L’affaire Nostromo : entretiens avec les protagonistes

L’affaire du plagiat du “Nostromo” prend de l’ampleur sur les réseaux depuis ce début de semaine.

 

La polémique a commencé suite à une photo postée par Marcus posant avec le jeu USCSS Nostromo – Alien: The Board Game! avec les fondateurs de la petite maison d’édition Wonderdice, à savoir Aldébaran (CEO) et Nathanaël (CEO-Advisor). Le jeu est en pré-commande pour une sortie prochaine.

 

marcus(Marcus tient la boîte de Nostromo, à gauche Aldebaran , à droite Nathanaël)

 

Jusqu’ici tout va bien… Sauf que ! Un certain François Bachelart (auteur de jeux tels que Gnomes tribes, Symbioz) est alerté lundi par des proches ayant vu le jeu sur les réseaux, et ces derniers pensent reconnaître son oeuvre, ou plus précisément son prototype du “Nostromo”, prototype que l’éditeur Wonderdice a justement eu entre les mains il y a 4 ans de cela.

 

De fait, l’univers est le même (Nostromo d’Alien) et les deux corpus de règles sont indubitablement proches.

Les règles du Nostromo de Wonderdice sont ici et celles du jeu de François Bachelart sont par . Vous pourrez ainsi vous faire votre propre opinion.

 

Statut d’auteur et question de plagiat 

Le statut d’auteur est encore très fragile, nous en avons déjà plusieurs fois parlé dans ses colonnes, il est non seulement très compliqué de vivre de ses œuvres ludiques aujourd’hui mais aussi extrêmement complexe de protéger ses idées. Le monde ludique est un petit milieu, où un certain nombre de lois et juridictions qui devraient lui être propres n’existent pas encore et restent à écrire. Les procès pour plagiat sont rares, notamment car il est aujourd’hui impossible de protéger une mécanique de jeu. D’ailleurs, cela serait-il réellement souhaitable ? Dans quelle mesure ? La frontière entre copie et inspiration est parfois très fine… Toujours est-il que le débat fait rage depuis plusieurs années. On comprend que ces questions préoccupent beaucoup les principaux concernés, auteurs et éditeurs en première ligne, mais ce sont des sujets auxquels les joueurs sont très sensibles également.

La communauté ludique française s’est donc émue devant la situation de cet auteur visiblement floué et l’affaire est montée très vite en épingle avec parfois beaucoup de virulence, chacun y allant de son commentaire et de son “partage” sur les internets.

La SAJ (Société des auteurs de jeux) ainsi que Edge (qui avait eu le prototype initial entre les mains il y a quelques années) ont notamment pris position fermement et soutiennent la démarche de l’auteur, François Bachelart, dans un communiqué : “La Société des Auteurs de Jeux ne peut que condamner fermement cette attitude, et offre tout son soutien à François. À défaut de réactions légales, coûteuses et de toute façon très aléatoires du fait de l’ambiguïté du statut du jeu de société, le seul moyen d’action disponible reste d’informer auteurs et joueurs des mauvaises pratiques de Wonderdice, afin que cet éditeur rencontre l’insuccès qu’il mérite.” écrit la SAJ sur son site avec cette photo :

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Mais qu’en est-il réellement ?

Avant de partir bannière aux quatre vents, nous avons pris le temps de discuter avec les deux parties. Notre envie aujourd’hui est de pouvoir vous donner à entendre les deux voix, en vous laissant le soin de vous faire votre avis. Wonderdice d’une part et François Bachelart de l’autre ont répondu à toutes nos questions.

 

Retour à bord du Nostromo

Heurté de plein fouet par l’ampleur de la polémique qui éclate depuis lundi soir, Nathanaël de Wonderdice explique en substance : “Nous n’avons jamais nié avoir été en contact avec François Bachelart. Il nous avait en effet montré son proto il y a 4 ans. Le jeu pouvait fonctionner avec un peu de travail et sur la licence Alien. On était intéressés, on lui a dit, et il s’est avéré que CMON pouvait potentiellement être partant pour le distribuer aux US. Aussi avons-nous commencé à nous renseigner sur comment faire pour obtenir cette licence avec la Fox. Mais CMON a fait ensuite marche arrière, jugeant le jeu trop familial pour son public.”

 

Plutôt que de laisser tomber totalement l’idée d’un jeu estampillé Alien, les contacts ayant été pris auprès de la FOX pour obtenir la licence du film, Aldébaran et Nathanaël ont souhaité développé leur propre jeu, plus gamer, basé sur le même film.

Mais la filiation avec le jeu original de François Bachelart est évidente, indissociable, et ce dernier ne semble pourtant pas mis “dans la boucle” du développement à aucun moment. Wonderdice de son côté assure avoir développé le jeu pendant un an et demi avec toute une équipe de beta-testeurs pour finalement arriver à un jeu “complètement différent”.

Reste que le jeu de départ était bien celui de François Bachelart et qu’il n’apparaît nulle part dans les crédits. “Maladresse, manque d’expérience et stress lié à la licence se sont mêlés quand nous avons pris la décision de faire cavalier seul. Nous n’avons réalisé à aucun moment ce qui couvait jusqu’à ce que cela nous explose au visage”. (Pourtant il semblerait que leur précédent titre, Play Me, ait déjà donné lieu à des complications du même genre avec son auteur, Martin Wolyo…mais cela reste une autre histoire sur laquelle investiguer !). 

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Il s’avère que François avait été mis au fait que Wonderdice travaillait toujours sur un jeu très inspiré (“à ce niveau c’est pas inspiré c’est aspirant” nous dira-t-il non sans humour) de son proto il y a de cela quelques mois, quand la boîte du “nouveau Nostromo” a atterri chez Edge. Wonderdice cherchait un distributeur pour le jeu, et de fil en aiguille le jeu est arrivé là-bas. Mais Edge connaissait l’ancien proto initial de François Bachelart pour l’avoir étudié longuement il y a plusieurs années.
À ce moment-là, l’auteur est averti, étonné et mécontent, mais ne pense pas à prendre contact avec Wonderdice pour avoir plus d’explications, “je pensais que ça allait en rester là” raconte-t-il. Il est vrai que pour un auteur il n’est pas évident de savoir comment réagir, surtout étant donné qu’il existe peu de recours et de jurisprudence en la matière. 

 

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Aldébaran et Nathanaël ont finalement eu la possibilité d’obtenir la licence Alien, et décident de prendre le pari de s’offrir cette opportunité (l’année 2019 fêtera le 40e anniversaire de la saga). Ils arrivent finalement à un jeu, qui n’a “plus rien à voir avec le jeu familial du départ” dit Nathanael. 

C’est la veille du lancement de la pré-commande que la tempête internautique éclate. “On a reçu des insultes, des menaces, des appels au boycott, ce qui est d’ailleurs interdit par la loi.” raconte-t-il. “Pourtant nous avons par ailleurs proposé à François de faire un jeu familial basé sur son Nostromo, avec un look plus cartoony, mais il n’a pas donné suite”. L’auteur reconnaît avoir reçu cette proposition mais ne l’avoir pas considérée sérieusement, étant donné le contexte actuel.

“La meilleure issue pour moi, c’est qu’ils abandonnent le projet” nous confie l’auteur qui souhaiterait pouvoir reprendre son œuvre en main pour la développer comme il l’entend, et ce avec un autre éditeur. « S’ils étaient venus m’expliquer qu’ils avaient besoin d’un jeu plus gamer, je l’aurais travaillé en ce sens. » regrette-t-il, « Je l’aurais fait, ça fait partie du boulot d’auteur ». 

L’issue de l’affaire, personne ne la connaît aujourd’hui, mais cela pourrait bien se terminer devant les tribunaux. Un tel cas pourrait-il alors servir de jurisprudence pour éviter de nouveau que des situations analogues se reproduisent ? Un terrain d’entente peut-il encore être trouvé entre les deux parties ? Affaire à suivre… 

 

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29 Commentaires

  1. tata sofire 18/04/2018
    Répondre

    Merci pour l’article qui permet d’avoir la version des deux camps.

    Juste une petite correction c’est François Bachelart avec un T pas un D. (mais bon c’est un détail)

    • Photo du profil de atom
      atom 18/04/2018
      Répondre

      Merci pour ta vigilance, c’est modifié.

  2. PREVOT Nicolas 18/04/2018
    Répondre

    Le lien des règles du jeu de François Bachelart directement sur son blog : http://data.over-blog-kiwi.com/0/80/83/94/20140120/ob_4c0e37_re-gles-nostromobd.pdf

  3. Damien 19/04/2018
    Répondre

    Merci pour cet article. Cela n’a l’air de rien, mais a force de lire des saillies sur les réseaux sociaux, des news qui relaient les dossiers de presse, des blogueurs en roue libre, le simple fait de voir un papier s’attacher aux faits et croiser les sources remonte le moral. Cela aurait pu être plus fouillé malgré tout: est ce que la stratégie de la Saj, que Faidutti présente comme ‘union’, sur bgg, ce qui ne fait que renforcer la dimension syndicale sous jacente, est adaptée ? Pourquoi balancer ça en place publique ? Quelle est la dimension ‘politique’ de ce coup ? Il faudrait creuser cette impression que régulièrement on brûle des sorcières en place publique, souvent des nouveaux venus immatures et maladroits, souvent des petits. Coïncidence amusante, cette petite aventure arrive juste après un reportage sur le caractère opaque du milieu et la précarité des auteurs.

    • Tom Vuarchex 20/04/2018
      Répondre

      Oui, il me semble que ce genre d’événement justifie l’existence de la SAJ. Comme tu le souligne, les réseaux sociaux provoquent des réactions qui partent dans tous les sens, il apparaît donc nécessaire que des entités bien définies et  identifiées se positionnent et donnent leur avis. C’est un outil de régulation de l’information.
      D’autre part, un auteur floué peut se sentir seul dans ce genre de situation, il est bon qu’il puisse se tourner vers un groupe qui puisse l’aider et le conseiller. Nous n’en sommes pas encore là mais la SAJ pourrait également apporter une aide juridique, cela ne semblerait pas déconnant.
      Quand au fait de « balancer ça sur la place publique », c’est tout simplement la meilleur solution. Dans ce genre de cas, l’information est capitale et il vaut mieux un bon bad buzz qu’un procès qui coûte cher à tout le monde, quel que soit le résultat. Le juridique est vraiment la dernière étape qu’il faut éviter autant que possible, après avoir épuisé toutes les autres options.
      Etre « immature et maladroit » n’excuse pas tout, les réactions ont été fortes sur ce cas mais cela paraît plutôt sain que la communauté ludique condamne ce genre de pratique qui doivent être combattues, quelle que soit la taille et l’expérience de la société fautive.
      En ce qui concerne l »opacité » du monde ludique, le mot appartient au journaliste qui l’a prononcé et a été abondamment raillé. Le monde ludique n’est pas plus opaque que le reste des business existants. Il est juste plus pratique pour un journaliste de dire qu’un domaine est opaque plutôt que de dire que c’est un domaine que l’on ne connaît pas ^^

      • damien 20/04/2018
        Répondre

        Bien sûr, on ne peut qu’adhérer à un mouvement collectif des auteurs. Je suis globalement d’accord avec ça. Avec quelques réserves, cependant: 1) il me semblait intéressant de pointer que cela semble montrer une structuration / transformation de la SAJ, vers quelque chose qui pourrait s’apparenter à un syndicat. 2) Que cette action « syndicale » est un peu maladroite et désordonnée, selon moi, en termes de communication, du moins par rapport à d’autres syndicats que je peux croiser. 3) Qu’elle porte sur un épiphénomène relativement marginal et singulier et pas sur un phénomène systémique et des acteurs déjà présents depuis longtemps. C’est la différence avec par exemple une réflexion autour d’un pourcentage minimum de rémunération de l’auteur, sur l’éthique des conditions de production, ou sur la redistribution des richesse. 4) Que cette enflammade, que j’ai du mal à trouver saine pour ma part, en rappelle d’autres par le passé (je sais pasWitty Games au hasard). Quant au reportage, il avait les travers habituels du genre (trouver un axe qui fait un peu spectacle, aller chercher des acteurs parisiens, donner des chiffres sans les contextualiser), et c’est vrai que le terme « opacité » en fait partie. Mais il était pas si mal, et pour avoir parcouru le fil de la SAJ, je trouve que la question de la précarité et du manque de clarté fait quand même partie des choses sur lesquels les gens s’expriment.

        • Tom Vuarchex 20/04/2018
          Répondre

          Alors, pour clarifier la « communication », je précise que bien qu’adhérent à la SAJ, je n’y suis que très peu impliqué et que je parle ici en mon nom seulement.Cette union est jeune et semble malgré tout inévitable compte tenu de la professionnalisation du secteur. Les syndicats que vous croisez sont surement installés depuis bien plus longtemps, laissez donc un peu de temps pour que tout cela s’organise de manière cohérente et pertinente.D’autre part, se prononcer sur un événement ponctuel n’empêche pas de réfléchir à des sujets de fond. D’ailleurs, le cas qui nous occupe est assez symbolique de la problématique du statut d’auteur et je ne le vois pas comme un ‘épiphénomène relativement marginal’, j’aurai été déçu que la SAJ ne se prononce pas là-dessus.

  4. ppradon 19/04/2018
    Répondre

    Effectivement merci pour cet article qui pose clairement les tenants et les aboutissants de l’affaire.

  5. Guillaume Sandance 19/04/2018
    Répondre

    Merci beaucoup pour l’article ! Je suis 100% d’accord, c’est vraiment bien d’avoir le retour des deux parties. Si j’ai bien compris, l’éditeur est donc parti d’un jeu existant (univers, nom, objectif, mécanique de base) pour développer sa version plus complexe avec différents types de cartes, des types de jetons, une mise en place plus fluide et des conditions de victoire alternatives. Personnellement, je comprends l’auteur de la première version et les soutiens qui sont exprimés, le thème et les mécaniques qui en découlent sont devenus des éléments importants dans les productions actuelles et ne pas être associé peut laisser un goût amer. J’espère sincèrement que l’éditeur et l’auteur trouveront une solution ensemble.

  6. Galonnier 19/04/2018
    Répondre

    Quand on sait que l’auteur de Play Me, le premier jeu de Wonder Dice, n’a pas été crédité sur la boîte et n’a pas touché de droits d’auteur, ça laisse songeur sur les méthodes de cet éditeur. S’agit-il vraiment de maladresse quand l’histoire se répète de cette manière ? Je ne crois pas. Heureusement que cette fois-ci l’affaire se médiatise…

  7. Nicolas MATHIEU 19/04/2018
    Répondre

    J’ai lu les 2 règles, on est loin du :

    « Ils arrivent finalement à un jeu, qui n’a “plus rien à voir avec le jeu familial du départ” dit Nathanael.  »

    c’est du resucée à 99%…

  8. Photo du profil de Umberling
    Umberling 19/04/2018
    Répondre

    Pour rappel, le plagiat n’existe pas, juridiquement. On parle d’un délit de contrefaçon, décrit ainsi par le code de la propriété intellectuelle : toute reproduction, représentation ou diffusion, par quelque moyen que ce soit, d’une œuvre de l’esprit en violation des droits de l’auteur, tels qu’ils sont définis et réglementés par la loi.

    Le fait de ne pas mentionner un auteur, ou de ne pas le consulter, ou de publier sans son avis oral ou écrit viole son droit moral, quand celui de ne pas le rémunérer viole son droit patrimonial.

    Fin de l’info juriste. 😉

     

    @Damien : la coterie/union/syndicat qui gronde est un autre sujet. Il commence à devenir complexe de traiter le sujet Nostromo sans l’évoquer, mais il s’agit de choses finalement assez différentes.

  9. Aldébaran Geneste 19/04/2018
    Répondre

    Bonjour à tous,

    Je tiens d’abord à m’excuser pour notre délai de réponse, nous préférions en effet, avoir une meilleure vision d’ensemble avant de faire un communiqué plus officiel.
    Nous sommes très peinés par la situation et assez abasourdis par ce qui se passe en ce moment autour du projet Nostromo. Nous cherchons sincèrement à faire la bonne chose dans cette situation c’est pourquoi nous avons  pris contact avec François Bachelart au début de cette campagne, afin de clarifier les choses et de voir ce qu’il est possible de faire ensemble.

    Au vu d’une situation échappant à notre contrôle que nous avons dû gérer depuis avant-hier, nous n’avons pas encore eu l’occasion d’avoir une vraie discussion avec François et nous pensons qu’il est important d’aborder le sujet posément avec lui.

    Il est évident que nous sommes parfaitement contre le plagiat, d’autant plus que le milieu du jeu de société est un milieu que nous aimons et que nous respectons. Les concepteurs de jeu font un travail formidable et il nous tient à coeur qu’il soit valorisé et rémunéré à sa juste valeur.

    Nous vous tiendrons au courant des prochaines étapes.

     
    -Aldébaran Geneste

    • orc-en-tongs 19/04/2018
      Répondre

      Superbe réponse ! Ils doivent être heureux tes collaborateurs !

    • Nicolas Guibert 20/04/2018
      Répondre

      Puisque vous êtes là, Aldébaran, pouvez-vous expliquer les commentaires sur le précédent jeu « Play Me » qui présenterait déjà le même problème ?

  10. Loren Jeu 20/04/2018
    Répondre

    Merci beaucoup pour cet article; concernant Play Me j’ai trouvé cet article dans un blog https://www.boiteamalicedemamanfee.fr/au-coeur-du-pays-des-merveilles/  pour ma part lorsque l’on m’a présenté Play Me, dans un cadre professionnel, c’était en présence du même monsieur au chapeau et j’avais cru comprendre qu’il en était l’auteur…alors chacun se fera son idée…moi c’est bizarre mais j’ai maintenant une certaine amertume dans la bouche…j’avais apprécié ma rencontre avec ce personnage haut en couleur qui dénotait avec le reste de l’assemblée

  11. orc-en-tongs 24/04/2018
    Répondre

    L’auteur demande L’arrêt de la commercialisation: Chers amis,
    Concernant l’affaire « Nostromo ».
    J’ai vu passer des informations précisant qu’un accord avait été trouvé avec Wonderdice.
    Il n’en est rien ! Je n’ai rien signé, rien accepté à ce jour… Même si j’avais ouvert la porte à la négociation.

    Je n’ai rien à cacher, aussi voici où j’en suis actuellement :

    Au premier coup de fil, m’avaient été proposés deux choses :
    1 – Mettre dans le crédit des règles « D’après une idée de François Bachelart »
    2 – Me proposer de développer avec eux un autre jeu si le premier était un succès…

    C’est très vexant d’être pris pour un singe à qui on lance une poignée de cacahuètes… si si !
    Mais je suis resté calme et serein toujours dans l’idée de trouver un terrain d’entente, donc j’ai fait évoluer les choses… Ils ont semblé offusqués quand j’ai commencé à parler « argent » car bien sûr, c’est bien connu, les auteurs ne sont que des passionnés qui vivent de carton plume et de colle en bombe !

    Après plusieurs échanges et une évolution progressive des conditions, j’ai reçu un protocole d’accord « rédigé » par l’équipe WD. Le contenu de ce protocole m’offrait l’équivalent d’un contrat de droits d’auteur (sans cette appellation), une mention sur la boite du jeu « d’après une idée de François BACHELART » (ils ont refusé de mentionner : Auteur : FB) et une avance sur ce que je pourrais toucher sur les ventes.
    Tout cela en échange de mon silence et de toute remarques pouvant nuire à la réputation de WD.
    Ce document est parti chez mon avocat qui a du tout corriger ce lundi (orthographe, grammaire et flou juridique et autres erreurs qu’un juriste ne pourrait pas faire). L’absence de RCS l’inquiète beaucoup d’ailleurs… Au passage j’ai demandé le numéro de RCS de la structure commerciale de Mr Genest à la demande de mon avocat il y a plus de 24h00, et comme tout ceux qui l’ont demandé, j’attends toujours. Ont ils une société commerciale ? C’est un autre problème.

    Bref, j’ai essayé de suivre la voie de la négociation avec l’équipe de Wonderdice.
    Je m’attendais malgré tout à une proposition plus intéressante au final. Ou au moins plus intéressante qu’un contrat classique, ce qui était à mon sens la moindre des choses.

    Deux évènements supplémentaires m’ont poussés à mettre fin aux négociations :
    1 – Un coup de fil agressif Dimanche midi de Nathanaël destiné à me pousser à signer leur protocole tout pourri. Protocole ayant pour but de me faire taire et d’accepter leurs propositions…
    2 – La vidéo postée aujourd’hui…

    Je ne vais pas la détailler point par point… Elle est pleine de mauvaise foi et d’inexactitudes. Par exemple, Aldebaran ne m’a pas envoyé un mail avant ou au moment du lancement de sa « campagne » comme il le dit, mais après qu’il ait constaté les problèmes avec la communauté. Le mail (que j’ai conservé) date du mardi 17 avril à 10h28. (moi au moins, je suis précis). Et si on creuse un peu, je serais presque responsable du fait que mon jeu sorte sans ma participation puisque je ne revenais pas vers eux… Comment pouvais je deviner ces deux dernières années qu’un groupe d’individus développerait mon prototype pour le commercialiser ???

    Je n’avais déjà pas envie de travailler avec Wonderdice avant, mais au regard de cette vidéo, encore moins !
    Je me trouverais à être contraint de travailler avec des gens que je n’estime pas. Qui, même pris la main dans le sac sont dans un total déni (ou presque). Qui m’obligeraient à travailler avec eux parce qu’ils ont emprunté mon prototype. Qui me proposent en échange de mon silence, une avance sur vente et un contrat d’un niveau de rémunération inférieur à ce que je connais déjà avec de vrais éditeurs. Qui se plaignent de ne pas avoir de capitaux. Qui sont d’un amateurisme rare et qui se croient plus malins que les autres. Non, et non !
    Et faire croire qu’en développant mon jeu, ils aboutissent à un jeu différent qui ne m’appartient pas, c’est très très fort.

    Pour avoir travaillé avec l’équipe de Edge entertainment sur mon prochain jeu, le version finale qui part bientôt en production est très différente de mon prototype créé 6 ans avant.
    Le travail de développement d’un jeu est capital et peut être très long. Gilles, Stéphane et Hervé ont passé de nombreuses heures avec moi à travailler sur la bête et je remercie encore leur gentillesse et leur professionnalisme. Idem pour l’équipe de Lumberjack qui finalise actuellement avec moi un jeu dans l’univers de la petite mort et on ne compte plus les heures de travail pour développer le concept…
    WD a développé Nostromo. Ils ont du bosser j’imagine, fait travailler un illustrateur, peut être payé une licence, ok, mais ils ont juste oublié de travailler avec l’auteur. Le fait de me proposer une rétribution dans le cadre d’un protocole d’accord, est une preuve supplémentaire évidente qu’il reconnaissent avoir travaillé sur les bases de mon prototype (d’ailleurs ils le disent dans la vidéo).

    Alors non messieurs, ce n’est pas parce que vous avez transformé considérablement un prototype dans le cadre de son développement que le jeu final vous appartient, vous n’avez pas tout compris.
    Dans ce cas, planquez vos protos les gars, car si on laisse passer cela, tous les éditeurs pourrons faire de même. J’en étais conscient depuis le début mais j’espérais aussi que WD comprendrait la gravité de leurs actes et qu’ils assumeraient.

    JE DEMANDE DONC OFFICIELLEMENT A WONDERDICE, OU PLUTOT À L’ÉQUIPE QUI SEMBLE TRAVAILLER SANS STRUCTURE, DE STOPPER IMMEDIATEMENT LA COMMERCIALISATION DU JEU NOSTROMO.

    Je remercie encore toute la communauté ludique, les joueurs, les auteurs, les éditeurs d’avoir réagi et de continuer à réagir car cela touche en effet tous les intervenants du secteurs surtout si l’équipe WD s’en sort sans bobo.
    Amis joueurs, fan d’Alien, je ne vous jetterai pas la pierre si vous achetez ce jeu, mais sachez que derrière tout cela, il y a un auteur passionné, fan tout comme vous d’Alien qui dénonce l’utilisation abusive de son travail et qui pourrait ne rien toucher dessus.

  12. olivier 25/04/2018
    Répondre

    bonjour,

    avec une vision professionnelle qui m’entraîne sur un plan juridique plus que logique, je me suis intéressé à un autre aspect de l’affaire : la situation juridique de wonderdice et la formalisation de leur offre commerciale.

    je viens donc de les interroger sur les points suivants :

    – pas de société du nom de wonderdice et aucune société (hors une entreprise de travaux) à l’adresse utilisée par wonderdice

    – pas de mention d’un droit de rétractation, obligatoire pour toute vente à distance

    – pas de coordonnées téléphoniques dans le cadre d’un achat à distance (loi chatel)

    – pas de conditions de vente en français alors que la proposition commerciale est issu du territoire national (loi du 04/08/1994)

    – application uniquement du droit de l’état de new-york (usa) à une proposition commerciale issue du territoire nationale français

    je ne juge pas sur le fonds du plagiat mais je m’étonne de la forme de la proposition qui pourrait valoir à ses responsables (difficile à déterminer d’ailleurs sans société apparente) plusieurs amendes conséquentes.

    bon courage à françois pour faire valoir ses droits.

     

  13. Redfish 27/04/2018
    Répondre

    Tric-trac vient de purement et simplement supprimer le topic qui centralisait toute l’affaire… c’est moche.

    • Photo du profil de Fredovox
      Fredovox 27/04/2018
      Répondre

      C’était partit en pugilat ? Ou juste par crainte des représailles « théoriques » ?

      • Photo du profil de fouilloux
        fouilloux 27/04/2018
        Répondre

        Il est pas supprimé, juste visiblement tout le monde ne peut plus y accéder. Moi par exemple je peux plus. Mais il est visiblement encore alimenté.

        • Redfish 28/04/2018
          Répondre

          Accès interdit… mais ça faisait déjà 48h que le sujet était clôturé, donc personne ne pouvait poster.

          • Photo du profil de fouilloux
            fouilloux 28/04/2018

            Je crois qu’il ne l’est plus: il me semble qu’il est mis à jour régulièrement.

          • Photo du profil de fouilloux
            fouilloux 28/04/2018

            Pardon je précise: il me semble qu’il reste interdit au pékin moyen, mais qui n’est plus bloqué.

  14. LTH 27/04/2018
    Répondre

    WD à clairement dit qu’ils allaient très probablement réaliser des plaintes si leur jeu se vendait pas et on fait des captures avec huissier. et menacé aussi TT, notamment le titre du sujet avec le mot plagiat ne leur allait pas.

    qu’ils étaient à deux doigts de pense que l’industrie du jeu de société avait comploté contre eux & co

    et tout ça avec un ton…

    sur le même sujet, ils avaient menacés plusieurs personnes

    et dans le même message ils disent que l’affaire est finie. vu avec l’auteur.

    puis post quelques minutes apres pour dire l’inverse côté auteur.

     

  15. Photo du profil de fouilloux
    fouilloux 27/04/2018
    Répondre

    Oui ils viennent de sortir un communiqué de presse ici: https://kotaku.com/alien-board-game-accused-of-plagiarism-1825551686.

     

    • Gougou69 28/04/2018
      Répondre

      C’est ce qu’on appelle avoir de l’aplomb. Comment peuvent-ils penser pouvoir s’en sortir en menaçant à tort et à travers ? Franchement, s’il n’y avait pas eu le précédent de leur premier jeu, j’aurais penché pour de l’amateurisme exacerbé concernant toute cette histoire. Mais en plus là, vouloir faire les Calimero (Ouinnnn !!! Tout le mode il est jaloux qu’on a fait un super jeu et on fait rien qu’à nous faire du mal) tout en brandissant la trique en direction de ceux qui osent ne pas voir en eux uniquement des victimes… Comment dire… c’est pathétique. Voilà, c’est le mot : pathétique.

  16. Photo du profil de Djinn42
    Djinn42 28/04/2018
    Répondre

    Je bloque encore sur la chronologie proposée par Nathanaël de Wonderdice :

    1.Aldebaran jouant à un prototype appelé Nostromo.
    2. Contacts épisodiques avec l’auteur en attendant qu’Edge se décide.
    3. Contacts plus précis sans signature de contrat ni engagement.
    4. Négociation de la licence auprès de la Fox avec le soutien financier de CMON.
    5. CMON lâche Wonderdice, le jeu ne rempli pas leurs critères.
    6. Achat malgré tout de la licence Alien (en worldwide !) avec les moyens du bord (proches ?).
    7. « Amélioration » du prototype original sans contact avec l’auteur.
    8. Réponse à un vieux mail de l’auteur qui vient aux nouvelles la vaille du lancement de la campagne de financement.

    Je trouve fabuleux Aldébaran et Nathanaël. Acheter une licence Worldwide sans être liés par contrat avec l’auteur et son prototype pour finalement le développer dans leur coin sans lui en parler. Et à la fin le déposer sur la table de Edge qui a vu passer plusieurs années plus tôt le prototype original.

    C’est tout simplement du génie.

    Menacer ensuite les joueurs de rembourser le manque à gagner à cause de la diffamation.

    Expliquer que ce n’est pas complètement de leur faute car les concurrents ne leur ont pas dit qu’ils faisaient une bêtise.

    Je suis un immense fan. Vivement la suite.

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      Fredovox 30/04/2018
      Répondre

      On est sur du très très grand couillon à ce niveau là ! Respect.

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