Compte rendu à froid de la Gencon 2015

Ça fait bien un mois qu’on vous bassine avec la Gencon. Et hormis mes petits comptes-rendus écrits à chaud, on n’a rien produit à part nos vidéos. Pas de bilan papier (‘fin, pixel fixe) qui vous permet de situer l’événement. Réparons donc cette ignominie !

Mes amis m’ont vu me préparer, m’ont vu partir pour la Gencon, et m’ont tous soumis à la question une fois que j’ai traversé l’Atlantique une deuxième fois. Cette question-là :

Alors, c’était comment ?

La Gencon, c’était bien, c’était grand, c’était génial. Et franchement, je ne m’attendais pas à tant de choses à faire. À être aussi dépassé par la taille de l’événement. Je sais ce que vous allez me dire. « C’est plus grand qu’Essen, vraiment ? » Ben…

Peut-être. On nous a parlé de 66 000 visiteurs au cours du salon, mais le compte des passes était à un peu plus de 61 000. Ça doit compter les cosplayers, donc ! Et selon le site officiel de l’événement, ça fait plus de 197 000 entrées au total. En termes de public, oui, c’est plus restreint qu’un Essen. Mais la question n’est pas là.

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Moment « calme », juste avant la fermeture.

 

La Gencon, c’est une immense halle d’exposition. Mister Jamie de Tric-Trac parle de 6 ou 7 terrains de foot pour le Exhibit hall + le hall de jeu, et je ne suis pas loin de son estimation. Le podomètre de notre caméraman de l’extrême a enregistré une dizaine de kilomètres de marche par jour. Et pourtant, laissez-moi vous dire qu’Indianapolis, ce n’est pas la joie pour les piétons : en bonne ville de province américaine, tout y est fait pour les voitures. Donc au sortir de l’hôtel, on filait direct via un taxi au Convention Center. Sinon c’était 20 bornes, matos sur le dos.

Mais en dehors de sa grande taille, la Gencon est surtout une convention. Rien à voir avec un festival tel qu’on le connaît en France. À Cannes, à PEL, on rentre, on joue un peu et quand on en a marre, on ressort. À Indianapolis, on paie un peu plus cher l’entrée, déjà. 90 $ les quatre jours, une paille. Mais il faut dire que le lieu est à la hauteur. Et comme on paie, qu’est-ce qu’on a en retour ?

Une armée de bénévoles pour s’assurer que le centre de congrès est propre, que tout se passe bien, que vous avez votre badge. Un catalogue qui liste tous les événements.

Et surtout, le public est là non-stop. 24/24. Là où le off de Cannes occupe, disons, 450 m², le hall de jeu s’étend à perte de vue. On joue à Magic, Catane, Warhammer40K, Donjons et Dragons : il n’y a pas de limitation à ce que les gens font. Et quand tu vois les gens s’asseoir dans un couloir pour déballer un jeu ensemble et le tester, que tu apprends qu’ils se sont rencontrés cinq minutes auparavant, impossible de rester de marbre. Les lugeeks américains sont hyper communautaires et ça se sent.

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Une moitié de hall de jeu. (Oui, ça c’est juste la moitié J2S, à part quelques tables D&D hors-champ à droite. Sinon, au fond à gauche, y’a la même surface pour les cartes et les figurines.

 

Et parlons de ce qu’il y a autour. Vous êtes fan de fantasy, de SF ? Un panel d’écrivains du genre se fera un plaisir de vous abreuver de conférences sur l’écriture, sur leur travail, de lectures de leurs textes. Le Writer’s Symposium a quelques salles bien réservées à l’étage, dans un endroit beaucoup plus calme.

Et puis, quoi d’autre ? Un atelier de couture/tricot, un de scrapbooking, si on accompagne un conjoint mais qu’on n’apprécie pas tant que ça le goût du carton, de la figurine et du dé. Une garderie vient compléter le tout au cas où votre marmot soit en trop bas âge pour vous accompagner dans les méandres de la Gencon. Et il y a même une salle de sieste. Vous vous rendez compte ? Un espace dédié au repos. C’est rare !

Et là, je ne parle que du centre de congrès : à l’extérieur, toutes les salles de conférences des hôtels 5* étaient réservées pour… des tables de JdR. En fait, tout le centre ville d’Indianapolis est saturé de geeks pendant les quatre jours du plus grand rassemblement ludique nord-américain. Et, comme me l’a dit une orga, « la Gencon, c’est très humain. On est loin de la Comic-Con, beaucoup plus orientée stars. Ici, l’ambiance est à la rencontre et à la déconnade. On s’en fout de faire signer des trucs. » Elle avait un peu raison, la bougresse. Il n’en reste pas moins ce côté mercantile un peu flippant. Sur le jeudi, la file d’attente pour le stand FFG faisait 700 mètres, celle de Cool Mini or Not, quelque chose comme 200 mètres, le stand de Flying Frog Productions était encerclé par des gens qui voulaient leur boîte de Caverns of Cynder. Bref, c’est un peu fou.

Et que dire du cosplay ? Eh bien, d’abord, sachez que si vous êtes costumé, l’entrée de la Gencon est gratuite. On aura donc des déguisements à droite à gauche, certains plus heureux que d’autres il est vrai, mais rendez-vous compte : où que se tourne votre regard, vous trouverez des costumes. Pourquoi pas passer les 90$ d’entrée en 90$ de costumes ?

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Le samedi matin, j’étais prêt à surmonter mon aversion pour Catane ET pour Star Trek. En même temps, et en géant. (Je n’avais pas encore eu mon café…)

 

Ce qu’il fallait voir

Dans le hall d’expo, il y avait un sacré paquet de stands. Les Français étaient tous deux en jaune : Iello par évidence, Asmodée parce que. Et force est de reconnaître que leurs booths étaient non seulement de taille plus que respectable, mais aussi qu’ils avaient une sacrée audience. On ne s’est pas trop attardés chez eux car on a pas mal couvert, que ce soit à Cannes, à PEL ou entre temps, et on avait le BGF deux semaines après.

Mais côté éditeurs américains et affiliés, y’avait quoi à voir ? Je me doute que vous n’avez pas nécessairement eu le temps de vous pencher sur la fournée complète de vidéos qu’on a fournies (ça fait plus de 6 heures…), alors je vais vous briefer sur ce qui vaut vraiment le coup, et ce par genre. Alors, avant que vous me hurliez dessus : il s’agit de ma sélection, et je suis du genre troll. Je sais bien que Discoveries venait de sortir, mais on a déjà pas mal écrit et tourné dessus. Je vais vous parler de ce que nous avons véritablement découvert à la Gencon, lien vers les vidéos à l’appui.

 

Jeu d’adresse :

Flick them’up, de chez Pretzel Games.

C’est l’Outre Atlantique, mais c’est en français ! Québécois pour tout vous dire. Ici, vous allez faire des duels de cow-boys et de bandits dans une belle ambiance western, avec une boîte ultra pleine. C’est pas génial, ça ?

Plus sérieusement, le matériel est carrément fou, les principes simples et accrocheurs. Ça donne très envie d’y jouer en famille.

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Il fallait s’organiser ! Le catalogue étant bien trop épais et impraticable (400 pages façon annuaire), j’ai reporté mon choix sur mon bon vieux carnet.

 

Jeu à figurines

Blood Rage, présenté par l’immense et adorable Eric Lang avec une clarté folle. Ici, c’est un peu la triche. Blood Rage, on l’a vu sur Kickstarter avant. Mais là on avait la version définitive sous les yeux… Vous êtes une tribu de vikings à la fin du monde, et il faut mourir pour la gloire. Assez littéralement. Dans son explication Eric Lang en a profité pour nous glisser un petit mot sur sa prochaine collaboration avec Antoine Bauza, pour l’instant appelée Victorian Masterminds [titre provisoire !]. Imaginez la rencontre improbable entre Chaos dans le vieux monde et Takenoko. Voilà.

 

Jeu d’ambiance

On aurait bien dit Bad Beets, qui est un poker menteur un peu fun, mais on n’a pas tourné de vidéo dessus. Mais on a fait un câlin à une betterave gonflable (parce que c’est bon les betteraves !) et, promis, on écrira bientôt dessus. Sinon, la palme revient à deux jeux. Spyfall, qui s’apparente à un Dixit collectif avec des accents de LinQ. Il faudra débusquer l’espion en posant des questions sur le lieu représenté sur la carte des non-espions… Bref, de sacrés moments d’absurde à venir, et ça arrivera dans not’contrée de francophones sous le nom d’Agents Troubles, chez Gigamic. L’est pas belle, la vie ?

Je ne pouvais pas vous parler d’espions sans évoquer l’inénarrable Codenames, qui a fait buzzer à outrance. Jeu de Vlaada Chvatil, en ambiance. Oui. CGE surprend avec ce titre aux parties ultra courtes, puisqu’il s’agit d’un jeu qui se dispute en quinze minutes maxi.

Deux équipes d’espions sont guidées par autant de contre espions pour trouver le mot de passe de leurs agents… Mais manque de pot, un tueur s’est glissé dans le lot. Entre agents rouges, bleus, innocents, sans oublier le tueur, il faudra rivaliser d’ingéniosité pour faire deviner à son équipe le plus de mots de passe possibles le plus vite possible… sans se tromper.

 

Jeu coop

C’est à Warhammer Quest que revient cet insigne honneur. Il s’agit d’un jeu de cartes annoncé le vendredi par FFG lors de sa grand-messe.

On y incarnera un à quatre aventuriers en proie à des gros tracas avec de petits monstres. La base de cartes paraît un brin obtus au début, et puis on s’habitue pour finir par trouver une lisibilité excellente en plus d’une belle patte, et on retrouve le côté un peu bourrin du Warhammer de derrière les fagots. On va basher du monstre, ou bien ?

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Partie épique, perdue à cause de l’Elfe. Comme d’hab, Legolas a tenu à jouer le héros et ça a fini en eau de boudin.. 😉

 

Jeu de cartes

VOUS M’AVEZ PIÉGÉ. Je vais encore être obligé d’en mettre deux. D’immenses potentiels, sur cette Gencon. J’aurais pu citer au moins deux autres jeux, mais ça aurait été louche. Promis, je ne vais pas vous parler de Deckbuilding – the deckbuilding game.

Flip city est un jeu de deckbuilding atypique mélangé à du stop ou encore. Il n’y a que quatre (cinq avec l’extension Bureaux) cartes à acheter, mais toutes sont double face, et on n’aura bien entendu pas de main. On se contentera de jouer ou non les cartes du dessus de notre paquet, jusqu’à plus soif. C’est vraiment très bon, et il paraîtrait que les droits sont réservés quelque part pour la France. Mais bon, on n’a pas beaucoup plus d’infos.

Ashes: Rise of the Phoenixborn est un jeu de cartes évolutif, un peu comme Netrunner, et voit des sorciers surpuissants s’affronter avec magie, invocations et armées. Oui, lecteur, tu as bien saisi. Il s’agit bien d’un mélange entre Magic L’assemblée et Android: Netrunner. Le tout avec une flexibilité de deckbuilding inouïe, et la possibilité de choisir sa main de départ. Et plein, plein de super bonnes idées. Crois-moi, lecteur, c’est de la bombe. Isaac Vega est un type super sympa et il pourra te prouver le bien-fondé de mes dires en 10 mn d’interview.

 

Jeu familial

C’est Ninja Camp qui l’emporte. Réédition de City of Thieves, Kickstarter à succès, etc. Dans ce jeu ultra-simple, on sautera de carte en carte, un peu à la façon de Pingouins, avec un accent sur la prise de risques. Si vous vous jouez pour une carte qui rapporte plein de points, le déplacement qu’elle apporte sera très conditionnel/situationnel. Vraiment malin et marrant. Et puis qui peut résister à un ninja écureuil volant ?

 

Hors catégorie

Ça défonce aussi, cependant. On ne vous sert pas de la mauvaise bouffe ludique ici :

Pour le jeu d’enflure, c’est Nevermore qui coiffe les autres au poteau. Il remporte donc la palme de jeu le plus méchant du salon. On draftera pour avoir des majorités, mais aussi pour pourrir les mains adverses et croyez-moi, c’est chose ultra-facile que d’embêter les autres dans ce titre. Et une fois « éliminé », vous ne serez que plus agressif envers les autres avant de revenir essayer de grappiller votre place sur le podium tabouret de la victoire… Eh oui. Un seul gagnant.

Pour la jeu le plus cool, c’est Monarch qui rafle la mise. On est des filles qui vont succéder à la tête d’un pays, Minervia. Il faut donc rivaliser d’ingéniosité pour devenir la plus digne de la couronne… En plus d’avoir un thème chouettement exploité, des illus à tomber, le mécanisme a l’air bien huilé. Et il paraît que j’ai une gueule à aimer les loulous de Poméranie.

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Et j’ai une couronne sur la tête. L’est pas belle, la vie !

 

Une interview à retenir ?

Définitivement oui. Je vous présente Lukas Litzsinger, auteur. En tant que joueur de jeux de cartes, je devais un jour faire des choses sur lui, mais pas seulement. M. Litzsinger passe au plateau avec la responsabilité de la gamme Runebound 3e Edition. Et c’est pas dégueu, ça ! Dans cette interview, il parle des processus de design, et évoque avec brio ce que c’est qu’être auteur.

 

C’est un petit tour d’horizon, certes, mais au moins, vous avez eu une fenêtre écrite sur ce qu’est cet événement magique… auquel on espère ardemment participer l’an prochain, il va de soi. Maintenant, c’est Essen qui se profile, et on l’attend de pied ferme.

 

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Du cosplay. Tokyo Ghoul a la cote, et sinon, je suis sorti de cette rencontre indemne. Malgré les apparences.

3 Commentaires

  1. Photo du profil de Djinn42
    Djinn42 10/09/2015
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    Et voilà, ma wishlist vient d’enfler des joues.

    • Photo du profil de Umberling
      Umberling 10/09/2015
      Répondre

      Désolé. 🙂

      • Photo du profil de TSR
        TSR 13/09/2015
        Répondre

        Comme je l’ai dit au gars qui m’a défoncé à Spellcaster : « On s’excuse pas quand on est ravi. C’est mentir »

        :p

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