ses compétences.

 

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The Story so far…

Dragonholt est encore en anglais, mais celui-ci est très abordable (sauf à de rares occasions, quand on parle de métayage ou autres). Cependant, on nous a murmuré des rumeurs de traduction en français.

Sans trop dévoiler du scénario, vous débarquez à la ville de Dragonholt en compagnie d’une alchimiste et d’une guerrière orque, et vous vous installez comme aventurier dans cette ville. Les thématiques de Legacy of Dragonholt ne sont ni très originales, ni très osées, mais elles ont le bon goût d’être bien exploitées et exécutées. Cependant, je note l’envie et l’ambition de raconter l’histoire des petites gens plutôt que celle des grands magiciens qui se battent contre des rois félons.

L’histoire se découpera en scénarios. Vous avez un total de six livrets de scénario indépendants, et un gros livre qui correspond à tout ce que vous pouvez faire dans le village de Dragonholt au cours de sept journées (pas tout à fait consécutives) que vous y passerez. Et cela définira peu ou prou vos sessions de jeu ; les journées feront entre 30 minutes et une heure, quand les scénarios sont plutôt aux alentours de quarante cinq minutes pièce (l’ultime étant plus long). Cette partition de l’histoire permet de s’arrêter facilement entre deux sessions, et aussi de ne pas avoir un gros bouquin à soulever et à feuilleter à chaque fois.

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Dans les aventures, on s’apercevra toutefois qu’il ne faut pas faire n’importe quoi. L’ambiance détendue du village n’est plus. Soudain, les choses peuvent devenir dramatiques, et une mort (de joueur ou de PNJ) n’est pas inenvisageable. D’ailleurs, quand un personnage meurt, qu’arrive-t-il ? Il désactive simplement une de ses compétences, devenant plus faible pour un moment, mais on n’est jamais véritablement bloqué. Dragonholt met ainsi l’accent sur la fluidité de jeu au détriment du challenge.

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Dès que vous lisez le manuel de création de personnage, vous êtes immergé dans l’univers ! Quel plaisir de se faufiler dans ce monde imaginaire.

 

Ce qui, si l’on me demande, se défend tout à fait même si en pratique cela s’avère un poil frustrant car la tension s’en trouve amoindrie. Fort heureusement, la jauge de temps est là pour corser les choses : de temps à autres, on vous enjoindra de cocher des cases dessus. Signe qu’il ne faut pas vous attarder ? Certainement. Finalement, c’est comme cela que Dragonholt mesure échecs et succès. Lorsque vous aurez coché un certain nombre de cases de temps, le scénario prend fin, ou certains événements deviennent indisponibles.

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En parlant d’échecs et de succès, à chaque accomplissement (qu’il soit positif ou négatif), vous allez pouvoir cocher des cases sur votre livret de campagne. « Cochez K1 » n’aura jamais été aussi grisant ou flippant. À de rares occasions, vous ne savez pas quand les conséquences de vos actes viendront vous hanter. En tout cas, ce système de coches vous permet de garder une zone d’ombre sur tout cela, et cela s’avère plutôt intéressant. En effet, cela donnera à la petite bourgade de Dragonholt une contenance plutôt bien fagotée : de l’apothicaire qui se construit petit à petit aux personnages qui changent d’emplacement entre le jour et la nuit, de ceux qui se souviennent de votre passage… vous aurez souvent cette impression de logique, de système bien huilé, qui fait sens.

 

Au menu (réduit à sa portion congrue) des désagréments, certaines aventures sont moins inspirées que d’autres, et la plupart des scénarios hors du village sont à considérer comme des “modules” Donjons & Dragons, sans grand lien avec la trame principale, l’intrigue familiale qui se dessine.

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Quelques objets et les jetons d’activation, qui vont permettre de jouer à plusieurs.

 

Un héritage transcendé

Mais Dragonholt a d’autres tours dans son sac, pour renforcer l’immersion principalement. Quelques documents, des cartes pour représenter les objets et leurs pouvoirs, une petite carte de Dragonholt (que vous déplierez souvent), des lettres, un journal… Ainsi, vous vous apercevrez vite que le jeu est conçu avec grand soin de bout en bout, même si certaines parties sont un peu branlantes (ces scénarios un peu faibles, le déséquilibre des compétences ou leur redondance). Si vous voulez jouer à plusieurs, vous en avez la possibilité – si la perspective de lire une aventure textuelle entre amis ne vous fait pas peur : grâce à un système de jeton de prise de décision, il est possible d’empêcher (en partie) l’effet leader, et de partager une aventure, à la manière d’un jeu de rôle sans maître de jeu.

Précisons toutefois que si la campagne est rejouable (en gommant / réimprimant les fiches de campagne/de personnage), l’histoire ne sera pas tourneboulée d’une campagne sur l’autre. On n’altère pas de matériel de façon définitive, comme pour un Legacy.

Nikki Valens signe donc avec Legacy of Dragonholt un jeu touffu, puissant, original, qui mérite d’être consulté, joué, arpenté. Un petit repli du monde à visiter.

 

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5 Commentaires

  1. shamdream 28/05/2019
    Répondre

    le matériel donne envie. J attends la traduction ou de finir par apprendre correctement l anglais ?

    merci pour ce retour.

    • Photo du profil de Umberling
      Umberling 28/05/2019
      Répondre

      On m’a soufflé que ce devrait être le cas, mais je n’ai pas de confirmation officielle. 🙂

      L’anglais de Dragonholt n’est pas super compliqué, cependant.

  2. Sylas 28/05/2019
    Répondre

    Du coup, c’est vraiment un jeu solo qui peut éventuellement se jouer à plusieurs, ou un vrai jeu multijoueurs ?

    • Photo du profil de Umberling
      Umberling 29/05/2019
      Répondre

      Plutôt un jeu solo qui peut se jouer à plusieurs, si tu veux mon avis.

      • Sylas 29/05/2019
        Répondre

        C’est ce qu’il me semblait. Merci.

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