Balade à Burano : pour une virée dans la lagune italienne

Faire une virée à deux (ou plus), dans une île de l’Italie, qui pourrait refuser une telle proposition ? Burano est en effet une île de la région de Venise, réputée pour ses maisons aux façades colorées qui font aujourd’hui le bonheur des touristes.
Balade à Burano est une création de Wei Ming Ling (Shadows in Kyoto, Mystery of the Temples…) sortie chez Emperor S4 l’an dernier, et localisée chez nous par Légion Distribution qui a établi un partenariat avec l’éditeur taïwanais (ils nous en parlaient par ici). Ce partenariat a par ailleurs donné lieu à la création d’une nouvelle entité dédiée aux jeux plus familiaux : Légion Family.

Dérivons avec notre gondole vers l’île de Burano…

Nous allons tour à tour construire les façades de nos cartes maisons, en rose, bleu, vert, jaune et orange. La partie se terminant quand un joueur a construit ses 5 façades. Chaque façade complétée nous donne des points de victoire selon une condition que l’on aura choisie.

 

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Un gameplay épuré et très simple 

Balade à Burano propose une mécanique simple à base de cartes que l’on va d’abord prendre au centre de la table (sorte de marché) puis disposer devant nous pour construire nos façades au mieux. Juste des cartes ! Pas de nombreuses ressources à gérer, si ce n’est l’argent que l’on va devoir débourser pour jouer nos cartes. Plus on souhaite en jouer devant nous et plus il faudra payer. Mais moins on en récupère depuis le marché, et plus on gagnera de l’argent… Il va donc falloir jongler avec nos besoins, prendre les cartes qui nous conviennent sans être trop gourmand, pour gagner de l’argent aussi, qui nous permettra de jouer ensuite. 

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Ces cartes contiennent des tas d’éléments qui semblent décoratifs, comme des chats, des cheminées, des pots de fleurs, des boutiques, mais qui vont en fait nous faire marquer des points si l’on y adjoint le bon personnage. Malin ! Les touristes ont des goûts variés, il faut tenter de plaire à tous. 
Ainsi, on va prendre des cartes pour construire nos façades de sorte que cela coïncide avec le touriste ou l’habitant que l’on cible. Simple je disais.

Bien sûr, il y a quelques contraintes pour rendre la chose plus corsée : gravité oblige, on ne construit pas un 2e étage avant un rez-de-chaussée, cela va de soi… Même si on peut s’arranger avec nos deux cartes échafaudages. Souplesse. 

 

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Vous êtes bien urbain (ou pas !)

La règle d’urbanisme la plus importante à savoir reste que chaque façade doit être monochrome, sinon ça fait tâche ! Aussi, on ne peut avoir deux maisons de même couleur adjacente. On aime la diversité après tout. Si toutefois on ne pouvait pas faire autrement, on devra juste se débarrasser d’un de nos 4 jetons « régulations » (et 3 points en moins par jetons). Autant dire qu’on va déroger le moins possible.

Petit à petit nos maisons se construisent devant nous pour le plaisir des yeux. Quand une façade est terminée on y adjoint une carte personnage (habitants ou touristes) qui donnera des points selon une condition : à nous de bien optimiser pour marquer un maximum de points.

Les habitants ou touristes nous poussent à faire des choix sur le court ou moyen terme et bien entendu certaines configurations ne seront pas simples à optimiser, mais d’autant plus intéressantes. Il faudra sans doute parfois rusher une façade pour récupérer un personnage super optimisé avec un immeuble  avant qu’un adversaire ne vous le prenne sous le nez !

Cat

 

Ainsi l’on alterne des phases où l’on va prendre des cartes (et peu de sous) et des phases où l’on pourra les poser (et dépenser) dans un rythme fluide où la tension va croissant. Et en surveillant nos adversaires car si la fin est déclenchée, on termine le tour en cours et on passe immédiatement au décompte, et tant pis si l’on n’a pas terminé un étage.

Les dilemmes sont intéressants, il faudra faire preuve d’opportunisme et pas hésiter à contrer. Le choix des cartes est une sorte de draft avec le contre-draft que cela implique. Ce bâtiment m’intéresse peu, mais si je lui laisse elle va terminer son immeuble, que faire ? Dans quel scoring vais-je me lancer, est-ce que les autres joueurs vont pas me damer le pion ? Combien de cartes je pose ce tour ? Quel personnage restant colle le mieux à mon immeuble ? 
Pour rajouter un peu de sel, les cartes avec des volets fermés rapportent des points négatifs pour celui ou celle qui en aura le plus. Un peu à la manière du Petit Prince avec les volcans. Si je suis majoritaire et que j’en ai 5, je perds 5 points, ouch ! Bien sûr ces maudites cartes ont souvent de gros avantages aussi et il faudra arbitrer savamment. 

 

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Benvenuto a Burano 

Balade à Burano s’avère un parfait jeu d’initiation que l’on peut proposer rapidement pendant la pause de midi par exemple (on pense à Dream Home, qui proposait de construire une belle maison en 3 étages – cf l’article).
Ne vous y méprenez pas, ce Burano n’est pas simpliste, il est même plutôt assez calculatoire (sans doute plus que Dream Home pré-cité), mélange d’anticipation, d’observation et d’opportunisme avec un léger aspect course. 

Côté édition, ça fait plaisir de voir que l’on a pensé aux daltoniens, en effet, chaque couleur comporte une petite icône, pour bien les repérer. Le thème et les illustrations sous forme d’aquarelle au ton pastel de Maisherly ont un petit côté reposant et apaisant. Le temps d’un jeu, nous sommes en vacances et on se dit qu’on irait bien découvrir cette petite île, manger une glace sur la place en contemplant ses constructions atypiques…

 

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Bref, Balade à Burano est une petite boite sans une ambition démesurée mais pleine de malice, un jeu familial qui peut aussi se tendre un peu avec des joueurs plus calculateurs. La mécanique simple permet de le sortir avec presque tout le monde, en famille, avec ses enfants un peu joueurs, cela dans un temps assez ramassé. Une sensation agréable de construire quelque chose, de contempler son oeuvre aussi (les petites maisons dont on empile les étages nous rappellent Les Trois Petits Cochons le jeu de Purple Brain datant de 2013, peut-être Wei Ming Ling y a-t-il joué ?).
Prochainement on rentre en France pour vous parler de l’étape suivante : Balade en Provence du même auteur (Ndlr : on vous en parlait déjà dans le debrief d’Essen jour 3) qui propose un défi encore un peu plus corsé.
Voyage voyage…

 

 

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