Atalia en liquidation judiciaire

Le distributeur et éditeur Atalia a été placé en liquidation judiciaire le 8 juillet dernier par le tribunal du commerce de Nanterre. 

 

Atalia, c’est une structure qui a douze ans. L’âge de Ludovox – autant vous dire que ça nous fait un peu bizarre. On doit à cet éditeur-distributeur originaire des Hauts de Seine la distribution de nombreux titres emblématiques : Magic Maze, Lorenzo le Magnifique ou encore Rajas of the Ganges, le petit Punto, et bien d’autres encore. Récemment, Atalia a édité Royal Society of Architects et East India Companies, deux eurogames qui ont acquis une bonne presse… mais tous ces succès n’ont pas été suffisants.

 

 

Le communiqué d’Atalia invoque un marché en mutation – saturé, englué par une concurrence toujours plus rude, un marketing toujours plus agressif, avec des boutiques qui sont obligées de trier, mais pas que. Atalia, c’était aussi un circuit de distribution, et certains de ses partenaires historiques, de ses locomotives, se sont détournés. Punto, par exemple, a changé de distributeur ; Magic Maze, que nous citions plus haut, aussi.

 

“Ces derniers temps, on faisait presque plus d’argent avec l’édition qu’avec la distribution ! J’ai vu les revenus de l’entreprise chuter d’année en année,” constate Cesare Mainardi, fondateur d’Atalia. “Il fallait communiquer toujours plus, mais face à des puissances de marketing trop fortes pour nous, nous ne pouvions pas gagner.” L’entreprise au meeple bleu ciel avait déjà connu un redressement judiciaire en 2019, mais s’en était jusque-là sortie.

East India Companies a connu un succès conséquent en France et à l’international, pour Atalia.

 

 

Certains stocks et une partie de la distribution vont être récupérés par le patron de Huch, partenaire de longue date et ayant même des parts dans Atalia – il reprendra notamment les jeux à venir et les plus récents, dont Hydrolink, le petit dernier. Quant au sort des jeux précédemment édités par Atalia, la question est plus incertaine : il faut écouler les stocks restants, et quant à leur exploitation future, la question reste ouverte. En effet, il doit y avoir négociation des droits d’exploitation, sachant que les actifs d’Atalia pourraient être repris par d’éventuels racheteurs auprès du liquidateur judiciaire et du commissaire priseur : marque, stock ou autres.

 

Consulté pour la rédaction de cette news, Cesare Mainardi nous confie : “J’ai rebondi, j’ai retrouvé un emploi, et je vais rester dans le milieu du jeu. En tant qu’auteur, en tant qu’éditeur ponctuellement, peut-être, mais je ne vais pas remonter une structure dont le but serait d’éditer et distribuer plus d’un jeu.”

 

Ces dernières années, les équipes d’Atalia étaient constituées de cinq salariés, en plus de Cesare. Nous leur souhaitons de retrouver une situation professionnelle qui leur convient.

 

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