Gorinto : entre les éléments mon coeur balance

Si vous avez voyagé au Japon (mais si, rappelez-vous, à une époque c’était encore possible !), peut-être avez-vous déjà croisé un Gorinto, au détour d’un temple bouddhiste ou d’un cimetière ? Pour les autres, sachez qu’un Gorinto n’est pas un esprit frappeur, mais une stèle funéraire. Une “ tour à 5 anneaux “ dans laquelle les éléments fondamentaux, chacun représenté par une forme particulière, sont superposés suivant leur densité : terre, eau, feu, air et éther (vide ici). 

L’auteur Yaner Richard y a puisé l’inspiration pour créer son jeu éponyme : Gorinto, un jeu abstrait de déplacement et de collection de tuiles dans lequel les joueurs s’efforcent de maitriser les différents éléments afin de trouver un équilibre entre eux. Initialement proposé sur Kickstarter par l’éditeur Grand Gamers Guild en 2020, on doit sa localisation française à Super Meeple, et il sera disponible en boutique tout bientôt, à la fin du mois de mars 2021.

 

 

Sauras-tu maitriser les éléments ? 

Dans Gorinto, les joueurs collectent des tuiles, représentant les différents éléments, et les stockent sur leurs plateaux personnels, afin de répondre à certains objectifs octroyant des points au cours de la partie. Pour cela, les joueurs disposent de 4 manches (chacune divisée en 2 tours de table) au cours desquelles ils déplacent à tour de rôle les tuiles du chemin (comprenez celles bordant le plateau) vers la montagne (un carré de 5 x 5, constitué de tuiles empilées) pour y récupérer un certain nombre de tuiles et empiler ces éléments maitrisés sur leur plateau.

Simple, au demeurant, et pourtant le choix de la tuile du Chemin à déplacer vous donnera du fil à retordre, tant il est primordial : elle conditionne non seulement le nombre mais aussi l’emplacement des tuiles à récolter sur la Montagne.  En effet, puisque le nombre de tuiles récoltées dépend du nombre d’éléments du type déplacé que l’on maîtrise (c’est-à-dire présent dans notre réserve) + 1. Un exemple peut-être ? En déplaçant une tuile feu du Chemin, sans en avoir dans votre réserve, vous ne choisirez qu’une seule tuile dans la Montagne, tandis que si vous en possédez 2 vous en collecterez 3 !  Plutôt simple finalement, non ? 

Enfin, c’est sans compter que chaque élément déplacé possède son propre schéma de récupération des tuiles : en déplaçant de l’air seules les tuiles orthogonales peuvent être récupérées (voir la photo ci-dessous), tandis que le Feu donne accès à toutes les tuiles de la colonne d’arrivée et que l’éther offre les tuiles en diagonale… Vous devez commencer à voir le joli triturage de neurones qui s’annonce, mais attendez, ce n’est pas tout ! Rajoutez à cela le fait que vous devez collecter AUTANT de tuiles que votre niveau de maîtrise + 1, dans l’élément concerné, et pas un de moins, même si cela ne vous arrange pas et met à plat vos objectifs et vous obtiendrez ce qui fait le sel de Gorinto.

 

 

D’ailleurs, parlons-en de ces objectifs !

En début de partie, 4 cartes sont révélées pour axer le scoring durant toute la partie. Les 2 cartes objectifs offrent des points à la fin de chaque manche, et ce en fonction des réussites des joueurs : Marquez les points de la pile la plus haute et deux fois les points de la plus petite, Marquez les points des piles ayant un nombre de tuiles impaires,… Tandis que les deux autres cartes vont, quant à elles, booster les points rapportés par deux éléments seulement, mais une seule fois et en fin de partie uniquement.
Des variantes permettent également de préparer le Montagne différemment, de s’affronter par équipe de deux, ou encore de créer une rotation des objectifs à chaque manche, renforçant la nécessité d’anticipation et de calculs pour être en rythme avec les objectifs.

 

 

De quoi renouveler les parties et aborder Gorinto sous un autre angle, sans oublier 2 petites extensions déjà programmées : l’une pour un 5ème joueur, et l’autre introduisant des tuiles dragon “ Joker “. À noter également la présence d’un mode solo où l’on peut affronter un joueur virtuel, le “ Kitsune “.

Malgré des règles simples à expliquer et à intégrer, Gorinto est un jeu stratégique et calculatoire où chaque choix compte et peut se révéler décisif : tant pour le nombre et l’emplacement des tuiles à récolter, que pour celles que l’on risque de laisser aux adversaires.
Un joli casse-tête à l’ambiance zen, bientôt disponible chez votre crémier préféré, au prix conseillé de 36 euros.

 

   

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