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Les passionnés du Booty

Pfiou ! L’actu n’arrête jamais mais maintenant que la GenCon est passée et que nous nous sommes bien remis de nos émotions, nous allons pouvoir conclure notre série d’articles sur les protos prometteurs du FLIP 2014 (notre reportage sur le festival du FLIP si vous l’avez raté).

Nous vous avons déjà présenté le futur Libellud, le futur Blue Cocker, et le Si vis pacem et bien voilà maintenant le Booty de Pierre-Yves Aigrault qui avait gagné le prix Catégorie Réflexion.

Oui, attention, ça va chauffer le neurone !

Les révoltés du Booty ? Non t’y es pas du tout…

Booty (« butin » en anglais) est un jeu abstrait tout en rondeur pour des parties à deux joueurs d’une durée d’env. 10mn.

Le but du jeu est de capturer un maximum de pions multicolores répartis sur un anneau (7 pions de 5 couleurs, soit 35 pions à récupérer, pas d’égalité possible).

Ceci est un proto avec des pions de l’Avalam, un jeu dégotté par Pierre-Yves à 4 euros chez un faillitaire…

Le principe est simple : à chaque tour, le jour actif effectue ses 2 actions obligatoires : un déplacement puis un empilement. A l’issue de ces deux actions, il peut décider de s’emparer des pions sur lesquels son pion joueur s’est posé. Seulement, s’il les prend, les pions de même couleur restant sur l’anneau sont récupérés par l’adversaire (c’est l’idée du « stop ou encore » : prendre ou ne pas prendre à l’issue de son tour). Le jeu se termine lorsque tous les pions ont été récupérés par l’un ou l’autre des adversaires.

S’ajoutent aux 35 pions multicolores 4 pions noirs, qui vont constituer autant d’obstacles lors des déplacements des joueurs. Enfin, le redoutable pion blanc va, quant à lui, permettre au joueur qui l’emprunte de rebondir sur n’importe quel autre pion de l’anneau et provoquer ainsi d’imprévisibles retournements de situation… (un pion à surveiller de très près…)

La contrainte de l’évitement

Déplacement et empilement sont soumis à une dernière contrainte qui donne tout son sel à Booty : la contrainte de « l’évitement ». En effet, le joueur actif ne peut croiser son adversaire à l’intérieur de l’anneau (sa capacité de déplacement peut s’en trouver fort affectée…).

Le booty au milieu d’une partie

Qualités éprouvées lors des 3 après-midi de tests au FLIP : prise en main rapide, fluidité, profondeur tactique, rejouabilité extrême (la mise en place des pions est totalement aléatoire), accessible dès 8 ans, format court qui permet d’enchainer les parties… Ca tourne bien !

Alors Pierre-Yves, quel effet cela fait-il de remporter ce prix ?

« Une joie énorme, bien sûr ! Le FLIP est un formidable tremplin pour les créateurs en herbe. Booty est mon premier proto et le FLIP mon premier festival. Etre sélectionné parmi plus d’une centaine de créateurs constituait déjà une victoire en soi et une réelle satisfaction. Le but était d’abord de découvrir et d’apprendre, j’avais autour de moi des créateurs chevronnés ! Apprendre, mais aussi et surtout éprouver les qualités et les défauts du jeu  (à ce titre, le FLIP est un formidable playtest à grande échelle). J’ai été très touché des excellents retours qui m’ont été faits. Mais de là à imaginer que j’obtiendrai la palme… »

Comment en-êtes vous arrivé là ?

« Je tiens à saluer les Créatesteurs ludophages, une bande de joyeux lurons Bordelais qui s’est donnée pour but de faire se rencontrer les créateurs de tout poil en leur fournissant un public prêt à tester du proto. Une soirée proto tous les mois au café Jeu Barjo à Bordeaux, et voilà. Booty est passé sous leurs fourches caudines, et, après validation, a été présenté lors des différents événements ludiques auxquels les créatesteurs ont été invités à participer sur la région bordelaise.Et de fil en aiguille, les retours du public et des professionnels étant positifs, a germée l’idée de présenter Booty à un concours d’envergure nationale. On connaît la suite… »

Niveau éditeur, des débouchés ?

« J’ai reçu hier un retour d’un éditeur qui continue les tests et réfléchit aux visuels du jeu (formes, matières, couleurs…). Il m’a logiquement demandé quelques mois d’exclusivité avant de me donner une réponse ferme sur l’édition ou non de Booty. A suivre, donc… »

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