François Bachelart lance Nostromo Edition

Sept questions à François Bachelart, l’auteur du plus célèbre prototype du monde du jeu francophone : le Nostromo (souvenez-vous, l’affaire avait défrayer la chronique en 2018 – si vous ne savez pas de quoi je parle, faites donc un tour par ici -) !
En effet, François Bachelart a dernièrement décidé de lancer sa propre maison d’édition, justement baptisée… Nostromo Edition.

Après des années d’expérience en tant que joueur et auteur, François Bachelart auteur de La petite Mort (Lumberjack Studio), Guerre & Frontière (Unicorn), Symbioz (Unicorn), Gnome’s war (Tilsit éditions) se lance dans cette nouvelle aventure ludique qui lui trottait dans le coin de la tête depuis quelques années. Nostromo Edition se concentrera surtout sur des jeux compétitifs aux thèmes forts. 
Premier titre dans les tuyaux : « Legends of Etherya » un jeu de cartes et figurines dédié aux fans de Médiéval Fantastique dont on devrait voir le nez d’ici l’été 2021. Il est prévu un passage par la case Kickstarter dans un premier lieu (avec force exclusivités) avant une diffusion boutique par la suite. 

 

 

  • Bonjour François ! Peux-tu nous en dire plus sur les motivations qui t’ont amené à te lancer dans cette nouvelle aventure ? 

 

Je crois que la motivation, je l’ai depuis longtemps 😉

Je n’en suis pas à ma première création et j’aime entreprendre. Je suis gérant d’une autre entreprise que j’ai créé il y a 20 ans et qui me fait vivre depuis. J’avais déjà créé une maison d’édition avec un ami au début des années 90 et édité Guerres & Frontières et Symbioz sous le label Unicorn. À cette époque, le marché était vraiment tout petit. L’aventure a duré deux ans mais certains joueurs aujourd’hui se rappellent encore du goût des “Crottes de Troll”, un abominable bonbon que contenait notre premier jeu.

 

 

  • Alors pourquoi lancer une nouvelle société ?

 

Plusieurs raisons à cela : La crise Sanitaire m’a fait réfléchir en tant qu’auteur à la difficulté de rencontrer les éditeurs. De plus, mes jeux issus de mon ADN de wargamer et de rôliste font assez souvent appel à de l’interaction directe, ce que j’affectionne particulièrement, or, ce n’est pas toujours du goût des éditeurs français. Le seul éditeur avec lequel mes créations collaient plutôt bien, c’était Edge Entertainment et j’avais plusieurs projets de jeux avec eux avant qu’ils ne soient rachetés par Asmodée avec annulation de tout projet d’édition à la clé.

Autre raison : un déclic avec la campagne Kickstarter lancée par Lumberjack Studio pour notre jeu « La petite mort » qui m’a vraiment donné envie de lancer des jeux sur KS. J’adore ce mode de commercialisation, cette dynamique et cette tension qui règne lors du lancement d’un jeu. Cela dit, je ne compte pas tout lancer en KS loin s’en faut.

 

 

  • Te lances-tu seul dans l’aventure d’ailleurs ?

 

Non bien-sûr, ce serait folie d’être seul. Nous sommes actuellement quatre permanents : Une Webmaster/programmeur, une Community manager et chargée de Communication, un graphiste 3D/Programmeur. D’ailleurs c’est le fait d’avoir l’opportunité d’entraîner ces trois personnes avec moi qui m’a conforté dans l’idée que c’était le bon moment pour se lancer (idée que j’ai toujours eu en tête mais qui se résumait à un « peut-être un jour »). Actuellement deux illustratrices/graphistes sont également en train de travailler sur les illustrations des deux premiers jeux.

 

 

  • Quelles sont les ambitions éditoriales de Nostromo éditions ? S’agira-t-il uniquement de tes propres créations ? 

 

Je vais en effet proposer mes jeux dans un premier temps mais Nostromo Éditions ne s’arrêtera pas là. Je compte sortir environ 6 de mes créations avant d’éditer d’autres auteurs. J’ai déjà des contacts avec certains qui me proposent des jeux avec de l’interaction directe !

 

  • Dans le nom de la société nous voyons une référence directe à l’épineuse affaire Nostromo, peux-tu nous dire où ça en est pour toi de ce côté ?

 

Aucun rapport avec l’affaire Nostromo, c’est un hommage à Joseph Conrad, l’auteur du roman. Vous ne me croyez pas ? Vous avez raison 😉

Beaucoup de personnes du monde du jeu (des joueurs, des professionnels) m’ont confirmé leur soutien en cas de procédure juridique. J’ai eu l’occasion de consulter trois juristes différents car je dois bien avouer que cette affaire m’a apporté sa dose de pénibilité. J’ai étudié mes possibilités de défendre mes droits de plusieurs façons, jusqu’à déposer en 2019 la marque Nostromo dans la classe des jeux… (d’où le nom de ma maison d’édition, car autant l’utiliser).

Cela dit, la communauté, les boutiques, les distributeurs ont été les vrais juges et pour rien au monde j’aurais aimé être à la place des gens de WD. Commercialiser un jeu dans de bonnes conditions n’est déjà pas simple, alors dans les conditions qu’ils se sont eux-mêmes créées par leurs actes, leur déni et leur mauvaise foi, ils n’ont pas dû gagner grand-chose dans cette affaire. Je leur souhaite malgré tout que cela leur ait servi de leçon.

Pour ma part, j’en suis arrivé à la conclusion suivante si je lançais une procédure :

–       Soit je gagnais … mais je gagnais quoi ? Le fait d’empêcher Wonderdice de commercialiser une poignée de jeux ? C’eût été une victoire en soit mais…

–       Soit, je perdais… et là, je perdais beaucoup : mes frais d’avocats + la condamnation.

Dans les deux cas, cela m’aurait pris beaucoup de temps et d’énergie pour pas grand-chose. Ceux qui ont fait le boulot, ce sont bien tous les acteurs du monde ludique et je les en remercie encore.

 

 

  • Peux-tu nous en dire un peu plus sur « Legends of Etherya » le premier jeu à paraître ? 

 

Legends of Etherya va plonger les joueurs dans un univers médiéval fantastique où il sera question d’explorer et agencer un royaume composé de terrains et de tribus diverses (nains, humains, elfes, gobelins) et d’en écrire les légendes. Les amateurs de D&D ou de Magic y trouveront facilement leurs repères. Dragons, artefacs, trésors seront de la partie. Le matériel sera composé de cartes et de tuiles avec plusieurs modes de jeu : Solo, compétitif et coopératif. Des modes différents et des scénarios seront disponibles dès la sortie du jeu en téléchargement sur notre site… Cela dit, il y aura déjà de quoi faire avec les règles de base. Les gros gamers comme je suis auront de quoi s’amuser et se détendre entre deux gros jeux (Legends of Etherya affiche une durée de 30mn environ à quatre joueurs). Le jeu sera néanmoins accessible aux joueurs débutants, les règles étant adaptatives.

Contrairement à mes habitudes, le jeu de base ne présente pas d’interactions directes sauf dans quelques modes de jeux qui seront à disposition sur notre site.

Cerise sur le gâteau, le jeu sera jouable sur Tabletopia (il est déjà porté) et mes programmeurs développent actuellement une application qui sera gratuite, qui permettra de jouer au mode solo et de se mesurer à la communauté via un Hall of Fame.

 

 

  • Avant de conclure, peux-tu nous dire s’il y a déjà d’autres projets prêts à voir le jour pour 2021 ? 

 

Ho que oui ! Mon objectif est de lancer rapidement au moins trois ou quatre jeux dont un KS et deux sorties boutiques. Legends of Etherya sera sans doute le premier jeu commercialisé qui, je l’espère, arrivera en boutiques en fin d’année. Nous travaillons aussi sur un premier Kickstarter (Sa-Rê) qui se situe dans l’Egypte antique et qui a sa dose d’originalité : Pour 2 à 4 joueurs – durée d’environ 1 heure avec un matériel de folie et un tout petit peu d’interaction directe, juste un tout petit peu. Promis. On a hâte d’en présenter les rouages. Pour les suivants, il est question de confrontation directe avec Symbioz Evolution (la nouvelle version de mon jeu édité en 1994), puis Mission Aldebaran un party game dans l’univers d’A… un Party game quoi, et enfin Rivality, un jeu de confrontation rapide et tendu au pays des celtes…! Mais !? ha bha ça fait finalement cinq jeux quand même ! 😉 

 

   

1 Commentaire

  1. Djinn42 29/12/2020
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    Mission Aldebaran, on a hâte. J’imagine un party game où il faut s’enfiler des dés étonnants dans les trous de nez.

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