Les petits joueurs #45 – Suspecto – Troupo – Les enfants de la resistance

Chaque mois, notre chronique Petits joueurs vous propose plusieurs jeux adaptés à différents âges de l’enfance, joués entre parents chroniqueurs et enfants.

Speedy est un joueur de 6 ans qui en est à son troisième pistolet à prouts. Entre deux parties de Bonfire, il construit des châteaux imaginaires qui abriteraient des déesses et des gnomes.

Koalino est un joueur de 8 ans qui adore les peluches et les cartes à collectionner à l’effigie de héros de cinéma, distribuées dans les grandes enseignes. Il veut toujours jouer au Memory, car selon lui, le Memory, c’est “la belle vie”.

Grinchou a 11 ans et une passion secrète pour la détestation de tout ce que son père propose. Il aime un jeu quand il gagne et pourrait jouer des heures à QuickShot, car il peut y éliminer son père, sa mère et ses frères… Terrifiant !

Dans la famille, les enfants sont presque trop grands pour jouer aux jeux présentés ici, mais voilà : en ce mois d’avril, c’était l’anniversaire de maman, et l’occasion de réunir les amies et leurs enfants, pile poil dans l’âge indiqué, était trop belle. Se sont alors ajoutés de nouveaux bouchous :

Léo est un tireur d’élite de 5 ans et le jeu de société, il s’en tamponne : lui, ce qu’il aime, ce sont les Nerf !

Mia est une joueuse de 4 ans, championne officielle du “je finis mes Monster plus vite que toi” et experte pirate… qui affirme avoir mangé le Fruit des doudous, dont je vous laisse deviner les effets…

Et pour Les enfants de la Resistance Sim’Meeple est un petit joueur de 8 ans. Il ne joue pas (encore) à Agricola, mais a bien compris comment fonctionnait Star Wars Unlimited, jusqu’à gagner régulièrement contre son papa. Sortir une boîte de jeu est un vrai plaisir pour lui. Ne pas faire un jeu au retour de l’école ? Impensable. 

 

Les Enfants de la Résistance

Les Enfants de la Résistance est une série de BD jeunesse (scénarisée par Vincent Dugomier et dessinée par Benoît Ers) très appréciée par les enfants de 9 ans et plus. Cela raconte l’histoire des quelques enfants francais durant la seconde guerre mondiale, dans une petite ville occupée par l’envahissseur nazi. Mettant en avant la solidarité, les valeurs morales et le contexte très particulier de l’époque, cette série raconte les aventures d’un groupe d’enfants s’organisant en résistance contre l’occupant et les dangers associés. Dans la foulée de son adaptation au cinéma, voici l’adaptation en jeu de plateau.
 
Les Enfants de la Résistance est un jeu coopératif à scénario. Vous y incarnerez François, Lisa, Eusèbe et autres enfants protagonistes de la bande dessinée, avec comme terrain de jeu la ville de Pontain-l’Ecluse. Les lecteurs de la série y trouveront quelques lieux spécifiques des aventures racontées, comme la ferme de François. Le jeu est divisé en 6 enveloppes, qui sont autant de scénarios à difficulté croissante. On commencera tranquillement avec peu de soldats nazis et un objectif assez simple, pour progressivement complexifier les aventures avec la terrible gestapo et le déclenchement des alarmes. Lors des missions, il s’agira souvent de se rendre sur différents lieux de la carte pour délivrer du matériel, tels que des tracts dans des boîtes aux lettres, ou encore ramener du matériel de résistance au QG des enfants. Tout cela en évitant les patrouilles de soldats faisant des rondes dans la ville. Pour cela, chaque enfant, à son tour, dispose de 4 points d’action pour se déplacer, ramasser un objet ou encore écarter une patrouille. Chaque enfant a aussi un pouvoir qui lui est propre, comme pouvoir emprunter les chemins de traverse gratuitement. Tout l’enjeu est bien sûr de ne pas se faire capturer par les nazis, au risque de précipiter la fin de partie, voire de perdre automatiquement si vous êtes pris avec du matériel illicite dans la besace.
 
Les enfants de la résistance reprend les grandes ficelles des jeux coopératifs de la lignée des Pandemic, avec une prise en main efficace et facile à comprendre dès 9 ans. Nos petits joueurs se prennent au jeu et sont encore plus immergés dans l’histoire s’ils ont déjà parcouru les pages de la BD, même si ce n’est pas un pré requis. Le jeu est non agressif. Il n’est pas question de trucider du nazi à la Inglorious bastard. Reprenant les codes de la BD, il s’agira plus d’éviter les patrouilles circulant dans la ville, toute capture en flagrant délit étant punitive. Cette mécanique de ronde des patrouille est un peu répétitive à la longue, mais l’arrivée de la Gestapo remonte la tension. Les parties sont de bons moments d’échanges sur les choix tactiques à faire, particulièrement avec les personnages au pouvoirs asymétriques (quoi que inégaux), même si nos p’tits meeples ne privilégieront pas toujours le choix le plus tactique. Cela dit, la difficulté est assez réduite pour se permettre cela, tout en étant vigilant. 
 
J’ai particulièrement apprécié mes parties des Enfants de la Résistance. La mise en place est un peu fastidieuse (les enfants sont impatients !) mais le déroulement du jeu est fluide, avec un peu de hasard, et cela fait vivre une aventure, tout en évoquant un peu d’Histoire de la seconde guerre mondiale, et de la vie dans les villages à cette époque.
 
-MeepleCam
 
Un jeu de Gabriel DurnerinSamuel Colin
Illustré par Benoît Ers Vincent Dugomier
Edité par  Le Lombard
À partir de 8 ans 

Ludochrono

Suspecto 

Suspecto est un jeu d’enquête coopératif surprenant. Dès la mise en place, les enfants sont immédiatement enthousiastes et accrochent à l’idée. Une bêtise a été commise : plusieurs suspects sont en lice, accompagnés de différents indices permettant d’en éliminer un. Une fois ce suspect écarté, sa carte est retournée et révèle à son tour trois nouveaux indices, qui servent à innocenter un autre personnage, et ainsi de suite, jusqu’à ne conserver qu’un seul suspect… le coupable. 

 

Rien de plus simple !!

Le jeu s’est révélé hypnotique pour les enfants, tant il est familier de leurs habitudes de jeu. Sorte de cherche et trouve, qui doit beaucoup à Nom d’un renard, en plus accessible et immédiat évidemment. Les personnages sont mignons à souhaits, très distincts les uns des autres et les indices parfaitement identifiables, ce qui en terme de difficulté n’offre aucune résistance. Autant vous dire qu’ils se sont abandonnés au jeu, ont littéralement dévoré toutes les petites enquêtes d’une traite sur le simple plaisir de découvrir les bêtises et les coupables. Depuis figurez-vous que mon 6ans le réclame de temps en temps, durant ses temps calmes, s’amusant en toute autonomie à innocenter les misérables… Faut croire que Suspecto à quelques vertus ; l’autonomie et le plaisir addictif de la déduction et de la résolution ou alors l’apprentissage de la justice … Dis-moi, mon fils, t’ai-je déjà parlé de Batman ?!

Suspecto propose aussi une petite variante très sympathique où le coupable se démasque à coups de questions-réponses, à la manière d’un Qui est-ce ?. On a fait une partie par curiosité, mais la sauce n’a pas pris aussi bien qu’avec le jeu original. 

-Divad

Un jeu de Marine Faraguna
Illustré par Evelien Monti
Edité par Kiwizou

À partir de 4 ans 

 

Troupo

Dans ce jeu, chaque joueur incarne un fermier qui tente de rassembler le plus d’animaux possible dans sa ferme. À chaque tour, les joueurs piochent des cartes animaux, mais il est interdit d’en piocher une qu’ils ont déjà… ou pire encore, une barrière cassée. Sinon, le tour est perdu et tous les animaux sont renvoyés à la prairie, face visible. Dans le cas de la barrière, tous les animaux retournés sont définitivement perdus. Une seule obligation pour le joueur suivant : retourner une nouvelle carte avant de piocher parmi celles déjà visibles. À la fin de la partie, le décompte des points est très sympathique : les cartes sont alignées en se superposant partiellement à la précédente, ce qui crée de jolies lignes de graduation du plus bel effet. Le joueur ayant la ligne d’animaux la plus longue est déclaré vainqueur.

 

Le dos des cartes aurait pu proposer une approche aussi ludique !

Même si la mécanique du “stop ou encore” est connue, Troupo propose des contraintes très intéressantes. D’abord, l’obligation de retourner une carte avant de pouvoir éventuellement choisir parmi celles déjà visibles. Ensuite, si seuls trois types d’animaux sont présents (cochon, mouton, lama), toutes les cartes ne se valent pas puisqu’elles peuvent contenir de un à trois animaux. À 4 ans, ça joue pour le plaisir sans se poser trop de question, alors que dès 6 ans ça cogite fort et les calculs basiques se font alors naturellement  (+/-1, +/-2) sur leur cartes ramassées mais aussi chez les adversaires. La prise de risque ne consiste plus seulement à éviter un doublon, mais au contraire à essayer de retourner une carte qui leur permettra de marquer suffisamment de points pour faire la différence. Tenez-vous bien, j’ai même vu un enfant assumer d’essayer de piocher une barrière pour nettoyer la zone de jeux des cartes visibles trop favorables à son goût… 

Cette gestion des conséquences plaît instinctivement aux enfants, mais aussi aux adultes qui, peu à peu, prennent la place des enfants gagnant jusqu’à se réserver le jeu le temps de quelques parties. Dommage, finalement, qu’on ne puisse y jouer qu’à quatre et qu’aucune variante ne soit proposée pour rendre les parties plus longues et renouveler les effets, qui offrait au jeu un autre accompagnement plus durable au sein de la famille. Un jeu formidable qui aurait dû recevoir d’autres ambitions. 

Un jeu de Marie FortWilfried Fort
Illustré par Luke Ives
Edité par Kiwizou

À partir de 4 ans

-Divad

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