Participatif, la sélection naturelle N° 164 du 15 mars 2021

 

 

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N° 164

 

Salutations ludico participatives !

► Grosse grosse semaine ! Avec beaucoup de campagnes intéressantes, voire très intéressantes. Beaucoup d’extensions curieusement, pour des jeux qui ont eu et continuent à avoir beaucoup de succès. Et beaucoup de « petits » jeux pas forcément moins intéressants. Mais aussi beaucoup de campagnes qui engrangent l’oseille par million, et d’autres qui se contentent de beaucoup moins.

Encore plus que d’habitude, j’ai dû beaucoup choisir parmi la masse des projets en cours et malgré cela, cette chronique est bien remplie. Mais comme dit l’adage, « abondance de biens ne nuit pas ».

 

Bonne lecture, à la semaine prochaine (ou celle d’après 😉 )

et surtout continuez à faire attention à vous !

 

 

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Évolution des campagnes en cours la semaine passée

 

► Celles qui se terminent cette semaine…

 

Semaine correcte pour la campagne de Tiny Turbo Cars par Horrible Games, les 1 500 soutiens sont dépassés, ce qui me paraît un résultat plutôt bon vu le type de jeu dont il s’agit. Il n’y a toujours pas de version française, mais Lucky Duck Games fait partie des soutiens, alors d’ici à ce qu’ils nous francisent tout ça dans le futur… (actuellement 88 000/30 000 € et 1 650 soutiens. Fin le 16 mars).

Root est depuis longtemps une valeur sûre pour qui aime les jeux asymétriques et ce n’est pas la campagne de son extension Root: The Marauder Expansion par Leder Games, qui fera dire le contraire. Pas un jour à moins de 270 soutiens la semaine passée, et 20 000 contributeurs à même pas deux jours de la fin, c’est exceptionnel pour une extension (actuellement 1 829 000/100 000 $ et 20 500 soutiens. Fin le 16 mars).

 

fr  La campagne de Lawklivya: Vengeance par Filtered Reality Entertainment ne finira certainement pas en carton intersidéral, mais au moins est-elle financée. L’offre est plaisante et peut-être qu’à un meilleur moment le résultat eut-il été meilleur (actuellement 17 200/10 000 CA$ et 240 soutiens. Fin le 17 mars).

► À l’instar de celle de l’extension de Root, la campagne de Tiny Epic Dungeons par Gamelyn Games est un colossal succès, le plus grand de l’éditeur même. Dites-vous bien que la semaine passée, la plus petite journée à été à 652 soutiens ! 34 000 contributeurs, un financement à 11 400 % pour un jeu à 25 $, respects ! (actuellement 1 805 000/15 000 $ et 35 300 soutiens. Fin le 17 mars).

 

 

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Les projets qui ont attiré mon attention

 

 

Ceux qui me suivent savent que je ne suis pas un grand fan (doux euphémisme) des jeux abstraits. Il y en a toutefois un pour lequel, au cours de sa campagne de financement, j’ai très longuement hésité à pledger. Jusqu’à la dernière minute en fait. Et s’il avait été disponible en français j’aurais plongé, et à juste titre vu le succès du dit jeu depuis sa sortie. Ce jeu, c’était Santorini par Roxley Games, que je ne vous ferai pas l’insulte de vous présenter. Et je vous préviens, ce nom va revenir régulièrement dans les lignes qui suivent.

Si je vous parle de Santorini, c’est parce que Gordon « Gord! » Hamilton, son auteur, nous revient avec un nouveau jeu dans le même esprit, Ragnarocks, édité par Grey Fox Games. Hé oui, ce n’est pas par Roxley, mais on y reviendra.

Exit la grâce et la délicatesse de la Grèce antique, nous voici propulsé chez les vikings (c’est du solide comme thème ça bébé, on prend moins de risques). On est sur un jeu abstrait je le rappelle, donc le thème théoriquement, reste secondaire.

Mais comme vous m’êtes sympathiques, je vais me fendre non seulement d’un rappel à son sujet, mais aussi d’une explication du fonctionnement du jeu. Ne me remerciez pas, ça me fait plaisir. D’autant plus que je vais me contenter de vous copier-coller la version officielle passée à la moulinette de mon ami Deepl.

Voici donc le pitch. Dans la mythologie nordique, les humains existent dans le pays de Midgard – un endroit au centre de l’arbre du monde et relié aux neuf royaumes. Parmi ces neuf royaumes vivent des dieux et des déesses, des serpents et des esprits, et toutes sortes de créatures mythiques et mystiques.

Dans Ragnarocks, vous incarnez un clan de Vikings qui utilise des Pierres de Rune pour marquer les revendications territoriales de votre clan. Dans le jeu avancé, votre clan vénère un de ces puissants êtres d’un autre royaume qui vous prête son pouvoir pour vous aider à déjouer vos rivaux et à revendiquer des territoires pour votre clan. À la fin du jeu, celui qui contrôle le plus de territoire dans Midgard gagne !

Le tour d’un joueur consiste en une phase de déplacement et une phase d’invocation :

  • Pendant la phase de déplacement, vous déplacez un de vos Vikings actifs d’un nombre quelconque de cases en ligne droite.
  • Pendant la phase d’invocation, vous invoquez une pierre runique et la placez sur une case quelconque le long d’un chemin en ligne droite à partir de l’emplacement du Viking que vous avez déplacé.
  • Chaque fois qu’une invocation génère une zone fermée ne contenant que des vikings d’un seul clan, cette zone s’installe et appartient au joueur dont le clan l’occupe.
  • Lorsque tous les vikings ont été joués, le joueur qui contrôle le plus de territoire gagne.

 

Voilà, c’est bien dans l’esprit Santorini, c’est simple, clair, épuré dirais-je même, mais cela laisse la place à pas mal de réflexion.

Le gros point fort de Santorini, et ce qui fait une partie non négligeable de son succès, c’est d’une part sa direction artistique et d’autre part, son éditeur, Roxley, dont on sait que l’aspect matériel de ses jeux est toujours amené du côté « de luxe », voire plus. Clairement, Grey Fox Games essaie d’utiliser la même recette.

Pour la direction artistique, c’est gagné. C’est coloré, les personnages sont tous choupinous, c’est tout à fait dans le même esprit que Santorini et cela y ressemble tellement que l’on pourrait même supposer que ce sont les mêmes artistes aux pinceaux. On ne fera que supposer car il n’est fait nulle part mention du ou des illustrateurs.

Pour l’aspect matériel, cela semble également gagné tant ce qui est montré donne envie de poser se petites mimines dessus. Reste à voir si la qualité finale sera à la hauteur de celle de Roxley, ça ce sera la surprise.

L’unique pledge est à un tarif correct, 40 $ (38 €) et les 18 $ de frais de port sont malheureusement dans la norme du moment. Le jeu n’est disponible qu’en anglais mais si le succès continue de grandir, on pourrait bien le retrouver sur nos étals en français, et moins cher (actuellement 146 500/20 000 $ et 3 040 soutiens. Fin le 18 mars).

 

 

fr  Mythic Games avait conçu son jeu d’affrontement en arène Super Fantasy Brawl pour être d’abord présenté sur Kickstarter à des fins de financement, et pour ensuite poursuivre sa vie en boutique par la commercialisation de nouveaux personnages et la mise sur pieds de tournois. Las, le virus taquin est passé par là et à mis à bas tous ces beaux plans.

Seulement voilà, 9 nouveaux personnages étaient fin prêts à rejoindre les étals et plutôt que d’attendre la Saint-Glinglin pour les y voir arriver, Mythic Games a donc décidé de les proposer sur Kickstarter, sous la forme de trois boîtes d’extension. Et c’est ainsi que fut lancée la campagne de Super Fantasy Brawl Round 2.

Les dites nouvelles extensions seront donc à vous pour 50 €. Mais quitte à proposer des extensions, autant proposer également ce qui existe déjà. Plusieurs pledges vous permettront de plonger dans l’aventure si vous aviez zappé ou raté la première campagne et je ne retiendrai que le principal, le all-in à 196 $. C’est un prix, mais pour ce prix Mythic Games ne se moque clairement pas du client.

Les frais de port sont malheureusement dans la tendance du moment, c’est-à-dire pas donnés (et ça n’ira pas en s’arrangeant, qu’on se le dise) et vont pour l’Union Européenne de 15 $ à 34 $. Mais si on considère que, par exemple, le all-in fait quand même ses 10 kg de matos, il n’y a rien de scandaleux non plus (actuellement 425 000/50 000 $ et 6 056 soutiens. Fin le 19 mars).

 

 

Malgré son look un peu particulier (ou peut-être grâce à lui) Meeples & Monsters par Alderac Entertainment Games s’avère une des belles réussites du moment. Il s’agit du dernier jeu de Ole Steiness, l’auteur entre autre de Champions of Midgard.

Dans ce jeu, les joueurs sont à l’intérieur d’une ville assiégée et attaquée par des hordes de monstres très très méchants. À vous de faire évoluer vos sbires pour les combattre.

Mécaniquement, on est sur du bag-building et de la pose d’ouvriers. Moult meeples (d’où le titre) sont tirés d’un sac pour être ensuite posés sur le plateau et déclencher des effets. Cela peut être l’amélioration des meeples, l’ajout de nouveaux meeples en provenance du sac, combattre les monstres, fouiller les tours ou même améliorer la ville, ce qui donne aux joueurs encore plus d’options pour les tours suivants.

Pour gagner, il faut être celui qui a le plus de points à la fin de la partie et ces points sont obtenus en battant des monstres, en accomplissant des quêtes et en fouillant les tours. À la fin du jeu, les joueurs marqueront des points de victoire supplémentaires en combattant le boss et ses mignons et en accomplissant des quêtes de fin de partie.

Je l’ai mentionné plus haut, la direction artistique du jeu est particulière. Personnellement, l’illustration de la boîte ne me donne pas vraiment envie, mais le jeu vaut probablement mieux que de s’arrêter à cela. Concernant le matériel, il est des plus classiques si l’on excepte les pas moins de 152 meeples de 16 mm (des gros donc), tous imprimés de huit motifs différents.

Le prix de l’unique pledge est de 49 $ (42 €), incluant une extension et le matériel pour le jeu en solo. Petit plaisir sadique, les frais de port sont de 17 $ (15 €) pour l’Union Européenne et de 24 $ pour la Grande-Bretagne. Depuis le temps que nos amis les rosbeefs nous narguaient avec leurs frais de port réduits, on a bien le droit de se moquer un peu… 😉 (actuellement 127 200/10 000 $ et 2 720 soutiens. Fin le 20 mars).

 

 

fr  Je ne vais pas vous présenter Dice Throne, le jeu de Roxley Games plébiscité pour son gameplay simple mais au final assez tactique (à lire) et bien entendu, Roxley oblige, par son matériel somptueux. Vincent Vergonjeanne, le boss de Lucky Duck Games, est un grand fan du jeu et a réussi à obtenir les droits d’adaptation en français et voici donc la campagne de pré-commande de Dice Throne Saison 1 Remastérisée, proposée, je le précise, sur Game On Tabletop.

Cette version française a pour finalité d’être commercialisée en boutique sous la forme de quatre boîte dites « duo » constituées de deux personnages, pour un total de huit personnages donc. La campagne est surtout là pour proposer aux joueurs un peu plus passionnés que la moyenne la boîte pour les contenir tous, appelée « Battle Chest ». C’est plutôt du pratico-cosmétique dispensable pour le joueur lambda.

Il n’y a pas de bonne campagne sans un « machin-gate » et cette fois ce fût à cause des dés, lorsqu’il a été connu que les dés présents dans les boîtes Duo n’étaient pas les dés marbrés de la campagne Kickstarter originelle. Car en effet, la version boutique du jeu aux US ne contient pas ces dés marbrés et c’est celle qui a servi de base à l’accord entre Roxley et Lucky Duck Games.

Mais ce n’était pas ainsi que le soutien lambda l’avait compris (dont moi, je l’avoue) et ce sans doute parce que cela n’avait pas clairement été expliqué. Les canards ont saisi le problème à bras-le-corps, et après contact avec Roxley, les dés marbrés intègreront bien les boîtes Duo, que ce soit au cours de cette campagne ou en boutique.

Cela a été rendu possible car aux US Roxey commercialise une version « Champion » de ses boîtes Duo, plus chères, mais dont les dès sont ceux de la campagne Kickstarter. Cela aura un coût supplémentaire pour Lucky Duck Games, mais l’accueil du jeu (les 1 000 contributeurs ne devraient pas tarder à être atteint quand vous lirez ces lignes) est tel que mister Vergonjeanne, Ze Big Boss, c’est bien vous suivez, a estimé que c’était jouable.

S’agissant d’une campagne de pure pré-commande, il n’y a donc pas de stretch goals. Toutefois, outre le Battle Chess uniquement disponible maintenant ou jamais, vous pourrez également obtenir 16 cartes promos hors commerce (en cadeau pour tous les soutiens), les sleeves officielles et personnalisées, une piste à dés et des tapis de jeu.

Tout ceci étant proposés au travers de trois pledges à respectivement 89,99 €, 129.99 € et le all-in à 159,99 €. Certes ce n’est pas donné, mais ces tarifs sont parfaitement justifiés. Pour compenser, Lucky Duck Games fait un remarquable effort sur les frais de port, de 5 € quel que soit le pledge choisi.

Sont également proposés quatre pledges à 24,99 € qui vous permettent de prendre individuellement chaque boîte duo. Le seul avantage par rapport au fait d’attendre tranquillement leur sortie boutique est que vous bénéficiez des 16 cartes promos. À vous de voir si cela suffit à participer tout de suite, ou s’il vaut mieux attendre et certainement payer un peu moins cher, mais sans les cartes promos (actuellement 106 700/10 000 € et 920 soutiens. Fin le 23 mars).

 

 

Starling Games vient mettre un point final à la série Everdell avec une campagne de reprint, Everdell : Complete Collection, au cours de laquelle sont proposées, entre autres, deux nouvelles extensions.

Mistwood introduit un nouveau méchant pour des parties solo ou à deux, ou plutôt une méchante puisqu’il s’agit d’une araignée, de nouveaux héros à recruter et un pack d’extension qui ajoute un aspect saisonnier à la gestion de fermes.

Newleaf quant à elle apporte un nouveau moyen de locomotion : le train. Avec une gare, un système de réservation, des billets pour voyager, mais aussi de nouvelles créatures, bâtiments et évènements.

Comme il s’agit des deux dernières extensions est proposée ce qui devient une tradition, à savoir une grosse boîboîte pour contenir l’intégralité du jeu, poétiquement nommée Big Ol’ Box of Storage.

Dans cette boîte viendront, outre le système de rangement et les inévitables séparateurs, un livret de règles reprenant toutes celles de la gamme, un livret de références également pour toute la gamme, un carnet de score et 20 jetons en métal. D’autres éléments pourraient bien être ajoutés d’ici la fin de la campagne.

Les deux nouvelles extensions sont proposées pour 60 $, pour 33 $ de plus s’ajoute la Big Box et le all-in de la mort est à 199 $. Les frais de port sont différents selon le pledge et sont donc de respectivement 15, 25 et 26 $ pour la plupart des pays de l’Europe, dont la France. Le tout est bien entendu seulement en anglais et il faudra espérer que Matagot propose dans un futur pas trop lointain tout ou partie en français (actuellement 2 483 000/50 000 $ et 16 890 soutiens. Fin le 25 mars).

 

 

fr  Après Catch the King, un jeu de stratégie abstrait thématisé Viking et ressemblant de loin aux échecs, Studio Twin Games, par ailleurs créateur des célèbres Twinples, revient sur Kickstarter avec un nouveau jeu, toujours dans l’univers Viking, Althing.

Il s’agit d’un modeste jeu de cartes dans lequel deux ou trois joueurs (voire en solo, avec une petite extension incluse) vont se livrer à une course (au sens propre du mot) au trône après la mort du souverain. Pour cela ils vont se faire aider par des trolls, dont la réputation de fouteurs de merde bazar ne va certainement pas s’arranger.

Le jeu est basé sur deux mécaniques : de la gestion de main et du deckbuilding. Chaque joueur commence la partie avec les 9 mêmes cartes. À son tour, le joueur actif peut réaliser autant d’actions qu’il le souhaite parmi trois :

  • recruter : il défausse des cartes pour la valeur de celles qu’il veut prendre dans la rivière ;
  • franchir l’une des cinq étapes de la piste d’épopée, étapes constituées de cartes recto-verso (une face plus difficile que l’autre) tirées aléatoirement parmi les neuf disponibles. Pour cela, il défausse de sa main autant de cartes que nécessaire pour satisfaire les exigences de ressources de l’étape ;
  • utiliser une carte pour sa capacité, en la défaussant. Certaines capacités de cartes peuvent être jouées à tout moment en réaction à l’attaque d’un adversaire.

 

À la fin de son tour de jeu, il est encore possible de défausser autant de cartes que désiré, puis le joueur pioche jusqu’à avoir quatre cartes en main.

On le voit, c’est très simple et tout le sel du jeu tient dans la gestion de sa main, car finalement on a peu de cartes et on voudrait faire beaucoup de choses. Le jeu s’avère assez tactique, plutôt retors et vicelard (gentiment, hein) car il vous faudra être sans pitié pour accéder au trône.

Autre avantage, les parties sont courtes et tendues, ce qui devrait largement inciter après la première partie à suivre sur la belle, la revanche, la belle de la revanche, la revanche de la belle… vous voyez l’idée.

Un mode campagne permet d’enrichir l’expérience, et pour encore plus de fantaisie la piste d’épopée peut être constituée de huit cartes avec une sorte de patte-d’oie au milieu. Bref, petit jeu peut-être, mais qui en propose bien plus que son aspect ne le laisse supposer.

Et l’aspect justement, parlons-en. On ne se relèvera certes pas la nuit pour admirer les illustrations, mais ces dernières sont tout de même fort sympathiques et à tout le moins, font très largement l’affaire.

D’autant plus que c’est peu onéreux : 15 € pour la version de base, 36 € avec un tapis de jeu néoprène et une carte exclusive. Les frais de port sont de 6 € mais il est possible de retirer son jeu gratuitement dans certaines boutiques (liste sur la page de campagne), une initiative à saluer tant elle coûte de l’argent à l’éditeur (actuellement 5 040/7 000 € et 180 soutiens. Fin le 26 mars).

 

 

LudiCreations est un éditeur finlandais assez méconnu bien que plutôt prolifique, puisque son dernier jeu, So, You’ve Been Eaten, est tout de même le 26éme à être présenté sur Kickstarter.

Les jeux de cet éditeur sont généralement des « petits » jeux très intéressants, et celui qui nous occupe là ne semble pas vouloir me contredire. Et son thème est pour le moins original.

Un joueur endosse le rôle d’un mineur de l’espace d’un genre un peu particulier qui effectue un travail qui l’est encore plus. Il se fait volontairement avaler par un monstre de l’espace. À l’intérieur de l’estomac du monstre on peut trouver des cristaux extrêmement précieux (tu m’étonnes, vu comment il faut aller les chercher…). S’il arrive à récupérer assez de ces cristaux pour remplir son quota, l’entreprise qui l’emploie fera en sorte de le faire sortir du ventre de la bestiole.

Dans le cas contraire, cela n’en vaut pas le coût, et là c’est « demerden sie sich » pour le mineur, car les bactéries présentes dans l’estomac voudront alors remplir leur rôle d’épurateur. Il lui faudra chercher à avancer pour rejoindre la sortie (appelée en langage scientifique, « nunuss ») et peut-être pour cela profiter de l’équipement restant des mineurs précédents ayant eu encore moins de chance que lui. Vous aurez compris que l’autre joueur tient le rôle de la bête qui va chercher à éliminer, en activant ses défenses bactériennes, cet intrus que sa voracité lui a fait avaler.

Le mineur gagne s’il réussit à collecter 8 cristaux, la bestiole si 4 de ses bactéries du même type arrivent à attaquer le mineur, auquel cas il est digéré. Si le mineur ne collecte pas les 8 cristaux, mais arrive à sortir par la petite porte de derrière, c’est celui qui a le plus de points qui gagne. Le pitch est donc déjà assez rigolo et intrigant pour qu’on s’intéresse au jeu, mais si j’ajoute que celui-ci est de Scott Almes (le papa des Tiny Epic Machin) et que le barbouilleur en chef est Kwanchai Moriya, avouez qu’il y a de quoi lever plus qu’un sourcil curieux.

D’autant plus que 4 modes de jeu sont disponibles :

  • le classique 1 vs 1
  • en solo en jouant la bête
  • en solo en jouant le mineur
  • en rien du tout en laissant les automas se friter entre eux. Si si, véridique ! On vient de créer la notion de 0 joueur !

 

Pour ce qui est de la direction artistique, le travail de Kwanchai Moriya est juste parfait pour le thème, avec juste ce qu’il faut de décalage pour souligner l’aspect un peu portnawak du thème tout en restant léger et grand public.

Le matériel présenté semble également du meilleur aloi, mais c’est toujours l’un des points forts de l’éditeur. Il garde malheureusement toujours son point faible, à savoir l’absence de VF.

Ce dont on se lamentera d’autant plus que le prix des pledges est particulièrement intéressant. 29 $ (25 €) pour la version de base et 39 $ (33 €) pour la version Premium dans laquelle les jetons cartons des cristaux sont remplacés par de faux cristaux en vrai plastique de couleur particulièrement réussis, ceux des bactéries et du mineur deviennent de jolis meeples custom imprimés, et enfin un plateau de jeu double-couche ainsi qu’une une mini extension sont ajoutés en sus.

Mais si ce n’est pas assez pour vous, une version Collector existe, laquelle pour 49 $ (42 €) vous offre en plus une tour à dés, des tuckboxes pour ranger les cartes, un plateau de jeu triple-couche (et double face donc), des marqueurs acrylique et pour finir un dé custom pour la bête. Cette version Collector est de très très loin la plus plébiscitée par les soutiens puisque sur 5 380, ce sont 3 900 d’entre eux qui l’ont choisie. Les frais de port sont de 9 $ pour les deux premières versions et de 14 $ pour la Collector.

Le jeu n’est malheureusement disponible qu’en anglais, mais je sens bien que son potentiel ne devrait pas laisser indifférent certains éditeurs français (actuellement 229 300/10 000 $ et 5 380 soutiens. Fin le 31 mars).

 

 

fr  Il y a très exactement 6 ans (en mars 2015 donc, pour les non-matheux) j’ai participé à l’une des plus intéressantes campagnes Kickstarter du moment, pour un petit jeu de cartes d’un nouvel éditeur totalement inconnu, illustré par un artiste pas plus connu et qui visiblement en fumait de la bonne.

Le jeu, c’était Valeria : Card Kingdoms, l’éditeur c’était Daily Magic Productions et l’artiste c’était Mihajlo « The Mico » Dimitrievski. La campagne était financièrement hyper intéressante pour les soutiens, le jeu s’est avéré extrêmement bien produit et surtout très bon. Bref, que du positif.

6 ans après, la gamme Valeria a bien grandi avec les extensions et les jeux dérivés, huit à ce jour pour être précis. Entre temps, l’éditeur a modifié son nom pour celui de Daily Magic Games, et sa politique de campagnes Kickstarter pour les rendre généralement totalement inintéressantes financièrement.

Et voici la campagne pour le neuvième numéro de la saga Valeria, encore une nouvelle extension nommée Valeria Card Kingdoms : Darksworn. Darksworn a le mérite d’aller un peu plus loin que les précédentes extensions, lesquelles ne se contentaient guère que de rajouter des cartes à un jeu de cartes (OK, j’exagère un peu. Mais pas tant que ça).

Là au moins, on a du radicalement différent puisque le jeu, avec ou sans extensions, est transformé en jeu coopératif, avec du coup un mode solo un peu plus intéressant que celui existant déjà (certes, ce n’était pas une gageure).

Cet aspect coopératif est introduit par le biais d’une aventure narrative en 6 actes, du Livre 1 au Livre 6. Les Ducs et Duchesses de Valeria s’unissent pour contrer l’invasion de vilains-pas-beaux aussi hargneux que laids. Il faudra bien évidemment recruter des citoyens pour latter du monstre, mais aussi pour remplir les tâches qui vous seront confiées au cours de votre aventure livresque.

Si ces nobles personnes sont très très gentilles avec le dieu Aquila, ce dernier pourrait bien, dans son infinie mansuétude, leur accorder quelques grâces aptes à les aider à mener à bien leur mission.

Concrètement, chaque Livre est une boîte scellée qui renferme de nouvelles cartes à ajouter à celle du jeu de base et de nouvelles règles à appliquer. Chacun des chapitres apporte son lot de nouveaux monstres et, comme je l’ai déjà dit, de quêtes à remplir.

Je passe rapidement sur l’aspect graphique du jeu, qui ne change pas d’un iota et nous propose toujours les illustrations déjantées de The Mico, et c’est bien heureux pour la cohérence globale. Je passe directement aux pledges et plus précisément au seul qui nous intéresse, celui localisé en français par Lucky Duck Games, proposé à 29 $, plus 12 $ de frais de port pour la France.

Cette campagne propose également l’intégralité de la gamme Valeria, plus une super Big Box pour tout ranger et qui prévoit même la place pour les trois futures extensions (quand on tient une telle rente, on l’exploite au maximum hein…) ainsi que moult add-ons divers et variés.

Lucky Duck Games se limitait en début de campagne à Darksworn seul pour la localisation, mais afin de satisfaire la demande des backers il est désormais possible de joindre à son pledge la Big Box, le tracker de ressources, le tapis de jeu, les dés et le set des 16 nouvelles cartes de la version 2 de Valeria Card Kingdoms. Qu’ils en soient ici remerciés (actuellement 107 450/65 000 $ et 1 660 soutiens. Fin le 31 mars).

 

 

fr  Devil Pig Games est un éditeur qui a eu son heure de gloire, puis a failli disparaître suite à une mauvaise gestion de la société. On en entend peu parler depuis car ils ont utilisé toute leur énergie à honorer les soutiens de leurs campagnes. Ils en ont bien fait une ou deux en passant, notamment celle qui clairement était un appel à la générosité de leur fan base pour continuer à exister. Et de fait, le cochon diabolique est toujours là, tapis dans l’ombre et prêt à sauter sur sa proie.

Ce qui nous amène à sa nouvelle campagne, basée sur la certitude que c’est dans les vieilles marmites qu’on fait les meilleures soupes. Rien de négatif dans mes propos, au contraire même.

Le plus grand succès de l’éditeur est la série des Heroes of Normandie, un jeu d’affrontement tactique sur le thème de la Deuxième Guerre mondiale qui se démarque par sa direction artistique. Le jeu commence à dater (2013, ça ne nous rajeunit pas) et une petite remise au goût du jour ne peut théoriquement pas lui faire de mal. Et le résultat, c’est la campagne pour Heroes of Normandie : Big Red One Edition.

Il s’agit donc d’une version 2.0 de la boîte de base d’origine et qui bien évidemment est totalement compatible avec le reste de la gamme précédemment éditée. Les anciens sont donc en terrain connu malgré les nouveautés et ajouteront à leurs armées la 1st US Infantry Division (« les fils de putes de la Big Red One », comme les appelait avec un infini respect le Général Eisenhower) et la Panzer Division allemande, division d’élite qui a participé à quasiment toutes les campagnes de l’Est jusqu’en 1944. Les bleu-bites qui découvrent cet univers bénéficieront quant à eux de règles revues et plus simples à utiliser, ainsi que d’un scénario de découverte permettant d’appréhender les subtilités du jeu étape par étape.

Les graphismes de cette nouvelle version ont été retouchés pour leur donner un peu plus de peps. Ils sont inchangés dans l’absolu, mais deviennent plus colorés, ça « claque » encore plus qu’avant. Pour le matériel, aucun souci. On sait déjà qu’avec les cochons, tout est bon ;-).  Juste pour l’anecdote (#mylife), entre le thème et le look des jeux, j’ai envie de pledger à chaque campagne d’un opus de la gamme Heroes of Normandie et je dois lutter pour me rappeler que ce n’est pas pour moi.

Plusieurs pledges sont proposés pour tenir compte des possibilités financières de chacun. Le premier appelé Cowboy est un pack d’upgrade pour les possesseurs d’anciens titres, qui offre pour 30 € les livrets de règles et de scénarios refondus, les deux nouvelles unités, un héro promotionnel et tous les stretch goals de la campagne. Pour 35 €, le pledge Oddball est constitué de la core box et du héro promotionnel, mais pas des stretch goals.

Pour les avoir, il faut prendre le pledge Big Joe à 65 €. Ce qui nous met les stretch goals à 30 €, une somme certaine donc par rapport au prix de la boîte de base. Mais lorsque l’on sait que ceux des campagnes des Devil Pig ne sont pas vraiment constitués de 3 cartes et 2 meeples customs qui se battent en duel, je ne suis pas inquiet. Encore faut-il les débloquer, mais là aussi cela devrait bien se passer.

Reste un pledge nommé Kelly, le plus gros et le plus cher et donc celui qui est plébiscité par les soutiens. Il s’agit du pledge Big Joe auquel a été ajouté un de ces systèmes de rangement à base de boîtes en cartons décorées à tiroir dont les cochons ont le secret, ainsi que 140 sleeves personnalisées du meilleur aloi. Et les stretch goals, bien entendu. Tout ceci pour la somme de 110 €.

Les marqueurs en bois et les dés fournis de base sont aux couleurs US et allemandes, mais « génériques » dans la gamme Heroes of Normandie. Le joueur exigeant pourra toutefois obtenir deux sets dédiés aux deux unités du jeu et décorés de leurs emblèmes historiques, chacun à 10 €. 2 paquets de cartes supplémentaires dédiés aux parachutistes US et allemands pourront également être acquis pour 20 € les deux.

Les inévitables frais de port sont pour la France de 12 € pour les deux premiers pledges et de 15 € pour les deux autres (actuellement 66 300/50 000 € et 1 020 soutiens. Fin le 31 mars).

 

 

fr  La scène ludique française est très vivace et créative et c’est toujours avec plaisir que je vois arriver un nouvel éditeur, généralement d’une envergure très modeste, proposer un jeu avec quelque aspect qui sort des sentiers battus. Disto Studio est de ceux-là. Éditeur strasbourgeois, il a déjà commercialisé un jeu à la diffusion confidentielle, mais au thème original et au traitement graphique qui ne l’est pas moins, Strascendance.

Je vous en pose là le pitch officiel : « Juillet 1518. Strasbourg est plongé dans une épidémie de danse qui se propage dans toute la ville. Les habitants se mettent à danser sans raison et sont incapables de s’arrêter. Les joueurs de Strascendance doivent profiter de ce chaos ambiant pour s’emparer des places stratégiques dans chaque quartier de la ville, pour ralentir la progression de l’épidémie ». Le jeu a été créé et illustré conjointement par Maria Paloma Sanchez et Luc Anuszewski, qui sont également les deux personnes derrière Disto Studio.

Tout ceci pour arriver au nouveau jeu de l’éditeur, Ephios, proposé sur Ulule. Il reprend les caractéristiques globales de son prédécesseur que je répète : thème original et traitement graphique qui ne l’est pas moins (voire même plus dans ce cas précis). Il a été créé par Cyril Wadri, AKA WaDri, tout aussi strasbourgeois que les deux compères sus cités et accessoirement animateur dans un bar à jeu, avec des graphismes de Quentin Hell. Et il faut reconnaître que le résultat est excellent.

Je ne vais pas m’étaler plus sur le jeu lui-même,car je vous invite à aller lire l’excellent article d’Astien dans lequel vous trouverez toutes les informations à son sujet. Et vous avez même un Ludochrono, c’est dire si on vous gâte. En revanche je vais vous parler de la campagne, laquelle se déroule plutôt pas mal.

Déjà, elle a été financée en une grosse journée, ce qui sur Ulule n’est pas si courant. Cela a du coup permis de commencer à débloquer des paliers. Une nouvelle alliance a donc fait son apparition, puis le mode solo suivi d’un pack numérique (composé de fonds d’écran, d’un Print and Play, d’une nouvelle sur le monde d’Ephios écrite par l’auteur du jeu et d’un morceau de musique d’ambiance composé spécialement pour le jeu) et enfin de deux nouveaux habitants, apportant de nouveaux effets. De nouvelles améliorations sont à venir et le jeu final sera très certainement énormément enrichi.

Malgré le fait que la fabrication du jeu sera effectuée en Europe, gage de délais réduits pour l’avoir entre nos petites mains moites, le prix des pledges proposé est plus que correct. Celui de base, le jeu seul, est à 22 €. Il y a d’autres pledges de plusieurs boîtes ou incluant des bonus genre jetons en bois, sérigraphie, artbook, etc… Les frais de port sont de 7 € pour un jeu, mais de 12 € à partir de deux boîtes et jusqu’à quatre (actuellement 15 513/7 500 € et 282 soutiens. Fin le 02 avril).

 

 

Clash of the Ardennes par Elwin Klappe est le genre de petit jeu sorti de nulle part que j’aime bien, surtout au vu de son thème qui me cause tout particulièrement.

Le jeu a pour thème la bataille des Ardennes, qui eut lieu essentiellement dans les Ardennes belges et qui a opposé les troupes allemandes et américaines, au cours de l’hiver particulièrement rigoureux de 1944-1945.

Il s’agit d’un jeu pour deux joueurs dont la mécanique principale propose de la pose de tuiles, effectuée dans un cadre constitué de pièces style puzzle que l’on assemble pour former un carré. Dans cette surface, les joueurs face à face vont constituer 7 colonnes en posant leurs unités de façon à progresser vers le bord adverse.

Chaque joueur aura un objectif à remplir, tiré au hasard en début de partie, qui lui indique quelles colonnes conquérir (appelée les rues dans le jeu) et à quelles conditions. Si l’un des joueurs satisfait les conditions de sa mission, il gagne.

Nous sommes très clairement face à un jeu qui s’avère bien plus stratégique que ses règles simples ne le laisseraient penser. Ce qui est déjà une grosse qualité. Autre grosse qualité, le matériel. Toutes les tuiles sont en bois, ainsi que le cadre dans lequel elle seront posées. Les illustrations ne sont techniquement pas parfaites, mais elles ont un charme indéniable et leurs défauts seraient même une qualité, car ils permettent d’avoir un certain recul sur le thème.

Le prix du pledge est de 29 € (pas $) auquel il faudra en ajouter 12 pour le port. Tarif tout à fait correct au vu du matériel, ne manque plus qu’une version française (actuellement 14 600/6 000 € et 480 soutiens. Fin le 03 avril).

 

 

fr  Aös, Capitale du Vice est un projet français présenté sur Ulule par son créateur, Dorian. Alors je vous préviens, je ne vais même pas chercher à vous décrire le jeu (en fait, j’ai essayé, mais c’est tellement spécial que je ne suis pas arrivé à le faire de manière concise) car on n’est pas vraiment sur un jeu de plateau tel qu’on l’entend généralement dans cette chronique. On est plus sur de l’OVNI ludique, mais en même temps un peu d’originalité ne peut pas faire de mal.

Mais qu’est-ce donc alors ? Il s’agit d’un jeu de plateau (quand même) qui a pour ambition de faire vivre aux joueurs (de 4 à 10 personnes) une aventure narrative à la fois compétitive et coopérative. Ce qui sous-entend, si on lit entre les lignes, alliances, trahisons et coups de péripatéticiennes en tous genres. L’auteur insiste sur la notion de dilemmes, présents en permanence qui ne vont pas faciliter les choix.

Le thème se réclame d’influences cyberpunk, solarpunk (je ne connaissais pas) et fantasy. Les joueurs sont des « chasseurs du cœur » et vont parcourir la ville d’Aös à la recherche d’une mystérieuse relique tombée des cieux. Cela se joue en équipes de deux générées aléatoirement à chaque tour, mais une règle spéciale est là en cas de nombre impair de joueurs. Pour le reste, je vous renvoie à la petite vidéo explicative de l’auteur (3 minutes, c’est supportable) pour vous faire une idée un peu plus précise de la chose.

Quoi qu’il en soit, le jeu semble avoir été réfléchi et ce n’est clairement pas le délire d’un gars qui cherche à faire financer n’importe quoi. Ce n’est peut-être pas « grand public », ne serait-ce qu’à cause du nombre de joueurs nécessaires (j’imagine que les parties doivent avoir une autre saveur à 10) mais ce n’est pas non plus un jeu de geeks hardcores. A mon sens, ceux qui aiment jouer roleplay devraient y trouver leur compte.

Et le jeu est beau. Très beau même. Les illustrations juste magnifiques sont d’une illustre inconnue (de moi en tous cas) nommée Asur Misoa, Toulousaine de son état et particulièrement douée au vu de ses œuvres disponibles sur les internet du monde. J’aurais un jeu à faire illustrer, je n’hésiterais pas à faire appel à elle.

La boîte d’Aös est proposée à 39 €, auxquels il faut ajouter 10 € de frais de port. C’est peut-être un chouïa onéreux, mais il faut considérer que sauf miracle miraculeux, cela sera un tirage confidentiel et donc les économies d’échelle ne pourront être de la partie. De toutes façon, c’est le genre de jeu que l’on prend sans réfléchir tellement il nous correspond, quasiment sans se poser la question du prix (actuellement 99 ventes sur 300 et 81 soutiens. Fin le 15 avril).

 

Mais aussi :

Voici un jeu pour lequel la date de lancement de sa campagne et le manque de temps m’ont empêché de vous en parler convenablement. Ce sera pour la semaine prochaine et en attendant, je vous le présente brièvement :

 

Stellaris : Infinite Legacy par Academy Games et Paradox Interactive est un 4x spatial tiré d’un jeu vidéo dont je n’ai jamais entendu parler, mais qui doit avoir son petit public puisqu’on en fait un jeu de plateau.

Au vu de son fulgurant succès, cette campagne devait soit être très attendue, soit être très exactement ce qu’une partie des joueurs attendaient avec impatience. Il faut dire aussi que le matériel fait particulièrement envie, même si personnellement je trouve la direction artistique plutôt quelconque. Ha oui, ça se joue en deux heures aussi, ça doit compter. Mais pas de VF (actuellement 2 126 000/50 000 $ et 12 325 soutiens. Fin le 05 avril).

 

 

 

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Ils débarquent cette semaine

 

 

1815, Scum of the Earth par Tristan Hall – Le 19 mars

Jeu de placement de dés dans lequel les joueurs vont chercher à aider l’Empereur à reconstruire son palais fort délabré.

 

 

 

 

 

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Légende des symboles utilisés

coeur rouge: Désigne les campagnes conseillées par Shanouillette.

coeur bleu: Désigne les campagnes conseillées par Gougou69.

fr: Désigne les campagnes dont tout ou partie des éléments sont en français.

€ : Désigne les campagnes particulièrement intéressantes sur le plan financier.

Attention 2: Désigne les campagnes que nous déconseillons fortement.

Le lexique du participatif
  • Add-on : (Nom m.) Ajouts optionnels et néanmoins payants proposés au cours de la campagne. Cela peut-être des packs de figurines, des extensions, des dés plus jolis, mais aussi des objets beaucoup plus dispensables tels que des t-Shirts ou des mugs, voire des pin’s (si si !). Dans tous les cas, les sommes collectées par ce biais participent à l’augmentation de la cagnotte et à atteindre les paliers des stretch goals.
  • Backer [bakeur] : (nom m.) Aussi utilisé, « pledger ». Personne qui avance de l’argent pour la réalisation d’un projet dont la campagne est en cours.
  • Box Upgrade : Modifications apportées tout au long de la campagne (souvent dans le cadre des stretch goals) qui permettent d’améliorer la qualité du matériel du jeu (cartes plus épaisses, carton de la boîte plus fort, dés spéciaux, etc…).
  • CAD$ : Dollars Canadiens (cours bien inférieur au Dollar US)
  • Campagne : Période au cours de laquelle le projet est proposé au souscripteurs. Généralement de 2 à 4 semaines, mais cela peut être moins ou beaucoup plus. Cette durée n’est pas anodine et ne doit pas être choisie au hasard par le porteur du projet. En effet, de celle-ci dépend la forme et la dynamique de la campagne.
  • CMoN : Initiales de l’éditeur “Cool Mini or Not”. Afin de briller en société et avoir l’air du mec (ou de la meuf) qui s’y connait, on le prononcera “Simone” (oui, comme la tata du même nom) et on proscrira les “kmone” ou, pire, les “komone”.
  • DPG : Initiales de l’éditeur “Devil Pig Games”.
  • Early Birds [eurli beurdz] : (Nom m.) Rien à voir avec des oiseaux qui arriveraient en avance. Il s’agit d’un nom poétique donné au pledge à prix réduit (généralement quelques dollars) ou avec un bonus proposé parfois aux tous premiers souscripteurs d’une campagne.
  • FdPI : Initiales de « Frais de Port Inclus »
  • KS : Contraction de KickStarter, la plus grosse plate-forme de financement du monde connu.
  • KS Exclu : Acronyme regroupant tout ce qui est proposé lors d’une campagne et qui lui est exclusif. Par exemple, un add-on ou un stretch goal « KS Exclu » ne se retrouvera jamais dans le commerce et ne pourra plus être acquis en dehors de la campagne. Mais certains porteurs de projets ont des notions bien personnelles de la signification du terme « exclusif ».
  • Mougeon : (Nom m.) Race animale grégaire endémique sur Kickstarter, mi-mouton mi-pigeon. Les spécimens qui la compose ont pour particularité d’avoir, au cours de certaines périodes de l’année qui correspondent peu ou prou à la durée des campagnes de financement les plus en vue, une capacité de discernement inversement proportionnelle à la taille de leur compte en banque.
  • Pledge [plèdj] : (Nom m.) Niveau de soutien proposé lors d’une campagne. Par extension, somme d’argent versée pour y accéder.
  • Pledge groupé (ou PG) : (Nom m.) Regroupement des participations de plusieurs soutiens géré par une personne, généralement pour diminuer (parfois drastiquement) les frais de port et après négociation avec le porteur du projet.
  • Pledger : [plédjé] (Verbe) Action de sélectionner un niveau de soutien et d’autoriser le débit de son compte de la somme correspondant en cas de réussite de la campagne.
  • Pledger : [plédjeur] (Nom m.) Voir « Backer ».
  • PnP : Initiales de « Print and Play ». Il s’agit d’un fichier (généralement PDF) gratuit ou payant, permettant d’imprimer les composants du jeu qui s’y prêtent et ainsi de le tester avant la fin de la campagne.
  • Reboot [rebout] : Deuxième (voire plus) lancement d’une campagne qui a précédemment échoué à être financée. En général, le porteur du projet essaie à ce moment là de corriger les erreurs qui ont mené à l’échec, mais pas toujours…
  • Reminder [wemeyndeur] : Option qui vous averti par mail de l’entrée d’une campagne dans ses dernières 48 heures et vous permet ainsi de juger de la pertinence d’y participer. Utile lorsque l’on est pas certain d’être intéressé en l’état en début de campagne.
  • Reprint : Nouveau tirage d’un jeu qui fait parfois l’objet d’une campagne participative.
  • ROW : Acronyme de “Rest Of the World”. Indique l’ensemble des zones géographiques concernées par des frais de port qui n’ont pas été déjà détaillées.
  • SG : Contraction de « Stretch Goals » (voir explication de ce terme).
  • Stretch Goals [strètch golz] : Paliers de financement qui, lorsqu’ils sont atteints, débloquent un ou plusieurs éléments supplémentaires venant généralement enrichir le jeu. Lorsque ces stretch goals sont spécifiques à la campagne et lui resteront exclusifs, on emploie l’expression acronyme de « SG KS Exclus ».
  • UE Friendly : Définit un projet dont le porteur s’est assuré que les colis de son jeu arriveront dans notre boîte aux lettres sans surcoût lié au passage en douane.

 

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14 Commentaires

  1. TheGoodTheBadAndTheMeeple 15/03/2021
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    Notez que You’ve been eaten est sur Tabletop simulator, un jeu bien interessant.

    Ludicreation a quand meme sorti Crisis, l’un des meilleurs worker placement qui soit.

  2. Kyojin 15/03/2021
    Répondre

    Tu passeras au test anti dopage Gougou cette semaine. 13 projets sous les projecteurs !

  3. atom 15/03/2021
    Répondre

    Un énorme épisode. je retiens So You’ve Been Eaten, avec le pitch le plus délirant. 🙂

    • Gougou69 15/03/2021
      Répondre

      Oui, c’est original, pour le moins. En plus le jeu à l’air sympa.

      • Liorel 16/03/2021
        Répondre

        Dans leur première (et à ce jour unique) news, ils annoncent être en train de travailler sur une localisation en français du livre de règles (voire du jeu entier, mais ils ne prennent pas d’engagement). Juste au cas où 😉

      • R4ptou 18/03/2021
        Répondre

        Merci pour ton travail Gougou ! Du coup, cela signifie que l’on doit backer le financement actuel de So, You’ve Been Eaten dans l’espoir de voir une mise à jour française, ou attendre une autre campagne (ou autres) française (séparément de celle ci en tout cas).

  4. Fredovox 16/03/2021
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    Alors clairement, Stelaris est un jeu vidéo exceptionnel. Un 4x avec un nombre de paramètres impressionnants à gérer, des parties qui durent 20-30h, une difficulté incroyable qui fait qu’on se fait rouler dessus comme un malpropre après 30h de partie et qui donne envie d’y retourner. Bref, une super expérience, pour un jeu très exigent. Son ancêtre des années 90 qui l’a inspiré s’appelait ascendancy si jamais certains ont connu.
    Je n’irai pas sur une version plateau, je pense que ca serait bien trop pour moi, mais le jeu vidéo est une référence

    • Gougou69 17/03/2021
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      Comment tu me l’as bien vendu ton jeu là ! Tu viens de citer tout ce qui me fait fuir 😀

    • Kyojin 17/03/2021
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      AAAAhh Ascendancy, l’époque où on se satisfaisait de 4 couleurs 🙂

  5. THIERRY TREGARO 17/03/2021
    Répondre

    C’est partagé mon bon Gougou. Enorme boulot cette semaine, merci d’avoir pris le relais. On continue comme ça et je me contente de mettre un lien ? 🙂

    • Gougou69 17/03/2021
      Répondre

      C’est selon votre bon plaisir mon brave. Vu que tu as d’autres choses plus importantes à gérer en ce moment, tu peux te contenter de partager, mais en prenant le risque non négligeable de partager que dalle certaines semaines 😉

  6. Robin Favier 19/03/2021
    Répondre

    Certes, Stellaris est un vrai bon 4x en JV, avec une belle difficulté, qui possède une énôôôôrme communauté depuis un paquet d’année, et j’avoue que son KS dont j’ai appris la sortie par hasard affiche une belle adaptation en dur de nos petits pixels vicelards… sauf qu’à 170$ le bouzin, hormis du beau matos toutefois assez proche de ce qui se fait chez la concurrence (Eclipse, Twilight, …), il eut été « sympathique » d’avoir un livret de règles en bonne et due forme durant la campagne. Or, ce ne sera pas le cas… même pas un chtit semblant de brouillon ! Et ça enquille les brouzoufs… du coup, on peut se demander si le gros des pledgeurs est plus issu de la communauté JV que de celle du BG. :/

    En tous cas, même l’éditeur a été surpris de l’engouement pour son jeu… 🙂

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