MIDNIGHT EXCHANGE, le Fort qui cache bien son jeu

Le tout nouveau jeu du couple Fort arrive en ce moment chez Blue Orange, forcément, ça ne passe pas inaperçu ! Ce n’est pas comme s’ils n’avaient pas encore reçu une récompense dernièrement (rrroaarr Dragomino)… Bon timing pour l’orange bleue qui avait bien sûr tout prévu. ^^

Mais attention, dans Midnight Exchange, nous ne sommes pas dans du jeu enfant. Vous incarnez des cambrioleurs qui vont accomplir leurs vils larcins dans les maisons de la ville. Votre objectif ? Echanger votre butin au marché noir pour gagner un max d’œuvres d’art gratifiantes en points de victoire. 

En effet, la structure du jeu se fait en deux temps. On fouille d’abord pour dénicher des butins qu’on échangera ensuite contre des cartes (points fixes one shot, ou collections plus ou moins difficiles) ou des jetons (qui complètent lesdites collections).  

Quand un voleur vous embrasse, comptez vos dents

La particularité de ce jeu de collection ? Il en offre quelques-unes en réalité, ce qui explique sans doute la petite hype qui accompagne sa sortie (sans mentionner l’aura des Fort).
Dans Midnight Exchange vous débutez la manche avec une phase de fouille assez originale, où les joueurs cherchent simultanément dans les 54 tuiles Lieu dispersées sur la table en regardant leur verso jusqu’à dénicher ce qui les intéressent. Liasses, bijoux, gemmes, sacoches, ou encore des tiroirs vides, mais aussi des clefs vous attendent. Tout cela permettra progressivement d’accéder aux points de victoire tant désirés. Mais ne soyez pas si pressé. Les meilleures choses ont besoin de patience. 

On farfouille donc librement (enfin, avec une main dans le dos tout de même !) dans toutes les tuiles et dès qu’une nous semble pertinente dans notre stratégie, on se la met de côté sur notre plateau. Une raréfaction se joue en temps réel et met un peu le stress à tout le monde. Car certaines tuiles sont mieux que d’autres, vous vous en doutez. Leur répartition a été soigneusement pensée. Oui, car il y a un autre élément à comprendre ici : la fouille se joue par palier. Quand la fouille commence, vous avez seulement le droit de regarder un type de tuiles Lieu : celles qui présentent les garages des maisons. Pour pouvoir fouiller dans les bureaux, il vous faudra d’abord trouver une clef en fer (elles sont cachées dans certains garages). Et pour accéder ensuite aux généreux et vaillants coffres-forts, il vous faudra une des quatre clefs en laiton (elles sont cachées dans les bureaux, c’est bien vous captez le truc). Bref, dans cette fouille, ne vous découragez pas, comme vous le savez, c’est souvent la dernière clef du trousseau qui ouvre la porte !

Une fois que vous avez trouvé et placé une clef sur votre plateau perso, elle devra y rester jusqu’à la fin de la manche. Autrement dit : Ne perdez pas du temps et des emplacements bêtement, et réfléchissez bien en amont à ce qui vous intéresse ! 

 

La foir’fouille, c’est la fête à la maison

Cette partie fouille est amusante évidemment, mais pas si facile au début, d’autant qu’il existe de nombreux visuels (parfois bien trop petits pour mes mauvais yeux) à appréhender d’un coup pour les challengers. Après quelques manches, la lecture du jeu se fait néanmoins plus lisible et les objectifs de jeu deviennent plus nets. 

Dès que l’un d’entre vous se voit satisfait de ses six tuiles récupérées, il attrape vite fait bien fait un jeton fuite de la plus petite valeur (“numéro un”) et l’annonce à haute voix. Les autres peuvent continuer de fouiller. Quand ils décident d’arrêter, ils récupèrent eux aussi chacun un jeton numéroté de fuite, selon leur ordre d’arrivée. Vous vous en doutez peut-être, ces numéros que l’on s’attribue du plus rapide au plus lent déterminent l’ordre du tour pour la phase suivante. Et cela va prendre de l’importance au fil des manches. 

 

Les choses sérieuses débutent

La phase suivante permet de jouer les échanges. Non pas entre nous, mais entre nos butins et le marché noir, qui donne les fameux points de victoire. En place, autant de plateaux marché noir que de participants·e·s autour de la table. Mais c’est là que le jeu révèle une autre petite subtilité : vous n’avez pas d’office accès aux revendeurs du marché noir. Quand c’est à vous, vous choisissez un plateau revendeur et vous devez payer le coût en butin qui y figure. Lors de la fouille, vous avez bien sûr repéré tous les jetons importants à récupérer n’est-ce pas ?

En échange, vous prenez l’une des cartes Prestige ou l’un des jetons Objet d’art présents. Chaque revendeur propose des échanges contre des butins spécifiques. L’anticipation sera la clef de la réussite. 

C’est ici que le moteur à points de victoire se met en route. Certaines cartes Prestige offrent des points fixes, d’autres proposeront des collections. Les Objets d’art sont des jetons qui pourront aller se placer sur des cartes Prestige choisies pour en bonifier la valeur en cas de collection. 

Alors sur quoi partirez-vous ? Plein de petites collections faciles et court-termistes ou des grosses collections risquées, audacieuses mais opulentes ? À vous de choisir sur quoi vous misez votre scoring.  

Et comme on voit ce qui est dispo à l’échange dès le début de la manche, il faudra bien se demander si c’est plus intéressant de prendre son temps dans la fouille afin d’obtenir exactement les tuiles désirées, ou s’il sera plus stratégique d’aller très vite dans cette phase, pour fuir en premier afin de s’assurer un accès prioritaire au marché noir. Tout dépendra de votre axe. À vous de programmer votre stratégie de récupération de points.

Un jeu qui ira au garage ou au bureau ? 

Midnight Exchange est sans aucun doute moins enfantin que l’on pourrait le croire de prime abord. Derrière son caractère familial frénétique se dissimule en réalité un titre assez calculatoire qui cache bien son jeu. S’il est sur le papier relativement facile à saisir (même si on regrettera la petitesse des icônes surtout au vu de leur quantité), Midnight Exchange augmentera en pression avec le nombre de participants et leur maîtrise du jeu. Le côté analyse de la situation en temps limité sera plus ou moins aisé selon les publics, certains y arrivent en première lecture, pour d’autres il faudra plusieurs tours ou parties avant d’être à l’aise.
Il est à noter qu’il
fait partie de ces opus où tout le monde a la tête dans le guidon (durant la phase fouille) et qu’à ce titre, il ouvre potentiellement une autoroute pour les tricheurs. Mais voleur oui, tricheur non ! Oui Midnight Exchange rend plutôt bien hommage au thème du cambriolage. Il faut anticiper son coup, avoir le coup d’œil furtif et le geste assuré, accepter que la situation nous pousse parfois aux compromis, le mieux étant l’ennemi du bien. 
Quoi qu’il en soit, son association plutôt originale entre hasard et stratégie ravira les amateurs de sensations rafraîchissantes. Saura-t-il se renouveler suffisamment pour s’installer sur la durée ? Un Test devra répondre à cette question !     

   

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