Rallyman : Gaz! Gaz! Gaz!

Le vrombissement des moteurs résonne dans la vallée. Cette année encore, le rallye Lyon-Charbonnières sillonne les routes du Rhône, se frayant un chemin sur l’asphalte du Beaujolais.

 

Qui n’a jamais rêvé de conduire une WRC, serpentant avec agilité le long des routes étroites et sinueuses ? Bon d’accord, ce n’est probablement pas le rêve le plus répandu.

Pourtant, plus jeune, je me prenais pour un pilote émérite en satisfaisant mes ambitions sur des jeux vidéo (International Rally Championship et V-Rally ont notamment accompagné la fin de mon adolescence).

 

Euh oui… en effet, c’est réellement moche !

 

Mes proches m’ayant fait comprendre que je conduisais comme un vieillard (quoi que je doute que Sébastien Loeb ne perde ses facultés une fois la retraite venue), j’ai fait une croix sur mes désirs de vitesse et d’évasion. C’est pourquoi quand l’occasion m’a été donnée de piloter une micro rallycar pour la première fois en 2012, je n’ai pas hésité une seule seconde. Après avoir enfilé une combinaison, des gants, et un casque, je me glissais dans le baquet d’un de ces formidables bolides.

 

Rallyman est un jeu, que dis-je, une véritable simulation de rallye automobile sur plateau.

Imaginé par Jean-Christophe Bouvier, praticable de 1 à 4 pilotes, Rallyman est donc une simulation de course accessible dès l’âge de 9 ans (nul besoin de permis de conduire ou de licence automobile).

 

Montez à bord, je vais vous guider (sans copilote) sur les routes de Haute Loire où réside le concepteur de ces monstres de puissance, d’agilité et de vélocité.

 

Reconnaissance de la spéciale

À l’ouverture de la boîte, on découvre 4 plateaux recto-verso comprenant différentes portions de tracés, avec un côté sec et un côté enneigé. On salive d’avance sur les nombreuses possibilités d’imbrication de ces routes, ce qui présage une excellente rejouabilité, ainsi qu’une bonne diversité. Avant d’entamer un rallye, on décide donc du nombre d’étapes que celui-ci comprendra, des tracés utilisés, et des possibilités d’assistance entre deux étapes. Afin de nous aider dans ce vaste choix, le site officiel du jeu rallyman.fr propose de nombreux road-books (attention cependant, certains demandent l’utilisation de l’extension Dirt du jeu).

 

Aperçu du matériel de la troisième édition.

 

Une fois le choix des tracés effectué, chacun prend quelques instants afin d’inspecter les enchaînements de virages, les positions des bosses, les trajectoires à la corde,… Bref, chacun effectue une reconnaissance du terrain, afin de faire le meilleur choix sur les pneumatiques, et d’optimiser au maximum son passage dans la spéciale. En effet, Rallyman propose deux alternatives dans le choix initial des pneus (dans le jeu de base) : pour l’asphalte et pour la neige.

Sachant qu’une étape peut être constituée d’un mélange de portions enneigées et sèches, et que les conditions peuvent être différentes d’une spéciale à l’autre, sans changement possible de pneus (si aucune assistance n’est permise), ce choix est primordial et peut conditionner votre victoire !

 

Le PC-Course pour noter vos temps, les deux types de pneus, et la célèbre carte SISU, joker permettant d’annuler une sortie de route.

 

Ainsi, le jeu est très calculatoire et cette phase de reconnaissance du tracé n’est pas à négliger. On me glisse à l’oreillette qu’il existe un logiciel mathématique permettant de trouver les trajectoires optimales pour un terrain donné…

 

Maîtrise de son adrénaline et concentration

C’est bien gentil tout ça, mais concrètement, comment est-ce qu’on joue ? Ah oui, je ne vous en ai pas encore parlé, mais il est vrai que savoir piloter une MRC (lire « micro rallye car ») avant de s’engager dans la reconnaissance du tracé peut être intéressant.

J’y arrive, j’y arrive ! Il y a le plancton, les coraux, les crottes de baleine, et là c’est toi ! – Gang de requins –

La route est divisée en différentes cases. Sur certaines de ces cases sont inscrites des valeurs donnant le rapport maximum qui peut-être enclenché lors de son passage. Pour faire progresser sa MRC, les joueurs disposent de 5 dés (de valeur 1 à 5) et de deux dés blanc (dit de gaz).

Ainsi, un joueur peut disposer un dé par case traversée, en respectant une croissance ou une décroissance entre ces dés, les dés de gaz permettant de remplacer la valeur du dé précédent. Ce n’est pas très clair ? Prenons l’exemple ci-dessous :

 

 

C’est le départ de la spéciale (notez que celui-ci a lieu en alternance).

La MRC jaune place ses dés sur la piste. Le joueur place le 1, puis le gaz qui compte donc pour un 1, puis le 2, puis le 3, et enfin le 4.

Il est dangereux de poser le 5 à la suite, car une bosse limitée à un rapport de 3 est présente juste après.

 

 

 Trop facile le pilotage ! Il s’agit uniquement de mathématiques !

À la fin de son déplacement, on récupère une carte de la valeur égale au rapport dans lequel on s’est arrêté (la vitesse 1 fait piocher une carte de 50 secondes, la 5 fait piocher une carte de 10 secondes). Vous l’avez compris, tout comme dans un rallye, on lutte contre le chronomètre, car c’est la somme des cartes récoltées qui vous donnera votre temps de parcours : difficile de faire plus thématique ?

 

 

Les cartes chrono, les cartes cordes (à piocher quand votre MRC coupe une trajectoire dans la boue), les roues de secours (ça peut servir), et une dédicace de l’auteur.

 

 

 

Mais où est le fun, le risque, l’ivresse de la vitesse, me direz-vous ?

 

Il y a des dés, donc il va falloir lancer ceux que vous utilisez, et c’est là que tout devient plus tendu (c’est comme cela qu’on reconnaît un vrai chasseur !).

Vous avez le choix de jeter vos dés simultanément, ou l’un après l’autre. Jeter les dés en un seul lancer vous permet de gagner un jeton représentant une seconde, à raison de un jeton par dé (ces secondes seront déduites de votre temps final) : c’est ce qu’on appelle l’attaque.

Cependant, les dés présentent des symboles de triangles (1 triangle sur les 6 faces pour le 1 et les gaz, et 2 triangles sur les 6 faces pour les 2 – 3 – 4 – 5, si vous aimez les probabilités) : si plusieurs triangles apparaissent (en fonction de vos pneus et de la surface), c’est la sortie de route (et la perte de temps… voire les dégâts, qui réduiront votre pool de dés) !

Lancer les dés l’un après l’autre vous permet de gérer ces triangles, car à tout moment, vous pouvez décider d’utiliser un jeton pour faire une réussite automatique sur un dé (encore faut-il que vous ayez des jetons).

 

Alors Mc Fly, on a les foi ?

Personne ne me traite de mauviette ! – Retour vers le futur –

 

On fait moins les malins ! Et oui, c’est un sport à risques le rallye ! L’ambiance sur la piste est donc propice au chambrage de ses voisins. C’est en effet à coup de défis, que le copain finit dans le ravin !

Vous ne me croyez pas ? Regardez ce magnifique jet effectué il y a peu au cours d’une partie :

 

Tentative ratée de Grosse Attaque, le lancer le plus risqué, valorisé par 7 jetons, soient 7 secondes, ou comment une MRC peut terminer sa course dans les arbres !

 

Le point de contrôle

Au final, Rallyman est un jeu multifacettes. Sous ses airs froids et extrêmement calculatoires, il cache une figure beaucoup plus fun avec une importante partie de prise de risques et de stop ou encore. On est loin d’une pure simulation de rallye, mais la simplicité et l’accessibilité de ses règles ouvrent les portes de ce sport automobile au plus grand nombre.

Et pourtant, Rallyman est très complet, proposant une vulgarisation des ingrédients du rallye : notes de courses, recherche de la trajectoire idéale, prise de risque, lâché de secondes, sorties de routes, assistance entre les spéciales, irrégularités de la route, et bien entendu esprit de compétition.

Certains pourront lui reprocher son manque d’interactions entre les pilotes : néanmoins, la concurrence entre les compétiteurs est indirecte, et on se bat en permanence pour faire un meilleur chrono que ses adversaires. Je vous conseille de positionner des temps intermédiaires sur le parcours, ce qui favorisera les attaques des retardataires (et donc leurs prises de risques) pendant que les leaders auront tendance à lever le pied.

Par ailleurs, le jeu dispose d’un bon suivi de sa communauté et de son auteur avec la mise en place d’un championnat du monde de MRCs chaque année sur le site Rallyman.fr : la célèbre World Rallyman Cup. Malheureusement, l’extension Dirt du jeu n’est plus disponible actuellement, et la seule façon de parcourir ses routes (sur la surface de terre) est l’acquisition des fichiers print & play en vente sur le même site. Vous craquerez peut-être pour les superbes MRCs en métal…

 

Gentlemen, start your engines ! -Daytona USA-

 

En conclusion, Rallyman est un excellent jeu de course, une véritable alternative au grand classique Formula D : féru de sports automobiles ou simple novice amateur de vitesse, ce jeu est pour vous !

Merci à GraphLSD pour les photos et les illustrations de l’article.

 

Rallyman

Un jeu de Jean-Christophe Bouvier
Illustré par Clovis, Philippe Bouvier
Edité par Rallyman
Date de sortie : 2010
De 1 à 4 joueurs
A partir de 9 ans
Durée moyenne d’une partie : 45 minutes

3 Commentaires

  1. Photo du profil de
    Sthorm 21/06/2016
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    Sympa cet article qui remet en avant ce très bon jeu. Rallyman est une vraie pépite et sans doute l’un des meilleurs jeux de course auto sur plateau.

  2. Photo du profil de morlockbob
    morlockbob 21/06/2016
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    j en ai toujours entendu dire du bien , cela continue. Ca doit donc un très bon jeu

  3. Photo du profil de sony69
    sony69 21/06/2016
    Répondre

    Argh! V-Rallye! Que de bons souvenirs…

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