DIAMONDS : peut-être pas un bijou mais…

Avec une boîte qu’on prendrait pour un cadeau promo de chez Renault, ou un vagin métallique digne des meilleures pochettes de Hard Rock made in 80, Diamonds de Mike Fitzgerald peut concourir pour le visuel de jeu le plus moche de l’année. Devons-nous pour autant prendre nos jambes à notre cou ? Ce jeu a quand même été nominé au  « golden geek best card game » de 2014… Voyons cela !

 

LES DIAMANTS SONT ETERNELS

Et dans cette petite boîte (16 x12) des diamants (en plastique, désolé !), il y en a : 110 transparents de petite taille et 25 rouges de grosse taille (1 rouge = 5 transparents). Sans omettre 60 cartes numérotées de 1 à 15 en 4 couleurs, 6 coffres-forts (paravents) et 6 aides de jeu.

Le but du jeu, vous vous en doutez, est d’avoir le plus de points à la fin du jeu, en collectionnant les diamants.

matos

Le nombre de manches à jouer est fonction du nombre de participants :

  • 2 / 4 joueurs = 4 manches
  • 3 / 6 joueurs = 6 manches
  • 5  joueurs = 5 manches

 

On peut donc jouer de 2 à 6, mais à 6 c’est total-chaos, l’idéal étant 4 ou 5 joueurs.

 

CHEZ L’ONCLE PICSOU… ÇA SE PASSE COMME ÇA

Diamonds est donc un jeu de pli où la plus forte valeur l’emporte, mais avoir de petites cartes n’est finalement pas gênant comme nous allons le voir.

Pour la mise en place, c’est rapide : On pose d’abord les diamants au milieu de la table (the supply), c’est la réserve. Chaque joueur prend un coffre-fort (the vault) : C’est un paravent qui sert à dissimuler le nombre de diamants en sa possession (et à les protéger du vol). Et puis on dispose devant son coffre, 3 diamants (visibles de tous donc) : voici le show-room.

Chacun se munit d’une aide de jeu et reçoit 10 cartes. C’est parti ! Celui qui a distribué décide alors combien de cartes on passe à son voisin : 1, 2, 3 max (attention ce n’est pas un draft. on donne seulement des cartes à son voisin. Cela permet de faire une coupe dans son jeu par exemple). Après ce petit exercice, tout le monde part donc à nouveau avec 10 cartes . Le reste du paquet est inutilisé pour cette manche.

C’est un jeu de pli où chaque couleur correspond une action (qu’on est pas obligé de faire, mais franchement, quel intérêt de s’en passer ?).

aide

AIDE DE JEU

 

LAISSE MOI KIFFER LA VIBE (Diam’s)

Yo ! Pour les règles, rien de difficile, elle sont assimilées en 5 minutes. À chaque tour, le joueur actif (gagnant du pli précédent) joue une carte.

Là, 2 possibilités :

  •  Les autres joueurs ont la même couleur. Alors la valeur la plus forte remporte. Le gagnant du pli fait alors l’effet de la couleur. Mais lui seul.
  •  Les autres joueurs n’ont pas la couleur et sont obligés de « pisser » comme on dit. Chaque joueur réalise alors l’action de sa couleur + le gagnant du pli fait de même.

 

Les actions sont des « suit action », elles se déclenchent dans plusieurs situations : si vous ne pouvez pas suivre la couleur ou si vous gagnez le pli.

Vous avez joué du Carreau > prenez un diamant de la réserve et mettez-le directement dans votre coffre

Coeur > prenez un diamant de la réserve et posez-le dans votre show room.

Pique > prenez un diamant de votre show-room et mettez-le dans votre coffre-fort (on ne peut plus vous le prendre, il est protégé)

Trèfle > prenez un diamant dans un show-room adverse et posez le dans VOTRE show-room !

 

De plus, à la fin de la manche, si vous êtes majoritaire dans une couleur, vous prenez l’action correspondante à la couleur (mais rien s’il y a égalité). Et enfin, à la fin de la manche toujours, si vous n’avez fait aucun pli, vous gagnez 2 diamants (2 actions carreaux).

exemple

TOUT CE QUI BRILLE…

Voyons un tour de jeu. Dans cet exemple ci-dessus, Marylin pose un 15 de trèfle pour assurer sa victoire (win the trick). Diam’s pose un 6 de pique car elle n’a pas de trèfle, elle ne peut pas gagner le pli mais réalise néanmoins l’action du pique : prendre un diamant de son show-room et le placer dans son coffre. Elle réalise un beau coup en sécurisant un diamant.

Sean n’a pas non plus la couleur demandée, il joue un carreau et prend un diamant de la réserve qu’il met directement dans son coffre.

Marylin gagne le pli, elle pique un diamant dans un show-room adverse et reste « premier joueur » pour le tour suivant.

 

 DIAMONDS ARE THE GIRL BEST FRIENDS

Encore faut il en avoir….

À la fin du jeu le calcul est simple : chaque diamant dans le coffre vaut 2 PV et chaque diamant dans le show-room vaut 1 PV.

 

A SIMPLE PLAN

 urlTrop simple pour vous ? Le cerveau du jeu a prévu des incroyables variantes !

Plan A : Vous êtes 2 joueurs. Chaque joueur joue 2 cartes au lieu d’une.

Plan B : Vous êtes 4 ou 6 joueurs. En équipe. On joue normalement, mais à la fin d’une manche, on additionne ses cartes pour gagner des majorités.

Plan C c’est le « Perfect diamonds » : Le nombre de cartes est connu et limité au nombre de joueurs. À 5 par exemple, on donne 12 cartes à chaque joueur. À 2 on enlève les cartes 9 à 15 et on donne 16 cartes…

Mise à part le plan C (et encore, il favorise plus la chance du tirage), les autres méritent perpète pour tant d’imagination.

 

BILAN : SHINING LIKE A DIAMOND ?

Il n’y a aucun thème, pitch, intro dans ce jeu. Pas de « vous tentez de réaliser un casse… ». Non, c’est un « jeu de cartes malin »… Basta !

 

carte

 

Si la boîte est moche, un effort soigné à été réalisé au niveau des cartes : design et peinture brillante, elles ont un petit côté « art déco » pas désagréable et sont plutôt résistantes.

L’énorme paquet de diamants en plastique n’aide malheureusement pas à planter le décor, et les paravents coffre-fort sont plutôt quelconques à mon sens. Le jeu a un abord plutôt froid dans son ensemble. Ceci dit, ça attirera peut-être quand même le quidam ou le débutant (non habitué à des décorums poussés sur des jeux de cartes). Et peut-être qu’il séduira les filles qui rêvent d’être Marylin 😉

L’idée d’adjoindre des pouvoirs aux couleurs est une bonne. Le fait de pouvoir faire l’action même sans gagner permet de ne pas pénaliser les petites cartes et de se lancer dans des minis « combos » genre un trèfle ou un coeur (qui permettent de prendre des diamants chez les autres ou dans la réserve) puis un pique (qui permet de mettre un diamant de son show-room dans son coffre) si vous avez ce genre de suite. Le carreau restant la couleur maîtresse (diamond > diamant > carreau ^^) puisqu’il permet de réaliser 2 actions (prendre et stocker).

Cela reste un jeu de pli et donc un jeu où la distribution de base aura son importance.

Personnellement, je ne suis pas vraiment convaincu durant la partie (ce n’est pas le jeu de cartes qui bouleverse le jeu de cartes quoi), mais j’avoue lui trouver un certain charme après coup, avec l’envie d’en refaire une ! Le côté dissimulation, la manipulation des diamants qui se promènent, le choix de gagner le pli ou pas, pour rejouer ou non… Tout ça donne un certain rythme au jeu. Par contre la collection de couleur pour être majoritaire à la fin d’une manche est ingérable, autant que l’est ce jeu à plus de 4.

Bilan, Diamonds est un petit jeu qui passe plutôt bien. il y a un peu de stratégie et du hasard, l’ambiance autour de la table est celle d’un jeu de plis : on essaie des coups, on se fait avoir, on est content quand on prend le pli sous le nez du voisin. Pas la peine d’en attendre plus !

 

DIAMONDS

Un jeu de Mike Fitzgerald
Illustré par William Bricker
Edité par Stronghold Games
Langue et traductions : Anglais
Date de sortie : 27/08/2014
De 2 à 6 joueurs
A partir de 8 ans
Durée d’une partie entre 2 et 6 minutes

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