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Caylus sur Ipad

Le jeu original

Vous ne connaissez pas Caylus ?

Vous êtes une exception si vous aimez les jeux de gestion dits « à l’allemande » genre Puerto Rico (si vous voulez en savoir plus, lisez mon précédent test) ou Agricola (bientôt un test aussi c’est promis !).

Si votre came c’est Smash ’up ou Concept en revanche il est possible que cela ne vous dise rien, mais après tout, rien n’est perdu, lisez ce qui suit et vous comprendrez ce que vous ratez si vous ne l’essayez pas au moins une fois !

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capture d’écran de la version Ipad

Bon, reconnaissons-le, Caylus, premier jeu de William Attia, n’est pas le jeu le plus accessible du monde.

Non pas que ses règles soient particulièrement complexes, mais plutôt que sa courbe d’apprentissage est plutôt raide. Il vous faudra plusieurs parties pour espérer le maitriser totalement et marquer un maximum de points de victoires. En clair mieux vaut vous faire expliquer les règles par un expert mais faites quelques parties entre débutants, cela vous évitera quelques désillusions…

Mais de quoi parle ce jeu disent ceux qui l’ignorent au fond de la salle ?

Le pitch est le suivant « les joueurs incarnent des maîtres d’œuvre dont la mission est de construire un nouveau château pour le roi Philippe le Bel. Pour cela, ils devront gérer au mieux leurs deniers, les ressources disponibles et surtout développer l’économie du petit village qui s’étend au pied du site. Bien entendu, les agents royaux – le bailli et le prévôt – veillent au grain sur l’avancement des travaux ! »

Je suis le meilleur constructeur du tour !

Oui, je l’avoue, j’ai honteusement fainéantisé en pompant la présentation faite par l’éditeur Ystari, mais franchement elle est parfaite, pourquoi ne pas le reconnaitre !

Ce que ne dit pas le pitch c’est que vous aurez une multitude de façons de marquer vos précieux points de victoire : construire de nouveaux bâtiments, les louer à vos adversaires, obtenir les faveurs du Roi, évidement participer à la construction de son château, ou encore en grappillant quelques-uns avec vos stocks en fin de partie (bon là n’est pas le but du jeu quand-même hein ?).

Caylus est un jeu qui peut être très agressif si vous le souhaitez ou pas du tout… si vous le souhaitez aussi. En effet, vous pouvez empêcher l’activation des bâtiments choisis par vos adversaires grâce  à l’action du prévôt. Vous ne savez pas ce qu’est un prévôt ? Rassurez-vous je ne le savais pas non plus avant d’avoir joué à Caylus ! Bon la réponse est ici).

L’infâme prévôt et son acolyte le Bailli

De plus tout est ouvert. Je veux dire par là que vous connaissez en permanence toutes les ressources détenues par vos adversaires et que la part de hasard est quasiment nulle dans ce jeu. Je dis quasiment pour ne pas heurter la sensibilité des plus jeunes qui pourraient me reprocher le placement initial des 6 premiers bâtiments. A part cela ? Ben… C’est tout ! Oui Caylus est jeu qui peut (doit si vous espérez gagner) être très calculatoire : « je sais que tu as ça, donc si je fais ça, je sais que tu ne pourras pas faire ça et donc je pourrai te pourrir 3PV ce tour-ci ! Knark knark !! ».

Construisez les meilleurs bâtiments, ceux qui vous rapporteront des points et qui intéressent vos adversaires, débrouillez-vous pour avoir suffisamment de ressources pour pouvoir construire le château de votre bon roi, faites évoluer vos simples bicoques en bâtiments de prestiges… les choses à prendre en considération à votre tour de jouer sont assez importantes.

Bon, je ne vous en dirais pas plus sur cet excellentissime jeu qui vous l’aurez compris est devenu un classique pour les amateurs de kubenbois (oui il date tout de même de 2005, ça nous rajeunit pas ma bonne dame !).

Mais que vaut sa version numérique sur IPad me diront ceux qui ont judicieusement noté le titre particulièrement opportun de cet article ? J’y viens !

La version Ios

Généralités

Sans vouloir tuer le suspense, l’appli est notée 4.5/5 sur l’appstore et pourtant elle n’est pas dépourvue de quelques défauts que nous verrons un peu plus tard. Pourquoi une aussi bonne note me demanderez-vous alors ? Tout simplement parce que le reste est juste excellent. Voyons cela en détails !

Le bon roi nous accueille avec son château au loin. Mais… on est censé le construire son château ?

Les graphismes

Je commence par cela car, nous le savons tous (je parle de ceux qui ont eu le plaisir de tâter de la bête sur une vraie table avec de vrais joueurs et de vrais kubenbois qui sentent bon le hêtre), on ne joue pas à Caylus pour sa beauté intrinsèque. Sans être moche, il accuse tout de même son âge (encore que la dernière version en date corrige quelque peu le tir).

Le développeur a-t-il pris soin d’améliorer cela dans sa version ? Eh bien je dirai plutôt oui mais peut mieux faire. Les graphismes sont très fins (écran rétina je le rappelle pour mon Ipad) et même si les bâtiments ne sont pas particulièrement variés ils sont tout de même agréables à regarder.

Une vue zoomée du château et de sa porte

Le plateau et sa fameuse route sont plutôt joliment reproduits même si tout cela manque cruellement de vie et d’animations. Mis à part une pauvre biche qui broute dans un coin ou la rivière qui, si l’on y regarde de très près, semble bien en mouvement, on ne peut pas dire que cela soit très vivant… Quelques aménagements ont été réalisés, pour plus de lisibilité je pense, comme le pont ou le champ de joute et c’est assez réussi.

Les rouleaux de parchemins contenant toutes les informations du jeu sont basiques mais ajoutent un léger coté médiéval, après tout nous sommes à l’époque de Philippe le Bel (Arnaud au troisième rang, quelle siècle Philippe le Bel ?… J’attends… Bon pour vous ce sera un 0 pointé ! Pour ceux qui sont autant féru que moi de l’histoire de France, c’est-à-dire qui ne savent pas de quelle année nous fêtons le 11 novembre, tiens oui d’ailleurs c’est de quelle année au fait ?… voici un lien intéressant ! Mais je m’égare et revenons à Caylus !)

La route s’allonge ! J’ai enfin accès à la mine d’or…

Seule la partie concernant la construction du château me semble un cran vraiment en dessous. Sur ce coup-là c’est assez moche mais heureusement on ne la voit pas souvent est le fait de voir se construire le château est finalement accessoire même si c’est le but du jeu dans son pitch.

Pour résumer c’est dans l’ensemble plutôt mignon sans vous scotcher à votre canapé.

Les règles

Certaines critiques sur internet reprochent à cette adaptation quelques erreurs dans les règles. J’avoue n’avoir jamais pu mettre l’appli en défaut sur ce point. Peut-être une mise à jour antérieure à mon achat a-t-il corrigé le tir. Toujours est-il que pour moi c’est du joli travail. Les spécificités du mode 2 joueurs sont toutes là, les différents choix lors de la construction du château entre toutes vos triplettes de ressources possibles sont proposées, l’auberge et son pouvoir de vous faire payer qu’un or par placement quel que soit le nombre d’adversaires ayant passés est bien gérée également.

Le début des règles

Question présentation en revanche on ne peut pas dire que ce soit l’idéal. Il y a bien tous les sujets abordés avec la reproduction des bâtiments, mais il vaut mieux y avoir joué auparavant ou se faire expliquer les règles pour ne pas avoir à subir les pièges qui se dresseront inévitablement devant vous.

 

Et un peu plus loin, mais je vous conseille l’appel à un ami plutôt…

Un tutoriel est aussi présent mais il se réduit à sa plus simple expression en vous faisant jouer une partie et vous présentant quelques détails sur l’action que vous choisissez mais rien n’est dirigé et vous devrez vous débrouiller tout seul pour comprendre les implications de tel ou tel choix. Mieux aurait valu une partie dirigée pour vous faire découvrir tous les aspects du jeu. De ce côté, il y aurait du travail pour améliorer sensiblement tout cela…

L'ergonomie

Les choses sont assez simples dans l’ensemble, mais d’après moi auraient pu être un mieux pensées sur un point capital : le placement des ouvriers. Je m’explique : à votre tour l’appli vous demande de toucher un icône d’ouvrier et de le glisser-déposer sur le bâtiment de votre choix. Une fois que vous avez posé votre doigt sur l’icône, les bâtiments « possibles » sont grisés pour les différencier et vous éviter d’en choisir un que vous n’avez pas le droit de choisir. Très bien, mais pourquoi cette action de glisser-déposer un peu laborieuse ? Un simple tap sur le bâtiment que vous désirez utiliser aurait suffi… Rien n’empêchait de griser tout de même dès le début de votre tour les bâtiments sélectionnables.

De plus on vous demande systématiquement de confirmer votre choix. Utile me direz-vous, mais assez accessoire dans le cadre d’un glisser-déposer selon moi, à moins d’être atteint de parkinsonisme sévère… Les bâtiments sont suffisamment éloignés les uns des autres pour ne pas se tromper à chaque coup.

Il avance son château à Philippe

Comme je l’évoquais au début de cet article, Caylus est un jeu ouvert où toutes les ressources détenues par les joueurs sont visibles des adversaires. Les développeurs se sont donc creusés la tête pour vous offrir une vue axée principalement sur votre jeu tout en vous offrant de voir ceux des autres très simplement. Un panneau latéral réduit par défaut vous indique vos ressources, un simple tap et ce panneau s’étend vers la droite pour vous offrir une vision complète des possessions des autres joueurs.

Ce panneau latéral sert à tout grâce à des onglets : il vous montre également l’aide générale, les faveurs royales, le niveau de construction du château et surtout, chose très importante, les bâtiments restants à construire avec leur coût de construction et leur gain en PV. Cela vous évitera de vous dire, « tiens je vais construire une carrière » alors qu’elle a déjà été construite…et que vous ne l’aviez pas remarqué sur le plateau (bon des fois, on a des coups de mou, surtout après quelques heures de jeux, il faut l’admettre…) !

Les IA

Avec 3 niveaux de compétences (comme d’habitude j’ai envie de dire…) vous trouverez chaussure à votre pieds.

Un détail cependant qui me perturbe. Les IA sont représentées par des personnages qui ne peuvent être choisis qu’une fois lors de la constitution d’une partie. Or il n’y a que 2 joueurs de chaque type ce qui vos empêche de créer une partie à 4 joueurs avec uniquement des débutant par exemple. Etonnant…

​Vous pouvez jouer à 5 mais pas à 5 apprentis…

Question niveau, je dirais qu’ils ne sont tout de même pas si forts que ça. Sans mal jouer, ils utilisent toujours la même tactique quelle que soit la vôtre, n’utilisent jamais le prévôt pour vous bloquer alors qu’ils en auraient les moyens et ont du mal à anticiper sur vos propres coups en analysant ce qui vous avantagera de jouer par évidence. Bien sur le niveau « Favoris du roi » ne se laissera pas maitriser sans une bonne expérience du jeu et n’imaginez pas le battre avant un bon nombre de parties si vous débutez !

Le jeu Online

Il vous faudra tout d’abord créer votre compte avec votre adresse email et un identifiant. Une fois cette formalité toujours un peu pénible terminée, vous aurez accès au minimum syndical :

–        Voir les parties créées par les autres et le rejoindre évidemment… ben oui c’est un peu le but quand même… Sinon ça sert à quoi que Ducros il se décarcasse ?

–        Créer votre propre partie. Ici c’est vraiment léger, mais disons que ça fait le boulot : vous donnez un nom à votre partie, vous indiquez si elle est publique ou privée (dans ce cas, invitez les par email ou via Gamecenter) et le nombre de joueurs et… c’est tout.

Quand je vous dit que c’est léger !

Pas de choix du niveau des adversaires, pas de vision de leur classement, pas de choix dans le temps accordé pour jouer, aucune statistique… Le vide moyenâgeux !

Malgré tout, vous pourrez jouer en asynchrone, c’est toujours ça… Mais cette partie de l’application est clairement la plus « légère ». On sent bien que ça n’a pas été la priorité des développeurs.

Conclusion

L’application Caylus est disponible sur l’AppStore au prix de 4,49€, encore une fois le prix habituel du moment pour ce genre de jeux, c’est parfait. Cependant elle passe régulièrement à 2,69€ (5 fois rien qu’en 2014) ce qui en fait alors une excellente affaire qu’il ne faut pas rater, vu les heures que vous pourrez passer dessus. Conçue plus particulièrement pour les parties en face à face ou contre les IA plutôt qu’online, elle vous offrira les sensations ressenties face au plateau physique.

Si vous connaissez le jeu, vous pouvez craquer, vous ne sera pas déçus.

Si vous ne le connaissez pas et que l’achat du jeu physique vous semble un investissement un peu trop important (bien que le jeu soit tout à fait abordable dans le commerce et je vous encourage à courir chez votre revendeur préféré et lui tendre votre CB, il saura quoi en faire), n’hésitez pas ! Découvrir ce grand classique qu’est Caylus, déjà sur Ipad, vous fera entrer dans le cercle, pas si restreint que ça finalement, de ceux qui savent ce qu’est un vrai jeu de pousseurs-de-kubenbois…

Bienvenue au club !

4 Commentaires

  1. Photo du profil de bgarz
    bgarz 16/11/2014
    Répondre

    Je confirme que l’appli ipad de Caylus est une des bonnes adaptations des jeu de plateaux 😉

    Mais mieux vaut avoir déjà joué une ou deux parties physiques pour ne pas trop être dérouté au départ…

    • Photo du profil de Alstar
      Alstar 16/11/2014
      Répondre

      C’est malheureusement vrai pour pratiquement toutes les applications… Ceci dit, n’est-ce pa aussi le cas avec la version boîte… ? 😉

  2. Photo du profil de mobydick
    mobydick 16/11/2014
    Répondre

    avec Le Havre, c’est mon appli favorite sur l’iPad et de loin – pas encore essayé Puerto Rico mais question design, Caylus, inspiré de la dernière version du jeu de plateau, me semble beaucoup moins moche, voire presque joli à coté!

    • Photo du profil de Alstar
      Alstar 16/11/2014
      Répondre

      Le Havre, je l’ai installé , j’ai tenté d’y jouer, j’ai rien compris, j’ai ressayé, j’ai toujours rien compris, j’ai désinstallé… en attendant d’avoir une âme charitable qui veuille bien m’expliquer tout ça en détails…

      à ce rythme on est pas prêt d’avoir mon avis sur Ludovox sur cette appli… 🙁

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