The River : Et au milieu coule une rivière

The River est le nouveau titre attendu de Days Of Wonders, éditeur réputé pour laisser le temps nécessaire de maturation à ses projets et sa production bien travaillée. The River, c’est aussi le nouveau jeu de Sébastien Pauchon et Ismaël Perrin. Si le second est encore inconnu au bataillon (on saluera ce départ tonitruant sur la scène ludique), le premier est notamment le papa de Jaipur ou encore Yspahan, mais il est aussi connu pour travailler au sein de l’équipe des Space Cowboys dont il fait partie, sur des projets comme Unlock! par exemple, et précédemment pour avoir créée la maison d’édition GameWorks (Tschak!, Sobek…).

 

Mais l’eau a coulé sous les ponts, parlons plutôt de The River…

Dans ce nouveau Days, les joueurs s’affrontent pour posséder la plus belle colonie du Nouveau Monde. Agrandissez votre territoire, stockez des ressources, et surtout n’hésitez pas à mettre des bâtons dans les roues (à aubes ?) de vos copains ! Le but du jeu étant d’avoir le plus de points de victoire à la fin de la partie. Oui, mais comment ? Voyons cela…

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Une rivière de points de victoire ?

Nous allons jouer un certain nombres de manches, jusqu’à ce que nous obtenions une des deux conditions de fin, on clôturera alors la manche et on réalisera le décompte des points de victoire. Classique. 

Le jeu se termine quand un joueur a acheté 5 cartes bâtiments, ou s’il a rempli son plateau personnel. Les cartes bâtiments permettent de gagner des points. Premier arrivé, premier servi, le jeu a un aspect course puisque l’achat de cartes offre un jeton qui octroie des points de victoire dégressifs. Vous gagnerez aussi des points supplémentaires si vous avez des tuiles d’un même type de terrain placées dans une colonne (2 PV pour deux tuiles et 6 PV pour 3 tuiles). Bref, on se dépêche, mais on s’applique !

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Alors, ça coule de source ?

Dans The River, nous avons un plateau central longiligne qui représente la rivière où nous allons envoyer nos meeples pionniers pour réaliser les actions représentées. De la pose d’ouvriers pour récolter des ressources limitées (bois, argile ou pierre) acheter des cartes bâtiments pour gagner des points de victoire et surtout étendre notre domaine en prenant une des tuiles terrains dispo pour la placer sur notre plateau et agrandir ainsi notre territoire.

Les tuiles terrains nous offrent des ressources, des espaces de stockage ou des points de victoire tout simplement. À vous de construire votre plateau comme vous le désirez, ou plutôt en fonction des besoins de productions, du stock, des couleurs de terrains….

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Tout autour de la rivière centrale se trouvent les plateaux des joueurs.
Ce plateau personnel représente le fleuve qui serpente autour des terres, il est découpé en ligne de 4 cases et les tuiles terrains que nous allons rajouter devront être agencées en suivant le tracé du fleuve. C’est la première petite contrainte intéressante du jeu.

 

Focus sur la production

Nous sommes donc dans un jeu de pose d’ouvriers. En plaçant un de vos meeples sur la carrière d’argile (par exemple), vous allez produire des ressources d’argile. Combien en produisez-vous ? C’est tout simple, autant que vous avez de symboles argile présents sur votre plateau.
Mais il y a un autre petit problème à gérer, avez-vous pensé à stocker toutes ces ressources produites ? Cela dépendra du nombre de granges présentes sur votre plateau ! Limpide, non ?

Sachez que vous pouvez aussi à tout moment transformer 3 ressources en nourriture : un joker qui remplace n’importe quelle ressource (oui c’est la définition de joker hein !).

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Ces ressources vous permettent d’acheter une des cartes bâtiments présentes sur le plateau. Vous devrez payer les ressources et les replacer sur le plateau central. Une action vous permet même d’en réserver une pour pas que l’on vous la chipe juste devant vos yeux (le genre de choses qui font rager, avouez le !).

 

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L’avantage de réserver une carte c’est que vous pourrez payer une ressource de moins (de votre choix). Chic, une promo ! Elle est pas belle la vie de pionniers ?

Comme nous le disions plus haut, le joueur qui achète une carte bâtiment prend en sus le jeton bonus du dessus de la pile (ils vont de 6 à 1 PV de façon décroissante). Il y a un vrai aspect course autour de cet élément du jeu, qui peut potentiellement entraîner la fin de partie.

Les autres actions vous permettront de devenir premier joueur à la manche suivante, toujours important pour avoir un peu plus de choix, ou de permuter deux tuiles sur votre plateau (si jamais vous regrettez un placement). 

La manche se termine quand tous les pionniers ont été envoyés sur le plateau central. On prépare alors une nouvelle manche où l’on place de nouvelles tuiles terrains et de nouvelles cartes bâtiments. Chaque joueur récupère ses meeples pionniers (presque, nous allons le voir) et on continue jusqu’à ce qu’une condition de fin de partie soit ainsi atteinte.

 

Départ en retraite ? 

Construire son plateau est primordial. On serait tenté de vite le remplir pour produire et stocker en grande quantité, mais il y a un petit twist supplémentaire : certains emplacements de votre plateau comportent une icône avec un meeple couché, il s’agit d’un pionnier qui devra rester là à la fin de la manche ! Après des années de bons et loyaux services il nous quitte et prend sa retraite bien méritée. Conséquence moins sympathique vous avez un ouvrier de moins pour vos actions, autant dire qu’il vaut mieux qu’il parte le plus tard possible, ou quand votre moteur économique sera prêt pour encaisser cette perte, surtout que l’on ne peut en gagner qu’un de plus (après avoir acheté la 2e carte bâtiments). Ce sont des choix qu’il faudra bien peser.

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Le truc en +

Il y a un petit côté “set collection” qui vous pousse à bien placer vos tuiles terrains car en plus des points de victoire gagnés grâce aux cartes construction, vous remportez des points bonus si vous avez des colonnes de tuiles terrain du même type (avec 2 tuiles ça fait 2 PV, mais avec 3 tuiles c’est 6 PV).

Certaines tuiles vous donneront aussi des points de victoire selon une condition annexe : cela peut être le nombre de ressources d’un type, le nombre de meeple sur votre plateau, etc.

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Premier regard de la Rédac

The River est donc un jeu où le placement est essentiel puisqu’on construit tuile après tuile son moteur d’actions sur son plateau personnel (un élément de game design très tendance ces mois-ci, on pense à Santa Maria, Rajas of the Ganges...) et le positionnement en lui-même rapportera des points.
De plus, il ne faudra pas oublier la gestion des ressources (limitées) pour pouvoir construire ses bâtiments qui rapportent aussi des points. S’ajoute à cela un petit côté course avec les jetons bonus et le timing du départ en retraite de nos petits pionniers.

La direction artistique est lumineuse et riche de détails, l’iconographie semble parfaitement claire, avec un matériel qui paraît soigné comme le fait traditionnellement Days of Wonder.
Le mélange entre pose d’ouvriers et construction de plateau semble intéressant à première vue et bien dans l’air du temps. L’idée de perdre des meeples – alors qu’habituellement dans la pose d’ouvriers on cherche à en gagner – est un petit twist intriguant (ça fait vaguement penser à Descendance où nos meeples mourraient) : il faudra bien penser au moment où on est les fait partir en retraite, s’assurer que notre moteur d’actions est assez solide pour que la production demeure efficiente. L’aspect course aux jetons oblige à surveiller les joueurs et à ne pas trop traîner en chemin, à surveiller leur avancement, pour un minimum d’interaction.
Voici un jeu de poids moyen qui devrait tenir dans une durée de 45mn à une heure de jeu.

Le tout est annoncé pour Essen et devrait coûter 40 €.

 

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2 Commentaires

  1. Photo du profil de morlockbob
    morlockbob 03/09/2018
    Répondre

    n’hésitez pas à mettre des bâtons dans les roues (à aubes ?) ..En forme dites donc!

  2. Salmanazar 04/09/2018
    Répondre

    Pas sûr que Sébastien Pauchon fasse encore partie des Space cow-boys. Souvenir d’avoir entendu cela mais je sais plus où.

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