Buurn : Top Jeffe

L‘éditeur Morning se spécialiserait-il dans le jeu décalé à teneur rigolade tendance immorale ?
On se rappelle de Kill the Unicorns, et de ses bêbêtes bien allumées. Un jeu malin et amusant qui devait aussi beaucoup à ses illustrations. Avec Buurn on garde cette ligne éditoriale : boîte de même format (le début d’une gamme ?), illustrations dynamiques pour un thème piquant où l’on croise dames légères, pots-de-vin et bastons. Gorobeï, dessinateur que vous avez peut-être vu aux éditions Malaka (il officiait sur Kuala, le jeu dont vous les héros) a définitivement un style original qui fait mouche.

 

Gorobei habla ingles, muy bien

 

Mais revenons à nos piments, cuisinés par David Simiand & Pierre Voye. 

El Gobernador habite Las Picantes. Homme d’affaire peu scrupuleux, il déprime tout seul dans son palace et décide d’organiser le concours de la sauce la plus piquante. Le gagnant se verra offrir un restaurant. Vous voilà donc à la recherche des meilleurs ingrédients et de quelques renforts non négligeables. La concurrence est rude, tous les moyens sont bons. En bref, nous avons un jeu de collection, de cartes spéciales et de rapidité pour devenir le meilleur cuisinier de la région, servi par un matériel qui a de l’allure. Les cartes sont un peu fines, elles ne risquent pas pour autant d’être abîmées puisqu’on les place à côté du plateau, il n’y a quasiment pas de manipulation. Cinq totems en bois, un plateau en tissu et des jetons dollars complètent le contenu d’une boîte bien remplie.

Remarque : Cet article a été écrit avec le proto du jeu. Même s’il était bien avancé, les règles ont pu changer depuis.

 

règles imprimées proto oblige

 

Vamos a la cocina !

Pour démarrer la popotte, il faut déjà sélectionner les éléments de la recette : six familles d’ingrédients parmi huit (fuel, moutarde, piment, citron, cactus…) et les cartes organisation qui vous offriront d’abord des sous puis la possibilité de récupérer des pouvoirs et bonus. À chaque tour, trois cartes seront donc proposées aux enchères (deux ingrédients, une orga). Et oui, Buurn est aussi un jeu d’enchères. Mais rien de bien calculatoire et aucune négociation. Tout se joue grâce à des totems. L’un des joueurs va décompter à voix haute le nombre écrit au dos de la pioche organisation. À tout moment, n’importe qui peut attraper le totem achat (il gagne les deux ingrédients). Il devra alors payer la valeur énoncée au moment où il s’est lancé.

 

le dos des cartes servant de décompte et les dollars

 

C’est également le top départ pour les adversaires qui, eux aussi, vont attraper un totem remplissant d’autres fonctions : taxer (prendre la moitié de l’enchère, le reste est partagé entre joueurs), récupérer la carte organisation et son effet permanent, instantané ou en fin de partie, payer pour aller au marché noir chercher d’autres ingrédients ou voler la banque si on est à sec (et qu’elle contient de l’argent).
La fin du concours survient quand le symbole End Game apparaît dans la pioche. C’est le moment de rassembler ses collections et ses bonus.

 

ingrédient et organisation

 

Sévèrement Buurn- é

Buurn est un jeu d’enchères pour les gens qui n’aiment pas les enchères. Ici, pas de tractations, de baratins et de promesses, on prend le totem et on valide son choix. Reste à jauger du bon moment. Dur également d’être sans le sous puisque l’argent est redistribué (moins à quatre ou cinq puisque la taxe prend une partie du pécule) et que l’on peut piller la banque (quand elle est approvisionnée), voilà qui est déjà un bon point pour ne pas rester sur le carreau.
Le reste est plus classique puisqu’il s’agit d’un jeu de collection et de bonus de fin de partie. Quelques associations comme les explosifs et les personnages ou la moutarde et les cartes uniques peuvent vous propulser un peu loin si vous parvenez à les réaliser (à vous de voir s’il y en a d’autres). Si les premiers tours sont tranquilles (on prend en essayant surtout d’économiser), la suite devient plus tendue car il y a des cartes que l’on veut ABSOLUMENT et celles que l’on ne veut pas laisser au voisin. C’est donc l’appât du gain qui génère la tension. Le fait d’avoir la possibilité d’actions secondaires, comme le marché noir ou la taxe, diversifie le jeu et contrebalance les achats.

 

attention, 12, 10, 9… bon , on n’a pas forcément respecté les couleurs

 

Si le fait d’attraper des totems rend le tout bien dynamique, leur prise n’est pas toujours pratique, le plateau étant petit. Vous pouvez semer le chaos dans la maison si ça vous amuse, mais, nous, afin que cela ne vole pas de partout et que le même totem ne soit pas toujours devant le même joueur, avons préféré faire tourner le plateau à chaque fin de tour. Une technique que l’on va conserver.

En deux mots, voici donc un titre tonique qui réussit son objectif, celui de nous faire passer un bon moment entre potes ou en famille, avec un jeu coloré au style cartoon. Le KS est bientôt en route, à vous de jouer !

 

   

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