Small is beautiful # 33 : Human Punishment, Tellstones: king’s Gambit, Robin of Locksley, Fairy Trails, Trek 12, Kill the Unicorns, Tatamokatsu, Dilemme Express

La nouvelle est tombée, les boutiques peuvent ouvrir mais vous ne pouvez plus sortir le soir. Sauf si vous avez un chien. Oui, ici c’est comme ça, il suffit d’aller promener Médor entre 21h et 6 h et tout se passe bien. Je me retrouve donc avec trois chiens chez moi pour faire une partie avec leur propriétaire. Je dois avouer qu’ils se tiennent bien. Un grognement quand la maîtresse fait une boulette, un aboiement quand on peste sur un mauvais tirage mais dans l’ensemble, c’est plutôt calme. Quoique, je soupçonne Fedor de remuer la queue et de donner ainsi des indications quand j’ai des bonnes cartes. Du coup, pour montrer qu’on pense à eux, on s’est mis à jouer à Dog Pile et Bata Waf. On attend encore quelques temps pour attaquer Dogs of War. On se débrouille comme on peut. Merci amis animaux, vous aurez double ration de croquettes pour votre aide.

 

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au moins on a de chouettes masques !

 

Avant de débuter deux petites infos

Pearls est le Bistrospill de l’année 2020

Le prix le plus original de la sphère ludique est sûrement celui là. La fédération nationale luxembourgeoise des hôteliers, restaurateurs et cafetiers du Grand-Duché et le club de jeux « Spillfabrik » se sont associés pour promouvoir les jeux de société aux cafés. Depuis trois ans ils décernent dans le cadre du label de qualité pour cafés « Wëllkomm », le prix Bistrospill à un jeu édité durant l’année qui s’apprête particulièrement à se jouer dans le cadre d’un café.

 

 

Un jury composé de connaisseurs a testé plusieurs nouveaux jeux de société et a désigné Pearls des créateurs Christian Fiore et Knut Happel comme Bistrospill de l’année 2020. « Pearls » est édité entre autres chez Abacusspiele en Allemagne et chez Oya en France.

Il s’agit d’un jeu qu’on aura à peine vu passer par chez nous. Je vous en parlais pourtant ici Small is beautiful #22 : Bahamas, Pearls, Poule poule, Break the code, Jour de chance, Love letter 2019…

 

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Ce n’est pas fini…

 

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KILL THE UNICORNS (Morning)

On avait évoqué ce jeu en quelques lignes dans le small 25, ne l’ayant pas à demeure. Son prix italien le ramène sur le devant de la scène, il est temps de se pencher un peu plus sur son cas !

 

 

Des licornes et une boîte rose… tout cela devrait nous pousser à fuir, non ? Et puis on lit l’intro où on nous parle de « surpopulation de licornes qui n’arrêtent pas de péter, déréglant le climat avec comme conséquence des pluies de bonbons qui rendent tout collant ». Il fallait oser. Ce jeu devient tout de suite beaucoup plus sympathique.

Comme son titre l’indique, il va falloir chasser les licornes (vous avez aussi le Ludochrono si besoin). Prenez un personnage, son pouvoir (regarder une carte ruse/obliger un joueur à passer/jouer une care supplémentaire après révélation des valeurs…), son paquet d’attaque (différentes valeurs) et ses cartes ruses (cette licorne vaut – 5 points/la licorne est remplacée par une carte de la pioche/la plus grosse valeur est annulée…). Votre but va être de collectionner les licornes, soit identiques, soit panachées pour marquer des points. A chaque manche, il y aura quatre licornes à capturer. La chasse est ouverte : chacun pose (ou pas) face cachée le même nombre d’attaques devant une licorne. Ainsi qu’une ruse. La plus forte valeur emporte la créature et choisit une ruse, pour le meilleur ou le pire. S’il vous reste des cartes attaque à la fin de la manche, transformez les en sous pour aller au marché noir et acheter de quoi vous aider : des fausses cornes, changer la couleur d’une licorne, etc. Quatre manches plus tard, la partie est terminée, le jeu est rapide.

 

 

Mignonnes licornes : à mort ou amour ?

Si Kill the Unicorns mérite qu’on s’y arrête, c’est parce qu’il réussit son coup sur plusieurs points. Il affiche d’entrée un humour décalé poussant son idée au bout en proposant une boîte kitscho-rose-girlie à souhait, des illustrations réussies, drôles, et des retournements de situations vils via les ruses. C’est donc potache… mais pas que. Côté mécaniques, nous sommes dans du bluff et du double guessing avec une bonne interaction. L’ajout du marché noir est un bienvenu, il force à se poser des questions sur risquer ses valeurs, passer ou garder sa monnaie pour acheter des améliorations. Le jeu, vous l’aurez compris, est meilleur avec le maximum de joueurs, car on aime embêter ses voisins.

Kill the Unicorns, réussit à trouver le bon dosage entre simplicité, petite réflexion et gros amusement. Ce n’est pas toujours le cas dans ce type de jeu. Peut être la raison de son prix italien ?

 

TREK 12 (Lumberjack)

 

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Au sommet…de la pile

 

Ouvrons Trek 12, une boîte compacte abritant un paquet de feuillets représentant un décor de montagnes répondant aux noms exotiques de Dunaï, Kagkot, Dhaulagiri. On y trouve aussi des cartes, des dés et de mystérieuses enveloppes challenges frappées d’étranges symboles. Trek 12 était mal parti avec moi puisque estampillé « roll & write » et mal expliqué par celui qui devait en faire la promotion. Mais vous le savez, chez Ludovox, on teste les jeux avant d’en parler. Piolet, chaussures de rando, mousquetons et… crayon, nous voilà prêts à affronter les sommets tibétains.

Le principe général du jeu est de lancer les deux dés (0-5/1-6) et de caser une valeur dans un des cercles figurant sur votre feuillet. Vous pouvez additionner, soustraire, multiplier ou garder les valeurs des dés telles quelles… mais chaque choix est limité (4 fois), il va donc falloir orchestrer votre parcours en tenant compte d’un faux pas probable. Vous allez créer des chemins de corde (suite de valeurs offrant des bonus de longueur) ou des zones hachurées (valeurs identiques). Sur ce dernier point, si les gros chiffres rapportent, les petites valeurs (rapportant peu) vous donnent accès à des cartes assistance (relier une valeur éloignée, relancer le dé, avoir un choix supplémentaire…) dont on aurait tort de sous estimer l’importance. Des paliers sont à atteindre (posséder une zone de 5 cases exactement, un chemin de 9 cases, etc) pour débloquer des enveloppes pochettes surprises (visiblement le petit plus à la mode du moment), contenant des nouveaux parcours, guides et cartes bonus. Car les parcours sont bien évidemment différents, chacun apportant leur lot de contraintes. Et avec tout ça, j’ai oublié de parler du mode expédition (on joue trois ascensions à la suite) et du mode solo (mais il faudrait être fou pour partir seul en montagne).

 

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Un chanteur de variét’ est caché dans cette photo. Sauras-tu le retrouver ?

 

On dresse le camp ou on retourne dans la vallée ?

Trek 12 parvient à taper juste sur plusieurs tableaux. La boîte est réussie, l’aventure est prenante puisqu’évolutive et si le principe est basique (remplir des cases en jetant des dés), c’est la multiplication des contraintes et des possibilités qui vont rendre ce jeu intéressant. Par exemple, si le fait de multiplier n’est pas forcément l’opération que vous allez choisir d’entrée (si vous faites plus que 12, c’est un malus), on se rend compte que faire 2 x 0 pour placer un 0 est plus judicieux qu’utiliser la case « valeur minimum ». C’est ce genre de détail qui fait plaisir. Jongler avec les contraintes pour essayer de faire le meilleur score, et ainsi gagner le défi proposé (+ 65 points, + 75 points) ce qui vous pousse à faire encore d’autres choix. Et, on a beau trouver ça un peu gadget, le coup de réussir à remplir le contrat pour débloquer un challenge et ouvrir une enveloppe est quand même jouissif. Plaisant, prenant, à la fois familial mais pas que, les auteurs réussissent ici leur expédition au pays du roll & write, hissant celui-ci vers le sommet.

Une extension pointe déjà son nez : TREK 12 + 1 ainsi qu’un défi en Print & Play disponible sur le site de l’éditeur et un carnet goodie que vous pouvez demander à votre magasin.

Natosaurus vous en parle aussi ici : Courrier d’Himalaya

 

ROBIN OF LOCKSLEY (FunForge)

 

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Robin et Robinette vont tenter de voler les riches pour que leur coéquipier fasse le tour de la forêt le plus rapidement possible. C’est mieux dit dans la règle mais au final, c’est un jeu de course et de collection. Votre terrain de jeu est formé d’un carré de 5 x 5 composé de tuiles trésor (collier, couronne, coupe, bracelet…) entouré de contrats à remplir pour avancer (avoir récupérer une tuile couronne, posséder deux cartes identiques, avoir autant d’or que l’adversaire…).

Robin sur son cheval va se déplacer en L façon échec sur les tuiles centrales pour s’emparer d’un trésor. Puis d’un autre, etc. Quand il a trois cartes identiques minimum, il peut les transformer en or. Le coût de l’opération est assez élevé puisque deux des tuiles partiront en fumée. Donc 3 trésors = un or (4= 2/5=3…). Le joueur peut aussi avancer son meeple numéro 2 (le barde) si la situation permet de valider le contrat devant lui. Il peut aussi payer un or pour franchir cet obstacle. Quand le barde fait deux fois le tour de la forêt, la partie s’achève.

 

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Robin déboite ou Robin déboire ?

C’est marrant comme parfois la masse peut vous faire douter. Le dos de la boîte n’est pas avare de commentaires dithyrambiques de moult influenceurs, de Gameboy Geek à Zee Garcia (je me permets aussi de douter de leur sincérité). Ce jeu a également reçu le prix  Duali (baba) du meilleur jeu pour deux. Alors pourquoi s’y est-on autant ennuyé ? Retour aux règles pour voir où nous avons failli. Nulle part. Nouvelle partie. Garçon, la même chose ! Le même résultat aussi. Robin est une énième circonvolution de l’auteur autour de sa méthode de prise de tuiles déclinée depuis Patchwork et qu’on rapprocherait plus ici de Cottage Garden. Au lieu de tourner autour des tuiles pour prendre, on prend de l’intérieur pour faire tourner son meeple sur la ceinture extérieure. Malgré les contrats variés à remplir, le jeu est ultra répétitif : prend un trésor, valide le contrat ou paie pour avancer (le gros point faible du jeu, utile pour ne pas être coincé mais trop simpliste). Encore et encore. Essayer de bloquer l’adversaire est peine perdue. S’il ne prend pas cette tuile, il en prendra une autre. Au bout du compte, il finira par progresser. Le tour 2 n’est que la répétition du tour 1, rien de plus. Jeu d’optimisation (le but est de valider plusieurs contrats en une fois) et de gestion (de son stock et de ses déplacements), tout tombe à plat et la partie ne décolle jamais, on prend de l’avance, on la perd, on remet ça…
Robin est fatigué et ce titre est un des moins réussi de son auteur qui commence à en sortir beaucoup trop pour atteindre l’excellence en permanence. Et arrêtons d’écouter ces pseudos influenceurs qui ne pensent qu’avec la tirelire !

Meeple_Cam vous en parle aussi : Robin of Locksley, voleur de tuiles !

 

HUMAN PUNISHMENT (Godot Games)

 

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Malgré un titre évocateur, ne vous attendez pas à vous faire punir par maîtresse Shanouillette (dois-je consulter ?). Vous risquez fort de déguster, mais ce sera plutôt via un laser ou un rocket launcher. À l’heure où vous lirez ces lignes, le jeu devrait être en boutique et en français Human Punishment- identités cryptées chez Don’t Panic Games. Encore une histoire de virus, lâché cette fois par les machines pour détruire la race humaine, qui malgré ses divergences, essaie de contre-attaquer.

 

Jeu de rôles cachés, vous serez soit une machine, soit un humain, soit un hors la loi. Cela sera décidé par votre carte d’identité (genre) mais pourra être alterné par vos deux cartes loyauté qui seront ajoutées. Il va donc falloir démasquer les ennemis, reconnaître ses amis et flinguer tout ce qui n’est pas de votre bord. À votre tour, vous pourrez regarder une carte loyauté chez un adversaire, piocher un programme (carte  d’attaque, protection… permanente, immédiate, quand on le désire) ou visez (pour tirer au tour prochain) quelqu’un. Pour gagner, et bien, tout dépend de quel bord vous êtes. Si vous êtes humain, vous emportez la victoire s’il n’y a ni hors la loi, ni machine. Les machines gagnent s’il n’y a plus d’humains et les hors la loi s’ils sont les derniers survivants. Ceci ne nous rappellerait-il pas un autre jeu qui a fait ses preuves ?

À noter que la boîte originale contient une extension : Project Hell Gate avec des bêbêtes monstrueuses sorties d’une dimension parallèle pour contrer les machines. Et elles ne sont pas contentes !!

 

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Bonnet d’âne ou damné ?

Ce Human punishment est joliment illustré et évolue dans un futur anxiogène entre Blade Runner et Terminator. Il rappellera aux plus habitués, un Wanted/Bang avec le sheriff, le hors la loi et autre renégat à la place des humains/machine/hors la loi. Si le jeu tourne autour de son modèle, il s’en différencie sur la façon de faire. L’identité secrète est cachée derrière trois cartes (identité + loyauté), le tir se fait en deux fois (viser et tirer) sans nécessiter de distance. Il ne faut pas s’en priver. La chasse aux identités est moindre. Ces dernières peuvent changer en cours de route et peuvent être résolues grâce aux cartes programme. Ces effets spéciaux font à peu près tout : tirer, rejouer, se protéger, changer les loyautés des joueurs… À la fois ce qui pimente le jeu mais le rend également chaotique. On s’acharne un peu sur vous et vous voilà hors jeu. Vous avez de bonnes cartes, c’est mieux. Bref, c’est poutrage à tous les étages en surveillant un peu qui fait quoi. Si le jeu est un peu long pour ce qu’il est, il a le mérite de s’accélérer sur la fin.  L’extension est du même acabit, nous l’avons vite rangé, il y a assez de hasard sans elle. Human Punishment est plus un jeu exutoire que de déduction (même si elle existe). Un mix entre Canardage (je flingue les canards à tout va) et Bang (mais qui est dans mon camp ?). Si ce manque de contrôle et les rebondissements multiples ne vous donnent pas des boutons, vous pouvez plonger dans le turfu de vos deux pieds !

 

DILEMME EXPRESS (Lucky duck games)

 

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En voyant la boite j’ai cru à la ressortie de Joking Hazard. Même format, style graphique similaire, même concept de vignettes illustrées. Le principe est terriblement malin : en tant que conducteur de train, vous devez écraser les personnes d’une ligne. Arrivé au carrefour, laquelle allez-vous choisir, celle du haut ou celle du bas ? Comme le dit le slogan : un jeu de dilemmes moraux et de meurtres ! Surtout que les équipes de joueurs vont essayer de faire pencher la balance du côté adverse en alignant les arguments.

La mise en place se fait en plusieurs étapes et suivant trois types de cartes. Chacun place devant sa ligne une carte innocent tirée au hasard. Puis une seconde choisie parmi trois. On se retrouve donc avec des chatons, des enfants, etc. Une carte coupable plus méchante va contrebalancer tous ces bons sentiments, carte que vous placerez chez le voisin. « Ce sont les fils du diable ». Puis, une carte modificateur qui va ajouter un dernier élément, bon ou mauvais.

Nous aurons donc nos deux lignes ferroviaires remplies de personnages. À vous de faire le travail et de convaincre le conducteur de vous épargner ! Il va falloir être brillant, comme s’il s’agissait du procès du siècle.

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si cette situation vous amuse, alors ce jeu est pour vous

 

Sur la voie ou  à côté des rails ?

Il y a dans cette boite bien remplie des dizaines de cartes très drôles et des illustrations qui font mouche. Ce jeu est une véritable joute verbale, un baratin sans fin d’arguments plus ou moins bien ciselés. Car au final, il faut sauver sa peau ! Pour une ambiance maximale, il faut donc réunir les bonnes personnes, créatives, imaginatives et qui n’ont pas la langue dans leur poche.

Sauf que malgré cela, ça ne marche si bien. Les dizaines de cartes ne se marient pas ou ne s’opposent pas si bien. Quel dilemme avez-vous lorsqu’on oppose Hitler à un sportif, même pénible, votre sœur par rapport à quelques animaux de compagnie ? Bien sûr, le jeu n’est pas de gagner des points, mais de délirer. Mais faut-il encore que le postulat de départ le permette et donne matière à. Cinq manches plus tard, nous ne sommes pas spécialement convaincus, les situations finales sont souvent plates. Alors, en petite forme, pas les bonnes personnes (je nous connais pourtant), le thé n’était pas la boisson adaptée pour ce jeu ? À essayer, vous vous en sortirez peut-être mieux !

 

TATAMOKATSU (Helvetiq)

« bonjour je voudrais Tato, euh Toto monte la d’ssus, le truc avec les doigts, mais si dans la petite boîte allongée. Rrrrrr !!!! »

 

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Il faut avouer que pour le retenir ce nom, il faut un peu d’entraînement, tout comme sa pratique d’ailleurs. Un vrai jeu de samour-aïe !

Compartiment qui se glisse dans une boite qui elle-même se glisse dans un couvercle, le secret des dés de combat est bien gardé. Tata moquette, ce n’est au final que trois dés à 8 faces avec des symboles remplaçant les valeurs 1 – 6. On ajoute un truc ou deux un peu plus tordus : x-1, la face vaut 1 ou 10, et T : il faut attraper le dé et crier Tata… Yoyo !

Lancez les trois dés : Suivant la somme (10 ou 17, inférieure à 10, entre 11 et 16, supérieure à 17), il vous arrivera des bricoles, souvent la même : perdre un doigt. Ou s’incliner en disant Haï ! (ou perdre un doigt). Si vous réalisez un brelan, tapez sur la table avec la tranche de votre main (le plus lent perd un doigt). Aïe ! On vous a dit que si le T sortait, vous deviez crier ou… Mais comme on est de sympas samouraïs on peut aussi regagner des doigts.
La partie se termine lorsque tous les joueurs sauf un ont perdu… tous leurs doigts. Ludochrono à la rescousse !

 

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Tata version Deluxe

 

À un doigt de partir ou de rester ?

Je dois l’avouer, je ne me serais pas penché sur ce petit jeu d’ambiance si on ne me l’avait pas mis dans les mains. Comme souvent dans ce genre de jeux, il faut le vivre in situ. Et avec les bonnes personnes. Comme votre esprit est affuté comme une lame, vous l’aurez compris, le cœur du jeu est qu’il est de plus en plus difficile de lancer des dés en ne se servant pas de la totalité de sa main. D’ailleurs, une des contraintes spécifie de ramasser un dé avec le petit doigt !! Un peu vicieux ! Potache et rigolo, il faut prendre ce jeu apéro pour ce qu’il est, un jeu d’adresse et d’ambiance qui fait le job.
Je vous ressers ? Juste un doigt alors.

 

FAIRY TRAILS ( FunForge)

Comme dit précédemment, Uwe a mis le turbo dans sa production. Sorti avant (pendant) Robin of Locksley, cette petite boîte fait la part belle aux gnomes, aux fées et aux chemins. Autant dire que le thème est interchangeable. Une forêt, pourquoi pas Robin… des bois ? Passons.

 

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Dans ce Carcassonne à l’envers, il ne faut pas ouvrir des routes, mais les fermer afin d’isoler vos maisons et passer une nuit tranquille. Celles de votre couleur, on n’est pas trop communautaire dans le quartier. À vous de créer, en ayant deux cartes en main et en en posant une, cul de sac et impasse pour y placer une pierre de votre couleur, le but étant de se débarrasser de tout son stock. Soyez assez malin pour ne pas aider indirectement le voisin à clore ses sentiers en développant le réseau. On vous rassure, cela va arriver. La partie s’achève lorsqu’un joueur n’a plus de pierre.

 

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un peu sombre, normal, ce sont les sous bois

 

Ça le fée ou pas ?

Ce qu’on veut : un jeu avec de la réflexion, de la tension et un but. Ce que Fairy trails donne plus ou moins. Plus, car le coup des tuiles adjacentes qui s’assemblent pour construire le décor, même si on nous l’a déjà fait plein de fois, fonctionne toujours bien. Moins car au bout de quelques manches, on se rend compte qu’on n’a pas tellement de choix dans la pose de tuiles et qu’on fait comme on peut plutôt que développer une petite stratégie. Complètement abstrait, ce jeu triture la notion d’espace et d’assemblage. Comme c’est aussi une course où il faut se débarrasser de ses pierres avant l’autre, on n’a pas trop droit à l’erreur. La version solo, essayée ici, est un puzzle géant où il faut poser une pierre au minimum toutes les trois tuiles, un véritable casse-tête. Ce Fairy trails fonctionne mais n’est pas non plus inoubliable. Allez, Uwe, on se ressaisit là !

 

TELLSTONES : King’s Gambit (Riot Games)

Riot Games n’est pas spécialement connu pour ses jeux de plateau. Même si l’éditeur s’est déjà fendu d’un Mechs vs Minions qui avait fait du bruit, un jeu coopératif avec figurines, sa réputation est surtout solidement installée grâce à un autre produit vidéoludique nommé League of Legends. Trois fois rien. N’empêche que là, une lubie peut-être, l’éditeur sort un jeu de société plus classique.

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Tellstones: King’s Gambit est la variante demacienne de Tellstones. Bien que toutes les régions possèdent la leur, celle-ci est jouée par les nobles comme les roturiers dans le royaume de Demacia… Cet ensemble est conçu pour ressembler à celui que transportent les membres du Détachement hardi.

Le jeu prend donc place dans l’univers de League of Legends. Le jeu de société est surproduit, vaut cher (+ de 30€) et est tiré à peu d’exemplaires. C’est un jeu à deux de bluff et de mémoire. Une sorte de bonneteau classe (où est la carte rouge, allons, allons m’sieur dame !!). Sept jetons estampillés bouclier/marteau/bannière/couronne/épée/balance/cheval seront à placer sur une bande de tissu servant de plateau. On pourra poser, retourner les jetons, les changer de place, vérifier et demander à son adversaire « et là, c’est quoi ? ». Mieux encore, on pourra fanfaronner (boast) et annoncer « je peux tout citer ». L’adversaire n’aura comme choix que de vous croire ou fanfaronner à son tour pour vous contrer. S’il se rappelle de tous les emplacements, il gagne la partie. Il perd s’il se trompe.

 

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trois jetons retournés, un peu tôt pour demander quelque chose

 

LOL, ou pas LOL ?

Présenté comme cela, on se dit que … bof. Bien sûr, on peut jouer à ça avec des cartes, des capsules de bière ou de simples morceaux de papier. Le jeu est un brouilleur de neurones puisque son intérêt réside dans le fait que vous ordonnez à votre adversaire de bouger telle ou telle pièce, ce qui est plus perturbant que lorsqu’on décide soi-même de le faire. Ici, il est encore plus dur de conserver un moyen mnémotechnique pour se souvenir de l’ordre des jetons.

Avouons-le, ce jeu de bluff et memory, abstrait et rapide ne fera pas de grosses étincelles. Il se joue bien, il est surtout transportable facilement et magnifiquement bien édité : boite en fer avec fermoir, jetons de qualité, tapis en tissu et thermoformage impeccable. Un jeu à destination des fans. Mais parfois, il faut savoir se faire plaisir !

 

ON AURAIT AUSSI PU VOUS PARLER DE …

 

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DRAGON MASTER (Matagot)

Dans ce jeu pour deux joueurs du doc Knizia, il va falloir construire un carré avec vos tuiles dragon. L’un des joueurs marquera des points par ligne, l’autre par colonne. Poser, c’est donner un peu. À la fin du jeu, c’est la ligne ou la colonne la plus faible qui l’emporte. N’oubliez pas la règle n°1 du Dragon Master : un groupe de dragons est aussi fort que le plus faible de ses membres (Ah, cette phrase !). Ce jeu ne serait-il pas la réédition de Robot Master ? (2008) Si. La différence étant que les cartes vont de 0 à 3 et non de 0 à 4, ce qui offre un carré final de 4×4 au lieu de 5×5. Sinon, c’est toujours autant un jeu de calcul malin mais peut-être un peu moins froid grâce à son nouveau thème !

 

 

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5211 Azul édition (Next Move)

Non, nous ne sommes pas encore arrivé à Azul le jeu de cartes, mais rien ne se perd, tout se recycle. 5211 est un petit jeu de cartes aux majorités changeantes se jouant avec 5 couleurs. Au cours des 4 phases de pose de cartes, d’abord 2 cartes, puis 1, puis 1, on voit ce qui est joué chez les adversaires et où se dessinent les majorités de couleurs. Pour une couleur majoritaire, à la fin de la manche, chacun récupère sa carte et marquera autant de points de victoire que la valeur de la carte. Sauf que les 1 prennent le pas sur les couleurs. Un jeu accessible mais pas si stratégique au final, et répétitif, où l’on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a. Est-ce le fait qu’il n’a pas cartonné, que l’éditeur le ressort estampillé Azul ou est-ce un moyen de ponctionner un peu plus les fans de céramique ? Pas mauvais pour autant, mais toujours pas plus convaincu que cela malgré les nouvelles jolies illustrations.

 

 

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CAT STAX (Huch! )

Petite boite à petit prix qui peut vous faire l’année si vous êtes aussi peu doué que moi. Le but : remplir des plans avec des animaux en 3D de formes variés. Plan 1 : un simple carré et 4 chats. Le jeu vous dit quels chats utiliser. Plus le jeu avance plus les plans seront biscornus et les chats nombreux, jusqu’à les poser les uns sur les autres, en couche, en hauteur ou sur leur pattes arrières !! Mignon mais… diabolique. Un nouveau casse-tête de haut vol. Ludochrono.

 

 

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DOG PILE (Huch!)

Même principe que Cat Stax ci-dessus : remplir des plans avec des figurines de formes variées. Ici… des chiens. Le plan vous dit quels chiens utiliser. La différence avec les chats ? Les chiens ne miaulent pas, sinon c’est du même acabit avec les niveaux qui se complexifient. Alors, plutôt os ou croquettes ? Ludochrono.

 

 

 

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MASTER WORD (scorpion masqué)

Le Scorpion Masqué aime beaucoup jouer avec les mots. Idée simple mais non dénuée d’intérêt : reprendre le principe du Master Mind avec des mots. Ici, le guide doit vous mener vers la solution. Il connaît le mot et vous donne un indice : « personnage » par exemple. Débrouillez-vous avec. Il faudra aux joueurs faire des propositions larges sur leur ardoises velleda puis affiner selon les jetons de validation du guide. Ex : « fictif », « homme », etc. Un sablier vous presse, vous pouvez l’enlever, car c’est déjà assez dur comme cela, surtout que le niveau va aller en se complexifiant. Seul souci, si vous recommencez avec de nouveaux joueurs, il vous faudra être celui qui fait deviner, on retient plutôt facilement les premiers challenges. Mais c’est un jeu plaisant qui nous a bien tenu en haleine. À découvrir !

 

 

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KANALOA (Piatnik)

Jeu de cartes classique : la plus forte valeur remporte le pli sauf si elle est coupée par l’atout. (Ludochrono) Le but : faire avancer son meeple sur la piste circulaire (ou carrée) composée de cartes colorées. Un principe de saute-mouton, un atout déterminé par la position des meeples et deux cartes spéciales : un super As et un Kraken qui enlève une partie du parcours sont là pour donner un peu de dynamisme. L’anticipation de la couleur d’atout à venir est le plus du jeu, mais souvent la manche se termine sans qu’on ait pu aller au bout de son idée. On gagne ou on perd sans vraiment savoir pourquoi. Un jeu de plis prometteur mais qui montre vite ses limites. On se boit plutôt un Kahlua et on va surfer ?

 

 

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CARTOGRAPHERS (Intrafin games)

J’arrive après la bataille mais puisque le jeu revient en boutique autant remettre une couche sur ce flip & write qui sort des sentiers battus. Si le but est de remplir sa feuille, il faudra le faire sous contraintes de formes imposées, de contrats à remplir en alternance (les fameux contrats en alternance n’est-ce pas), d’embuscades à éviter et d’événements à gérer (variante). Un jeu qui emprunte à Isle of Skye (les scores selon les saisons), Penny Papers (dessiner des gobelins sur la feuille du voisin) et Welcome (pas de dés mais des cartes). Deux modèles de terrain sont proposés. Dans l’océan désormais pollué du roll & write, Cartographers ouvre une voie originale et plaisante pour ceux qui d’ordinaire évitent ce genre. (Test)

 

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LAST MAN UNLOCK! (Casterman)

La licence Unlock! ne s’allie pas seulement à Disney mais pointe son nez du côté de la BD comme il l’avait déjà fait avec Noël en juillet, illustré par Lewis Trondheim. Cette fois, c’est une aventure courte de 25 cartes qui était offert pour l’achat de deux tomes de la saga bien connue scénarisée par Bastien Vivès et Balak. Un scénario léger, sympathique et drôle. Une façon de montrer le fonctionnement du jeu et d’attirer un nouveau public. Ou d’attiser la collectionnite des fans.

 

 

   

3 Commentaires

  1. Umberling 26/11/2020
    Répondre

    Bien aimé Dilemme Express ici (les cartes de mitigation sont là pour créer l’ambiance et donnent au jeu une autre dimension). Par contre pas surkiffé Cartographers, qui est plan-plan puissance 10 et est illisible (même si mécaniquement plus intéressant que d’autres).

    Par contre Master Word : grand oui.

  2. Meeple_Cam 26/11/2020
    Répondre

    Je ne suis pas un influenceur (juste humble chroniqueur Ludovox ;)) et pourtant, Robin de Locksley a mon « MeepleCam Approved ». C’est notre jeu à 2 de ce 2nd confinement. Par contre, Fairy trail est le plus mauvais  jeu auquel j’ai joué de tout 2020. Comme quoi, les avis diffèrent et heureusement 🙂

  3. Phoebus77 26/11/2020
    Répondre

    Je viens d’acquérir Robin of Locksley après avoir visionné la vidéo d’une partie qui m’avait donné envie et puis des avis qui étaient plutôt très bons. Je n’ai pas encore eu l’occasion d’y jouer (certainement ce WE), j’espère donc ne pas être déçu…. The Crew est un jeu encensé quasiment partout et pourtant ce jeu me laisse froid….Comme quoi les goûts et les couleurs….

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