Une nuit dans les bois, sans vérité acquise
En tant que joueur, ce que l’on cherche, c’est être surpris, de nouvelles sensations. Nous avons été contactés par l’éditeur de la Maison des veillées, qui nous a présenté son jeu, avec un pitch intéressant : est-ce qu’un mensonge peut être juste ?
C’est presque une question philosophique, toute vérité est-elle bonne à dire ?
Un format hybride entre le jeu de rôle et le jeu d’enquête
Le jeu se présente sous forme de coffret. Un joueur incarne le maître du jeu et lit les éléments pour préparer la soirée, rien de bien compliqué, il doit juste faire attention à ce que tout se passe bien. Il est aidé par un conducteur.
Convocation chez le notaire.
L’histoire débute en 1919, Charles Delorme est décédé, son notaire présent nous lit une lettre. Son client Charles Delorme, voulait que ses héritiers connaissent la vérité au sujet d’une nuit de 1917.
Les autres joueurs incarnent des personnages : Madeleine Delorme, sa veuve, Claire Delorme, sa nièce et André Lebascle. Chacun de ces personnages possède sa propre histoire, que le joueur va découvrir en décachetant son enveloppe personnelle avec des documents d’époque, des éléments spécifiques. Je n’en dis pas plus pour ne rien divulgâcher.

(la lettre du notaire)
Le reste se déroule comme un jeu d’enquête classique, le maître du jeu étale sur la table les éléments de l’acte 1 que les joueurs vont pouvoir découvrir, un peu à la manière d’un jeu comme Les Flammes d’Adlerstein. Ces documents vont les aider à avancer dans la compréhension de ce qu’il s’est passé cette fameuse nuit de 1917 et peut-être même avant.
Le maître du jeu est en fait un animateur, il est surtout le maître du rythme. Il doit interpréter les silences, sur le site ils définissent trois types de silence : le silence de concentration, de gêne et de décrochage.

C’est lui qui va décider quand il sera temps de passer à l’acte 2 et de dévoiler de nouveaux documents. Le temps d’une soirée les joueurs devront brasser plus de 40 documents d’époque, des lettres, des photos, des registres durant 4 actes.
Si je dis tout cela c’est que c’est un rôle qui peut faire peur quand on n’a pas l’habitude des jeux de rôle, mais ici il est bien cadré par les auteurs du jeu.
Le jeu va un peu plus loin, souhaitant abolir les frontières du jeu : pas de chronomètre, pas de condition de victoire, et même pas de solution à la fin (je sens que cela va déplaire à certains).
Le dernier acte est peut-être le plus intéressant : la discussion, le maître du jeu peut évidemment y participer.
Je dois dire que c’est ce qui m’excite le plus dans ce jeu, le fait qu’il n’y ait pas de vérité acquise, que le jeu nous pousse à nous questionner sur des choix moraux et philosophiques. D’une certaine façon, je le rapproche du jeu Intime Conviction qui nous plaçait dans les méandres torturés d’un juré qui doute de savoir s’il envoie un innocent en prison, ou libérer un coupable. Comme dans la vie, le doute résidera à jamais. Si vous ne l’avez jamais vu, je vous suggère le film Anatomie d’une chute de Justine Triet.

Pour revenir à La veillée, j’espère retrouver ces sensations-là, c’est cette promesse qui m’a donné envie de vous en parler. Parfois le jeu n’est pas mécanique, il se veut objet culturel et politique, car tout est politique finalement.
Vous pouvez découvrir en détail “une veillée dans les bois” en visitant le site web de l’éditeur. Le coffret « Enquête » vous coûtera 59 €, la livraison est incluse. Un autre scénario d’enquête à paraître sera situé lors d’une autre période historique trouble.




