Dans l’assiette #3 : Secret identity, cyrano, P comme pizza, monique, not not, dexterity jane, le jeu du doigt

Le printemps touche à sa fin, voilà l’été (é,é!!), le soleil, on boit un coup en terrasse, on nettoie les chaises pliantes pour manger dehors. Le gris hivernal semble loin, vite, il me faut un petit jeu à glisser dans ma valise ! On invite les copains, les copines, et on sort de quoi mettre l’ambiance. Voilà qui tombe bien, c’est le sujet du jour.

 

 SECRET IDENTITY (Funny Fox)

Une boîte bien lourde car bien remplie pour un party game basé (une fois encore) sur l’association de mots et de dessins.

 

Pour commencer, prenez vos clés numérotées et votre plateau personnel. Prenez vos mini cartes aux illustrations stylisées (des pictogrammes), il faudra faire la partie avec, impossible d’en piocher de nouvelles. Huit personnages (Terminator, Peter Pan, Van Gogh…) sont associés à un numéro. Chaque joueur doit, à l’aide de picto en sa possession, faire deviner la personnalité que le hasard lui a attribuée, et deviner le personnage des autres joueurs. Vos picto peuvent indiquer un rapport ou au contraire, qu’il n’a rien à voir avec le sujet. Donnez ensuite vos clés aux autres joueurs, puis comparez les réponses et les choix. Gagnez des points et grimpez sur l’échelle de score. Soyez le plus proche du sommet à la fin de la quatrième manche.

Plus de détails en vidéo dans notre Ludochrono.

 

 

Reconnu ou anonyme ?            

Principe classique mais qui fonctionne parfaitement, Secret Identity joue surtout sur l’enrobage pour faire du neuf avec du vieux : un plateau pour compter les points, des clés en carton que l’on insère dans des tablettes aimantées, les mêmes où l’on glisse ses cartes pour donner les indices. Surproduit, ce packaging ne sert pas à grand-chose mais donne au jeu une certaine allure. Oui, on peut aimer le superflu. Attention cependant à la manipulation pas toujours pratique des éléments et, surtout, la fragilité des tablettes. Pour le reste n’oubliez pas le scotch.

 

LE JEU DU DOIGT (Lumberjacks Studio)

Fortement mis en avant par mon ludicaire qui en possédait un exemplaire récupéré dans je ne sais plus quel salon, ce jeu débarque (enfin ?) dans sa forme finalisée. Boîte fine, cartes et… vos doigts.

 

 

Tout comme Dexterity Jane, mais de façon plus simple, il va falloir se servir de votre index (mais vous pouvez changer de doigt) pour valider un contrat lancé par vous-même. Chaque joueur pose son index sur la carte, vous annoncez un chiffre (bien sûr si vous êtes quatre, pas la peine de dire cinq ou plus !). On peut laisser ou enlever son doigt. S’il reste le nombre annoncé de doigts sur la carte (tous joueurs confondus), vous la gagnez. Pour enrober le jeu d’une petite couche ludique supplémentaire, il y a quelques effets :

Bouton rouge : on gagne aussi la carte de la pioche si elle correspond au chiffre annoncé.

Bouton voleur (l’éponge) : volez la carte de la pioche des adversaires si elle correspond au chiffre annoncé.

Double bouton : mettez deux cartes en jeu, jouez avec vos deux mains et gagnez les deux cartes si vous réussissez au moins un pari.

Doigt dans ses bottes ou je te fais un doigt ?

À la lecture des règles on pourra s’indigner. Quoi ! C’est tout ! On pourra dire qu’on touche le fond, on pourra dire que ça vaut bien une belote de comptoir. J’avoue que dans de bonnes circonstances (en buvant un coup/en attendant le train) ça marche. Pourquoi pas ?

 

DEXTERITY JANE (Sit down)

Jeu d’observation/rapidité, il faut réaliser des figures avec ses doigts (doigt du milieu plié/pouce replié…). Oui, mais ceux de la main gauche ou de la droite ? Et si l’image montre une main qui ne fait rien ? Tout est là cow-boy ! En cours de partie, cela se complique puisque l’on ajoute de plus en plus de cartes.

Dans ce « duel » (jusqu’à neuf), l’affrontement sera régit par trois phases quasi simultanées. On retourne les cartes faces cachées, et de plus en plus (10 au tour 10), on essaie de faire le tri dans les contraintes (Une main dont aucun doigt n’est plié annule toutes les autres/Deux cartes identiques s’annulent…). Vous suivez toujours ? A vous de plier ou pas vos doigts, de coller à la bonne configuration en étant le plus rapide ! Voici une Ludochrono pour comprendre.

Tout comme dans le Jeu du doigt, un mode braquage permet de voler une carte. Ici, en mimant un tir de révolver.

Tu tires ou tu pointes ?

Le titre rend un petit hommage à Martha Jane Cannary, dite Calamity Jane figure légendaire de la conquête de l’Ouest, ainsi tout le jeu nous plonge dans le décor du Far West. Jeu d’observation-rapidité et dextérité, le résultat fut mitigé au sein de notre groupe de vachers. Si la première partie du jeu est plaisante, poussant les joueurs à se triturer le cerveau comme peut le faire un Jungle Speed, c’est l’accumulation des contraintes qui finit par freiner le déroulement. Passé cinq cartes, nos pauvres cerveaux ont du mal à suivre. Pourtant l’exercice est amusant, mais il y a une limite à ne pas dépasser si vous n’êtes pas des cadors de la souplesse articulaire et de la sélection mentale à hyper vitesse.

Petit jeu apéro, il peut remplir son rôle, une fois encore, tout dépend avec qui vous jouez.

 

 

NOT NOT (Igiari)

Inconnu chez ceux qui en sont encore à jouer au Free Cell sur leur ordi, Not Not parle aux amateurs de jeu vidéo (théoriquement), il est co-développé par Igiari et Alt Shift studio original de l’application. Un jeu de rapidité mêlant orientation, logique et réflexes, les négations (doubles ou triples), et les mots incongruents, mots où les couleurs sont écrites dans une autre couleur que celles quelles désignent (dixit le dos de la boîte qui fait bien son boulot).

 

 

Le jeu est simple. Il se complexifiera durant la partie. Le matériel est sommaire avec des cartes colorées que l’on va placer en croix autour de la pioche. Croix veut dire orientation haut-bas, gauche-droite. Au début on lance deux dés. Les faces gravées donnent les directions, des couleurs. À vous de pointer la carte qui correspond à l’un des critères. Puis on ajoutera un dé de négations : PAS, comme dans pas rouge. Puis Pas pas, donc rouge et Pas pas pas donc… La direction changera aussi à chaque tour, la droite devenant le haut etc… Euh on en est où là ? 

Besoin d’une Ludochrono pour mieux comprendre ?

 

Oui oui ou non non ?

Tout comme dans Bazar Bizarre, Dexterity Jane ou Jungle Speed, on joue avec votre cerveau. Serez-vous assez rapide et perspicace pour faire le tri dans ces infos et isoler la bonne information avant vos adversaires ? Il n’y a rien de plus à ajouter. Ce genre de jeu, vous êtes câblés pour ou pas. Si ce n’est pas votre truc, vous risquez fort de pester à tous les tours.

 

 

MONIQUE (Bakakou)

Monique, en plus d’être une vieille dame (une vieille chouette !), est un jeu d’association de mots, d’idées, où il faut si on vous met au défi, être capable d’argumenter vos choix. Pas de long discours, on est dans l’art de la répartie, de la contre-attaque et de la rigolade.

 

 

Chaque joueur part avec quatre ou cinq cartes suivant le nombre. Que trouve-t-on sur ces 300 cartes ? Des mots, des noms : champion, liquide, salopette, gourde, fuite, Adolf Hitler, Poutine, Barbie, Tintin etc. Des cartes avec une lettre suivie de… (qui impose un mot commençant par exemple par C), quelques cartes pour les plus de 16 ans (Youporn, levrette, chiasse…), et des cartes Monique à effets (parler avec un accent, s’associer, donner une carte à un autre joueur…). Le but est donc de poser des cartes en trouvant une association avec la carte précédente. Car à tout moment quelqu’un peut dire « J’vois pas le rapport », et il faudra vous justifier. Vous pouvez aussi poser une carte face cachée et bluffer. Là encore, on peut vous accuser. Vous pouvez aussi piocher tout simplement. Petit plus dans cette explication bien longue pour un jeu de ce type, vous gagnez un point si vous faites rire l’accusateur. Le premier qui n’a plus de carte gagne.

Bien sous tous rapports ou Monique l’ambiance ?

Il y a eu Simone (Bonjour Simone des Jeux FK), voici Monique. Monique n’a pas d’auteur. À part un mail et un site qui vous renvoie sur la règle papier, il n’y a rien. Ce truc alimente peut être les caisses d’un groupe complotiste adepte de Satan ? Qu’en dire qu’on ne sache déjà ? On se retrouve à singer Blanc Manger Coco avec quelques années de retard, à balancer ses références 18+, à parler de capote et d’Hitler, mais pour rire. Le principe du jeu est déjà plus que réchauffé. Certaines associations fonctionnent bien, la plupart du temps c’est assez plan plan. On peut même y jouer seul en tirant les cartes une par une. Monique arrive bien après la bataille et sans l’aide d’influenceurs pour lui faire traverser la route, je ne vois pas comment elle va s’en sortir. Laissons là tranquille, c’est sûrement l’heure de son feuilleton.

 

 

P COMME PIZZA (Big potato games )

Course de vitesse pour trouver avant les autres des mots faisant écho à un thème et commençant par une lettre imposée. Les thèmes sont au nombre de trois, et de difficulté croissante, à tel point qu’en gravissant les niveaux, les niveaux inférieurs vous seront interdits. Et oui, fini la facilité.

 

 

Les cartes en triangle donnent le ton, celui de son sujet, mais également du décor qu’il va falloir assembler pour former une grande part de pizza. Cela symbolise aussi la progression dans la partie avec franchissement des niveaux, de la base au sommet. Cartes en triangle, trois couleurs avec des propositions, trois lettres disponibles : « se met dans un sandwich » commençant par T, « accessoire de mode » en G…. Le petit plus du jeu est que les couleurs sont de paliers graduels en difficulté et que la pizza se dessinant en trois parties, une fois la base achevée, vous n’avez plus droit aux propositions faciles, une couleur est bloquée. Cela empêche donc les forts en vocabulaire d’écraser tout le monde et rééquilibre le jeu. Bien sûr, il faut un minimum de connaissances et avoir la voix qui porte.

 

Vous en reprendrez bien une part ou merci je fais régime ?

Si l’été dernier s’était passé à manger du Guacamole (olé!), cet hiver ce fut pizza. Et même si les recettes sont différentes, on cuisine dans les mêmes pots : un jeu de mots/connaissance avec une boîte originale, en forme d’avocat pour le premier, de part de pizza pour le second. On connaît la musique de ce type d’exercice, même la boite en forme de part nous avait déjà été servie (Pepperoni party), mais qu’importe, ce jeu de mots et d’apéro fonctionne parfaitement. Pas de la grande cuisine, pas de la Tratoria, mais un jeu bien présenté, cérébral ce qu’il faut, qui se laisse jouer sans forcer avec un décompte collant à sa forme.

 

CYRANO (Grrre games)

Les poèmes, les quatrains, les haïkus, tout est de retour dans ce jeu où, avec des syllabes et un thème imposé, vous devez écrire la poésie la plus pertinente.

 

 

Mise en place ultra rapide, règle ultra simple. Vous avez tout dans les mains, la tête pour devenir le poète, la poètesse du jour. Lancez un dé pour le thème, regardez le symbole, et trouvez sa signification dans la grille récapitulative (conte de fées, amour, discours politique, souvenir…), lancez deux dés rimes (-able/-u/-elle/iste….) et composez. Déclamez ensuite votre poème. Pour chaque rime unique (qu’on ne retrouve pas chez les autres), vous marquez des points. Passons au vote de la plus belle poésie pour gagner d’autres points.


Mon nez for nothing ou Roxanne ?

En 2010 sortait Cyrano, premier du nom. La grosse boîte, les cartes, ont été remplacées par des dés gravés de multiples symboles dont l’explication se retrouve sous le couvercle aimanté de la nouvelle boite. Une présentation sobre pour un jeu qui l’est tout autant. « Et si je suis nul en poésie ? » diront les plus timides, ce n’est pas vraiment un problème si vous avez l’envie. Composer des rimes ne demande pas forcément une connaissance ou un vocabulaire étendu, si vous trouvez une direction originale à donner à vos phrases. On est parfois surpris de voir un simple mot donner une toute autre dimension au texte. Il faut essayer de ne pas faire des rimes banales pour éviter de perdre des points, mais comme souvent dans ce type de jeu, on privilégie le bon mot au point de victoire.

N’oubliez pas le pourboire. Merci.

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4 Commentaires

  1. frédéric ochsenbein 10/06/2022
    Répondre

    Bonjour,

    J’appréciais énormément vos retours sur les projets en financements participatifs qui permettaient de ne pas rater quelques pépites dans ses limbes ^^. Va-t-elle faire son retour ?

    • atom 10/06/2022
      Répondre

      Elle va revenir sous un autre format, pour le moment je ne peux pas en dire plus 🙂

  2. morlockbob 10/06/2022
    Répondre

    bonjour

    Etant imperméable aux KS, je ne peux répondre, je transmets; Sinon, si vous avez Facebook, ce sera encore plus simple de contacter la rédaction.

     

    • frédéric ochsenbein 10/06/2022
      Répondre

      Ok merci ^^

      Votre rubrique est très bien aussi 🙂

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