Eternal Decks : Les cristaux sont éternels

Eternal Decks : Les cristaux sont éternels

Eternal Decks de Hiroken fait partie de ces pépites que l’on ne trouve qu’au pays du soleil levant. Pour pouvoir accéder à la boîte violette au design si tranché, il fallait passer par Kickstarter et débourser autour de 80 €. C’était sans compter sur Pixie Games, qui a décidé de le localiser en même temps que Kings Tricktakers du même créateur. Il nous avait été présenté durant une journée pro, on vous avait parlé ici. Depuis, on a pu y rejouer et dépasser le premier niveau, on vous dit tout !

 

 

Dans le monde des éternels 

Pour sauver le monde des Éternels, ces créatures fantastiques, nous allons tous ensemble (oui c’est coopératif) remplir les différents objectifs. Le jeu se présente sous forme de niveau à réaliser. Ainsi, le premier niveau (ou palier) consiste à poser des cartes, gagner des cristaux et réveiller ces créatures et c’est à peu près tout, mais ça permet de se jeter dans le bain des éternels sans trop de douleurs (si ce n’est la lecture des règles parce qu’elles ne sont pas exemptes d’approximations, malheureusement).

 

 

À son tour, on doit poser une carte parmi les trois que l’on a en main, dans l’une des trois lignes. Si jamais on ne peut plus jouer, la partie est collectivement perdue, et ça peut arriver vite, puisque l’on n’a que cinq cartes pour débuter. Mais pas de panique, le joueur qui pose la dernière carte du sentier choisit un des trois Éternels, ce qui va lui permettre de continuer la partie. Il faut donc se partager les decks éternels, sous peine d’avoir rapidement plus de cartes.

Pour poser ces cartes, on a une contrainte générale, à savoir que l’on ne peut pas poser dans la même ligne (cela s’appelle un sentier) deux cartes de la même couleur ou de la même valeur à côté. Mais aussi une contrainte spécifique liée à la carte sentier (par ordre croissant, décroissant, des critères excluants, etc.)

 

 

Les éternels sont nos amis

En réveillant un éternel, on va aussi “gagner” de nouvelles contraintes pour la partie, désormais, les joueurs ne peuvent plus jouer de cartes vertes. Est-ce que ce choix était vraiment judicieux, étant donné que Baptiste vient de récupérer un deck composé majoritairement de cartes vertes ?

Mais en même temps les autres contraintes n’étaient pas forcément mieux. Rassurez-vous, on a les moyens de calmer cet éternel en défaussant des cartes spécifiques pour palier à ce problème. Vous pouvez visionner le Ludochrono pour découvrir la mécanique plus en détail.

 

on peut bloquer la contrainte d’un Eternel avec une combinaison de cartes.

 

 

Dire ou ne pas dire

Je déteste quand les règles ne sont pas précises sur ce que l’on a droit ou non de dire, ici, ce n’est heureusement pas le cas, en fait, on sait juste qu’on n’a pas le droit de donner des informations précises comme j’ai un six bleus.

On peut communiquer avec des jetons que l’on place sur la zone de jeu, une façon de dire : « Laisse-moi cet espace », sous-entendu « j’ai la carte parfaite pour la suite ». Ou bien le poser sur son propre plateau pour faire comprendre qu’on n’a plus beaucoup de cartes et qu’il va falloir y remédier, ou le placer sur un éternel débloqué pour faire comprendre que sa contrainte nous empêche de jouer.

J’apprécie énormément ces jetons, mais malheureusement, pour la plupart, ils ne servent pas à grand-chose, car la règle stipule ce qu’il est permis de dire. Je suggère néanmoins de les utiliser, car ils seront notre unique moyen de communication plus tard. 🙂

 

 

 

Les niveaux ou paliers

Après cette mise en bouche, vous partez explorer les niveaux suivants. Pour moi, c’est là que le jeu se révèle : de nouvelles contraintes s’ajoutent. Dans le village fantôme, la partie est gagnée en débloquant les 4 clés de couleur. Pour cela il faudra débloquer certains Éternels, mais vous aurez besoin des autres pour y arriver. Ce palier élève doucement le niveau, mais ne modifie pas le jeu en profondeur. Toutefois, les cartes sentiers (celles qui déterminent les contraintes) sont un peu plus tendues. 

Le labyrinthe va vous casser gentiment la tête, car, pour débloquer les clés, il faudra réaliser en plus des patterns, non seulement on a des contraintes de sentiers à réaliser, mais aussi des contraintes de colonne, on doit donc parfaitement se coordonner pour l’emporter et ça demande une cohésion parfaite entre les joueurs.

 

Les patterns qu’il faudra réaliser (un par clé)

 

Dans le suivant, un gardien bloque la sortie, on va devoir réduire à zéro ses points de vie et je vous laisserai découvrir comment. Chaque palier ou niveau à sa petite mécanique supplémentaire qui va demander un peu de réflexion et coordination. Il vient avec de nouvelles règles ainsi qu’une mise en place spécifique qu’il faut suivre à la lettre (personne peu rigoureuse, s’abstenir). Si le premier niveau peut être joué avec presque n’importe qui, dès les suivants, on change de référentiel. Le dernier niveau nous demande de réveiller un Dragon avec un mix de plusieurs mécaniques qui vont mettre nos nerfs à rude épreuve.

 

 

Les cristaux sont éternels ?

La direction artistique et l’édition sont à couper le souffle, à commencer par ce plateau en tissu satiné, ces jetons en bois et les illustrations de Mujunsha qui va rempiler dans Eternal Sevens, le prochain jeu de l’auteur (qui sera aussi localisé par Pixie et qu’on a découvert à PEL).

Si vous vous attendez à un jeu qui vous raconte une histoire, vous en serez pour vos frais, dans Eternal Decks, on pose des cartes faites de chiffres et de couleurs (désolé si elle est rentrée dans votre tête^^). Le jeu est abstrait, mais l’auteur a créé un univers spécial avec ces éternels mystiques. Pour ma part, ça suffit largement à me charmer, d’autant que chaque palier possède son originalité.

Je sais très bien que je suis dans un casse-tête où l’on va devoir se coordonner, se comprendre sans communiquer, les cartes représentant notre vie, la tension est rapidement palpable. La montée en puissance graduelle demande de plus en plus de concentration, choisir le bon éternel, ou surtout ne pas choisir le mauvais est primordial et on a de moins en moins le droit à l’erreur.

 

Le gardien

 

Avec ces six paliers et ses quatre niveaux par palier, l’auteur a pensé aux joueurs qui veulent de la difficulté. Je me demande si j’aurais envie de rejouer une fois que j’aurais enfin achevé le dernier palier, mais il nous aura tenu en haleine de nombreuses heures pour moins de 30 €, avec tout le matériel présent dans la boîte (24 éternels alors que chaque partie se joue avec seulement neuf d’entre eux).

J’avais peur d’être déçu après avoir joué et rejoué le premier palier en mode découverte avec des joueurs différents. Eternal Decks n’est pas parfait (la règle rodjudju !), mais c’est un jeu un peu à part, un jeu de créateur avec son univers fouillé, son lore et sa direction artistique qui lui donne une âme. Un jeu qui a le mérite de l’originalité, qui offre une bonne difficulté graduelle. Une œuvre différente qui peut dérouter autant que charmer.

 

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