Ginkgopolis : Prenons de la hauteur !

Ginkgopolis est une création de Xavier Georges l’auteur qui a commis Carson City, Royal Palace, mais aussi participé à Troyes et Black Angel, sans oublier le futur Carnegie (news). Ginkgopolis est d’abord édité en 2012 chez Pearl Games mais ressort ce mois-ci chez ce même éditeur, cette fois distribué par Funforge. 

Le jeu s’offre ainsi une nouvelle édition et nous propose une illustration de couverture inédite. Laquelle préférez-vous ? J’avoue au début avoir eu une préférence pour l’originale, mais finalement celle-ci a le mérite d’être plus lumineuse et sans doute plus parlante que l’ancienne.

Concernant le jeu en lui-même, je l’avais découvert à l’époque et gardais le souvenir d’un jeu de majorité assez agressif.
Retour sur Ginkgopolis neuf ans après…

 

La cité du futur

2212. L’humanité a pratiquement épuisé les ressources de notre bonne vieille terre (avant de fuir avec le Black Angel ? ^^). Ils doivent désormais éviter l’étalement urbain et développer des villes en hauteur. Nous voilà donc architectes du futur.

 


Ginkgopolis
mélange plusieurs mécaniques : du draft, de la pose de tuiles et de la gestion de ressources. Nous allons construire une ville en connectant des tuiles bâtiments à d’autres bâtiments (pour concevoir des quartiers de couleur), ou bien en construisant directement sur un bâtiment pour l’élever. C’est un peu là que réside le gros de l’interaction du jeu puisque l’on va évincer l’adversaire et prendre sa place avec cette action.

Nous voilà donc avec une cité à bâtir et pour cela nous allons effectuer un draft de cartes, en premier lieu des Personnages qui vont nous donner des bonus quand on réalisera les actions du jeu, puis les cartes « villes de départ » pour construire nos bâtiments par dessus ou « urbanisation » pour agrandir la ville dans une direction donnée.

Pour construire, nous aurons besoin de ressources, mais aussi de tuiles bâtiments. Fort heureusement on ne démarre pas à vide : ce sont nos cartes de Personnages qui nous donnent nos premières ressources, les autres restant devant notre paravent.

 

 

Toutes les actions nous sont d’ailleurs rappelées derrière notre paravent. En premier lieu on pourra exploiter un bâtiment en défaussant sa carte, en fonction de la couleur du bâtiment on gagnera des ressources (rouges), des tuiles (bleu), ou des points de victoire (jaune). Plus éventuellement un bonus selon les cartes Personnages que nous avons choisies.

En urbanisant on agrandit le territoire et ajoutons une tuile à la ville de Ginkgopolis (et l’on place une de nos ressources sur la ville). La construction en hauteur fonctionne de la même façon, mais on place autant de ressources que la hauteur de la ville.

Oui, les ressources dépensées sont aussi le moyen de signifier notre puissance et c’est ce qui comptera dans les majorités en fin de partie. J’oubliais de mentionner qu’en évinçant un adversaire, on lui rend ses jetons ressources, mais il va également marquer des points de victoire pour le dédommager. Se faire expulser n’est donc pas forcément négatif d’autant que l’on pourra toujours revenir. 

 

 

Un jeu agressif ?

Oui, car les majorités se font et se défont sans cesse ici. Mieux que ça : on peut diviser un quartier en changeant la couleur – ce qui caractérise un quartier, c’est au minimum deux tuiles adjacentes. Vous sentez venir les coups bas ?

Au moment où l’on ajoute une nouvelle tuile, on place un petit jeton grue pour ne pas oublier d’adjoindre la carte idoine quand on devra refaire le deck de cartes commun. Les grues servent à ne pas oublier cette petite phase de maintenance qui a un peu tendance à nous sortir du jeu à chaque fois. 

Le décompte des majorités est lui aussi un peu vicieux puisque, pour chaque quartier le joueur majoritaire gagnera autant de points que de jetons dans le quartier (oui, ceux des adversaires aussi) quant aux autres joueurs, ils gagneront autant de points que leurs jetons.

 

 

En construisant un nouveau bâtiment, on fait évoluer notre moteur : la carte jouée s’ajoute à nos cartes Personnages, ainsi on aura de nouveaux bonus, ou même des points de victoire quand on réalisera l’action. Encore mieux, les cartes aux numéros élevés donnent des points de victoire en fin de partie en fonction d’une condition. Voilà un moyen de se rattraper si on perd le combat des majorités.

 

 

L’arbre vieillit-il bien ?

À l’époque, on avait trouvé que le paravent qui sert d’aide de jeu n’était pas hyper explicite et on a retrouvé cette sensation aujourd’hui. On a regretté que l’éditeur n’en profite pas pour réaliser quelques modifications. C’est le seul regret car le matériel est autrement de très bonne qualité : tuiles épaisses, cartes intissées, etc. Chapeau bas à Gael Lannurien (Seeders) pour avoir donné vie à cette cité futuriste. Les tuiles sont toutes différentes et fourmillent de petits détails plutôt agréables à l’œil. 

Niveau gameplay, on construit en commun une ville et celle-ci gagne des étages, s’étale, le deck se construit en commun, c’est intéressant comme mécanique. Cela dit, cette maintenance permanente est un peu pénible, il nous faut sans cesse refaire la pile de cartes avec les nouveaux bâtiments ajoutés ce qui casse le rythme de la partie et nous sort un peu du jeu.

 

Plus tactique que stratégique, Ginkgopolis est aussi très opportuniste : il faut constamment s’adapter au jeu des autres et surtout aux cartes, difficile pour moi de jouer en contre-draft, on a trop à faire avec son propre jeu pour avoir envie de contrer celui des adversaires, mais c’est peut-être lié à mon style de jeu personnel.

L’interaction est agressive, voire violente, la partie peut se dérouler sans trop de heurts, mais quand un joueur entame les hostilités ça va vite devenir chaotique. C’est un peu le plus gros grief que l’on pourrait faire au jeu. Tout peut aller trop vite, en deux tours de jeu, tout est bouleversé, vous pouvez vous retrouver à perdre toutes les majorités (mais vous aurez gagné des points de victoire). C’est pour cette raison que nous conseillons d’y jouer à 2 ou 3 joueurs afin de gagner en contrôle, car à 4 et 5 joueurs on a une sensation de ne plus trop maitriser.

Ginkgopolis reste un jeu assez abstrait de pose de tuiles et de construction de moteur élégant, néanmoins avec un chaos bien présent, un chaos que l’on peut partiellement contrôler. Sachez qu’il faut accepter l’interaction directe voire violente. Joueurs Calimeros s’abstenir !

Malgré ces avertissements, c’est un jeu que conseillerais (surtout aux joueurs avisés) car la mécanique reste originale et accessible et les parties sont rapides, pas le temps de prendre racine ici ! 

 

   

5 Commentaires

  1. alfa 28/01/2021
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    seule v’la couverture a été modifiée ?

    • atom 28/01/2021
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      uniquement la cover et les meeples grues (avant on avait des rondins gris)

  2. Salmanazar 01/02/2021
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    Si le zeu est trope inzuste, je passe.

    Calimero

    • atom 01/02/2021
      Répondre

      C’est un jeu très violent. J’ai fait une partie avec mon fils et ma femme, et à un moment donné de la partie je n’avais plus aucun pion sur le plateau, je me suis fait dégagé de partout (mais j’avais gagné des PV). moi ça m’as fait rire un peu jaune mais rire quand même, mais je me dis qu’il vaut mieux savoir dans quoi on s’engage car je connais des amis qui renverserait la table pour moins que ça ^^.

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