Lost Explorers : À la recherche du QR Code perdu

Ah, les mondes perdus ! Qui n’a jamais eu envie de prendre son sac de voyage et d’explorer le monde pour découvrir une relique mystérieuse cachée au fin fond d’un temple ancien ? De s’imaginer en Indiana Jones en herbe ? De trouver une carte vers un monde mystérieux, perdue dans la malle de son grand-père ?

Elle est là, cette carte, à votre portée ! Dans la boîte que vous allez ouvrir !

 

En route pour l’aventure

Lost Explorers est un jeu de Cédrick Chaboussit, auteur français (re)connu notamment pour un jeu prestigieux, Lewis & Clark (déjà chez Ludonaute), mais aussi, plus récemment, Shamans ou Lueur. Cet auteur-là aime assurément nous faire voyager.

Nous incarnons ici des explorateurs à la recherche d’indices, qui, une fois réunis, dévoileront l’emplacement de l’objet de notre quête : un monde inconnu. Pour trouver ces précieux indices, il va nous falloir explorer le monde en réussissant des missions parsemées sur la carte terrestre. Prêt pour un petit tour à Venise, en passant par le sphinx d’Égypte ? Préparez votre sac à dos, et surtout les billets de transport !

Il faut une petite description du matériel pour bien appréhender le fonctionnement du jeu ici. En premier effet visuel, nous avons une carte du monde, contenant quelques lieux prestigieux pour tout chercheur de trésors en herbe. 

La boîte de jeu offre aussi deux grands compartiments qui contiendront les jetons double face. Les caractéristiques de ces derniers sont :

  • D’une part leur face « Voyage », correspondant aux différents moyens de locomotion pour vos voyages.
  • D’autre part leur face « Missions » indiquant quels lieux visiter pour accomplir la mission qui vous incombe.

 

Pile ou face

 

Enfin, une double piste de progression sera centrale à l’avancement du jeu : il faudra gravir les échelons pour récupérer les jetons indices et prétendre à la victoire : celui qui aura trouvé quatre indices pourra reconstituer la carte du lieu secret où se cache le monde perdu.

Un tour de jeu se décline en deux phases pour chaque joueur. Une première phase de placement et récupération de jetons, puis une phase de réalisation de missions. Lors de la première phase, vous aurez à placer vos aventuriers soit devant les piles de jetons pour récupérer ces précieux sésames, soit sur les lieux de la carte.    

Seuls deux jetons peuvent être récupérés dans les piles par tour (un par pile) ; vous choisirez le nombre d’explorateurs que vous voulez affecter à chaque pile. Un explorateur permettra alors de récupérer le premier jeton visible d’une pile, alors que trois explorateurs permettront de prendre le troisième.

Il faudra donc regarder à quelles positions se situent les jetons qui nous intéressent. Vous choisirez aussi la face du jeton récupéré : Soit sa face voyage pour placer ses aventuriers sur la carte, soit sa face « mission » pour savoir dans quels lieux il faudra se rendre.

Les pistes menant à la victoire !

 

Vous pourrez aussi placer vos aventuriers sur les lieux carte si vous disposez des jetons voyage correspondant. Chaque lieu comprend 2 à 3 symboles de déplacement, qui seront les moyens de locomotion pour s’y rendre : Train, Voiture, Dirigeable, Bateau, chacun associé à une couleur, rétrospectivement Rouge, Jaune, Vert et Bleu.

Pour chaque lieu où se rendre, il faudra défausser un des jetons requis dans une défausse commune (ou à un autre joueur si ce dernier était déjà présent sur le lieu. Il est alors délogé), et garder les autres jetons. 


L’objectif de tout cela est de bien positionner vos aventuriers sur la carte, pour accomplir vos missions dans la seconde phase du tour
. À ce moment, pour une mission où vos aventuriers sont présents sur tous les lieux, vous avancerez sur la piste de la couleur de mission correspondante d’autant de cases que d’aventuriers requis. Attention, chaque joueur ne dispose que de trois aventuriers (un quatrième pourra se débloquer). La marge de manœuvre est donc étroite pour récupérer des jetons et réussir des missions au même tour.

Plus vous avancerez sur les pistes de couleurs, plus vous récupérerez d’indices. On est donc dans une course à l’indice. Souvenez-vous, le premier à atteindre quatre indices sera l’heureux possesseur d’une carte pour découvrir le monde perdu.

Enfin… une carte, c’est pas très 2.0. Même les secrets anciens se sont mis à la technologie : exit les feuillets en page de papyrus, c’est un QR Code que vous découvrirez et qui dévoilera le lieu sur GoogleMap. Plus qu’à espérer que le monde perdu ne soit pas un datacenter Microsoft.

 

 

Wagon 1er classe ou 2nd classe ?

Indubitablement, mon premier contact visuel avec Lost Explorers m’a donné envie d’ouvrir la boîte et de jouer : son aperçu de plateau « vieille carte jaunie » intégré à la boîte, ses nombreux jetons cartonnés style poker, l’esthétisme de la boîte conçu pour accompagner le jeu, le travail d’illustration de Christine Deschamps, vraiment remarquable… Tout est fait pour que l’on soit en mode « On ouvre la boîte et on joue directement, avec un minimum de mise en place », de l’organisation des rangements pour les pions déjà installés, au plateau de jeu tout prêt à l’ouverture de la boîte façon livre. Le tout sur une direction artistique qui sent le vieux grimoire plein de secrets à découvrir. Vite, vite, apprentis aventuriers, on part à l’aventure !

La mécanique de Lost Explorers est dans l’ensemble assez simple : on récupère des jetons, on pose nos aventuriers, on réalise nos missions, et on recommence. Les premiers tours peuvent être un peu fastidieux car, au-delà des règles très simples, il y a plusieurs micro-règles, pas forcément intuitives, qui doivent être assimilées pour en profiter pleinement : ne retirer qu’un seul aventurier à la réalisation d’une mission, pouvoir récupérer un jeton dans la défausse si on avance notre aventurier le plus en retard sur les pistes indices, etc.

Tant de points de détails où j’aurais aimé trouver un rappel sur le plateau de jeu. Heureusement, passés les premiers tours, on finit par assimiler toutes les étapes à réaliser, et le tour de jeu d’un joueur devient très fluide.

Justement, une fois qu’on s’est approprié le fonctionnement d’un tour, on s’aperçoit qu’une petite monotonie se met en place. Dans Lost Explorers, nul moteur à installer. Pour gagner, il faudra récupérer les quatre indices en réalisant des missions, mais cela sera toujours de la même manière, sur les mêmes missions : récupérer les jetons voyage, les utiliser pour se placer, en récupérer d’autres, recommencer. Aucune montée en puissance au cours de la partie, pas de renouvellement sur les prochaines actions que l’on fera, le jeu ne donne pas de retour sur lequel rebondir. La récupération du quatrième ouvrier donnera justement un coup d’accélérateur salutaire pour arriver plus rapidement au fameux quatrième indice.

Deux stratégies axées sur les pistes d’avancement ressortent : soit avancer nos deux explorateurs au même rythme, profitant du bonus « je déplace le plus en retard pour avoir un jeton gratuit », soit foncer sur une des deux pistes. Néanmoins, sur mes quelques parties, la fin du jeu s’est toujours provoquée presque au même tour pour tous les joueurs, le gagnant étant déterminé par la chance sur un tirage mission avec des aventuriers déjà placés sur la carte. Une frustration après presque une heure de jeu, un sentiment de victoire finalement peu méritée pour mes joueurs, plutôt adeptes de stratégies gagnantes.

L’idée du QR code final, a priori sympathique et originale mais absolument inutile au jeu, nous laisse aussi sur notre faim. Ok, on a trouvé le lieu du monde perdu sur notre smartphone. Et ? C’est tout ?

Un monde perdu donné par un QR code

 

L’interaction entre joueurs est un peu présente. Elle va se faire d’une part sur le placement sur la carte : « Vais-je déloger le joueur ? Si oui, je vais lui donner un jeton et il est probable qu’il me déloge au prochain tour si je ne réussis pas ma mission immédiatement ». On aura donc souvent le nez sur les missions des autres joueurs pour identifier les prochains lieux où ils iront se placer, ou s’ils risquent de nous déloger.

On pourra aussi jouer sur les piles de jetons en essayant, si possible, de provoquer une pénurie sur une couleur. Néanmoins, cette interaction ne sera pas très palpitante, les joueurs se contentant d’attendre leur tour pour voir la situation et décider des actions. Vous me direz, Lost Explorers serait ainsi un bon candidat pour les jeux en tour par tour sur BGA, où ne pas suivre les actions des autres pendant leur tour n’a finalement que peu d’importance.

Puis, au fur et à mesure de la partie, on s’aperçoit malheureusement que la superbe esthétique de la boîte n’est pas si pratique que ça. Un des points majeurs de la mécanique est de récupérer des jetons dans les espaces de rangement, et plus particulièrement de voir l’ordre d’arrivée des jetons. Or, plus les piles se vident, plus les jetons glissent et rendent moins aisée la lisibilité. J’ai pesté à plusieurs reprises en essayant de remettre les piles de façon lisible. De plus, les couleurs des jetons ne sont pas visibles sur la tranche, ce qui demande parfois de bouger la pile, qui se met à glisser, et … Argh ! Si l’idée de départ était bonne, j’aurais finalement préféré des jetons aux bord arrondis, de manière à ce que je puisse les empiler tout en voyant leur couleur.

 

 

Un voyage qui n’atteint pas son but

Lost Explorers est à mon sens un jeu dont le ramage ne se rapporte pas à son plumage. Une esthétique incroyable, mais qui finalement dessert l’ergonomie. Des mécaniques simples, mais peu intuitives et surtout au bout du compte un peu répétitives. Une invitation au voyage qui en définitive me fait bâiller devant mes jetons en attendant mon tour.

Un jugement peut-être un peu sévère, car probablement joué avec des joueurs qui attendaient plus de profondeur. Mais la découverte du jeu mystérieux attisant mon plaisir ludique ne sera pas pour cette fois-ci. En attendant, je retournerai vers la précédente pépite ludique de l’auteur qu’est Lewis & Clark. Eux étaient de vrais aventuriers ! 

 

   

2 Commentaires

  1. morlockbob il y a 26 jours
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    Le jeu n’est pas abouti, il survole son propos. Ton jugement est loin d’être sévère.

  2. Salmanazar il y a 26 jours
    Répondre

    2e retour mitigé que je lis.

    le premier était d’un certain maureloquebaube de mémoire.

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