Vichy Pro 2026 – Reportage Partie 2 : Bas les pattes – Greenwood – Fantasy Tiles – Les yeux fermés – Maki San – Mystère sous terre – Pilgrims : Curieuses aventures – Timebirds
Le salon de Vichy, version pro a eu lieu du 13 au 15 septembre 2026, la 9e édition. Toute l’équipe de Ludovox y était, nous avons couvert le salon avec de nombreux shorts que vous avez pu suivre durant ces 3 jours, nous publierons très prochainement les débriefs vidéos avec Mathieu, Thomas, Alex et Nat, et pour les reportages écrits nous accueillons pour la première fois Amélie.
Vous pouvez retrouver dans la première partie les retours de Faust vs Mephisto, Gaudi, Gingkgo, Babioles, Royaumes Déchirés, Serénity et Tedoku

C’est parti !
Les yeux fermés

Si souvent les jeux nous intiment l’ordre de se taire, il est plus rare qu’on nous propose une expérience avec les yeux fermés.
Sur un tapis de néoprène représentant un Ying Yang, nous allons faire glisser des pierres de couleur noire et blanche ou même transparente. Le but du jeu étant de placer les pierres dans leur zone respective, la transparente devant être à cheval entre les deux zones. Si l’on peut discuter avant, ou décider qui doit jouer, une fois les yeux fermés, nous ne sommes qu’avec nous même 🙂 On pose le doigt sur la pierre et on la fait glisser jusqu’à ce que l’on se décide à lever le doigt et contempler notre réussite ou le désastre.
Pas de panique ! On peut utiliser une autre pierre pour rectifier le tir, soit la pousser délicatement, soit l’attirer vers une autre zone. Notre partenaire ne doit rien dire, même s’il peut se crisper doucement parce que l’on a dépassé la zone, ou au contraire réussit un coup parfait.

Les yeux fermés est un jeu sensoriel, qui demande de la délicatesse et de la dextérité. C’est aussi un jeu à “scénario” ou niveau. En passant au suivant, vous devez laisser les pierres déjà jouées sur le tapis, sauf si vous avez réussi à placer vos pierres dans les petites zones, auquel cas elles sont défaussées, mais ça demande une prise de risque, une décision que l’on a envie de prendre pour la beauté du geste.
Le jeu va se complexifier et vous demander plus de précisions et de finesse, parfois une bille devra ne toucher aucune bille pendant le déplacement, d’autres fois… Non, je vous laisse le plaisir de la découverte. Dix niveaux à débloquer plus des surprises, un de mes coups de cœur du salon, tout simplement.
(Sortie début 2027)
Atom
Un jeu de Antonin Boccara, Julien Prothière
Illustré par Thomas Vuarchex
Edité par Blue Cocker Games
Greenwood

Il y a des éditeurs qui attirent de suite votre attention, c’est le cas de Feuerland (Ark Nova, Age of Innovation, la Famiglia). Greenwood est un paradis pour les espaces animales. En vérité, nous sommes dans une utopie qui ressemble à une dystopie, c’est pourquoi le sous-titre est « Greenwood est un mensonge ». À nous de libérer la forêt. Greenwood est un jeu foisonnant qui peut faire peur, pourtant le jeu est relativement simple.

Le jeu est asymétrique, chaque joueur possède son plateau avec ses spécificités. Mais les autres joueurs pourront bénéficier des effets des cartes correspondant à votre clan, en effet, celles-ci sont toutes mélangées entre elles. Pour être plus clair, si vous jouez avec trois factions (sur les sept du jeu) vous allez mélanger les decks de ces trois factions. Cela va nécessairement créer beaucoup de rejouabilité/variabilité selon les factions utilisées, et c’est déjà un premier gros point fort.

Ensuite le jeu est plus classique, de la pose d’ouvriers que l’on va utiliser sur nos cartes compagnons, ou bien utiliser nos espions pour jouer sur le plateau d’un autre joueur. On peut aussi se déplacer sur le plateau pour activer des lieux et sauver des animaux, ce qui nous rapporte des points de victoire et un polyomino. Celui-ci est placé sur son sous-marin (oui, le thème est assez étrange). Ce faisant, on peut débloquer un bonus, gagner une ressource, etc., qui peut nous débloquer pour la suite. Greenwood est vraiment très plaisant dans un univers très riche un peu perché, mais on aime ça, avec des illustrations de Martin Mottet. Après cette première session, je ressens une grosse marge de progression, le genre de jeux qui demande plusieurs parties pour être appréhendé, j’ai très envie de revenir dans le monde de Greenwood.
(Sortie prévue en octobre)
Atom
Un jeu de Christos Giannakoulas, Manolis Zachariadis
Illustré par Martin Mottet, Maurice Mosqua
Edité par Feuerland Spiele, Super Meeple
Timebirds

Voilà une proposition pour le moins originale. Nous sommes des colibris qui volent de fleur en fleur à tour de rôle. À son tour, on pose son colibri sur une fleur violette, bleue, blanche, jaune ou rouge, ou on le déplace. Nous n’avons que deux colibris.Quand revient notre tour, on peut aussi relever un de nos colibris aimantés et révéler le sablier. S’il est entièrement écoulé, on gagne alors un jeton de point de victoire et on remet le sablier à l’endroit.
Chaque sablier a une durée différente, ainsi les violets durent 30 secondes et rapportent 1 point. Le rouge rapporte 30 points, mais il dure 10 minutes. Le problème, c’est que si l’on a mal évalué le temps et que le sablier est encore plein, on doit défausser un jeton de point de victoire.

Une curiosité comme le jeu de société sait en proposer. Un jeu assez frénétique avec un aspect très scénique où les colibris volent de fleur en fleur. Ce n’est pas vraiment mon genre de prédilection, mais si vous aimez les jeux en temps réel, essayez celui-là, il propose une vraie tension, car la prise de risque est réelle.
(Sortie prévue en novembre)
Atom
Un jeu de Jason Tremblay
Illustré par Jess Franks
Edité par USAopoly
Mystère sous terre

Une taupe a élu domicile dans le jardin et a volé un légume. À quelle heure a-t-elle réalisé son larcin ? Quel couvre-chef portait-elle ? Dans quel lieu ? Mystère sous terre est un jeu de déduction familial /enfants.

La carte de la coupable est placée face cachée sur le terrier. À son tour un joueur place une de ses cartes en main sur la carte de la coupable, les cartes ont des petits trous montrant un certain nombre de baies indiquant le nombre de points communs avec la coupable. Il ne nous reste plus qu’à déduire par élimination. Mystère sous terre n’est pas un jeu de déduction froid. Le matériel et le travail d’édition racontent quelque chose, nos cartes taupes sont des « photos polaroid » comme si elles avaient été prises sur le fait ; on place la carte sur le terrier, c’est très scénique. D’ailleurs, petit HS, je retiens de cette édition de Vichy une volonté de travailler les jeux afin qu’ils racontent quelque chose (Time Birds, Bas les Pattes, ou celui-ci). Pour moi ça a été un coup de cœur alors que je n’en attendais rien.
(En boutique)
Atom
Un jeu de Alexander Peshkov, Ekaterina Pluzhnikova
Illustré par Natalya Efremova
Edité par Red Cat Games
Maki San

Duel de mémoire et de déduction pour ce jeu objet très simple d’approche : avoir un alignement de 4 makis de la même couleur pour emporter la partie. À son tour on pioche un maki du sac, on regarde la couleur des deux faces, et on le place sur la ligne qui sépare les deux joueuses. On a donc une information partielle de la ligne : on voit son côté et on se rappelle de ce qu”on a vu. Autre action possible, déplacer un maki en bout de ligne ou en retourner un.
Le jeu prend plus d’ampleur quand on joue avec les deux perles de wasabi qui feront retourner toute une section de la ligne, il faudra alors construire dans le but de retourner.
Maki San a des sensations de Rainbow qui jouait aussi sur les couleurs recto-verso en duel.

(En boutique)
Natosaurus
Un jeu de Marc Lagroy, Maxime Iaciancio
Illustré par Amma Studio
Edité par Ludically
Bas les pattes

Qui dit ours en rivière dit pêche à la patte. Et c’est bien l’idée de ce Bas les pattes ! Un joueur déroule les cartes une à une et si quelqu’un désirait l’intégralité de la rivière, hop, il suffit de taper sur la patte d’ours centrale (en premier, que serait le jeu sans une pointe de rapidité). Sauf que la main avec laquelle vous tapez a une incidence : chaque joueur a une roue de score présentant un scoring différent entre les deux pattes. En l’espèce, personne n’est intéressé par exactement la même rivière !
Évidemment, la rivière est composée de collections, d’anti-collections et l’on ne pourra chacun effectuer que quatre prises par partie ! Bas les pattes a su installer à notre table une ambiance agréable. Je ne sais pas si la fraîcheur de l’expérience durera longtemps, mais c’est une proposition très agréable nonobstant. (Sachant qu’il existe un paquet de cartes avancé à rajouter lorsqu’on sera suffisamment familiarisés au jeu.)

(Sortie prévue en octobre)
Natosaurus
Un jeu de Félix Metzinger, Sarah Germain
Illustré par Memé Candia
Edité par Disto Studio
Fantasy Tiles

Vous prenez Qwirkle, vous y ajoutez un soupçon de Scrabble et quelques tuiles aux capacités spéciales, et vous obtenez Fantasy Tiles. On retrouve dans ce dernier aspect la patte de Bruno Cathala qui s’est associé à Théo Rivière pour réaliser ce jeu de placement de tuiles. À leur tour, les participants tentent de vider leur chevalet, ou plutôt d’ajouter au plateau de jeu une ligne ou une colonne de tuiles différentes ou semblables. Il est bien-sûr possible d’utiliser les pièces déjà présentes pour gonfler le décompte de points, après chaque tour de jeu, à condition de respecter les règles de placement.

Même si les nains, les elfes, les sirènes ou encore les dragons ne sont là que pour enrober de manière fantaisiste le côté abstrait du titre, les joueurs finissent par s’attacher à ces personnages, d’autant plus lorsque la direction artistique est aussi charmante. Certes, les décomptes réguliers font perdre un peu de rythme à ce jeu grand public, qui associe classicisme et modernité avec réussite. Notons qu’à quatre joueurs, le jeu se déroule en équipe, ce qui fait perdre tout de même un peu de saveur et d’intérêt.
(Sortie prévue fin janvier 2027)
Amélie
Un jeu de Bruno Cathala, Théo Riviere
Illustré par Dan Gartman
Edité par Next Move Games
Pilgrims : Curieuses aventures
C’est avant tout l’édition qui attire indiscutablement. La direction artistique est superbe, même si l’on peut regretter une iconographie étrangement petite, ce qui ne facilite pas l’expérience. Pourtant Pilgrims propose un jeu initié aux règles plutôt accessibles et au temps de jeu limité. En moins d’une heure, les joueurs réalisent douze tours de jeu lors desquels ils déplacent leur personnage sur le plateau de jeu pour acquérir des cartes. Les compagnons proposent des capacités spéciales alors que les équipements permettent l’activation des compagnons, lors de la seconde étape d’un tour. L’ensemble des cartes offre la possibilité, en dernier lieu, de réaliser des quêtes, synonymes de points de victoire et d’amélioration de son « gameplay ».

Pilgrims est une balade tranquille mais plus tactique qu’elle en a l’air, au cours de laquelle placement, collection et « engine building » s’associent avec légèreté et sérénité. Malgré la course aux cartes et aux objectifs, les sensations sont tout de même assez solitaires. Mais le jeu fait véritablement bonne première impression.
(Sortie prévue en octobre)
Amélie
Un jeu de Radim Jurda
Illustré par Radim Jurda
Edité par Pink Troubadour
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