Exceed, Battlecon jusqu’à l’excès ?

Intro à la TSR. Elle est passionnante, mais longue. Cliquez sur les boutons pour aller où vous voulez.

Le Just Played pour Battlecon de Level99 Games fut l’un de mes premiers articles. J’ai déjà dit tout le bien que je pensais de ce jeu dans par ici, je pense qu’il est inutile que je revienne dessus ;-). Je suis toujours d’accord avec 100% de ce que j’ai écrit. Battlecon a été pour moi une révélation, le jeu que j’ai toujours rêvé d’avoir sans bien le savoir, et il m’a été livré par l’excellentissime Brad Talton, l’homme-orchestre de Lvl99 Games.

Il y a bien peu de choses que je peux reprocher à ce jeu, qui fait très peu de concessions. C’est un titre exigeant sans être complexe, avec une courbe d’apprentissage savamment dosée au travers du ranking des personnages, du plus simple à jouer vers le plus complexe, et d’une profondeur assez vertigineuse. Le matériel est riche sans sombrer dans le kiloplastisme le plus féroce (un parti pris qui reste frais en ces temps de KS au poids), et surtout, surtout, les sensations de jeu sont réellement intenses. Jamais avant Battlecon, un jeu n’avait approché d’aussi près une version sur plateau des Street Fighter / Guilty Gear / King of Fighters de mon adolescence.

 

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Mais aussi, la partie que je préfère dans Battlecon, c’est l’absence totale de hasard. Tout est dans la tête ! Bluffer, connaître son personnage et celui de son adversaire, savoir anticiper les coups, c’est la combinaison gagnante !

J’adore. Battlecon est un jeu fantastique.

SHA-MAN : TSR recommence ! Il parle pas du jeu qu’il y a dans le titre de l’article !

Ça va, ça va, pas la peine de cafter…

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NON SHA-MAN PAS LA CHIGNOLE !!!

 

Non je ce que je voulais dire c’est que pour moi, Battlecon était la Chapelle Sixtine de Talton, son Requiem, son Grand Œuvre, celui qui ouvrirait à son designer les portes du Paradis Ludique, une gigantesque Ludothèque Céleste où on trouve toujours les joueurs pour jouer pile à ce qu’on veut, autant qu’on veut. Et la bière et les pizzas sont gratuites. Après, le fait que son arrivée au paradis soit liée à un décès prématuré aux mains d’un maniaque qui l’a forcé à un début de partie d’Agricola est un drame comme personne ne devrait jamais en connaître, mais c’est une autre histoire.

Pouf, pouf.

Je ne pensais pas que quelqu’un pourrait un jour penser à afficher l’ambition folle de « faire mieux » que Battlecon. Surtout, après un nombre très conséquent d’extensions, plus d’une centaine (je pèse mes mots) de personnages, des modes de jeu à gogo, la tâche semblait tout simplement inimaginable.

J’en étais arrivé à afficher vis-à-vis des pauvres âmes qui tentaient le coup une hilarité moqueuse teintée d’un dédain certain pour ce que j’estime être un crime de lèse-majesté.

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Si si. Là, c’est moi, avec une hilarité teintée de dédain.

 

Alors imaginez mon désarroi lorsque Brad Talton lui-même a décidé de s’y coller. Me voilà bien embêté. Sauf que si quelqu’un peut affiner, streamliner, améliorer Battlecon, c’est bien lui.

Le doute s’installe.

Mais parlons du jeu !

Exceed est une version distillée de Battlecon. L’auteur a décidé d’aller jusqu’au bout de sa démarche, notamment avec la disparition quasi-complète du matériel de jeu.

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Pour résumer, c’est un jeu d’affrontement pour deux joueurs, où chacun des deux adversaire entre dans la peau d’un combattant.

Là où on parle du matériel

Là où Battlecon présentait une boîte certes dépourvue de figurines mais pour autant pleine d’un matériel pléthorique en termes de carton avec des standees (silhouette cartonnées), des jetons, un plateau pliable, Exceed prend le contre-pied : en termes de matériel, on a affaire à un pur jeu de cartes, jusqu’à FORMER UN PLATEAU DE JEU AVEC DES CARTES.

 

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Sur ce coup-là, je vous avoue que j’ai du mal à le suivre. Le jeu perd terriblement en punch et en agrément à l’oeil. Evidemment, je n’ai rien contre les jeux de cartes, et on peut probablement louer la créativité de l’auteur, mais poser 9 cartes sur la table pour former le plateau reste un peu léger à mon sens. D’autant que le format de la boîte permettait parfaitement de loger un petit plateau de carton comme celui de War of Indines ou Fate of Indines (oui, j’ai absolument tout). Carton jaune sur le matériel.

Autre détail, on n’a pas de matériel DU TOUT pour compter les points de vie. Au début de chaque duel, chaque adversaire a 30 points de vie, et globalement (j’y reviendrai) le premier qui arrive à amener son adversaire en dessous de 0 (ou à 0) a gagné. Il faut donc garder un décompte précis et visible des points de vie des deux joueurs, et sur ce coup-là, soyons clairs, on nous envoie voir ailleurs. Pas le moindre jeton, la moindre roue de score, rien. Sors ton papier et ton crayon, ou bien télécharge l’une des 246374 applications sur internet qui permettent de faire ce genre de compte (personnellement, j’utilise Star Realms Scorer, mais chacun son truc). Bon, bah : re-carton jaune, ça coutait quand même pas cher de rajouter deux, trois bricoles pour compter les points !

Par contre, comme d’habitude avec cet éditeur, les illustrations sont vraiment chouettes, dynamiques, stylées et totalement en accord avec le style du  jeu.

Donc autant j’étais un peu déçu par le plateau de jeu (ou l’absence de), autant le jeu se rattrape largement en proposant des visuels réussis et colorés. Bon, clairement pas tous l’oeuvre d’un seul artiste, on aime ou on n’aime pas. Personnellement je suis pour la cohérence au niveau graphique, mais comme vous allez le voir, en l’espèce, chaque deck de personnage a été fait avec un artiste précis et donc on a toujours des cartes assorties en main.

 

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Il y a au moment où j’écris ces lignes 4 boîtes de base d’Exceed sur le marché, chacune contenant 4 combattants uniques. Chaque boîte est suffisante pour jouer.

En général, un combattant correspondra au matériel suivant :

  • 1 carte à son effigie qui permettra de le matérialiser sur le terrain
  • 1 carte aide de jeu
  • 14 cartes spéciales (2 exemplaires de 7 cartes différentes) spécifiques au personnage. Parmi celles-ci, 2 x 2 sont particulières, ce sont les cartes « ultra », super balèzes, et qui sont magnifiques avec un effet de reflet métallique particulièrement réussi.
  • 16 cartes de base (2 exemplaires de 8 cartes différentes). Ces 16 cartes sont communes à tous les decks de personnage, mais l’éditeur a cru bon d’en mettre 4 paquets par boîte, ce qui fait que chaque personnage a son deck complet, pas besoin de trier les cartes quand on veut passer d’un personnage à l’autre. Et ça c’est une largesse de l’éditeur que j’apprécie beaucoup.

 

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Comparaisons (a priori) avec Battlecon

 

► Là où ça ressemble pas du tout à Battlecon (a priori)

Je ne vais pas vous refaire l’article sur Battlecon, mais le caractère épuré des mécaniques était vraiment ce qui m’avait séduit. On a en main 5 bases parmi 7, 3 styles parmi 5, on choisit la meilleur combinaison possible, et on y va !

C’est pas ça du tout dans Exceed. Dans Exceed, on a un deck composé de cartes communes et de cartes spécifiques au personnage que l’on joue. On va mélanger ce deck, se former une main de 5 cartes, et commencer la partie.

À chaque tour, on tire une carte puis on choisit une action. Il va falloir gérer la taille de sa main, c’est probablement l’un des points les plus importants dans Exceed, car un joueur avec peu de cartes dans sa main est un joueur qui a très peu d’options et qui va donc avoir du mal à prendre l’avantage sur son adversaire.

Je sais ce que vous vous dites. Ça ressemble vachement plus à Netrunner (voire Magic !) qu’à Battlecon. Et du coup, on retombe sur quelque chose que je supporte mal dans beaucoup de jeux de cartes, la dépendance en la pioche.
La gestion de la main est ici véritablement critique, car quasiment quoi qu’on fasse comme action, cela va consommer des cartes (alors bon, à part l’action « piocher une carte », hein, bien sûr) et lorsqu’on n’a plus de cartes en main, on est véritablement une proie très facile pour son adversaire, et on ne peut plus compter que sur la chance.

Bref, j’aime pô cet aspect du jeu, a priori. Ça rajoute de l’aléatoire là où Battlecon avait réussi l’exploit de ne pas en avoir du tout, et je vois ça comme une régression.

Autre changement radical : on joue chacun son tour et pas en même temps comme à Battlecon. Etrange.

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► Là où ça ressemble à Battlecon (a priori)

Quand on regarde les cartes, elles ressemblent quand même assez méchamment à celle de Battlecon : elles ont une priorité, une puissance, une portée, des effets, on reconnait des mots vus 100 fois à Battlecon (ok, on remplace « Soak » par « Armor » et « Stun Guard » par « Guard », mais cela correspond exactement aux mêmes effets de jeu).

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On va avoir à faire à exactement la même logique de résolution que dans Battlecon, où le but du jeu sera de manoeuvrer pour être à portée de l’adversaire, tout en étant hors de portée pour lui, ou alors de le frapper en premier, suffisamment fort pour qu’il ne puisse pas répliquer. Cette partie-là est honnêtement rigoureusement identique.

À chaque fois qu’on résout un « Strike » à Exceed, on a l’impression de résoudre un « Beat » de Battlecon : chaque joueur choisit dans sa main l’attaque qu’il pense être la plus à même de porter violemment atteinte à l’intégrité physique de l’adversaire, et on révèle en même temps. Mais voilà : là où Battlecon proposait une simple série de beats qui se succédaient, Exceed fait de cette phase l’une des options possibles pour chaque joueur à chaque tour, pas la seule.

Vous vous demandez sûrement pourquoi j’ai précisé dans les deux paragraphes précédents « a priori ». C’est parce que cela signifie « à la lecture des règles », et pas « après quelques parties ». À la lecture des règles, Exceed est un mélange un peu bâtard de Netrunner (avec des decks préconstruits, ici les personnages sont totalement monolithiques) et de Battlecon. Mais après quelques parties, on se rend compte qu’il s’agit d’un jeu tout à fait différent.

Exceed, comment ça marche ?

Oui, car je vais bien vous en parler un jour quand même.

Deux adversaires vont se mesurer l’un à l’autre sur une arène mono-dimensionnelle jusqu’à ce que l’une de ces deux choses arrive :

  • L’un des deux adversaires s’effondre, K.O., aux pieds de son adversaire triomphant, qui a dans le regard la satisfaction de la victoire, le respect de son adversaire, et la rage de vaincre (bon sinon, l’un des deux combattants n’a plus de PV en termes de jeu).
  • L’un des deux joueurs devrait remélanger son deck pour la deuxième fois. Alors là, thématiquement parlant, je suis sec. À part dire que l’un des deux combattants se met debout sur une pierre en criant « pouce mouillé, je rentre ! », je ne vois pas. Bref, sachez qu’on a le droit de mélanger sa défausse dans son deck une fois dans ce jeu, mais pas deux. C’est comme ça.

 

Heureusement, la deuxième condition de fin de partie n’arrive que très, très rarement, et c’est bien suite à un décrochage intempestif de mâchoire que le combat s’arrête en général. Oui, les parties se terminent d’une façon relativement satisfaisante (pour l’un des deux joueurs au moins).

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Exceed est de manière générale plus simple que Battlecon, même si la lecture des règles ne donne pas cette impression. On va avoir globalement avoir à gérer 3 types de ressources dans Exceed :

  • Les points de vie. No comment. Ah, si. Certains personnages jouent vraiment de leurs points de vie comme d’une monnaie et peuvent les troquer contre des bonus et des pouvoirs intéressants.
  • La « Force » : elle est utilisée essentiellement pour se déplacer et pour payer le déploiement de « boosts » très puissants. 
  • La « Gauge » (prononcer « Gay-je ») : c’est la ressource la plus rare du jeu, qui sert à payer les attaques et les boosts les plus puissants, et qui sert aussi à transmuter son personnage en super sayan par l’action « Exceed ». Voir plus bas !

 

Bref, dans Exceed, chaque joueur joue à son tour. Lorsque vient son tour de jeu, il va d’abord faire un choix très structurant :

► Soit il déclenche un « Strike » (j’y reviens plus loin, c’est le moment de tension du jeu)

► Soit il tire une carte et fait une action qui peut être :

  • « Prepare » : tirer une carte en plus de la première
  • « Move » : se déplacer en dépensant des points de force (en gros, en dépensant des cartes de sa main ou mises en réserve)
  • « Boost » : il peut jouer une carte pour déclencher un effet de jeu immédiat (résolu immédiatement, comme bouger ou piocher des cartes) ou durable (jusqu’au prochain Strike, en général). De manière générale, ces « boosts » permettent d’améliorer les caractéristiques de son personnage, genre « +2 Speed jusqu’au prochain Strike)
  • « Change cards » : comme son nom l’indique, on peut mettre défausser des cartes pour en tirer de nouvelles. Dans certains cas précis, les cartes sont beaucoup plus intéressantes dans votre défausse que dans votre main, faisant de cette manoeuvre un élément important de votre stratégie
  • « Reshuffle » : comme je le disais plus haut, si vous avez déjà joué les cartes de votre deck les plus puissantes et que vous vous voyez mal finir la partie sur une jambe, vous pouvez toujours décider de tout mélanger à nouveau. Attention, si vous arrivez à la fin du deck après cela, vous n’aurez plus la possibilité de mélanger à nouveau et devrez concéder la partie (voir « Pouce mouillé ! » plus haut)
  • « Exceed » : transformation en Super Sayan. Votre personnage se distingue des autres à la fois par les cartes spécifiques de son deck, mais aussi par son pouvoir spécial qui est porté sur la carte de personnage (celle qui le matérialise sur le terrain). Ce pouvoir existe dans sa version de base (au début de la partie) mais il peut être amplifié en passant en mode « Exceed » en dépensant un certain nombre de points de gauge.

 

Sur l’exemple ci-dessus, l’ami Ulrik (go-go dancer de son état, mais ne lui dites pas que c’est moi qui vous l’ai dit) possède un pouvoir lui permettant de jouer les intervalles en mode « je me rapproche et je t’en colle une de près » ou « je m’éloigne et je t’en colle une de plus loin ». Si on paie 3 points de Gauge dans le cadre d’une action « Exceed », le joyeux drille se retrouver avec un pouvoir plus efficace. Une case de plus, c’est peut être un détail pour vous, mais pour la face de son adversaire ça veut dire beaucoup, croyez moi.

Tu te sens Lucky, tu Strikes

Le Strike est l’une des phases les plus importantes du jeu, bien sûr, puisque c’est dans cette phase qu’on va pouvoir enfin opérer le rapprochement tellement anticipé de vos phalanges (de main ou de pied, c’est selon) et du cartilage nasal de l’adversaire.

Je ne vais pas revenir sur la structure et la résolution d’un « strike » car cette phase ressemble en tous points à un « beat » de Battlecon : chaque joueur choisit en secret dans sa main la carte à jouer, puis on révèle en même temps et on résout.

La différence avec Battlecon tient en cela que votre choix se limite aux cartes que vous avez en main à ce moment-là, on est loin de l’exhaustivité de l’illustre ancêtre. D’un autre côté, cela ajoute au jeu une mécanique de gestion de sa main (et de celle de son adversaire !) qui est extrêmement intéressante, puisque les cartes servent également à se déplacer ou à payer pour bénéficier d’autres bonus (les « Boosts »). Cette mécanique est très importante est fait partie du jeu, puisque faire cracher ses cartes à un adversaire soit par des pouvoirs, soit en le forçant à se déplacer, c’est contraindre ses options pour la suite et prendre sans aucun doute le chemin de la victoire.

Aussi, si dans votre main vous n’avez aucune carte que vous voulez jouer (vous pensez qu’aucune ne vous permettra de prendre le dessus, ou bien vous préférez les jouer plus tard, lorsque les conditions seront meilleures), vous avez la possibilité de vous livrer à un Wild Swing, soit « une frappe en aveugle ».

À ce moment, vous piochez la première carte de votre deck, et vous jouez cette carte pour le Strike. Alors les chances sont quand même que vous allez vous prendre une rouste, mais A/ c’est mieux que de prendre une rouste ET perdre une bonne carte B/ on sait jamais, vous pourriez tirer la carte qui vous sauve et qui se trouve encore en 2 exemplaires dans votre deck :). Ça m’est arrivé, en plus contre Sha-Man, et le regard déconfis qui se peint sur le visage de votre adversaire dans ce genre de circonstance n’a pas de prix ^^ .

Skeptical

Pour le reste, les sensations sont sensiblement les mêmes, avec des logiques d’initiative, de stun, d’absorption des dégâts, on peut repousser ou au contraire attirer son adversaire pour se retrouver hors de portée et le faire rater son coup, etc.

À noter que si vous parvenez à toucher votre adversaire lors d’un Strike vous pourrez déposer la carte dans votre réserve de Gauge, sachant que c’est presque l’unique façon de gagner du gauge : toucher lors d’un Strike, qu’on l’ait initié ou pas.

Une autre différence significative, c’est la gestion de l’Avantage. Cette notion n’avait pas de sens dans Battlecon dans la mesure où à chaque beat, les deux joueurs jouent en même temps. Dans Exceed, les joueurs jouent à tour de rôle (et en même temps lorsqu’un Strike est déclaré). L’Avantage permet à un joueur de jouer à nouveau, que le tour précédent ait été effectué par lui ou par son adversaire. L’un des personnages, Reese, en a même fait sa spécialité avec un tout petit pouvoir de rien du tout : à la fin d’un Strike, il peut payer 1 Gauge pour garder l’Avantage. Du coup, il re-strike. Il vous touche, il gagne 1 Gauge. Du coup, il re-strike. Vous avez saisi l’idée…

Bref les tours des deux joueurs s’enchaînent jusqu’à ce que l’un d’entre eux morde la poussière (en général), ou bien que l’un des deux joueurs arrive au bout de son deck, alors qu’il l’a déjà remélangé une fois (jamais vu arriver).

 

Les sensations de jeu & mon verdict

C’est là-dessus que je vais insister un peu, car c’est probablement le point le plus important pour Exceed. C’est que voyez-vous, Battlecon est grosso modo mon jeu préféré « of all times » comme disent les reviewers Youtubeurs. Et bien je n’ai pas honte de le dire :

Je pense qu’Exceed est un meilleur jeu encore.

Voilà, c’est dit. Du coup, c’est maintenant Exceed mon jeu préféré of all times ?

Non. Je m’explique.

Exceed est un jeu qui est en mesure de séduire un bien plus grand nombre de joueurs, parce qu’il prend l’expérience de Battlecon, ces sensations incroyables, riches, tactiques, haletantes de 2D Fighter et les met en musique d’une façon nerveuse, agréable, et surtout : abordable.
Expliquer les règles d’Exceed prend montre en main entre 5 et 10 minutes quand on sait à peu près ce qu’on fait. Une partie dure entre 10 et 20 minutes. Et on les enchaîne.

C’est bien simple : je n’ai jamais fait UNE partie d’Exceed. Quand je fais découvrir le jeu à quelqu’un, au bout de la première partie, il lève vers moi des yeux pétillants d’excitation et me dit « encore ».

Quand j’ai fait découvrir Exceed à Sha-Man, on s’est vraiment couchés très tard parce qu’on a enchaîné quelques parties. Et le lendemain, il avait commandé toutes les boîtes pour lui-même. Le jeu est d’une nervosité, d’un dynamisme qui vous prend aux tripes et qui vous demande de continuer, de recommencer, de devenir meilleur, de battre Maurice !

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Battlecon reste mon jeu préféré parce que malgré tout, il a un parti-pris beaucoup plus total qu’Exceed. Battlecon va jusqu’au bout de la logique, transforme chaque partie en duel de cerveaux, est exigeant, implacable, ne pardonne aucune erreur, et dispose d’une courbe d’apprentissage assez ardue passé le premier groupe de personnages. Battlecon vous emmène au bout du voyage, quel qu’en soit les difficultés. Vous allez en suer, souffrir, vous dépasser, mais vous aurez une fierté et un sentiment de satisfaction incroyable en arrivant au sommet.

Exceed, lui, vous emmène à votre rythme plus loin que ce que vous auriez cru possible, mais au moment où ça devient un peu plus dur, s’arrête, vous tend une gourde d’eau, et vous dit qu’on s’arrête au bord du lac pour la nuit. Et bien vous savez quoi ? On est bien, au bord du lac. En fait, au bout de quelques temps, on se demande pourquoi on a eu l’idée saugrenue de vouloir aller voir le sommet, alors qu’on est si bien, ici.

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Dans Exceed, pas de personnages à difficulté croissante, ils sont tous mis à disposition dès le début, et s’ils ne sont pas tous aussi faciles à manier, ils sont absolument tous accessibles après quelques parties seulement. Et ils sont (à l’instar de Battlecon) tous différents, apportent tous des sensations nouvelles et exigent des stratégies autres, mais avec une facilité d’accès incomparable. En gros, vous faites une partie avec un personnage, vous comprenez ce que le concepteur a voulu faire. À la deuxième partie, vous faites à peu près ce que vous voulez. Dès la troisième, vous êtes en pleine maîtrise.

Moins compliqué, moins profond que Battlecon ? Sans aucun doute, et c’est pour ça que j’aime autant le grand frère. Mais il faut bien le reconnaître, lorsque j’ai 20 minutes devant moi et un ami pas forcément déjà fan de Battlecon, c’est systématiquement Exceed que je pose sur la table.

Alors, amis lecteurs, laissez-vous tenter par Exceed, qui vous offrira un maximum de sensations pour un minimum d’investissement, et dont les 4 boîtes de base déjà parues pourront vous occuper de bien belle manière (quatre de plus en cours de développement dans le Kickstarter de la saison 2 de Exceed).

Et un jour, qui sait, vous serez peut-être tentés d’essayer une came un peu plus dure, d’augmenter les sensations et le niveau de difficulté.

Et à ce moment là, vous savez où me trouver  🙂 

 

Pub Tipeee grand format copie

 

12 Commentaires

  1. Photo du profil de fouilloux
    fouilloux 25/10/2017
    Répondre

    Toujours un plaisir de lire tes articles, et décidément je me marre à chaque fois.

  2. Photo du profil de Sedenta
    Sedenta 25/10/2017
    Répondre

    Je sais ou te trouver, mais pas à quelle heure 😉

    • Photo du profil de TSR
      TSR 25/10/2017
      Répondre

      Oui, oui je suis impardonnable… Je suis en pleine réorganisation au taf et déménagement perso, donc assez pris en ce moment… Mais on va y arriver promis 🙂

  3. Photo du profil de Antyova
    Antyova 25/10/2017
    Répondre

    Tes articles me font toujours passer par la case « achat frénétique et incompréhension de mon conjoint devant la boite de jeu bizarre ». ^^ Merci TSR.

    J’avais fait une croix (au crayon de papier) sur Battlecon parce que.. j’avais essayé d’être raisonnable, et ma moitié faisait la moue devant le jeu (et un jeu à deux, quand y a pas de deuxième joueur, c’est nul).

     

    Mais là, plus d’excuse!

    Alors grosse double question:

    1) Y a-t’il une boite que tu recommandes pour Exceed? Ou une boite que tu déconseilles (car un peu plus déséquilibrée, ou plus dure, ou moins fun).

    2) Si je passais à Battlecon, quelle boite conseillerais-tu dans ton immense sagesse? (en regard d’un porte-monnaie pas illimité et d’étagères qui ne peuvent accueillir la gamme complète, puis bon, faut tester avant de tout acheter).

    • trode 25/10/2017
      Répondre

      Pour la question  2) je peux répondre : la dernière boîte sortie, Trials of Indines, est un bon premier achat.

      – Matos de qualitay (boîtes de rangement individuelles, des cartes génériques pour chaque perso)
      – Règles à jour, plus de compte tour, système de power qui apporte un vrai plus (sans rentrer dans le détail, tous les persos peuvent faire du Ante, et ça c’est cool en terme de bluff/options)
      – Des persos débutants bien cool, tout en proposant des persos avancés complexes et riches

      • Photo du profil de TSR
        TSR 25/10/2017
        Répondre

        Nos réponses se sont croisées, et je suis 100% d’accord 🙂

    • Photo du profil de TSR
      TSR 25/10/2017
      Répondre

      Hello, ravi de contribuer au bonheur conjugal 🙂

      Réponse 1) : la boite que je recommande pour commencer est celle-ci : Satoshi, Mei Lien, Baelkhor, Morathi (https://www.boardgamegeek.com/boardgame/185380/exceed-red-horizon-satoshi-mei-lien-vs-baelkhor-mo). Elles contient des combattants assez différents et aux principes clairs. Mais comme je le dis dans l’article, les boites ne sont pas vraiment classées en complexité, on peut commencer par n’importe laquelle. C’est celle-ci que j’ai le plus pratiquée, j’ai joué avec toutes, elles sont toutes bien, celle-là me parait idéale pour commencer.

      Réponse 2) Tu es en veine, LVL99 Games est un amour d’éditeur : tu peux télécharger un Print and Play d’Exceed ici, et malheureusement, le print n play de Battlecon ne semble plus disponible, mais si on demande gentiment on doit pouvoir le trouver ici et là. Concernant le point de départ, le moins cher (au delà du PNP) sera sans aucun doute Fate of Indines (30€) qui ne contient « que » 8 personnages, mais je te recommande plutôt de passer sur Trials of Indines, qui est la boite la plus récente et la plus aboutie à la fois en termes de règles et de qualité du matériel, et qui coute quand même pas loin de 40€.(import oblige).

       

      Voilou !

      • Photo du profil de Antyova
        Antyova 27/10/2017
        Répondre

        Un grand merci à vous deux TSR et trode pour les conseils.

        Je suis en train d’imprimer la demo Exceed, et je compte bien convertir mon copain ^^

        Je me retiens très fort de participer au late pledge d’Exceed en attendant.

  4. Photo du profil de fiaschi84
    fiaschi84 25/10/2017
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    Vade retro TSR
    Ecrit plutôt des articles pour déconseiller des jds stp :p

    • Photo du profil de fiaschi84
      fiaschi84 25/10/2017
      Répondre

      le late pledge est dispo pour la season 2. seulement 6$ de fdp. 106$ pour la season 2 complete + playmate + perso bonus + une boite de rangement et un artbook.
      en regardant vite fait sur le net les boite de la s1 se trouvent a 25 euros l’unité.

      J’ai craqué en me convainquant que j’économisais de l’argent grâce à la conversion $ euros. J’avais réussi a ne pas pledger le 7th continent mais je craque une semaine plus tard :p

      • Photo du profil de TSR
        TSR 25/10/2017
        Répondre

        J’aimerais te dire que je suis désolé, mais ce ne serait pas tout à fait vrai :-). Je pense que tu ne regretteras pas 😉

        • Photo du profil de fiaschi84
          fiaschi84 05/05/2018
          Répondre

          Je viens de recevoir la saison 2.
          En parcourant les différents personnage j’ai une question qui me vient.
          Peut on tranforms des cartes quand on est dejà en exceed form? (Je dirai non. et je me pose la question par rapport au perso Tournelouse)

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