Arboretum : Au pied de mon arbre, je me suis fait un claquage de cerveau…

Arboretum. Un jeu atypique. Le genre de jeu qui aurait pu trouver sa place dans la ludothèque de ma grand-mère au vue du graphisme de la boîte. Le design est parfaitement « old school », mais c’est tout à fait charmant. Passée la première impression visuelle, passons au toucher. Excellente prise en main, les cartes sont vraiment de bonne qualité, ça fait vraiment ancien, dans le bon sens du terme, de l’époque où les choses étaient faites pour durer, avec cette sensation de robustesse et de longévité. Et finalement, les cartes aux dessins dignes des meilleures planches d’illustrations que l’on pouvait avoir encore la chance de voir à l’école dans nos jeunes années, diffusent leur charme, et ça donne furieusement envie de jouer. Du bien beau matériel, voyons comment on s’en sert.

pic2405885

Le livret de règles est assez concis, et c’est un bon point. Les règles sont simples et bien illustrées, avec des exemples qui dissolvent les questions que l’on peut se poser à leur lecture brute. Un autre bon point. Mais (il y en a forcément un…) si elles sont simples individuellement, il va falloir jongler avec toutes ces façons de faire des points pour tenter le meilleur score, et c’est là que débute l’overclocking des neurones !

partie-1

Pour faire simple, il y a plusieurs familles d’arbres, chacun d’entre eux ayant une couleur caractéristique, et chaque famille est constituée de cartes numérotées de 1 à 8. Et non, ça n’est pas un jeu de 7 familles, mais bien un jeu de placement très costaud !

En effet, il va falloir placer ses cartes de façons à construire des chaînes.

On dispose pour cela de cartes en main, et à chaque tour, on va pouvoir en piocher 2 nouvelles, soit dans la pioche, soit dans les défausses visibles (donc potentiellement dans la sienne). Jusque-là, tout va bien. La seule contrainte réglementaire est de poser chaque nouvelle carte en contact avec un bord d’une carte déjà en place (sauf pour la première, évidemment). Saut que, pour marquer des points, il y aura deux trois trucs à faire attention :

  • Une famille peut marquer des points si on arrive à relier 2 cartes de cette même famille en parcourant un chemin suivant un ordre croissant (quelle que soit la famille des autres cartes). On attribue alors 1 point par carte composant le chemin.
  • On obtient un bonus si la chaîne commence par un 1 et/ou finit par un 8.
  • On double ses points si on arrive à faire une chaîne d’au moins 4 arbres de la même famille sans passer par un arbre d’une autre famille.
  • Pour marquer des points avec une famille, il faut être celui qui possède dans sa main la plus grande valeur cumulée d’arbres de la famille en question (par exemple, quelqu’un avec le 3 et le 4 prendra le pas sur quelqu’un qui a le 6). Sachant que le 8 peut être diminué à 1 si quelqu’un a le 1 dans sa main…

 

À la fin de son tour, on met une carte dans sa défausse face visible, et on passe au suivant ! Le jeu s’arrête dès que la pioche est vide, et on procède alors au décompte des points, famille par famille.

C’est simple, non ?

Et bien non !

On passe sa partie à jongler entre la volonté de faire la chaîne la plus longue et la plus pure possible, garder suffisamment de cartes en main pour s’assurer de pouvoir marquer des points (une chaîne complète composée uniquement d’arbres de la même famille ne marque aucun point, puisqu’on n’a pas en main la plus forte valeur…), tout en surveillant ce que prennent les autres, sans trop piocher pour éviter l’épuisement de la pioche, en veillant éventuellement à bloquer les autres pour que leurs belles chaînes ne marquent pas de point, en résistant pour ne pas aller chercher les cartes excellentes qui passent dans les défausses, mais qui pourraient disperser son jeu… Une gymnastique intellectuelle extrêmement intéressante ! Il y a tant de choses à penser en même temps !

cards

Le seul défaut que je trouve à ce jeu (hormis le design de sa boîte qui pourrait faire douter certains de la modernité du produit), c’est que ce besoin de réflexion intense se traduit par des tours parfois assez longs.

On a beau réfléchir pendant que les autres jouent, le système de pioche dans les défausse oblige à toujours être vigilant, et la dernière action peut parfois amener à revoir son tour de jeu à l’ultime instant.

pic1827646_md

Verdict

Un vrai plaisir de se casser la tête, plaisir renforcé par la qualité des cartes. Et c’est là qu’on se dit qu’une famille « saule » serait la bienvenue, histoire de se soulager un peu…(pour le point culture, l’aspirine, dont le composé actif est l’acide acétylsalicylique, a été originellement tiré de l’écorce des saules, d’où son nom !).

Je conseille donc chaudement ce jeu, plutôt orienté pour des joueurs ayant un peu de bouteille ludique et/ou qui ont envie de se creuser le cheveu pour optimiser leur score.

 

Arboretum

Un jeu de Dan Cassar
Illustré par Chris Quilliams, Philippe Guérin
Edité par Filosofia, Z-Man Games
Distribué par Asmodee
De 2 jusqu’à 4 joueurs
A partir de 10 ans
Durée moyenne d’une partie : 30 minutes

 

 

6 Commentaires

  1. Photo du profil de TheGoodTheBadAndTheMeeple
    TheGoodTheBadAndTheMeeple 31/03/2016
    Répondre

    Tres bon article qui me redonne envie de tester ce jeu que filo refuse a chaque fois de sortir en salon. Et ca m’ennuie serieusement.

  2. Photo du profil de Tomfuel
    Tomfuel 31/03/2016
    Répondre

    tiens, c’est etonnant ce refus de le sortir en salon …

    nous l’avons essayé à Ludinord2015 pour notre part et les explications calamiteuses et contradictoires de 2 bénévoles n’ont pas aidé a se faire une tres bonne idée du jeu.

    malgré que l’un des joueurs se soit saisi de la règle, le scoring de fin fut un moment assez epique (les contradictions en amont n’ayant pas aidé).

    le jeu est sublime, et oui, il ne sert pratiquement à rien de planifier quelque chose avant son tour.

    bref, on ne sait toujours pas si nous avons bien joué à Arboretum sur ces deux parties… et comme un jeu en pousse un autre …

  3. Photo du profil de Sgt Pépère
    Sgt Pépère 31/03/2016
    Répondre

    Hum …

    « On double ses points si on arrive à faire une chaîne d’au moins 4 arbres de la même famille sans passer par un arbre d’une autre famille. »

    Ca m’a étonné, je me suis dit que j’avais encore mal lu les règles et, dans la version Filosofia dont je dispose, il est marqué:

    « Marquez 1 point de plus par carte dans le sentier si ce dernier comprend au moins 4 cartes et qu’elles sont toutes de la même couleur. »

    Je ne vois donc pas de mention de chaïne. Il y a une limite de 4 cartes de la même couleur (ou plus) mais pas forcément qu’elles se suivent. Mais j’avoue qu’en regardant l’image du décompte, ça peut se comprendre comme une chaîne … Etrange …

  4. Photo du profil de Sgt Pépère
    Sgt Pépère 31/03/2016
    Répondre

    Bon, OK, je viens d’aller voir sur le site BGG et apparemment, il faut effectivement que toutes les cartes soient de la même couleur. Ca complique encore plus l’affaire …
    Sujet (validé par l’auteur du jeu): https://boardgamegeek.com/thread/1411248/question-bonus-score-if-4-and-same-color

  5. Photo du profil de Galuf
    Galuf 31/03/2016
    Répondre

    Je suis le seul du club a trouver se jeu pas si compliquer que ca 🙁

  6. Photo du profil de NeoFitz
    NeoFitz 01/04/2016
    Répondre

    Jeu très malin en effet !

    Juste une petite remarque : si on a les 8 cartes d’une couleur dans un sentier, on marque forcément les points (soit 19 points): personne n’aura de cartes en main de cette couleur, j’aurai donc en main le maximum (qui est de 0 !).

  7. Photo du profil de Filosofia
    Filosofia 11/04/2016
    Répondre

    D’autant plus étonnant ce refus de le présenter en salon vu qu’il est très souvent présenté sur les Salons comme au dernier Salon de Cannes/ Youplay ..Etc… par exemple 😉

Laisser un commentaire