Bannieresivispacemok

Si vis pacem : le jeu le plus prometteur de Rome

Cedric Riehl est un expert. Il fait des jeux, et il les fait bien. Puis, il les présente à des concours de prototypes, et puis, là, il gagne.

Par exemple, tenez, son proto « Si vis pacem » présenté au récent concours du FLIP. Et ben, il a gagné le prix, catégorie Expert bien sûr. Mais avant cela, il avait déjà eu le prix du jury au PEL. J’vous l’dis, Cédric c’est un expert. Et son jeu aussi.

Alors vous voulez savoir de quoi il retourne, qui est Cédric, quels sont ses rêves, d’où vient son jeu, pourquoi souhaite-t-il préparer la guerre pour avoir la paix ou l’inverse, qu’est-ce qu’un jeu coopétitif ? Avis aux éditeurs qui passent par chez nous : cette merveille est encore à prendre ! (Mais qu’attendez-vous ?).

C’est parti !

Bonjour Cédric, quel joueur es-tu ?

Rôliste des premières heures, passionné d’Histoire et de Science-Fiction (Asimov, K. Dick, etc.), j’aime les jeux qui proposent une véritable immersion. Je me tourne surtout vers les jeux basés sur de grandes civilisations ou périodes historiques, ou des univers fictifs mais riches.

Que ce soient des jeux experts ou familiaux, l’important pour moi c’est l’ambiance que ces jeux véhiculent. Après je suis nul en tant que joueur, je perds souvent (même à mes propres jeux !) mais ça m’est égal du moment que je m’amuse.

Est-ce ton premier jeu ?

J’ai mis les doigts dans le monde du jeu de plateau il y a moins de deux ans. Si vis pacem… est effectivement le premier jeu que j’ai développé. Mais, comme j’aime m’inspirer de notre Histoire – une source intarissable – je n’arrive pas à m’arrêter de créer des prototypes (j’en ai trois autres plus ou moins aboutis).

D’où cela vient-il ?

Tout le monde connaît la citation latine Si vis pacem, para bellum : « si tu veux la paix, prépare la guerre ». Je l’ai volontairement tronqué pour ce jeu car, ici, les joueurs peuvent gagner sans faire la guerre.

Je me suis inspiré de l’histoire de Rome évidemment, mais aussi d’un jeu vidéo bien connu (Rome Total War). Les créateurs de jeux vidéo s’inspirent parfois de jeux de plateau, pourquoi pas l’inverse ?

As-tu travaillé seul ?

Si un créateur de jeu est un grand enfant resté au cour préparatoire (bah oui… dessiner, découper, coller… et prendre tout ça pour s’amuser avec ses camarades…), quand on crée un jeu on ne peut pas être seul. C’est vrai dans la vie aussi, on a toujours besoin des autres pour avoir un regard différent. C’est primordial pour améliorer et faire progresser son travail.

Faire tourner son jeu dans les festivals et les associations est alors essentiel pour confronter les règles à un public diversifié, autre que la famille ou les amis (et eux, ça les soulage…). Le FLIP fut une expérience extrêmement enrichissante car il y avait un Jury de professionnels, dont j’attends les retours avec impatience !

Question éditeur : as-tu des pistes ?

Après avoir était sélectionné pour le festival Alchimie du Jeu de Toulouse, remporté le Prix du Public au Paris est Ludique 2013, et maintenant le Prix du Jury au FLIP 2014, je n’ai malheureusement encore été contacté par aucun éditeur. Peut-être que ce genre de jeu n’est tout simplement pas dans l’air du temps ? De toute façon, pour moi, l’édition n’est pas une finalité. Ce que je cherche avant tout, c’est faire des enfants pour avoir des beta-testeurs sous la main 24h/24h !

Niveau illustrateur : as-tu des envies ?

Même si le style de mon jeu se prête plus à une ambiance sérieuse (c’est sérieux là… on joue…), je ne cherche pas un illustrateur ou un designer en particulier. Les maisons d’édition ont de très bons artistes et, le jour venu, je leur ferai totalement confiance. Quoique Enki Bilal, Luis Royo ou Florence Magnin me conviendrait parfaitement !

 C’est quoi comme jeu exactement ?

Si vis pacem… est un jeu politico-stratégique qui prend place à la fondation de la République romaine. Les joueurs incarnent chacun une grande famille de cette époque et doivent, ensemble, protéger Rome des menaces barbares tout en faisant progresser la jeune République.

Pour pallier la défaite et atteindre une victoire collective, leur alliance sera nécessaire. Mais, dans cette lutte commune, chacun peut aussi tenter de réaliser son objectif secret pour prendre les rênes du pouvoir, et gagner seul.

Je sais qu’il s’agit d’un jeu « coopétitif » avec alliance et trahison mais est-ce possible d’en savoir plus ?

 C’est un style de jeu « coopétitif », un néologisme qui allie le coopératif et le compétitif : toutes les actions réalisables – lever des troupes, déplacer des légions, attaquer des ennemis, fédérer des provinces, manipuler des dignitaires ou urbaniser des quartiers – peuvent aussi bien servir l’intérêt commun de Rome que votre objectif de conjuration secret.

Ce n’est pas un jeu semi-coopératif classique où il y a « peut-être un traître parmi nous » mais où « tous les joueurs sont des traîtres potentiels ». Ils y sont libres d’agir comme ils veulent, selon leur style de jeu préférentiel ; les revirements de situations pouvant les faire basculer de la coopération à la compétition, et vice-versa.

Ce qui est drôle, c’est d’observer les joueurs qui se réclament « pur coopératif » regarder, de temps en temps, leur carte d’objectif secret…

>> Pour en savoir plus :

 

5 Commentaires

  1. Photo du profil de Gersen
    Gersen 03/08/2014
    Répondre

    ça rappelle pas mal Res Publica Romana / Republic of Rome : décisions communes, jouer contre le jeu mais un seul vainqueur. Ceci étant dit cela n’est peut être pas si mal d’avoir fait Si vis pacem parce RoR était un peu long.

    • Photo du profil de Ced
      Ced 24/08/2014
      Répondre

      C’est vrai que RoR est un peu long. Mais c’est surtout que, à part l »époque, il n’a rien à voir avec ce jeu. Si vis pacem est un jeu de stratégie (placement des troupes, choix des urbanisation et de la politique familiale), et la victoire collective est aussi possible.

  2. Photo du profil de tristefigure
    tristefigure 24/08/2014
    Répondre

    Le jeu est superbe et l’immersion paraît forte. J’ai rencontré l’auteur au festival de Toulouse cette année et il s’est montré disponible, avenant et éminemment sympathique. Moi, je l’achèterai quand il sortira, c’est certain. Je ne pense pas qu’il fasse doublon avec Res Publica Romana.

    Pourquoi ne pas lancer un financement collaboratif ? Cela déciderait peut-être les éditeurs frileux ?

    • Photo du profil de Ced
      Ced 24/08/2014
      Répondre

      Merci Tristefigure pour tes compliments 🙂

      Pour le financement collaboratif, je regarderai cela à la rentrée.

  3. Photo du profil de Shanouillette
    Shanouillette 24/08/2014
    Répondre

    C’est vrai le financement participatif prendrait ici tout son sens!!

Laisser un commentaire