BELLUM MAGICA : Si on te glyphe, tend l’autre joue !

Bellum Magica… Cette formule étrange signifie « magie de guerre » car vous l’avez compris en voyant la boîte, nous voilà plongé dans le monde des mages, des créatures fantastiques et… des jambons ! Dans Bellum Magica (de Frédéric Guérard), chaque joueur est un seigneur maléfique qui doit recruter des créatures et des ressources afin d’espérer devenir le seigneur maléfique le plus riche, tel est le pitch.

 

 

Bellum Magica est un jeu familial qui emprunte un principe à la Minivilles. Je me permets la comparaison, car je trouve qu’elle résume bien l’esprit du jeu : nous avons chacun·e des cartes avec des valeurs de 1 à 6 que l’on active à l’aide d’un dé à six faces (Ludochrono). C’est aussi un jeu de développement, qu’on pourrait qualifier de personnel, puisque vous allez améliorer et augmenter vos compétences tout au long de la partie : mieux vous battre et/ou récupérer plus de revenus. Si la chance est avec vous, puisque ce jeu est centré sur les dés. Enfin non, pas les dés !! J’exagère, il n’y en a qu’un.

jeton sort, bouclier, coffre, jambon et glyphe en bois….y en a plein !

 

Quand j’étais petit j’étais une racaille

Au départ, vous êtes un petit maître du mal (c’est rafraichissant, nous jouons des méchants), pas de pouvoir particulier, une défense minime, une faible puissance de combat et un pouvoir d’achat limité. Comme vos adversaires sont de la même trempe, vous avez vos chances. Votre but: dominer le monde, faire de la thune !

Première étape : sélectionner une carte château & personnage et accoler les quelques compétences que l’on vous donne, via deux cartes gobelins, de la façon qui vous paraît la plus judicieuse afin de, au choix :  mieux taper (symbole épée), récupérer les trésors avants les autres (symbole parchemin), voler des trésors chez les autres (symbole masque), se défendre (symbole bouclier) ou prendre de quoi s’équiper (symboles jambons et runes/glyphes) en enrôlant des créatures maléfiques ou super maléfiques qui vous renforceront.
Ainsi, à droite et à gauche de votre illustration de personnage se déclinent les valeurs du dé de 1 à 6, puis les icônes de base correspondantes, ainsi que ceux que vous ajoutez avec les gobelins (photo ci-dessous) : 

 

Exemple de cartes de départ : Vous aurez deux Gobelins à ajouter aux symboles déjà présents.

 

Vos choix sont faits, parfait. Vous voilà prêtes et prêts.

Les runes comptent pas pour des prunes

La partie peut commencer.
Chaque tour sera divisé en plusieurs actions, dans le même ordre et une fois seulement :

  • Lancer le dé et voir ce que la horde vous rapporte. Possibilité de relance si vous possédez des tonneaux (payer sa tournée !) ou un objet magique (sort de confusion). Tout le monde peut participer, en cela le jeu reste toujours dynamique. Une fois la valeur arrêtée, on active tout ce qui se trouve sur la ligne correspondante.

  • Prendre ses revenus : runes, jambons et trésors.

  • Compter le nombre d’épées et combattre un bâtiment (des cartes au centre, j’y reviendrai) ou un joueur. 

  • Embaucher un compagnon qui vous donnera plus d’épées, plus de jambons mais aussi plus de défense, voire de défense magique, ce qui nécessitera une arme enchantée pour taper. Grosse protection ça madame. 

 

Il est à noter que dans le jeu, toutes ces phases sont amenés dans un lexique plus immersif comme choix de « la horde active » ou « retour des éclaireurs ». Mais restons simples. Et funky.

Portez votre attention sur les trésors : c’est les points de victoire et la condition de victoire du jeu. Le premier réunissant 10 trésors met en effet fin à la partie. A-t-il gagné pour autant ? Pas forcément !
Les coffres sont de valeurs différentes suivant leur couleur (brun/gris/rouge). Le gris, valeur intermédiaire, s’obtient via les parchemins : vous êtes majoritaire après le lancer de dé ? Prenez un jeton coffre gris. Pour les autres, il faudra attaquer les bâtiments (ci-dessous) ou vos adversaires… On n’est pas là pour se regarder dans le blanc des yeux. Il y a bellum dans le titre. 

 

Si tu tapes fort, tu peux récupérer à mort ! (dicton)

 

Les bâtiments, donc, j’y viens : Si on ne peut pas attaquer un joueur car il a une défense supérieure à votre attaque (on compte le nombre d’épées et on compare à la force des boucliers), vous pouvez vous rabattre sur les constructions offrant bien des avantages (meilleur trésors, meilleures ressources). Même si vous êtes nul, vous aurez une petite récompense en allant à la Taverne (1 de défense pour un tonneau, un jambon). Ces constructions sont classées par ordre de puissance, elles demandent plus de force vers la fin mais rapportent plus.

Taper un joueur ? Vous venez de le lire, attaquer des bâtiments rapporte plus que de se mesurer à un joueur. Pourquoi s’embêter dans ce cas ? Car c’est la seule façon de le freiner s’il engrange les trésors de haut niveau. Et oui, si vous égalez ou dépassez la puissance de son empire, vous lui volez un coffre ! Attention, l’attaque donne 1 de défense supplémentaire à l’attaqué pour les tours suivants, c’est plutôt malin et évite que l’on s’acharne sur quelqu’un.

 

J’ai pris du ventre non ?

Peu à peu, vous allez engranger les améliorations, glisser de nouvelles cartes sur votre personnage de départ et comptabiliser de plus en plus d’épées ou de ressources. Vous tapez mieux, vous avez plus de viande, ce qui vous permet de recruter de nouvelles créatures, pour mieux taper, etc. Bref, mine de rien, vous vous développez. Jusqu’au moment où, malgré vos efforts acharnés, quelqu’un ajoutera ce fichu dixième coffre à son butin et sonnera le glas de l’aventure !

 

Quelques tours plus tard, ça rigole moins. Le 6 permet de taper avec une puissance de 11.

 

It’s a wonderful magica

On n’est pas vraiment étonné de voir que l’auteur de ce jeu est également celui de It’s a wonderful world, le chaînage, la courbe graduelle, l’optimisation, il maîtrise, et son savoir est ici mis en œuvre avec une grande fluidité. Et beaucoup d’humour également. Blue Orange offre une belle édition à ce jeu : du matériel coloré, de jolies illustrations amusantes (de Sylvain Aublin) et même des rangements pour les ressources (qui prennent la moitié de la boîte, on aurait sans doute pu s’en passer !). La mise en place est à la fois un plaisir des yeux grâce aux créatures variées et nous plonge d’entrée dans le jeu. Deux cartes à glisser sous son personnage, c’est déjà un choix lourd de conséquence. Que doit-on privilégier : le combat futur, les achats, la prise de coffre ? Mais si je prends des coffres et que je ne peux pas me défendre ? Après une partie on comprend déjà mieux les enjeux. Se précipiter sur les trésors n’est pas forcément la meilleure option. Ne vaut-il pas mieux laisser les autres entasser les butins pour les voler ensuite ? Ahaha, c’est moua le maître du mal !!

Le côté développement du personnage est très visuel avec l’accumulation des icônes, on le voit s’étoffer peu à peu et on compte en permanence ses attributs, en tout bien tout honneur.

 

Et pour deux jambons je peux avoir quoi ? (ligne 2)

 

Et il y a le dé… Ces horribles lancers qui font pester les plus valeureux. On veut tellement un 2 car cela active 3 jambons, et surtout 8 épées, mais c’est le 5 qui sort. On grille une relance. Un 2, parfait ! Mais votre voisin conteste et demande un nouvel essai. Grrr !

On ne va pas se mentir, le hasard a son importance et la malchance sur quelques tours peut vous plomber une session. Malgré tout, il y a toujours un bâtiment qui vous offrira une petite récompense. Attention à ne pas se laisser distancer, de mal équilibrer ses atouts, il est dur de revenir une fois à la traîne. Cela dit, les parties durent moins de 30 minutes. Si ça tourne mal, pas la peine de couiner, le mieux sera de prendre votre revanche !

Les autres personnages, similaires mais pas identiques

 

Bellum Magica est à la fois un jeu de course, d’optimisation, de petite stratégie avec le vol et la gestion des trésors et de… chance bien sûr. C’est ce qui en fait un jeu familial de haut niveau où tout le monde peut s’amuser.

Le côté « popote dans son coin » pour améliorer ses capacités est ici contrebalancé par une interaction importante, tant au niveau des achats (ouiiin t’as pris la créature que je voulais !) que des attaques contre les autres joueurs ou par le fait que l’on peut demander la relance d’un dé trop avantageux.
Ames trop sensibles, s’abstenir. 

Bizarrement, il semble que toutes les configurations ne se valent pas. Autant à trois et quatre le jeu fonctionne d’enfer, autant à cinq on a trouvé que la sauce ne prenait pas, avec une baisse dans le rythme. Cela ne nous empêchera pas de remettre le couvert. Encore une potion ? Merci, mais je conduis mes troupes à la baston !

 

   

4 Commentaires

  1. morlockbob 05/05/2021
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    Petite inversion de couleur dans les coffres : si les parchemins donnent bien un gris, c’est le coffre brun qui offre les points les plus faibles. Vient ensuite le gris puis le rouge.

  2. Yggdrasil 05/05/2021
    Répondre

    Merci pour cet avis détaillé.

    Et à 2 joueurs, pas d’intérêt ?

    • morlockbob 05/05/2021
      Répondre

      Non, pas pour moi. On a fait plusieurs essais, la chance est trop présente car le jeu ne tourne pas assez, il y a peu de bâtiments a attaquer, on a moins de choix…et ça se finit au tirage de dé (je résume).

  3. Yggdrasil 06/05/2021
    Répondre

    Ok, merci bien.

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