Age of Galaxy V2 : Retour dans la Galaxie
Age of Galaxy est l’une des créations de Jeffrey CCH, un auteur un peu touche-à-tout (ici, on dit défricheur). Jugez plutôt : du presque 4X avec Âge of Galaxy, du narratif solo avec Eila et l’éclat de la montagne, du un contre tous dans un thème horrifique avec Terrorscape, Il était également à l’origine d’Age of Civilization, minimaliste mais moins ambitieux que Galaxy.
Age of Galaxy sorti en français chez Pixie Games était initialement commercialisé dans une petite boîte ,tout étant compacté. Le titre est un peu passé en-dessous des radars alors qu’il ne manque vraiment pas de qualité. Portal Games, la maison d’édition de Ignacy Trzewiczek, a décidé de le rééditer dans une version améliorée.

Un monde en expansion
Une nouvelle galaxie a été récemment découverte, c’est la ruée vers l’or interstellaire (qui a regardé ou lu The Expanse ?) Nous incarnons ces civilisations qui vont coloniser des planètes, développer des technologies, et se battre afin de régner sur la galaxie.
Age of Galaxy est un jeu de pose d’ouvriers mâtiné de jeu à moteur et de cartes multi-usages.
Après une phase de production, nous plaçons tour à tour nos ouvriers sur une des actions du jeu. Dans cette version, terminé la zone de jeu composée de cartes, ici, nous avons un vrai plateau, alors certes, la boite est plus grande, mais on y gagne largement en lisibilité.
Le but du jeu est de se construire un moteur efficace afin de coloniser de nouveaux systèmes ou même de les développer. Construire une armée de croiseurs pour accumuler des points pendant la phase de guerre, découvrir de nouvelles technologies, commercer ou transformer des ressources en d’autres ressources, etc.

Age of Galaxy ne serait qu’un simple jeu de pose d’ouvriers sans ses cartes Faction multi-usages. Nous n’aurons en tout et pour tout que sept cartes (sur 40). La première définit notre faction, et nos ressources de départ, ce qui nous donne un axe de départ.
Ainsi, avec la civilisation Wudu, j’aurais la capacité “écologiste” qui me donne un d’innovation (indispensable pour avancer sur son arbre technologique) pour chaque planète de type forestière que j’ai sous mon contrôle.Je peux en plus gagner une Relique pendant l’action Coloniser.

Ces cartes peuvent être défaussées aussi pour gagner la ressource manquante ou coloniser un type de biome. Mais je peux surtout l’ajouter à mon plateau avec ma carte de départ dessinant une sorte de mélange de civilisations avec des synergies intéressantes et originales.
Je ne pourrais en avoir que trois pour toute la partie, Dilemme Dilemme !
Il est vrai que l’on peut se sentir rapidement dans un couloir où nos choix peuvent être plus évidents en fonction de nos cartes Factions, mais c’est un défaut que je lui passe volontiers dans une partie de 45 minutes. Ces factions réussissent tout de même à avoir une identité.
Notre idéologie dominante (la majorité) définit un axe de point de victoire de fin de partie et, vu que l’on n’en fait pas beaucoup pendant la partie, on ne peut pas se couper de cette manne de points. Avec l’idéologie Culturaliste, je gagnerai des points avec le nombre de reliques que j’aurai gagné, avec le Scientisme, ça sera selon mon avancée dans l’arbre de technologie, etc. Cinq idéologies, cinq axes différents. Je peux aussi sacrifier une carte pour déterminer l’idéologie dominante.

Dès le début de la partie, on réfléchit à l’utilisation de nos cartes. On peut commencer par celle-ci pour construire une synergie ou se protéger des attaques d’autres joueurs, ou au contraire les attaquer (la meilleure défense, ce n’est pas l’attaque ?) Tout est possible et c’est vraiment là que se trouve le cœur du jeu pour moi. Sans ces cartes, le jeu serait un peu fade. Pour les premières parties, je vous conseille de respecter la règle et vous dépatouiller avec les sept cartes que vous avez piochées. Mais pour les suivantes, le draft m’apparaît comme indispensable, quand on connait le jeu, on réalise que certaines sont plus intéressantes que d’autres et le draft permet de se prémunir des viles attaques des adversaires.
En fin de tour une phase de guerre intervient, autant le dire tout net elle est un peu déceptive : une simple mécanique de majorité de vaisseaux, toutefois les premiers gagnent des points et des ressources. Le vainqueur peut surtout coloniser une planète non protégée en ce qui n’arrive que dans les parties découvertes, en général on protège nos arrières. Cela manque d’un objectif précis, une course à l’espace, (un peu comme Mecatol Rex dans Twilight Imperium). Je faisais ce même reproche dans l’ancienne version, dommage qu’ils n’en aient pas profité pour modifier cet élément. L’interaction n’est pas inexistante, on joue des coudes pour explorer la galaxie, mais il y a de l’espace (haha) pour tout le monde, mais pas centrale non plus.

Nouvelle édition plus luxueuse
Cette nouvelle édition a été améliorée avec des vaisseaux en bois, un plateau de jeu au lieu de cartes et des plateaux de joueurs plus épais avec du double couche. Tout cela tient dans une boite plus grande que celle d’origine, mais cela reste de petite taille. On retrouve les illustrations d’origine signées par un trio d‘illustrateurs et illustratrices : Roxy Dai, Samuel Horowitz, Hanna Kuik , mais elles gagnent en couleur et en teintes.
Amateur de jeu solo, cette version vient avec des scénarios de niveaux différents, cinq scénarios avec leur fiche, leur mise en place et leurs règles spécifiques. Je regrette qu’elles n’aient pas été utilisées pour le multijoueur tant elles sont ambitieuses. Attention ! Le recto et le verso ne correspondent pas. Il faut donc utiliser deux fiches, ce qui a du sens, car ça évite de retourner sans cesse sa fiche pour appliquer les nombreuses règles. Mais ce n’est jamais indiqué dans les règles (du moins dans celle en français).

Age of Galaxy est un jeu qui manque de profondeur (dans une durée contenue de 45 minutes) et qui peut, de manière trompeuse, laisser croire à un 4X, alors que nous sommes plutôt dans un jeu de développement. Tout le génie du jeu réside dans ses cartes. Ce sont elles qui créent sa réelle identité, ses synergies combotiques. Peut-être pas un très grand jeu, mais un bon titre, magnifié (et surtout plus lisible) dans cette nouvelle version.
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