[LES PETITS JOUEURS #8] : DRAGONDRAFT, FOTO FISH, ZEMOS, MYSTERIX, COMMISSAIRE SOURIS, LA MARCHE DES PINGOUINS

C‘est les grandes vacances, alors devinez quoi, les p’tits joueurs jouent ! Et ils jouent à tout ! Les voici donc de retour sur Ludovox avec des tas de choses à vous dire. Au menu, six jeux à savoir : Foto Fish, Zemos, Mysterix, La marche des pingouins, Commissaire Souris, et pour finir, Dragondraft


- Profil psychologique des petits joueurs -

– Milo : Petit joueur en herbe haut comme trois pommes, Milo est très attiré par les jeux de société. Malgré son jeune âge (3 ans et demi), il est toujours partant pour tester un jeu. Bien accompagné, il comprend rapidement les enjeux des titres pour enfants. Insatiable, il en redemande tous les jours !

–  Zabou : Enfant d’un père très joueur et d’une maman peu porté sur la chose ludique, Zabou (9 ans) a choisi la voie du milieu. Exigeante, elle ne succombe pas facilement à tous les jeux. Elle aime la profondeur mais pas trop la complexité des règles. Elle s’investit beaucoup dans une partie mais déteste perdre. Elle adore par-dessus tout, les moments privilégiés qu’elle partage avec son papa grâce aux jeux de société.

 

 

 

Amis de la vie sous-marine, bienvenus dans ce jeu de la maison Haba (le Ludochrono est visible ici pour vous faire une idée en vidéo). Munis de vos appareils photo, vous allez tenter de prendre un cliché des poissons recherchés, et cela dans les plus brefs délais. Repéré lors du festival d’Essen 2020, le titre de Michael Kallauch avait eu un beau coup de projecteur grâce à sa nomination au Kinderspiel des Jahres, sans pour autant décrocher le fameux titre (qui avait été remporté par le très réussi Roulapik de Urtis sinlinkas – Ndlr : le jeu a été rebaptisé Le Hérisson qui roule à pic).

Sans atteindre des sommets d’originalité comme son challenger, Fotofish offre une mécanique agréable et accessible aux tout petits à partir de 4 ans. En effet, une fois lancé les deux dés désignant la paire de poissons à capturer dans son écran, les jeunes plongeurs vont balader un appareil photo en carton, découpé en son centre, sur un fond quadrillé rempli de poissons, dans le but d’isoler la paire recherchée avant les autres joueurs. Car il s’agit bien d’un exercice de rapidité qui n’est pas toujours un style évident à adapter pour des familles ayant des joueurs d’âges différents. Et c’est là que l’auteur se distingue en proposant plusieurs options ce qui minimise les différences de réactivité des bambins. Les plus grands choisiront l’appareil photo le plus large, dans lequel il sera plus difficile d’isoler la paire de poissons recherchés et les plus rapides pourront aussi opter pour le plateau au fond bleu, plus chargé, et moins évident à lire. Cette petite recette nous a bien été utile pour gommer les différences de niveau entre les joueurs et jouer en famille sans frustration.

 

Clic clac ! Deux poissons dans la boite !

 

Enfin, tous les joueurs sont récompensés, même les plus lents, par un morceau de poisson qui se glisse entre la tête et la queue reçus en début de partie. Seule la largeur du morceau de poisson diffère, permettant de désigner un gagnant au bout de quelques sessions, lorsque celui-ci parvient à former en premier, un poisson plus large que son plateau océan.

Foto fish est donc un jeu compétitif qui pense aux joueurs de niveaux différents et qui récompense tous les participants. Il permet de partager une expérience ludique en famille dans la joie en minimisant les frustrations éprouvées par les plus jeunes face à la compétition. Un jeu d’observation, coordination main-œil et rapidité bien amené, qui méritait bien de sortir un peu du lot. 

Un jeu de Michael Kallauch
Illustré par Gediminas AkelaitisRasa Joni
Edité par Logis

 

 

Zébulon Editions est une maison discrète, encore peu connue du grand public. Ils sortent cette année un titre sur le thème des émotions pour les jeunes joueurs à partir de quatre ans. Loin des standards des boîtes colorées aux designs ultra accrocheurs, Zemos d’Alexandre Dua, illustré par Thierry Vandeputte ressemble plus à un produit ludo-éducatif que l’on retrouve sur les étagères des écoles. J’avoue qu’au premier regard, le jeu ne m’a pas attiré, me rappelant les jeux pédagogiques de ma jeunesse où l’apprentissage prenait souvent le pas sur le plaisir ludique. J’ai donc invité mes enfants à découvrir ce jeu en étant très attentif à leur ressenti.

Dans Zemos, les enfants vont être amenés à parler de leurs émotions. On doit bien admettre qu’il n’est pas toujours facile de faire parler nos enfants en dehors de l’inexorable menu de la cantine scolaire. Au moyen d’un dé, les joueurs vont avancer sur une piste formée de divers jetons cylindriques sous lesquels se cachent différents exercices d’expression. Le premier consiste à tirer une carte thème sur laquelle l’enfant est invité à donner de une à trois réponses selon la valeur du dé, à des questions toutes simples mais tellement intéressantes ! Les 46 cartes thèmes proposent une grande variété de questions allant de “ce que tu aimes quand tu es à l’école” à “tes plus mauvais souvenirs” en passant par “ce que tu aimes chez toi”. Étrangement (ou pas), les enfants se prêtent facilement au jeu, étant avides de parler d’eux. C’est une sensation surprenante pour des parents de se rendre compte qu’un simple jeu peut déverrouiller ainsi une parole parfois si difficile à ouvrir au quotidien.

En dehors des questions sur les cartes, les enfants trouveront au verso des tuiles divers dessins leur demandant de mimer un sentiment comme le dégoût ou la joie, à la plus grande satisfaction de nos petits acteurs en herbe.
Enfin, certaines tuiles les transformeront en magicien, leur permettant de réaliser leur rêve grâce à une baguette magique ou leur donneront l’occasion d’inventer un mot qu’il trouve rigolo.

 

Tout ce qu’il faut pour que les petits s’expriment.

 

Les enfants sont au cœur de ce jeu où l’expression est reine et chaque étape est récompensée par le coloriage d’un mandala commun (l’enfant marquera son tour en coloriant une partie du dessin). Cela permet de prendre le temps, d’effectuer une œuvre commune en famille, et de récompenser l’enfant d’avoir partagé ses émotions avec ses proches. 

Malgré une édition perfectible, aux règles pas toujours abouties, Zemos réussit très bien son pari de faire parler d’émotions en famille grâce à un support ludique ingénieux, prouvant encore une fois et si besoin était toute la richesse du jeu de société.

Un jeu de Alexandre Dua
Illustré par Thierry Vandeputte
Edité par Zebulon Editions

 

 

Mysterix ? Un nouvel irrésistible gaulois ? Un nouveau jeu d’enquête ? Ou tout simplement le dernier jeu d’observation et de rapidité de chez Djeco ?

Il y a des petits jeux que l’on aime avoir dans sa poche. Mysterix fait partie de cette série tant ce jeu d’observation est facile à sortir. Dans une petite boîte composée de 54 cartes se cache une belle idée, celle de proposer aux tout petits à partir de 3 ans et demi, des séries d’images où se cache un intrus. Où se trouve le poireau dissimulé parmi ces dinosaures en contre-jour ? Quel est ce bonnet de père noël (qui ressemble tant à un gâteau à la crème !) caché au milieu des pâtisseries ? Mysterix ne se contente pas de dissimuler des objets dans des images mais cherche toujours à ce que l’intrus se fonde parfaitement dans le décor pour tromper notre premier regard, réussissant à exposer une écharpe dans un panel de légumes sans attirer notre attention. On sent bien que chaque carte a été travaillée pour forcer les enfants à être bien attentif. Le résultat est probant puisque les petits s’amusent énormément à retrouver les intrus.

 

Avez vous trouvé les intrus ?

 

La durée de vie de ce jeu pourrait sembler un peu courte, car une fois l’ensemble des cartes jouées, il est difficile de surprendre encore les enfants. Cependant, les auteurs ont eu la bonne idée de proposer neuf séries différentes, chacune composée de six cartes totalement identiques mais cachant toutes un intrus différent, créant ainsi la confusion et permettant de rejouer de nouvelles parties.

Nous avons joué à ce petit jeu au restaurant, où l’attente est toujours pénible pour les petits qui ne tiennent pas en place sur leur chaise. La taille de la boîte, l’ultra rapidité des règles, le charme des images, la qualité du matériel, tout concorde à nous faire passer un bon moment en famille, transformant un moment d’attente pénible en petite séance ludique rigolote.

Bref, je conseille vivement ce petit jeu, que vous garderez dans la poche ou dans la boite à gant pour occuper les enfants qui s’ennuient ou pour passer un bon moment en famille car ne vous y trompez pas, sous ses airs de petit jeu simpliste, vous galèrerez surement à trouver cet escargot posé sur la branche !

 

Un jeu de Grégory Kirszbaum
Illustré par Alex Sanders
Edité par Djeco

 

On aime bien les énigmes et les casse-têtes dans la famille. Nous avons fait nos premières armes sur le classique et brillant Camelot Junior (que je conseille toujours vivement pour celles et ceux qui ne l’ont pas encore !). Avec un brin d’imagination, je racontais à mes enfants une histoire s’ils arrivaient à résoudre l’énigme, ici permettre à Joseph de rejoindre sa belle Marianne sur sa tour. De plus, le niveau de difficulté crescendo amenait les enfants à résoudre des énigmes assez pointues de manière intuitive, car bien entraînés par les précédentes épreuves plus faciles. Nous sommes ici dans la même collection de jeux de réflexion évolutif de chez Smart Games, la fameuse, nous avançons donc en toute confiance. Ce titre a d’ailleurs quelques années au compteur. 

Voici les Pingouins patineurs dans une version déclinée pour le voyage, la petite boite est d’ailleurs bien agréable à manipuler. De bonne facture, elle devrait résister à quelques allers-retours dans la voiture (à l’instar des autres de la gamme). La couverture est attirante avec un visuel assez enfantin. Mais méfiez-vous des jeux aux allures enfantines qui vous feront transpirer du cerveau lors des épreuves ultimes !
À l’ouverture, le jeu est visuellement un peu décevant car chromatiquement pauvre. Un fond bleu ciel recouvert par des polyominos blancs aimantés représentant un iceberg, agrémentés d’un petit pingouin noir pour certains. En toute franchise, cela ne fait pas ultra rêver, mais ça aura l’avantage d’être d’une très grande lisibilité.

Mais qu’ont nos pingouins* dans le ventre de leur mécanique puisque c’est quand même ce que l’on recherche dans un casse-tête, n’est-ce pas ? On retrouve toujours cet apprentissage bien pensé par étage avec des niveaux qui montent doucement en complexité. Une cinquantaine de missions progressives qui reprennent toutes le même objectif, aligner les pingouins verticalement, horizontalement ou en diagonal, sans qu’aucun animal ne soit séparé du groupe. Des enjeux simples à saisir, des règles immédiates, et une progression maîtrisée. Certaines pièces sont prédisposées en début d’épreuve, nous forçant à bien réfléchir pour insérer les pièces manquantes, de forme et de sens différents, afin d’aligner nos oiseaux arctiques. Si vous séchez, rassurez-vous, la solution se trouve toujours au verso du feuillet.

Pour les tout-petits, l’aventure est attirante mais bien moins accessible que des titres comme Camelot Jr. Les notions de lignes, colonnes et diagonales ne sont pas toujours une évidence pour les plus jeunes de nos bambins et le thème n’est pas ultra accrocheur. Il est difficile de se raconter des histoires avec ce plateau quadrillé minimaliste et des jetons monochromes. Mais sachez que l’éditeur propose toute une série d’opus dans la même veine (casse-tête avec carnet de jeu et pièces magnétiques), et sans doute y aura-t-il des thèmes qui parleront plus ou moins selon les enfants (La forêt enchantée, En quête de pépites, Barrière de corail…).

Ma grande de 9 ans a trouvé la mécanique intéressante, mais ne semble pas plus attirée que cela par le jeu, sauf s’il traîne sur un bout de table et qu’il faille tuer le temps entre deux autres activités. Et c’est finalement sans doute la réelle force de ce jeu qui mise sur le côté immédiat et pratique, grâce à son petit format aimanté et ses courtes missions. Un titre qui, chez nous, ne s’avère pas franchement indispensable, mais bien utile, à glisser derrière le siège conducteur pour occuper vos enfants lors des longs trajets. Pour en voir plus, n’hésitez pas à regarder cette vidéo de Lana et son papa !

*D’ailleurs… s’agit-il de pingouins ou de manchots ?  

Un jeu de Raf Peeters
Illustré par Hans Bloemmen
Edité par Smartgames

 


Qui se cache derrière le Commissaire Souris ? Un auteur maison de chez Haba,
Markus Nikisch qui a signé plus d’une cinquantaine de jeux de la célèbre maison d’édition allemande ! Mais qu’est-ce qui fait que ce titre semble se distinguer plus que les autres ? Pourquoi les magasins de jeux le mettent-ils en avant ? L’ambitieuse édition tient-elle toutes ses promesses ? Le gameplay simple et malin plaît-il aux enfants ? Voici quelques pistes que nous allons étudier lors de notre enquête…

 

À l’ouverture de la boite, nous ne sommes pas déçus, tellement celle-ci contient d’éléments à construire et de matériel à dépuncher. Une fois tout sorti, petits et grands s’amusent déjà à assembler tout ce beau matériel. Le fond de la boite, bien illustré, va recevoir des parois pour être transformés en petits bureaux privés où les joueurs stockeront leurs étoiles de victoire. C’est franchement du plus bel effet et les enfants ne s’y trompent pas, commentant avec plaisir la décoration du bureau associée à leur personnage.

L’immersion commence fort et se poursuit dans les moindres détails, du tunnel d’évasion dessiné entre les bureaux jusqu’au verso du plateau lui-même illustré avec soin. Il faut enchainer ensuite avec la construction de la structure centrale comprenant 3 plateaux superposés, qui une fois déposés sur la boîte de jeu, forment une belle structure au service de la mécanique. En effet, l’inspecteur Souris, en plus de soutenir les trois plateaux, permet de tourner ceux-ci d’une simple manipulation du petit rongeur.

À son tour de jeu, le petit inspecteur doit tourner la souris jusqu’à ce qu’un emplacement vide se présente à la porte d’entrée de la prison. Il y dépose alors un bandit pioché au hasard et tout le monde doit bien retenir son visage, car il se peut qu’il tente de s’évader lors des prochains tours.

L’enquêteur en herbe suivant fait de même et dépose un nouveau brigand sur le nouvel emplacement vide qui se présente, ce qui de ce fait déplacera les anciens bandits préalablement introduits. Au bout d’un certain temps, un petit gling sonore retentit lors d’un déplacement effectué par un joueur, annonçant l’évasion en cours d’un prisonnier. Il faudra alors tenter de se rappeler du déplacement des bandits sur le cercle et de l’identité de celui qui s’est évadé derrière la porte où brille l’alarme rouge.

Chacun dépose alors sa petite loupe sur un des quinze visages illustrés sur sa fiche personnelle. Vous soulevez ensuite le couvercle pour vérifier l’identité de l’évadé, offrant ainsi une étoile de victoire à celles et ceux qui ont fait la bonne déduction. Mais gare aux erreurs collectives, car si personne ne devine la bonne identité de l’évadé, celui-ci prend la poudre d’escampette grâce à la voiture de son complice garée à proximité. Si quatre prisonniers arrivent jusqu’à la voiture, votre réputation s’effondre et vous perdez collectivement la partie. Lorsqu’il n’y a plus de brigand à mettre en prison et si la voiture des complices n’est pas complète, le joueur possédant le plus d’étoiles de victoire remporte la partie.

  

Voilà un jeu original, à l’édition soignée, bien pensée pour séduire les petits. Je conseille d’y jouer avec un adulte pour (notamment) soulever le triple couvercle sans déplacer les jetons à l’intérieur. Les parents auront le goût d’offrir un joli jeu à leurs progénitures et passeront un bon moment à voir leurs enfants déduire sans mal l’identité des évadés alors qu’eux mêmes tentent désespérément de se souvenir du dernier bandit enfermé sous les verrous !

Un jeu de mémoire exigeant, qui laisse certes la place aux déductions hasardeuses, mais force les enfants à être attentifs et à surveiller les petits trous de certaines portes révélant quelques détails du prisonnier dissimulé derrière. Le thème est vraiment fort, porté par un matériel de qualité au service de l’histoire. Une belle réussite !

Un jeu de Markus Nikisch
Illustré par Valeska Scholz
Edité par Haba

 

Benjamin Schwer, vous connaissez ? Non ? Laissez-moi vous rafraîchir un peu la mémoire… Cet auteur s’est fait remarquer dernièrement en proposant le chouette Hadara, qui fut mon coup de cœur cannois 2020. Il s’est aussi distingué avec La couronne d’Emara, que je viens d’acquérir et que j’apprécie énormément aussi. Dans la catégorie enfant, il est déjà l’auteur d’un jeu au graphisme léché, Les héros de Kaskaria, lui aussi édité chez Haba. Autant vous dire que ce jeu de spectacle de dragons et d’intermittents Kobolds était très attendu par chez nous !

Commençons par la couverture. L’illustration de la boîte est sympathique mais le trait est quelque peu grossier. On aurait presque envie de faire un zoom arrière pour voir la scène avec plus de recul, avec moult détails. Le talent de l’illustrateur Stephen Lorenz n’est pas vraiment mis en valeur sur cette couverture qui livre finalement très peu d’informations sur le thème du jeu. En ce qui concerne le matériel, les jetons en bois sont assez solides pour résister aux canines d’un chien, les plateaux sont épais et le reste du matériel du même acabit.

Mais de quoi nous parle cet opus ? Vous êtes responsable du casting pour la grande foire annuelle des dragons. Vous devez proposer le spectacle le plus complet possible, en embauchant le nombre idéal de dragons de la même famille, tout en diversifiant vos créatures et en embauchant des kobolds, petits intermittents du spectacles toujours prêts à construire des tribunes ou lancer des feux d’artifice. Celui ou celle qui attire le plus de spectateurs au fil des cinq représentations de la foire remporte le titre de meilleur gérant de spectacle. Une thématique qui surfe de façon originale sur la mode du dragon

Pour réaliser tout ça, la mécanique est assez simple (le jeu indique 8+) : vous pouvez récupérer des cartes dragons ou des cartes Kobolds sur une piste du plateau central. Les créatures présentes sur la ligne du dessus ne coûtent rien, par contre si vous voulez embaucher un dragon plus loin sur une des quatre colonnes de la piste, vous devez comptez combien de dragon se trouvent devant celui-ci, et piocher en contrepartie autant de cartes de Chardon nauséabond. Ces derniers vont encombrer votre main qui ne peut dépasser la somme de 9 cartes en fin de manche. Vous l’aurez compris, plus vous avez de cartes Chardon moins vous aurez de dragons à présenter au spectacle, et de Kobolds pour vous épauler.

Mais pourquoi donc aller chercher une carte plus loin si la première ligne est gratuite ? Parce que les dragons ne rapportent pas, ou peu, de points tout seul. Par exemple, pour assurer leur spectacle, les dragons-magiciens doivent au minimum être deux, ce qui leur permettra d’attirer chacun deux spectateurs. Les dragons-gymnastes sont séduisants car ils attirent un nombre exponentiel de spectateurs en fonction du nombre de dragons verts dans la troupe. Bref, vous l’aurez compris, il s’agira de faire des collections de cracheurs de feu, tout en embauchant de la main d’œuvre Kobold pour, entre autres, aménager des tribunes.

Je dois l’admettre, après quelques parties, je ne suis pas encore tout à fait convaincu. Le jeu est certes agréable à jouer et facile à prendre en main mais il ne me semble pas forcément équilibré. N’ayant pas envie de trop réfléchir, ma fille a opté pour les Kobolds qui construisent des tribunes, dont la plus vaste peut accueillir jusqu’à 26 spectateurs et ne demande que 8 kobolds pour être érigée. Sachant que la moitié des cartes Kobolds comprend deux ouvriers et que ces petites créatures sont bien plus nombreuses que n’importe quelle espèce de dragon, vous pouvez sur un bon coup, mettre KO votre adversaire en quatre cartes kobold. Une fois que l’on a compris la force des tribunes, une course s’opère naturellement pour construire au plus vite les plus grandes tribunes, donnant au jeu une tension agréable. Il faut dire que les autres bonus proposés par les Kobolds sont absolument anecdotiques comparés à la puissance des tribunes et que vous allez vite les oublier…!

Avant de débuter vos collections, pensez à bien observer l’ensemble du tableau de cartes, il ne s’agirait pas de vous retrouver dépourvu lorsque les derniers spécimens de votre troupe ne seront accessibles que tout au bout des colonnes. Nous n’avons jusqu’à présent jamais été réellement bloqués dans notre sélection de cartes, car tous les joueurs choisissent naturellement des dragons différents pour ne pas être en concurrence. Alors, une légère routine s’installe faisant un peu tomber la tension et rendant une partie de cinq manches un peu longue. Je vous conseille donc de provoquer un peu la concurrence entre les joueurs pour que la tension soit au rendez-vous et que vous puissiez mieux profiter de ce titre, que ce soit en famille ou entre amis.

Un jeu de Benjamin Schwer
Illustré par Stephan Lorenz
Edité par Haba

 

   

2 Commentaires

  1. morlockbob 28/07/2021
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    Commissaire souris est bien en passe de devenir le jeu apéro de l’été. Désolé les marmots !

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