Clinic Rush – Vite, vite, la clepsydre !

Ce jour, je me présentais devant la toute nouvelle clinique ayant ouvert ses portes quelques semaines auparavant. La modernité et la réputation de ce jeune établissement m’assuraient de trouver une oreille attentive aux symptômes qui avaient fait croitre en moi inquiétude et angoisse. C’est ainsi que je me dirigeais vers le bureau des consultations et des admissions. Rapidement prise en charge par un infirmier dont le physique rappelait certaines séries américaines, je commençais à évoquer les douleurs que je ressentais. Mon interlocuteur écoutait calmement mes plaintes tandis que je m’épanchais sur mes tracas. Après quelques secondes de réflexion, il décidait de m’orienter vers des examens complémentaires, m’invitant à patienter jusqu’à ma prise en charge par un médecin spécialisé.

Dans la pièce jouxtant la salle d’attente, j’assistais au captivant balai de toutes ces petites mains allant et venant jusqu’au service ambulatoire. Je jetais un œil craintif à leurs chariots chargés de seringues, de perfusions et de comprimés colorés. Ces visions ne me rassuraient pas. J’espérais pouvoir être prise en charge rapidement, scrutant désespérément les portes ceinturant l’accueil, à la recherche de mon futur sauveteur. Je poussais un soupire de soulagement quand un sourire enjôleur semblait s’adresser à moi. Le docteur, épaulé par un personnel aux petits soins, m’installait dans un lit flambant neuf, tout en alimentant mon dossier par de nouvelles questions. C’est ainsi confortablement allongée que je rejoignais ma chambre. Le médecin m’abandonnait alors, me laissant aux mains d’une infirmière. La réputation de la clinique n’était pas usurpée et je me félicitais silencieusement de m’être orientée vers ces locaux.

Malheureusement pour moi, j’allais passer plus de temps qu’espéré dans l’établissement. Transportée des laboratoires à l’imagerie, je subissais plus d’examens médicaux que de raison. Mon regard s’attardait sur les panneaux qui défilaient, de la salle de culture aux analyses sanguines, en passant par les diagnostics aux rayons X et à l’IRM… Il était indéniable que j’étais entre les mains de professionnels, mais mon état était-il si critique que ça ?

Crédits Wouter Debisschop

 

J’avais déjà passé plusieurs heures sans savoir réellement à quelle sauce j’allais être mangée. Je captais quelques bribes de conversations entre les différents spécialistes qui échangeaient sur mon état de santé. Enfin, j’apprenais que j’allais être transférée en salle d’opération. Il avait été question d’une transplantation d’organe, mais je n’étais pas certaine d’avoir bien compris.

C’est donc non sans appréhension que j’étais escortée au bloc par une armada de personnel. « Rassurez-vous, nous allons bien prendre soin de vous ! ». Ces phrases réconfortantes ne parvenaient pas à calmer mes angoisses et c’est en me lamentant sur mon sort que je sombrais dans l’inconscience. C’est après un temps que je ne parvenais pas à estimer que je reprenais mes esprits, en salle de réveil. Une infirmière me scrutait dans la chambre et m’indiquait avec un grand sourire que j’étais tirée d’affaire. Je la remerciais chaleureusement et repensais, soulagée, à cette journée à la clinique.

 

16 minutes pour sauver des vies

Clinic Rush vous met dans la peau d’un jeune médecin engagé dans une toute nouvelle clinique. Il s’agit d’un jeu coopératif dans lequel vous devez examiner vos patients avant de leur donner le traitement adéquat. Il s’adresse à des jeunes internes de 12 ans et plus et est déconseillé aux maladroits et/ou aux personnes qui perdent leurs moyens sous la pression ! En effet, une partie se déroule en quatre manches de quatre minutes pendant lesquelles vous devrez éviter l’erreur médicale sous peine de nuire à la réputation de l’établissement. Vous œuvrerez de concert et simultanément afin d’atteindre votre objectif.

Il s’agit d’un jeu de pose d’ouvriers dans lequel docteurs et infirmiers sont représentés par des sabliers. Le principe est simple et sympathique : pour faire une action, vous retournez le sablier sur la case de votre choix ; vous pourrez alors réaliser la tâche mentionnée à cet endroit tandis que votre sablier sera immobilisé jusqu’à ce que chaque grain se soit écoulé. C’est seulement alors qu’il pourra vaquer à d’autres occupations. Si vous connaissez, on retrouve le même principe que Kitchen Rush, par le même éditeur. 

Le plateau s’articule en différentes zones, toutes aussi importantes les unes que les autres. Voici un résumé de ce que vous serez amené à faire au cours d’une partie :

Pour vous faire une idée en vidéo, vous avez bien entendu le Ludochrono. Les règles peuvent sembler denses à la première lecture et il vous faudra probablement plusieurs manches avant de ne plus faire d’erreurs, mais le livret est bien organisé et contient de nombreuses illustrations. L’iconographie sur le plateau est bien pensée et on retrouve facilement une réponse à une interrogation (mais attention, car le chronomètre tourne).

Le matériel n’est pas en reste et s’avère d’excellente qualité tout en permettant une immersion totale dans le milieu hospitalier. Le thème est bien retranscrit et rendu accessible aux plus jeunes, avec l’ajout de mini-jeux. En effet, les examens médicaux ne sont rien d’autre que des épreuves d’adresse ou d’observation. Cela apporte un peu de diversité tout en ajoutant le stress et la pression relative au thème, vu que le temps joue contre nous.

 

De la cuisine aux blocs opératoires 

L’éditeur n’en est pas à son coup d’essai nous le disions, puisque Clinic Rush succède à son grand frère Kitchen Rush dont l’action se déroulait dans les cuisines d’un restaurant. Vous pourriez donc vous demander ce qui justifie de sauter à nouveau le pas sur ce dernier opus, en dehors de la thématique bien évidemment. Il y a plusieurs différences entre les deux boites, et d’aucuns n’hésitent pas à parler d’une version améliorée sur cet héritier de la série. Je suis plus réservé sur la question, et nous allons voir pourquoi. 

Dans les cuisines, chaque joueur s’occupait individuellement d’un patient client. Après avoir pris la commande, vous preniez en charge le mélange des ingrédients, le choix des assiettes, la cuisson et l’assaisonnement. La seule interaction se limitait à jouer des coudes pour aller piocher ce dont on avait besoin dans les différentes réserves. Tandis qu’à la clinique, un patient n’est la propriété de personne, et chacun peut effectuer des interventions différentes. Cela améliore le sentiment de collaboration, et permet de jouer différemment en attribuant des tâches précises à chacun : une personne accueille les patients, l’autre s’occupe des stocks, pendant que ses camarades sont occupés dans les salles d’examens ou au bloc opératoire.  

Kitchen Rush se limitait à un jeu de pose d’ouvriers et de rapidité, là où Clinic Rush explore une autre dimension via les mini-jeux. Ces courtes épreuves font appel à votre sens de l’observation et à votre dextérité. Cela ajoute de la variété et rend le jeu moins mécanique en renforçant le thème (petit clin d’œil à celles et ceux qui jouaient à Docteur Maboul dans leur jeunesse). Le revers de la médaille est que cela complexifie un peu les règles, car chaque mini-jeu a son propre déroulement. 

Malheureusement, il y a finalement peu de variables dans Clinic Rush : on soigne des patients et on gagne de l’expérience, tout en pouvant perdre de la réputation. Les objectifs de fin de partie sont donc peu nombreux et on fait vite le tour des différentes cartes. Kitchen Rush proposait d’avantage d’objectifs tout en ajoutant l’argent comme composante. Cet argent pouvait servir à racheter des ingrédients, à réparer des cuisinières défectueuses, et à débloquer différentes améliorations. Une partie proposait donc plus de choix dans son déroulement. 

Chaque opus propose donc de menues différences, et ce qui devrait vous orienter vers l’un ou l’autre est à mon sens clairement le thème. 

Sur le billard

Ce qu’on retient après plusieurs parties de Clinic Rush est sa thématique bien exploitée. On termine une partie aussi épuisé qu’un médecin après une garde (peut-être pas tout à fait quand même !), tout en ayant la satisfaction du devoir accompli (ou on termine complètement accablé par la perte d’un patient !). L’immersion est bien rendue grâce à un matériel aux petits oignons (les organes, les seringues, l’utilisation de pinces chirurgicales…) et la pression est quasi permanente. Vite, vite, nous n’allons pas avoir le temps de sauver tous les patients ! Il existe même une bande-son sur le site officiel afin de se croire encore plus au bloc (même si on a tendance à ne pas trop l’écouter dans le feu de l’action). En tout cas, quatre manches de quatre minutes, c’est véritablement intense : les parties sont courtes et rythmées. 

Malgré son côté chaotique et « jeu d’ambiance », la victoire se joue à la concentration et à l’organisation. Cela peut être perturbant, car dans les premières parties, on se laisse prendre par le chronomètre et on court dans tous les sens. Oui, on court, car la première chose à faire lors de la mise en place du jeu est d’écarter les chaises et de laisser de l’espace pour circuler autour de la table. Attention à ne pas laisser traîner ses pinces chirurgicales n’importe où afin de ne pas perdre de temps à les rechercher ! On peut ainsi se demander quelle est la meilleure configuration pour ne pas se marcher sur les pieds.

Pendant ces parties de découverte, nous nous sommes rendus au bloc à trois et quatre joueurs. Le jeu est plus posé à trois joueurs qu’à quatre, mais est-ce pour autant la meilleure configuration ? Il est encore un peu trop tôt pour répondre à cette question de façon ferme, d’autant qu’il nous reste à découvrir le duo et le mode solo (qui ne m’attire pas spécialement dans un coopératif je l’avoue). 

Nous n’avons essayé le jeu que dans un cadre familial et celui-ci fonctionne bien. Si vous n’avez d’yeux que pour des jeux dits experts, passez votre chemin, sauf si vous êtes prêt·e à passer un moment amusant entre deux joutes cérébrales. De toute façon, il ne faudra probablement pas abuser de Clinic Rush, car les actions finissent par devenir redondantes et vous risqueriez de vous en lasser, le condamnant à une place de choix au fond d’un placard. 

Il est à noter que vous aurez la possibilité de poursuivre l’expérience avec l’extension ICU (Intensive Care Unit) ou avec la mini-extension Maternity and Dental Clinics, qui apportent de nouveaux mini-jeux, voire même de nouveaux plateaux. Mais cela ne risque-t-il pas de rendre le jeu moins accessible et plus complexe ? N’hésitez pas à partager vos expériences dans les commentaires ! 

 

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2 Commentaires

  1. matga il y a 20 jours
    Répondre

    La KS des extensions ICU et Martenal/Dental devrait enfin être livré pour la fin du mois ^^

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