Retour sur le festival du jeu de Montpellier [Time Farmers, Mare Nostrum, etc]

Cet article est écrit à deux mains (Atom & Cormyr) et se structure en deux parties. La première, signée Atom, donne le point de vue d’un festivalier-reporter venu profiter des tables et notamment découvrir quelques titres ludiques attendus (Time farmer, Mare nostrum v2). La deuxième partie est écrite par Cormyr, l’un des deux organisateurs du festival, aussi membre émérite de la teasting team du Vox. Il évoque le passif, les volontés, les intentions, les enjeux, les besoins de cette 7e édition. Pour vous aider à naviguer aisément dans l’article, nous avons mis en place des titres cliquables (les gros +). Bonne lecture !

 

Tour de tables : Atom

Je ne rate jamais une occasion d’aller dans un festival de jeux, j’aime beaucoup rencontrer les auteurs, découvrir des jeux, partager une partie avec des gens avec qui on fait connaissance… Le microcosme des joueurs a quelque chose d’incroyablement convivial, rassurant même.

Alors direction Montpellier !

Nous nous donnons rendez-vous sur le parking du métro de Ramonville, et après deux heures de route, nous voilà garés dans le parking du centre commercial attenant la salle du festival. Et en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, nous sommes dans la petite salle qui accueille le festival.

Festival du Jeu de Montpellier

La salle qui accueille le festival du jeu de Montpellier

 

Je vais vous parler ici de mes petites découvertes (notamment le futur Yoann Levet), ensuite je passerai la main à maître Cormyr qui fait partie des coorganisateurs avec Monsieur Thieumm. Il vous parlera chiffre, fréquentation, perspective… Deux angles d’attaque pour un retour le plus complet possible sur cette 7e édition !

 

Quelques éclairages sur des jeux et protos

MARE NOSTRUM V2 (Asyncron)

Après avoir vagabondé dans les allées du salon (profitant de l’heure et de la faible affluence matinale – les joueurs sont plutôt des noctambules ! -) pour voir tout ce qu’il y avait à offrir, je me suis attablé à une partie de Mare Nostrum qui allait commencer, avec une famille et deux enfants.

Mare Nostrum que j’ai pledgé l’année dernière, et c’est peu dire que je l’attends avec impatience ! Aux dernières nouvelles, il devrait arriver dans nos boîtes aux lettres en juin. Je précise que je n’ai jamais joué à l’ancienne version.

Mare Nostrum

Une partie de Mare Nostrum, version surdimensionnée, en cours

  

Pour vous donner une idée, Mare Nostrum, c’est un jeu de conquête, où l’on joue des factions asymétriques avec un héros de départ. On a une carte de l’Europe découpée en parcelles que chaque faction contrôle : L’Italie par les romains avec César, Cléopâtre dirige l’Egypte, Périclès défend la Grèce qui est en tenaille au milieu. Les Carthaginois, les maîtres du commerce, sont en bas à gauche et, enfin, la grande Babylone est contrôlée par Hammourabi, le leader politique.

Il y a plusieurs conditions de victoire si bien que chaque partie ne doit ressembler à aucune autre, du moins j’imagine. Je gagne si je suis le premier sur les 3 pistes politique, militaire et commerce, mais aussi si j’ai engagé 5 héros, ou encore en construisant la grande pyramide. La voie militaire fonctionne aussi, en contrôlant les cités légendaires ou la capitale des factions.

Les pistes évoluent en temps réel : si je construis un bâtiment commercial, je monte de 1 sur la piste commerciale, si on me détruit un bâtiment, je descends de 1…  simple comme bonjour.

Les tours se déroulent en 3 phases. Une phase de commerce, une phase de construction et une phase militaire.

On collecte les ressources où l’on a des marchés ou des caravanes présentes, ensuite on commence la phase du commerce, alors le joueur qui est maître du commerce décide du nombre de ressources à échanger avec les autres civilisations. Il décide aussi du joueur qui commence l’échange. Pourquoi est-ce important ? Parce que pour construire une unité, une cité ou un temple, il faut 3 ou 6 ressources différentes, cette phase d’échange permet donc de faire une phase 2 importante.

En phase de construction, le leader politique détermine qui commence à construire, et le joueur désigné dépense ses ressources et construit ses bâtiment et unités militaires (ou achète un héros).

Enfin, le leader militaire choisit qui va commencer à déplacer ses unités militaires en commençant par les trirèmes, puis les légions qui peuvent rejoindre un territoire si une trirème peut les convoyer (il faut que la trirème soit adjacente à la région d’arrivée).

Si une trirème rentre dans une zone ou une trirème adverse est présente, un combat peut s’engager, sauf si les deux potentiels belligérants sont d’accord pour ne pas engager de bataille. Quand des unités terrestres adverses sont présentes dans une même zone, il y a combat, avec un dé par unité militaire. Si la somme fait 5, l’unité est détruite.

 

festmon

 

Verdict : J’ai adoré, le jeu est simple à jouer, mais il faut toujours tenir compte de ce que font les adversaires. Il y a plusieurs façons de gagner et d’ailleurs, il peut y avoir plusieurs vainqueurs. Chaque civilisation a ses forces et il est judicieux de bien les exploiter. Les héros que l’on recrute nous donnent des capacités qu’il va falloir utiliser à bon escient. 

Le jeu est à la fois tactique et stratégique, avec pas mal de diplomatie, et des alliances temporaires. Il faut suivre ce que font les autres, être en capacité de bloquer leurs velléités, anticiper, s’allier, menacer. Je ne pense pas me tromper si je dis que le jeu a une très forte rejouabilité, sans même tenir compte des extensions comprises dans le KS. Je vous ai dit que j’avais hâte ? Apparemment la livraison des backers débute en juin…

TIME FARMER (Bombyx)

J’ai ensuite retrouvé des amis et on s’est installés autour de Time Farmers, le prochain jeu de Yoann Levet (Myrmes…). 

Première chose qui surprend, nous sommes sur un prototype et pourtant c’est déjà du très beau matériel, l’auteur utilisant l’impression 3D pour son jeu.

Yoann Levet lui-même nous explique son jeu. Time farmers est un jeu de gestion et de pose d’ouvriers qui se joue en 3 âges (quand on termine le paquet âge 1, on passe à l’âge 2, etc, avec des cartes vont crescendo). Nous sommes 4 joueurs, Le premier joueur à 13 points de victoire déclenche la fin de la partie, on finit le tour et on compte les points. Le jeu peut donc se terminer avant la fin des 3 âges. S’il y a plusieurs façons de gagner des points de victoire, la principale reste l’accomplissement des objectifs.

Time Farmer

Time Farmer, futur jeu Bombyx, présenté par Yoann Levet, son auteur

 

Nous avons au début 2 ouvriers que l’on active sur notre village pour produire des ressources. Par exemple, j’utilise un premier ouvrier et je peux activer deux endroits de mon village et produire, disons, un blé (je tourne alors vers la droite ma carte qui produit du blé) et aussi de la pierre (et je tourne ma tuile production de pierre aussi vers la droite). J’aurais aussi pu produire deux blés.

Puis, c’est au joueur suivant. Quand revient mon tour, je peux utiliser mon second ouvrier pour soit de nouveau produire, soit construire une nouvelle tuile dans mon village. Dans ce cas-là, je vais dépenser mes ressources (je tourne vers la gauche mes tuiles).

Je place mon ouvrier sur la roue (voir photo ci-dessous) devant la tuile que je souhaite construire et je dépense mes ressources. Vous voyez sur la photo que j’ai beaucoup de choix, par contre plus je place mon ouvrier loin du repère Time Farmer et plus je vais tarder à le récupérer. Évidemment moins j’ai d’ouvriers et moins j’ai de possibilité.

Si j’ai récupéré un bâtiment je dois le placer là où était l’ouvrier, c’est la seule contrainte de pose mais elle est importante. 

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En plaçant son ouvrier on peut soit récupérer une carte que l’on rajoute à notre village, soit une partie de la forteresse ce qui nous donne des Pvs.

 

Certains bâtiments me permettent de produire des ressources améliorées dont j’aurais besoin en âge 2, d’autres me permettent de produire du temps pour gagner des places sur la roue.

festmon4À la fin du tour complet des joueurs, on fait tourner la roue autour de son axe (le château), et les ouvriers qui sont dépassés par le repère Time Farmer retournent au village. On peut les placer où on le souhaite dans notre village, c’est très important à cause de la contrainte de pose.

Sur les espaces vides de roue, on place de nouvelles cartes. Quand il n’y a plus de cartes, on place les cartes de l’âge 2 qui nécessitent des ressources améliorées. Au lieu de produire du blé, on produit du pain, au lieu du bois, on produit des planches, etc.

Une action nous permet d’améliorer notre ouvrier (on le retourne) pour avoir 3 activations au lieu de 2, nous permettant d’avoir un moteur de production plus efficace.

Cela s’appelle Time farmers car la gestion du temps est primordiale, notamment le temps d’immobilisation de ses ouvriers. D’ailleurs, un des bâtiments que l’on peut construire permet de gagner du temps et de récupérer ainsi plus rapidement ses ouvriers. Je n’ai pas, lors de ma partie, profité de ce lieu, ce fut sans doute l’une de mes erreurs.

On a joué avec Yoann qui nous a montré la voie. On a essayé de le suivre, pour l’anecdote par deux fois son petit garçon est venu lui donner la solution pour déclencher la fin. On est précoce chez les Levet ! Sans surprise, Yoann gagne la partie, tenu de près par Sébastien et Mélanie. Quant à moi je termine bon dernier. J’ai compris un peu tard mes erreurs !

Verdict : C’est un jeu très bien pensé, plutôt cérébral, calculatoire. Le fait de tourner les endroits de notre village nous a fait penser à Queen architecte. Il faut vraiment éviter de rester trop longtemps sur la roue, car pendant ce temps on a un ouvrier de moins ! Les cartes que l’on tire au début permettent à mon avis beaucoup de variétés, donc de rejouabilité. J’y rejouerais avec plaisir, mais je dois confesser que c’est pas mon style de jeu, cela reste trop calculatoire pour moi, et ça manque un peu d’interactivité. Mais ceux qui aiment le genre seront ravis car ça fourmille de bonnes idées, c’est malin, bien pensé. Par ailleurs, c’est un proto certes très abouti, mais d’ici l’édition plein de petites choses peuvent changer.

Mr Levet sera présent à Toulouse (et sur d’autres salons), alors n’hésitez pas à essayer son proto !

Time farmer jeu devrait sortir en 2017 chez Bombyx, avant ou après Curiosity le jeu de Florient Sirieix.

MAKABANA (Sweet November)

Nous nous glissons ensuite dans la peau de promoteurs immobiliers sans scrupules et découvrons Makanana, un vrai jeu de salopard.

Le but du jeu est de placer ses paillotes sur les plages de l’île de Makabana avant que les adversaires ne s’y installent. Et si on peut leur piquer une place il ne faudra pas se gêner ! Les paillotes vous rapporteront des points, et mieux elles sont placés, plus c’est intéressant (par exemple on essayera de prendre des majorités sur la plage). 

À chaque tour de jeu, on sélectionne 3 cartes, une qui détermine la plage, une autre le type de terrain (sable, foret, montagne, etc) et la dernière avec le type de paillote.

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Une fois que tout le monde a fait son choix, chaque joueur va révéler seulement une des 3 cartes, donnant aux autres joueurs une précieuse information.
Enfin chaque joueur va placer son Tiki (une statue) sur un emplacement, les Tikis bloqueront les constructions des concurrents.

Ensuite, on résout dans l’ordre du tour en révélant toutes nos cartes choisies. Si l’emplacement convoité a déjà été pris, dommage pour vous, de même si un Tiki surveillait le lieu, puisque ces derniers bloquent toute construction. 

Il existe deux autres types de cartes : les cartes club de plongées et les cartes peintures. La peinture permet de repeindre une paillote adverse à sa couleur. On ne peut bâtir qu’un seul club de plongée par partie, et ces derniers ne peuvent pas être repeints. Pour se protéger des coups de peintures sauvages, on peut aussi placer son Tiki devant une de ses paillotes.

La partie avançant, la plage se pare de paillotes de toutes les couleurs, on commence à deviner les intentions des joueurs, mais bien sûr s’ils sont malins, ils vont tenter autre chose, on est dans un jeu avec du double guessing.

Verdict : Au menu : Bluff, placement, un peu de programmation. Les règles sont très simples et on rentre vite dans le jeu, c’est agréable. À éviter avec des gens susceptibles ou des Caliméro car ici on couine beaucoup. On l’a essayé à 3 joueurs, configuration qui ne me semble pas la meilleure, mais on s’est bien pourri la vie ! Mélanie et Sébastien, là encore, finissent devant moi, je ne suis décidément pas assez vicieux. 😉 

PIRATOONS (Act in games)

Sabre de bois et cache-œil, le temps d’une partie nous somme devenus des pirates ! J’avais à cœur d’essayer Piratoons et c’est désormais chose faite. Je vous renvoie directement à la fiche de jeu pour tout savoir sur ce jeu (Just played, Luchrono, test, etc, la totale, je ne reviens donc pas ici sur le comment ça marche !). 

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Verdict : Sébastien n’a pas vraiment aimé, trouvant ça trop enfantin, il faut dire que monsieur aime les jeux brise-neurones. Pour ma part j’ai trouvé la mécanique simple, mais pas dénuées de choix, c’est juste le coté rapidité qui m’a posé un souci. J’aimerais bien l’essayer avec mon fils, je suis sûr qu’il va adorer.

KARUBA (Haba)

On a terminé par Karuba (fiche de jeu ici, idem, vous trouverez tout ce qu’il faut pour découvrir ce jeu en détails) que je voulais présenter à mes amis qui n’aiment pas vraiment les jeux de tuiles.

karuba

Verdict : Après une rapide explication on est rentrés dedans, et j’ai enfin gagné une partie, pourtant j’avais l’impression de faire n’importe quoi, mon île n’était pas vraiment optimisée, je gagne à un petit point. Mes deux adversaires ont bien apprécié trouvant le jeu plutôt bien ficelé. Familial, simple mais malin. Mission accomplie.

Mes petites impressions sur le festival

Que dire de ce festival avant de passer la parole à l’un des deux organisateurs ? La première chose qui m’a marqué, c’est la relative petite taille de la salle pour une ville comme Montpellier. D’ailleurs, le lieu n’était pas facile à trouver quand on ne connait pas le coin, même chose pour se garer.

Les bénévoles en t-shirt bleu étaient à pied d’œuvre pour nous orienter, et nous expliquer les règles des jeux. Bravo à eux ! J’ai trouvé le festival très réussi, et avec les projets futurs, l’année prochaine sera encore mieux !

 

Du côté organisation : Cormyr

La reprise du festival

Comme l’a précisé Atom, j’étais, avec Thieumm, l’un des deux organisateurs du Festival. 

Le festival a maintenant 7 ans et pourtant c’est un événement qui était resté modeste, ce qui explique la taille (trop) petite de la salle notée par Atom. Si le festival dès sa seconde année a atteint les 2000 personnes, il plafonne depuis autour des 2500 visiteurs. Mais ce nombre de visiteurs ne correspond pas au potentiel de la ville qui accueille plusieurs boutiques, dont deux boutiques qui font partie des plus importantes de France, deux bars à jeux dans la ville, un troisième dans une ville proche du bord de mer, et enfin de nombreuses associations très actives dans l’animation, notamment dans les médiathèques, les écoles et les collèges.

En fait si le festival ne faisait pas plus de visiteurs, c’était parce que les précédents organisateurs souhaitaient en rester à un événement familial à taille humaine, nécessitant peu de moyens pour son organisation. Il y avait aussi l’idée de rester « pur associatif » sans référence à un quelconque aspect économique. Les éditeurs ne pouvaient donc pas être présents que ce soit physiquement ou même visuellement. Ceci explique donc la taille modeste de la salle, qui a l’avantage d’en faire un festival très chaleureux, mais l’inconvénient est de limiter la capacité d’accueil, que ce soit du public ou des tables de jeux.

Lorsque les précédents organisateurs ont souhaité passer la main après deux ans, ils ont invité toutes les associations ludiques à venir s’exprimer sur le festival et surtout à proposer des repreneurs. Avec Thieumm, nous nous sommes rendus à cette réunion avec l’idée de faire évoluer le festival. Nous rêvions d’un festival à la hauteur du potentiel de la ville. Et ce rêve à plu aux associations présentes, et tout naturellement nous nous sommes retrouvés à la tête de l’Association du Festival du Jeu de Montpellier. 

Le projet que nous avons proposé était de réunir toutes les associations et de changer l’objet de l’association pour en faire une association de promotion du monde ludique de la région de Montpellier, le Festival étant son porte-étendard. Pour le faire grandir et en faire un événement à la hauteur de ce potentiel, le festival devait donc changer d’orientation pour accueillir également les professionnels du monde du jeu et ne plus ignorer la dimension économique tout en gardant le monde associatif comme acteur majeure et principal de la manifestation. C’est ainsi que l’association est devenue une association d’associations, 13 nous ont rejoints dans le projet. Nous avons également établi des partenariats avec les acteurs professionnels du monde du jeu de Montpellier et nous avons signé des accords avec les 3 bars à jeux : Barraka’Jeux, je crois le plus ancien bar à jeux non associatif – 20 ans d’existence -, le Game Taverne qui a ouvert l’été dernier, et le 8uit Café Ludique. Nous avons également invité plusieurs boutiques à nous rejoindre et à s’associer au Festival. Gageure a priori que de réunir des concurrents ! Mais avec une dose d’opiniâtreté et une neutralité toute helvétique, nous y sommes arrivés. Ce sont ainsi 2 boutiques hyper-spé de jeux de société, Excalibur et Lud’M, une boutique spécialisée jeux de rôle, le Manoir du Crime, une boutique jeux de figurines, Tableraze qui étaient présentes sur le festival. L’éditeur Montpelliérain Bioviva, nous a également rejoint et a participé au festival pour la première fois.

Enfin, nous voulions associer les éditeurs à notre projet. Après avoir rédigé un texte présentant le projet et ses ambitions pour les années à venir, nous leur avons proposé de s’associer et de nous accompagner dans cette démarche. Plusieurs nous ont suivi en nous soutenant particulièrement, confirmant ainsi ce que nous pensions du potentiel sur Montpellier. On peut ainsi citer les Ludonautes qui ont été les premiers à nous faire confiance et se sont déplacés lors de la soirée d’ouverture. Mais aussi Morning Player et Superlude présents lors des soirées et le week-end. Alain de Blue Cocker est également venu de Toulouse, en voisin, animer les tables de ses jeux le samedi. Repos Prod et Asmodee avaient quant à eux envoyé une équipe d’animateur et pas mal de matériel.

Tout était donc en place pour que ce festival soit une réussite. Ne restait plus qu’à convaincre le public. N’ayant pas les moyens de l’Alchimie ou d’autres festivals, pour faire des affiches à placarder partout dans la ville, nous nous sommes appuyés sur la presse locale. Nous leur avons expliqué le projet et les journalistes ont répondu présents, notamment le Midi Libre, journal local avec un bel article dès le jeudi et surtout une manchette en première page le dimanche et un second article (voir revue de presse sur le site du festival).

Et le public a suivi avec 20% d’augmentation de la fréquentions et près de 3250 personnes qui ont été comptabilisées grâce aux étiquettes inspirées de notre voisin l’Alchimie. Et ceci sans compter les soirées d’ouverture que nous avions organisé les mardi, mercredi et jeudi chez nos partenaires les bars à jeux.

Je vous invite à aller voir les photos déjà postées sur le site ou sur le Facebook. Je vous en mets ici quelques unes avant d’évoquer l’organisation même d’un tel festival. 

La logistique

Avant de parler d’avenir, revenons un peu sur l’organisation d’un festival. Je ne vous décrirai pas ici en détail la tâche que cela représente, car l’article serait bien trop long. Néanmoins, sachez que l’organisation d’un tel festival, à 2 personnes, est un boulot considérable qui prend finalement énormément de temps. Il est évident qu’il faudra à l’avenir s’inspirer des autres festivals plus importants et être plus nombreux, chacun en charge d’un pan de l’organisation.

Bien sûr, il y a les aspects évidents : contacter les éditeurs, recevoir les jeux, installer la salle et enfin ouvrir le week-end. Mais s’il est simple de décrire ainsi en quelques mots l’organisation, il n’en est rien en pratique de la mettre en œuvre. Contacter les éditeurs, c’est rédiger des courriels, les relancer car ils sont tous débordés, suivre l’avancée du projet, et notamment l’envoi des jeux, leur réception, leur récupération, leur stockage, leur dépunchage. Puis il faut mobiliser les bénévoles.

Heureusement le fait de regrouper plusieurs associations est une véritable aide. Néanmoins la moitié des bénévoles ne sont pas affiliés à une association mais viennent juste pour le festival tous les ans. Il nous faut alors nous aussi organiser des soirées de révision car on ne peut plus compter que sur celles organisées par les associations membres. Il faut ensuite faire les plans, répartir, les jeux, répartir les bénévoles. Il faut prévoir la logistique : déménagement du matériel, les nappes, les gobelets, papeteries, des tickets pour la tombola, le repas des bénévoles, etc…

En parlant de logistique, il y a aussi la buvette. Cette année nous avons confié cette tâche aux bars à jeux moyennant un pourcentage sur les ventes. Certes, la buvette qui était les années précédentes un poste de recette important ne l’est plus cette année. Mais au moins n’avons nous pas eu à nous en occuper. Facturation, partenariat, vérifier que tout va bien, que tout le matériel est bien présent. Trouver le moyen d’acheminer 3 palettes de matériel, livrées par transporteur affrété par Asmodee, dans une zone piétonne ! Trouver comment la renvoyer le lundi matin avant 9h, heure limite fixée par la mairie. Prévoir des flyers, les faire réaliser, les faire imprimer, les distribuer. Gérer le site web, le Facebook, Twitter, …

Une fois l’événement passé, ce n’est pas encore terminé : il faut ranger la salle, déménager le matériel (zut on avait oublié de prévoir une camionnette : bilan, de multiple aller-retours à 22h le dimanche !). Puis faire le bilan du festival, moral ou financier, rédiger des comptes-rendus pour les éditeurs et leur envoyer. Trier les photos et les poster. Rédiger un article pour Ludovox ;). Réunir les associations pour parler du futur, leur répartir les 150 jeux après les avoir vérifiés. Et déjà commencer la préparation du prochain… Et je suis sûr que j’en oublie, sans compter que certaines tâches qui s’énoncent facilement prenne plusieurs heures à être réalisées. Ce que je peux vous dire : c’est passionnant, enrichissant, mais épuisant !

Le bilan et l'avenir

Quant au festival lui-même, si cette 7ème édition, la première pour nous, a permis de confirmer l’intérêt de la nouvelle orientation, il est désormais évident que la priorité est au changement de salle. Le nerf de la guerre de tous les festivals. Malheureusement pour nous, si le festival a désormais 7 ans, il n’était pas connu des institutions publiques puisque la volonté jusque là était de rester confidentiel. Il ne bénéficie donc d’aucun soutien logistique ou économique. Il nous faut donc partir à zéro sur ce point.

Heureusement, l’écho dans la presse de cette année va nous aider, un élu notamment est passé se rendre compte de ce que représentait le festival et il a été impressionné. Sans subvention, actuellement, complètement auto-financé, nous n’avons pas les moyens de nous offrir une grande salle sans soutien de la métropole, du département ou de la région. De la même manière, nous aurions besoin des moyens de communication municipaux pour faire encore mieux connaître du grand public ce festival. C’est la tâche à laquelle nous nous attelons dès à présent : solliciter les institutions et partir à la recherche d’une grande salle. Nous avons quelques pistes que nous espérons voir aboutir.

L’autre défi sera d’étoffer le comité d’organisation. Si un binôme a permis de construire le nouveau projet, il ne sera pas possible, en travaillant par ailleurs, d’atteindre nos objectifs en restant à deux. Il faudra donc arriver à convaincre les associations à s’impliquer plus en amont dans le projet. Si elles ont été très présentes lors du week-end, et sans elles il serait impossible d’assurer l’installation, l’animation des tables et le rangement, il faudra aussi quelques volontaires pour s’occuper de certaines tâches et nous soulager. 

Bref, pour une première ce fut une réussite, mais ce n’est finalement qu’un début et l’aventure continue, nous espérons pour le meilleur du jeu sur Montpellier.

 

Quelques photos :

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10 Commentaires

  1. Grovast 02/05/2016
    Répondre

    Toujours un plaisir les retours de festival. En binôme en plus, bravo la coop 🙂

    En bon fan-boy de Myrmes, j’ai lu avec une avidité plus particulière les infos sur Time Farmer. Généralement la ligne de Bombyx ne correspond pas à mes gouts, mais celui-ci, peut être.

    Les images donnent envie de les cliquer pour les voir en plus grand, mais le lien semble KO. Celle sans nom ressemble très fort à Porta Nigra d’ailleurs.

    • atom 03/05/2016
      Répondre

      Je pense que tu devrais aimer Time Farmer, et en effet j’ai été étonné de le retrouver chez Bombyx, c’est apparemment un coup de cœur de l’équipe de Bombyx. Cela reste plus léger que Myrmes, mais on reste sur un jeu calculatoire.

  2. morlockbob 02/05/2016
    Répondre

    Comme grovast, toujours plaisant de lire que les gens se bougent pour faire vivre leur passion/région/ville….

     

  3. Fred la loutre 02/05/2016
    Répondre

    Sympa comme retour,

    Je confirme que les liens vers les photos ne sont pas cliquables, et rechargent juste cette page. Domage

  4. Djinn42 02/05/2016
    Répondre

    Je confirme les confirmations des gens au-dessus. Mais que fait le dev ?

    • Shanouillette 02/05/2016
      Répondre

      Je crains qu’il faille tout refaire mais je ne suis pas en mesure de le faire actuellement… :/

  5. Max Riock 03/05/2016
    Répondre

    Merci beaucoup pour ce retour très complet. C’est sympa d’avoir la vision des « jeunes » organisateurs ! Etant président d’une association et membres de plusieurs autres,  je mesure parfaitement le travail que vous avez fournis et je suis impressionné que vous ayez géré tout ça à 2 !

    Félicitations

    J’espère une année, pouvoir descendre vous rendre visite !!

  6. Mutant 03/05/2016
    Répondre

    Salut !

    Dans l’article de  Time Farmer vous parlez de « Queen architecte » je ne trouve pas d’infos sur ce jeu, à quoi ressemble t-il? merci !

  7. Zuton 05/05/2016
    Répondre

    Bien sympa ce reportage qui nous donne un aperçu du festival sous 2 angles différents, celui d’un festivalier qui profite de l’événement d’un côté (merci Atom pour tes compte-rendus de jeux découverts), et de l’autre d’une équipe de 2 organisateurs qui se démènent dans l’ombre tout azimut pour offrir le meilleur festival aux visiteurs qui ne s’en rendent souvent pas compte : un sacré challenge et une débauche d’énergie surhumaine pour un festival réussi !
    Bravo à eux 2, aux associations, aux bénévoles et aux partenaires du salon !
    J’ai comme l’impression que le festival va encore s’agrandir l’année prochaine, à la plus grande joie des joueurs de la région montpelliéraine voir plus loin !

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