Les petits joueurs #47 : L’Encyclopédie des Monstres – Escape Game – Bill le Terrible – Enquêtes à BandiVille

Chaque mois, notre chronique Petits joueurs vous propose plusieurs jeux adaptés à différents âges de l’enfance, joués entre parents chroniqueurs et enfants.

 

Maxiloutre : 8 ans, nourri aux cubes en bois par son papa voxien & auteur de jeu, Maxiloutre a commencé à baigner dans les jeux de société dès 2 ans. Jouant principalement à deux avec papa ou maman, il refuse rarement une partie.

Axelosaurus : 6 ans, suit activement son grand frère Maxiloutre dans la découverte des jeux modernes, n’hésite pas à essayer des jeux pour bien plus grand, pour faire comme le frangin.

Tutur : 10 ans biberonné aux jeux de société : ses deux parents sont fanas, et il les voit jouer depuis la maternité. Alors il a toujours très envie de jouer aux jeux de grands, d’avoir ses cartes, et de manipuler le matériel. Bon public, il aime à peu près tout, mais joue de moins en moins aux jeux pour enfants.

Roxy : 6 ans. Assez grande maintenant pour jouer à plein de jeux, même si quelques soucis de santé rendent la manipulation difficile. Très attirée par les jeux à matériel.

Sim’Meeple est un petit joueur de 9 ans. Il ne joue pas (encore) à Agricola, mais il est tombé dans le chaudron ludique depuis ses 2 ans (bien aidé par son papa). Sortir une boîte de jeu est un vrai plaisir pour lui. Ne pas faire un jeu au retour de l’école ? Impensable. Par contre, si comprendre des règles ne lui pose pas de difficultés, ne pas gagner est encore difficile à accepter.

 

L’encyclopédie des monstres

 

Le memory est un jeu très en vogue qui n’est pas facile à ré-inventer. C’est pourtant ce que fait avec brio l’encyclopédie des monstres. Il s’agit d’un jeu coopératif, dans lequel on va devoir chasser des monstres, représentés sur des cartes et des jetons. À notre tour, on joue une carte puis on retourne un jeton. Si c’est le monstre de la carte, tout va bien. Sinon, on reprend toutes les cartes jouées, on retourne tous les jetons et on perd une vie. On réussit à gagner si on a tous joué toutes nos cartes avant de ne plus avoir de vies. Simple, basique. Et voilà le Ludochrono.

Sauf que chaque monstre vient avec sa petite règle. Parfois pour nous aider, comme le fantôme qui permet de montrer un jeton à tout le monde, mais parfois pour nous gêner, comme celui qui intervertit les jetons une fois joué.  Le jeu est donc assez malin, car chaque échec est en réalité un pas vers la victoire, équipés que nous sommes d’une nouvelle information. L’ordre dans lequel on va jouer nos monstres a aussi de l’importance : est-ce que je joue un monstre dont je connais l’emplacement, mais qui va gêner les autres, ou un fantôme sans savoir où il est ? Comme on a toutes nos cartes en main au début du jeu, on va pouvoir aussi prioriser notre mémoire sur ces monstres là, pas besoin de savoir où ils se trouvent tous. Mais reste aussi la question de : est ce que je retourne ce monstre dont je connais l’emplacement, mais que mon partenaire a aussi besoin de retourner ?

 

Plein de petits dilemmes à résoudre assez plaisants, certes simples, mais c’est le genre de jeu où les enfants vont petit à petit apprendre et approfondir le jeu au fur et à mesure. L’apprentissage proposé est super. On a souvent l’impression que le début est très hasardeux (et c’est le cas) et qu’on ne peut pas gagner. Néanmoins, on y arrive toujours, souvent sur le fil, et c’est assez satisfaisant.

Ajoutons à cela une superbe édition. D’une part le jeu est chouette dans la bibliothèque, d’autre part elle est généreuse : notre encyclopédie est séparée en plusieurs tomes, avec chacun ses monstres et ses règles. Mais on retrouvera le matériel des monstres communs aux différents tomes dans chacun d’entre eux. Ainsi c’est très facile d’en prendre un ou deux et de l’amener en vacances. Super pratique. De plus, chaque tome correspond à un continent, et si on commence par l’Europe, terrain connu, on se retrouve vite à découvrir des monstres dont on n’avait jamais entendu parler. Les règles de chaque pays donnent également un petit brin de leur histoire et sur les monstres. On a bien envie de progresser pour découvrir ces nouveaux monstres.

On apprend au travers d’un jeu, on voyage, et pourtant cela reste un jeu. Une très belle réussite pour moi.

 

-Fouilloux

Un jeu de Antoine BauzaCorentin LebratThéo Riviere
Illustré par Maud Chalmel
Edité par Le scorpion masqué

À partir de 6 ans

Ludochrono

 

Enquêtes à BandiVille

 
Voici une petite proposition de jeux d’enquête coopérative à partir de 8 ans. Enquête ? Non, pas vraiment. C’est plus une chasse aux indices sous couvert de memory. Dans Enquêtes à Bandiville, vous allez devoir arpenter les rues pour trouver indices et malfrats. Une ville de 25 tuiles quartiers en 4 couleurs, chaque indice présent une fois dans chaque couleur de quartier. C’est parti ! 
 
Lancez les 4 dés, jusqu’à 3 fois et exécutez les actions obtenues. Déplacer son personnage dans les rues, observer le dessous d’une tuile pour voir quel indice ou malfrat s’y cache, faire une arrestation pour placer un indice sur un malfrat visible, ou arrêter ce dernier si vous avez trouvé les deux indices qui lui correspondent. Mais il faut se dépêcher, vous avez 16 tours pour débusquer 6 bandits, le temps file !
 Au fur et à mesure de vos recherches, vous tomberez sur quelques embûches désagréables (comme avoir un dé de moins) ou des alliés temporaires (pour faire un arrestation à distance, par exemple). Ne perdez pas de temps avant que les bandits ne s’échappent !
 
Enquête à Bandiville est une sorte de mémory thématique. La tension est présente lors des lancers de dés afin d’obtenir les résultats voulus. Le jeu étant coopératif, on peut partager toutes les informations qu’on trouve, et discuter du meilleur plan possible. Dans les faits, on arrive toujours à faire quelque chose d’intéressant de nos actions. La partie Memory a sa particularité car il pourra y avoir un peu de déduction. Par exemple, si j’ai trouvé les 3 pistolets, le dernier sera forcement dans une tuile quartier de la couleur qui n’a pas été trouvée. Il est toujours possible de faire une arrestation au hasard, mais le faire sur un malfrat dont on n’a pas trouvé les indices provoquera un mélange de toutes les tuiles des quartiers de la couleur du malfrat. La réelle tension du jeu est sur le nombre de tours qui passent, symbolisé par la voiture des malfrats qui fait le tour du plateau. On a l’impression que la voiture avance vite mais on arrive sans difficulté au bout des arrestations sur les derniers tours, vu qu’il y a de moins en moins de tuiles à observer au fur et à mesure que les arrestations sont faites. Ce ne sont pas quelques quartiers « leurre » qui changent la donne. La difficulté du jeu n’est pas très relevée.

 
Tout cela fait du jeu une offre très accessible pour les enfants de la tranche d’âge, mais un peu trop facile pour un public plus grand. Il est possible d’ajouter un peu de chaos avec des tuiles Indics qui se déclencheront trois fois dans la partie, amenant un effet négatif (comme précipiter la fin du jeu si on ne respecte pas une condition particulière, ou mélanger toutes les tuiles d’une couleur de quartier).Ces tuiles indic ne sont pas ce que j’ai préféré.
Le style graphique de Valentin Gauchon, plutôt enfantin, et la représentation animalière convient bien au jeu. 
J’avoue, j’aurais aimé que le jeu aille un peu plus loin dans son déroulement, avec une difficulté nivelée, un peu plus de challenge, peut-être plus de dynamisme. Je me demande même si j’aurais pas préféré une version compétitive. Mais on passe tout de même un bon moment à courser ensemble les bandits dans Bandiville.
 
 
-MeepleCam
 
Un jeu de Christophe Lauras
Edité par okaluda
À partir de 7 ans
 

Escape Game – Bill le Terrible

Le marché des escapes/jeux d’énigmes pour enfants tant à se multiplier depuis quelques années. Après les Unlock kids et la gamme de jeux « En cavale », j’ai découvert avec mon fils de 7 ans, cette escape game édité par Auzou.

Co-Créé par deux auteurs de jeux pour enfants réputés, Elodie Clément et Théo Riviere, Auzou nous propose ici une boite composée de 10 chapitres, avec un fonctionnement legacy, donc non rejouable, avec du matériel qui va évoluer au fil de la partie, à base d’autocollants que l’on vient ajouter au fil de l’aventure.

La base du jeu est composée d’un énorme bateau, que l’on va petit à petit réparer et équiper, au fil des enquêtes que l’on va mener auprès de Bill le pirate, dont on va subir les extravagances et le passé à travers des créatures mythiques qu’il a rencontrées.

Le bateau n’est pas très dur à construire mais sa structure est un poil fragile pour une manipulation pour les plus petits. Mais son principal défaut est sa taille, qui le rend difficile à ranger entre les parties. En effet, chacun des chapitres du jeu dure entre 20 et 30 minutes, et il est rare d’enchainer les chapitres tant l’attention des enfants de cet âge est difficile à retenir. Il faudra donc trouver un endroit ou stocker l’imposant bateau en attendant la prochaine partie.

J’ai trouvé la qualité des énigmes proposées intéressantes. Beaucoup d’énigmes visuelles mais pas que. La difficulté des énigmes est toujours un point sensible dans ce genre de jeux, puisque des enfants de l’âge ciblé (on va dire entre 7 et 9 ans) auront des niveaux de compréhension radicalement différents. Je trouve que le jeu s’en sort plutôt bien sur ce point, même si certaines énigmes étaient inaccessibles à mon enfant de 7 ans, il s’en sortait avec un coup de pouce du parent. Par contre oui, n’imaginez pas laisser des enfants jouer seuls, on fait l’aventure avec eux. À noter que l’on a commencé l’aventure à 3, avec mon plus grand de 10 ans, habitué de ce genre de jeux, mais qui s’est rapidement désintéressé de l’escape, qu’il jugeait lui trop facile et peu intéressante.

Les chapitres sont peut-être un peu longs, j’ai eu du mal à capter l’attention de mon fils durant les 20/30 mn du chapitre. Il y a pas mal de narration, intéressant pour suivre l’histoire, mais rallongeant les sessions. Cette durée peut parfois couper l’envie de lancer une partie, et je n’ai ainsi pas réussi a motiver mon enfant à avancer régulièrement l’aventure, et le bateau est resté naufragé parfois de nombreuses semaines avant de reprendre l’aventure.

Le jeu fonctionne donc avec un système d’autocollants qui viendra modifier notre bateau et son environnement. L’enfant apprécie beaucoup de coller ces autocollants pour modifier son aventure, et se fout royalement du coté non rejouable/revendable qui pourrait freiner certains parents.

Au final, même si je rechigne sur ces chapitres un peu trop longs, j’ai trouvé cette escape de très bonne qualité, avec un matériel agréable (même si trop encombrant) et une expérience complète et qualitative.

-Fred la loutre

Un jeu de Elodie ClémentThéo Riviere
Illustré par Kenneth Anderson
Edité par Auzou

À partir de 7 ans

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