Three Kingdoms Redux c’est pas pour ta p’tite nièce

Three Kingdoms Redux c’est pas pour ta p’tite nièce

Voilà quelque chose d’original.

Un jeu qui se joue à trois exclusivement, comme premier né d’une maison d’édition neuve comme un sous propre, pari osé. En effet, Starting Player est un nouvel éditeur -formé par un couple singapourien- qui sortira son premier jeu d’ici la fin de l’année, en anglais uniquement, en tout cas pour le moment. Three Kingdoms Redux.

« Reconnecting people, Reactivating minds »

Et pour créer du lien social et réactiver les esprits, rien ne vaut un gros bout d’histoire comme on les aime, avec des vrais morceaux de guerre dedans.

La période que traite ce jeu nous est connue par le célèbre roman historique nommé les Chroniques des Trois Royaumes. Tout le monde n’est pas obligé d’avoir suivi des cours d’histoire d’asie orientale pour jouer à Three Kingdoms Redux, mais connaitre le contexte rend tout de même les choses plus vivantes. Là où c’est votre jour de chance, c’est que j’ai quelques souvenirs de mes jeunes années d’historienne. Bon d’accord, d’accord, je vous la fais courte. Oh les relous. Allez, ouvrez vos livres page 89.

Welcome in « La révolte des Turbans Jaunes »

La dynastie Han qui régnait sur la Chine depuis 206 avant notre ère se la pétait grave genre « nous on domine l’Empire du Milieu, pas celui de Frodon, le vrai quoi, et pendant 4 siècles, si tu veux, 4 siècles de golden age, tu peux nous traiter de bling-bling, c’est pas rien. »
Oui. En ces termes-là. Précisément.

Cependant, dans les dernières décennies de la dynastie, l’histoire partit un peu en eau de boudin. Les eunuques et les riches familles usurpèrent le pouvoir impérial à tour de rôle, façon Game of thrones grandeur nature. La dynastie fut alors jugée décadente et corrompue notamment par la secte Taiping de Zhang Jiao.

Au printemps de l’an 184 (parce que les révolutions c’est toujours au printemps, on va pas aller changer le monde quand il fait froid non plus), la secte poussa le peuple à crier dans la rue avec des pancartes « pas contents » et des foulards jaunes sur la tête. Etonnant ? Oui, mais au moins c’est resté dans les mémoires. La révolte « des Turbans Jaunes ». On aurait pu l’appeler la révolte des pas contents, mais ça aurait fait doublon.
Cette révolte fut réprimée par des seigneurs de guerre très musclés comme Cao Cao, Liu Bei, Yuan Shao, Sun Jian, Guan Yu, Zhang Fei, Liu Biao cousin de Liu Bei….ça vous dit rien ?

Bon passons. Et là, paf, le royaume
Il éclata.

En plein de petits morceaux, dirigés chacun par un seigneur de guerre qui avait pris conscience de son pouvoir durant la révolte. Ce qu’il faut retenir : depuis lors, les turbans jaunes ne sont plus du tout à la mode. Si vous coupez avec de l’orange, du vert, ou de la terre, ça peut se discuter. Oui il n’y a que les filles qui savent que ça existe ça, la couleur terre. C’est comme chocolat, taupe, gris lapin ou violet suzanne. Mais je sens que nous perdons le fil.

« S’il n’en reste que trois, nous serons ces trois-là »

Les différents seigneurs s’affrontèrent ou s’unifièrent pour agrandir leurs territoires jusqu’à ce qu’il n’en reste plus que trois en 208. Cela a conduit à l’émergence des trois royaumes de Wei, Wu et Shu. Oui voilà ! Vous y êtes ! C’est ce qu’on appelle la période des Trois Royaumes. Et on arrive en plein dans notre jeu singapourien -non pas pour rien, pour la mémoire, l’activation du lien social et la connexion des esprits toussa.

Bref, dans « three kingdoms Redux » vous assumez le rôle de l’un des trois seigneurs : Cao Cao, (royaume de Wei), Sun Quan (royaume de Wu) ou Liu Bei (royaume de Shu).

Les joueurs commencent le jeu dans différentes positions : l’un fait le poirier, l’autre se tient sur une jambe et le dernier est assis normalement, ce qui reflète les avantages de la main-d’oeuvre du royaume de Wei dont jouissait Cao Cao au début de la période. Les États les plus faibles de Wu et Shu se protègent en formant une alliance. Petits peut-être, mais malins !

En tant que seigneur féodal, vous administrez les différents aspects de la gestion d’un Etat tout en préservant vos frontières contre les tribus frontalières rebelles et les ennemis extérieurs. La gestion de chacun de ces aspect vous ferra gagner des points de victoire. Et chose originale, voire révolutionnaire, le gagnant est le joueur avec le plus de points de victoire à la fin de la partie. Si !

Adjugé !

Le jeu se déroule sur un certain nombre de tours jusqu’à un maximum de 12. Il y a une petite enchère, car les joueurs avec des tatoos « i love meeple », ils aiment les enchères. En effet, il faudra faire des offres pour obtenir diverses actions (11 possibles).

Ces actions permettent aux joueurs de développer leurs états​​, faire du commerce, obtenir plus de force militaire, construire des améliorations, augmenter leur popularité, améliorer leurs relations avec les frontières tribales…Le tout avec du placement d’ouvriers inside. Faudra bien compter trois heures la partie. Oui, c’est pas un jeu à proposer à votre petite nièce de 8 ans, sauf si elle a été élevée au bon grain Shogun. Pour le reste, à moins que vous ne soyez bien anglophones, il faudra attendre une éventuelle traduction, parce que du texte, là, y en a.

   

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