[Project : ELITE] Aliens frits, humains confits !

Avant-propos

Project : ELITE fait partie des OLNI. Ceux qui ne laissent jamais indifférents. Sortez la brouette de dés, on va en brasser ! Mélange de jeu de rapidité, et de coopération sur fond d’extermination d’aliens, on pourrait le voir comme le Escape: La Malédiction du Temple des joueurs avertis.

Project : ELITE est le reboot du titre éponyme sorti chez Artipia dans les débuts de la ruée vers le participatif. La campagne originale avait fait couler beaucoup d’encre pour cause de retards dus à la qualité médiocre des figurines pré-produites pour un résultat final toujours aussi médiocre. Le titre est finalement sorti en décembre 2016, avec 6 bons mois de retard. Point d’orgue, cet update émouvant en guise de mea culpa, posté à la sortie du jeu par son auteur/éditeur.

Mais quelle mouche avait donc piqué CMON pour en faire un reprint en grandes pompes ? C’est un peu la réaction que j’ai eu en apprenant la nouvelle. CMON n’a pas vraiment l’habitude de sortir l’artillerie lourde pour un titre à la mécanique de niche, sans licence qui plus est. Et pourtant, l’original n’a pas à rougir de sa note de 7.7 sur BGG encore aujourd’hui. C’est l’un des jeux préférés de l’un des plus grands influenceurs ludiques, j’ai nommé Tom Vasel. C’est l’un des jeux préférés de l’un des plus grands influenceurs ludiques francophones, j’ai nommé Sha-Man. C’est tout simplement un jeu fun qui n’a pas d’équivalent !

Tout cela démontre la capacité du géant CMON à amener son savoir-faire à des projets moins mainstream ! De les mettre en lumière aussi fortement qu’un Zombicide ou qu’un Blood Rage. De les développer pour rentrer dans les standards qualitatifs et quantitatifs (certains diront kiloplastiquatifs) de l’éditeur !

Voila un peu la réflexion qui m’a amené à backer mon premier CMON…

 

hop

Pitch !

Dans un futur lointain, l’humanité est attaquée par une race extraterrestre venue de Proxima du Centaure B. Leur système en proie à un effondrement a poussé les Janusiens à trouver une nouvelle terre d’accueil à tout prix. La notre.

Maîtres de la génétique, ils sont parvenus à se multiplier en créant des clones, appelés Proxys, des troupes dont l’unique but est d’exterminer toute menace. Les nations du monde, en alerte maximales après la destruction des avant-postes martiennes et l’annihilation des plus grandes cités mondiales, se sont unies pour survivre et exterminer l’ennemi.

Ils ont formé des unités d’élite, des surhommes augmentés par la technologie extraterrestre des proxys telle que nous tentons de la comprendre. Nous allons devoir nous battre sur tous les fronts pour les repousser, les exterminer, défendre nos positions et attaquer leur vaisseau mère…

En voilà un pitch de Science-Fiction qui ferait un excellent blockbuster au cinéma ! Un monde au bord du gouffre, de l’action frénétique et de l’alien grillé.

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Tous les coups sont permis

Dans Project : ELITE, les joueurs vont prendre le rôle d’une unité d’élites dans une mission parmi les 5 existantes dans un site parmi les 2-4-6-8-10 disponibles selon les extensions que vous possédez. Au menu ? Extermination, Capture, Démolition, Reconnaissance ou Exploration. 

Le jeu va alterner :

  • une partie d’évolution non temps réelle des ennemis, éclosions, déplacements, actions, événements…
  • Une partie d’action frénétique de deux minutes chrono durant laquelle les joueurs vont lancer leurs dés autant de fois que nécessaire, simultanément pour repousser les hordes d’ennemis tout en réalisant leurs objectifs.

 

Pendant 8 tours. À moins d’avoir atteint nos objectifs et d’être revenus à la base, ou que des aliens atteignent notre base…

Toute la subtilité vient du fait que les aliens bougent selon les flèches du plateau et vont irrémédiablement vous écraser à force de temps. S’ils se déplacent un peu pendant la phase non temps-réelle, c’est pendant la phase temps réelle que vous devrez les déplacer à chaque face d’alien que vous roulerez sur vos dés, pas moyen de s’y soustraire. Et là, vous aurez intérêt à avoir préparé votre stratégie d’évolution des vagues d’ennemis en amont au risque de perdre assez rapidement la partie !

La coopération prend alors tout son sens : on essaie de se fixer des objectifs au round qui soient réalistes, avec des plans B, C, D en cas de mauvais lancers de dés ! Ça arrive plus souvent qu’on ne le pense… Tout est dans la planification de cette séquence frénétique.

Il faut s’y attendre, dans Project: ELITE tout se résout avec des dés. On se déplace avec, on fait avancer l’ennemi avec, et on déclenche ses tirs d’arme avec ! Et là, paf une seconde brouette de dés pour savoir si l’on touche ou pas. Cela peut parfois vous rendre dingue sous la pression de fin de round !

Pour couronner le tout, nous découvrirons du matériel sur le terrain. De l’artillerie lourde ! Parce qu’en début de partie, ce ne sont que des petits gun qui équipes nos équipes. Là encore, on retrouve une large variété d’armes, d’équipements, sans oublier les armes alien à qui donnera le coup fatal à un boss. De quoi faire pâlir ses coéquipiers d’envie devant certains pouvoir indécents, mais nécessaires devant la masse d’alien grouillante !

 

 

Action !

Place au spectacle !

Pour cette séquence sans filet, nous avons rassemblé la crème de la crème : une escouade de trois vétérans dont le but était de démolir des sites stratégiques autour du crash d’un vaisseau ennemi. Pas question de niaiser, nous avons atterri près du site du crash alors que des hordes de proxys commençaient à nous assaillir…

Notre premier objectif était d’atteindre les positions les plus éloignées à démolir, d’y établir une position, et de poser les explosifs si nous parvenions à faire ça dans les temps.

Notre plan B était de s’armer en approchant des zones de recherche, histoire de trouver des pétoires digne de ce nom !

À trois, nous avons du faire une équipe de deux, un Elite seul face à la horde. Pas question de les laisser nous envahir.

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Nous avions convenu de faire bouger autant que possible les ennemis du côté de l’équipe, pour alléger la tâche de l’Elite solo. C’est là que tout a commencé à partir en cacahuète.

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Les aliens sont sortis massivement, et leurs boss avec. Nous avions posé 2 charges sur 6, mais notre ami seul ne parvenait toujours pas à parcourir la longue distance qui le séparait de sa cible. Quand il y est parvenu, nous luttions pour contenir un énorme flot qui venait de l’autre côté… Nous avons scindé le duo pour venir en aide à notre ami en détresse, qui a trouvé un jetpack pour se téléporter et sortir du marasme ambiant !

Heureusement, nous avons trouvé des armes un peu plus… explosives et cela nous a permis de nettoyer les boss qui nous causaient de gros soucis, octroyant un peu trop d’avantages aux hordes adverses… 

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J’ai vu la mort de près, certes j’étais soigneur, mais les dés n’étaient pas avec moi et ma vie diminuait à vue d’oeil ! Nous avons fini par placer ces satanés charges et courir au vaisseau pour appuyer sur le bouton rouge bien au chaud dans notre cockpit … Bravo !

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Démesure contrôlée

CMON a pour habitude de sortir d’innombrables figurines « Stretch Goal » qui n’ont pas toujours de vrai intérêt in-game. Project: ELITE n’a pas fait exception à la débauche de plastique, mais, pour ainsi dire, a fait exception à leur inutilité. Le jeu initial possédait déjà de très nombreux boss aux effets variés et d’innombrables personnages aux effets exotiques. Les différents niveaux de pledge et extensions rassemblent l’intégralité du jeu original et son extension, remanié pour partie, et distillé subtilement dans chacune des boîtes. CMON est rendu maître dans ce domaine.

On se retrouve en ayant pledgé avec une grande variabilité de jeu, qui se retrouve hélas moins lorsqu’on va acheter le jeu en boutique, manquant notamment l’énorme boîte de Stretch Goal. Mais aussi les extensions qui n’ont – à l’heure qu’il est – pas vu le jour en boutique non plus. C’est dit.

La qualité des figurines est toujours au rendez-vous avec CMON, qui a opté pour une hauteur de 32 mm, facilitant leur manipulation dans le feu de l’action, mais entraînant aussi des plateaux de jeu spacieux !

La direction artistique, parlons-en ! Elle tranche avec l’original. Si l’original était assez banal et coloré dans sa fiction, la version CMON vire beaucoup plus dans le trash et le genre horreur/Science-Fiction. Ainsi, les boss sont tous aussi inventifs les uns que les autres, entre les tentacules, les bouches imbriquées, les dards, les humanoïdes incrustés dans un corps alien… on a de quoi imaginer leur génie génétique.

CMON a voulu rapprocher sa direction artistique de celle de Zombicide: Invaders pour proposer un crossover avec celui-ci bourré de nouveaux personnages et de nouveaux aliens basiques. On aime, on aime pas, pour ma part, l’originalité et l’aspect un peu vintage de cette SF gore me rappelle des souvenirs entre XCOM et Starship troopers.

 

bosses

Enfin, vous noterez ce petit détail immersif avec la présence d’une appli pour le jeu qui permet de jouer le compte à rebours tout en apportant une bande-son crescendo ! Simple et efficace, on s’y croirait.

 

Verdict !

Project : ELITE est bien une expérience à part entière. Il divisera les joueurs, c’est certain. Mais si l’aspect frénétique ne vous rebute pas, vous plongerez dans une atmosphère à la fois stressante et gratifiante (si vous arrivez à mettre vos plans à exécution). On lance des brouettes de dés, mais ça n’est pas vraiment un jeu de hasard, non non loin de là au final. Plutôt un jeu de planification et de tactique !

La nouvelle version de CMON met en valeur un jeu qui le méritait avec une débauche de matériel qui attire l’oeil. Il sera assez important de peindre les proxys de base pour bien les différencier. Vous avez vu le début de mon travail de peintre, rien d’affolant, mais ça fait le boulot pour ce qu’on fait des proxys ! (A savoir : les balancer dans la boîte à chaque salve).

J’ai beaucoup apprécié le jeu personnellement et il va rester longtemps dans ma ludothèque malgré son volume ! Là où le bas blesse, c’est sur l’indisponibilité totale de la boîte de stretch goal, riche en contenus additionnels, mais aussi des extensions qui n’ont pas même pointé le bout de leur nez en boutique… Pour qui voudrait se lancer dans l’aventure, je trouve la boite de base vraiment légère en contenu avec seulement 2 cartes 8 boss et 3 types d’ennemis. Réfléchissez-y donc à 1d6 fois !

Bannière : image Guillermo Jose Franco-Gil Jones

   

6 Commentaires

  1. M3th 14/12/2020
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    Mais heu, je veux maintenant…

     

  2. Shanouillette 14/12/2020
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    haha et oui Project elite c’est miam !

  3. keerka 14/12/2020
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    Les goûts et les couleurs, mais perso je trouve les figurines pas terribles ^^’ Dommage le gameplay me bottait bien par contre.

    • TheGoodTheBadAndTheMeeple 14/12/2020
      Répondre

      C’est vrai que le parti pris horreur/derangeant du design des fig sort des habitudes a rendre des fig plutot humouristiques dans le theme horrifique.

      CMON voulait rentrer dans sa gamme zombicide invaders.

      Les minions de base sont beaux je trouve, quand ils sont peints. Les boss sont vraiment varies.

      Par contre, honneur aux plateaux sublimes et immenses qui mettent parfaitement le jeu en scene. Ainsi que les fig de 32mm qui permettent une belle lisibilite.

  4. M3th 16/12/2020
    Répondre

    Je vais patienter 🙂

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