► E.D.I.T.O. Covid 19, Quels impacts pour le jeu de société ?

Fin décembre un virus faisait son apparition en Chine, dans la province du Hubei précisément à Wuhan. En janvier, l’épidémie s’est étendue dans le territoire chinois. Aujourd’hui, celui qu’on appelait le coronavirus a été renommé Covid 19 et a dépassé les frontières de la Chine pour se délocaliser jusqu’en Europe.

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La situation en France

 

Nous avons planté le décor, difficile à oublier, puisqu’il s’est immiscé dans notre actualité quotidienne via la presse généraliste. Mais ce qui nous intéresse ici, c’est l’impact du Covid 19 sur notre hobby, et ce qu’il révèle de nos systèmes de production.

Comme chaque année, au Nouvel An chinois (lors de la deuxième nouvelle lune depuis le solstice d’hiver) les usines de « l’empire du milieu » sont arrêtées. Comme à chaque fois, des retards sont accusés à cette époque du début d’année. Mais cette fois, le gouvernement chinois a pris des mesures drastiques face à l’arrivée du Covid 19. Comme vous le savez sans doute, les usines sont restées fermées plus longtemps. Depuis, certaines ont redémarré, mais pas à 100% de leurs capacités, loin de là. De nombreux ouvriers ne sont pas encore revenus et l’activité est entravée par l’absence de certaines ressources ou des problématiques logistiques. Le retard s’accumule. La Chine prend la chose au sérieux puisque la banque centrale chinoise a injecté des liquidités pour faire face.

 

Jeux de société made in China

Aujourd’hui la plupart des jeux de société sont fabriqués en Chine. Si vous avez quelques Kickstarters en attente de livraison, vous pouvez lire dans leur fil d’actu de nouveaux retards annoncés. Spoiler : L’actu, c’est le coronavirus. Les porteurs de projets n’osent d’ailleurs plus trop communiquer car pour eux cela revient à répéter : “on revient vers vous la semaine prochaine car nous n’en savons pas plus”. Le backer doit prendre son mal en patience. 

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Mais ce ne sont pas uniquement les Kickstarter qui sont impactés, les jeux en boutiques en sont aussi victimes. On pense par exemple à Mosquito Show (Flying Games) qui a raté le grand rendez-vous de Cannes, idem pour Matagot qui n’a pas pu présenter quelques titres : 

 

Covid retard

 

Salons et festivals

Autre sujet d’inquiétudes : les salons et festivals ludiques qui sont une occasion pour les éditeurs de rencontrer leur public et de faire essayer leurs jeux, voire de les vendre en direct. Heureusement, le FIJ s’est déroulé sans encombres. Mais voilà, depuis, le gouvernement français a interdit les rassemblements de plus de 5 000 personnes en milieu confiné sur l’ensemble du territoire national pour lutter contre la propagation.
Principe de précaution oblige, de nombreuses grandes manifestations, comme le carnaval de Nice ou le salon du livre de Paris qui devait se tenir du 20 au 23 mars, ont déjà été annulées.

« Les entreprises chinoises arrivent habituellement en nombre à la foire du jouet de New York, la plus grande du secteur sur le continent américain, avec des dizaines de stands au centre Jacob Javits. Mais l’Association des jouets, qui organise le salon, a décidé il y a quelques semaines de ne pas présenter de pavillon chinois cette année, annulant la venue de 47 exposants et d’environ 550 personnes, explique son président Steve Pasierb. » peut-on lire du côté de Ouest France

Et premier grand salon ludique qui en fait les frais en France : LudiNord, annulé pour des raisons d’enjeux sanitaires et un trop grand risque financier.

ludinord annulation

 

« Si la responsabilité sanitaire de la Fédéjeux et des organisateurs vis à vis des bénévoles, des partenaires et du public est un argument important, l’impossibilité de connaitre l’évolution de l’épidémie (et des déclenchements de plan de préventions) nous ont contraint à annuler LudiNord. Nos dépenses ayant une courbe exponentielle à l’approche de l’événement, une éventuelle annulation plus tardive, voulue ou contrainte, aurait eu un impact très fort sur le futur du festival et de la Fédéjeux pouvant aller jusqu’à leur disparition. En annulant suffisamment tôt, nous réduisons cet impact et nous permettons le lancement d’un LudiNord 2021 sur des bases sereines. » Sylvain, Administrateur de la Fédéjeux. 

 

Finances mises à mal

Quel va être l’impact pour notre économie ? Les bourses sont actuellement au plus bas, on annonce même une récession mondiale (le journal le Monde titre sur une déroute de l’économie internationale). Concrètement, les bourses ont perdu entre 10 et 12 % et atteignent leur plus bas niveau depuis la crise de 2008 (dite des subprimes).

De très grosses firmes internationales sont ébranlées. On sait par exemple que l’entreprise Apple accuse le coup car les produits à la pomme sont assemblés en Chine. Mais qu’en est-il de nos jeux de société ? Nos principaux acteurs ne sont pas épargnés, même si tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Les éditeurs ont souvent des stocks qui leur permettent d’anticiper les pénuries. Antoine Roffé de Lumberjacks raconte : “Pour Magic Rabbit, notre prochaine sortie, nous avons anticipé la production un mois à l’avance, au final il ne devrait avoir que quinze jours de retard sur le planning.”

 

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Le jeu Plague Inc.

 

Qui dit retards dit pertes de trésorerie. Une entreprise a besoin d’argent pour lancer de nouveaux projets. La commercialisation d’un produit engrange des liquidités qui permettent un fond de roulement facilitant la mise en route du projet suivant. Sur Kickstarter c’est un peu plus pernicieux encore puisque c’est les consommateurs (vous, moi, nous) qui financent le projet. Certains acteurs sont actuellement à la limite de ce que l’on appelle la “cavalerie financière” : on lance un projet B pour finir de financer le projet A. Si le sujet vous intéresse, Fred Henry en parlait sur son blog.

Quand une chaîne de production est rompue, il est fort possible que la santé économique de l’entreprise soit mise en danger, spécifiquement si celle-ci n’a pas de trésorerie suffisante pour tenir. Néanmoins, il existe des solutions pour éviter le dépôt de bilan, au moins pour quelques temps. Des mesures de chômage partiel peuvent permettre d’éviter des faillites. Il est aussi possible de faire appel à la clause de « Force Majeure » qui exempte une entreprise de certaines de ses obligations contractuelles (Nathalie Cazeau, avocate en parle dans cet article). D’ailleurs, la CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises) a appelé le gouvernement a déclenché cette clause pour le cas où les usines françaises seraient impactées.

 

Embouteillages et flambée des prix des transports 

Si doucement les usines chinoises redémarrent, il se pourrait qu’il y ait également un risque d’embouteillage dans les sorties. En effet, en général les éditeurs planifient les nouveautés pour avoir des produits différents au cours de l’année, de sorte à laisser à chaque jeu une fenêtre d’implantation suffisante pour trouver son public. Mais que se passera-t-il si tous les jeux en retard arrivent en même temps sur le marché ?

Nous avons interrogé certains distributeurs : si le cas d’un embouteillage advient, il faudra probablement stocker la marchandise pour éviter cette saturation subite. Mais bien sûr le stockage a un coût supplémentaire et il se pourrait aussi qu’il y ait des problèmes de SAV plus importants.

On pourrait craindre par ailleurs une flambée des prix des transports. Loi de l’offre & demande oblige, aujourd’hui avoir de la place dans un cargo ne coûte pas trop cher, mais quand les usines vont toutes être relancées, la demande va exploser, et les prix avec. “Actuellement, le transport maritime entre la Chine et l’Europe est quasiment au point mort, et n’espérez pas trouver une place à bord d’un porte conteneur avant le mois d’avril » explique l’Union des Entreprises de Transport et Logistique de France.

Si (quand) cette ruée sur les containers aura lieu, les plus fortunés seront sans doute les premiers servis et les autres devront patienter avec le risque économique que l’on peut aisément imaginer.

 

Bateau conteneur

Le bateau qui a transporté mon Icaion et qui repart vers la Chine

 

Le piège de la mondialisation

Ma grand-mère me disait toujours, avec la sagesse populaire qui étreint les anciens, qu’il ne faut jamais mettre tous ses œufs dans le même panier. C’est pourtant l’erreur que notre économie mondiale a commise. Nous sommes pieds et poings liés et soumis à un choix, que cela soit pour nos jeux de société ou pour le reste, comme par exemple les médicaments. À ce propos justement, les pharmaciens et les industriels appellent à relocaliser la production pharmaceutique en Europe (voir article par ici, ou encore exemple de relocalisation en France par …). À quand les mêmes réactions pour notre secteur ?

D’ailleurs, pourquoi un éditeur de jeux de société décide-t-il de produire en Chine ? Nous connaissons la réponse. Les coûts de production, bien sûr, mais pas seulement : il faut savoir que la plupart des éléments d’un jeu de société ne sont pas réalisables dans des usines françaises ou même européennes aujourd’hui. La production des jeux nécessite du carton, du bois (pour les ressources, les meeples, etc), du papier, et évidemment du plastique. Les usines européennes n’ont actuellement pas le même savoir-faire que leurs concurrentes chinoises, et certaines techniques sont de nos jours impossibles à trouver de façon locale, comme la production de certains boîtages particuliers (photo ci-dessous, celui de la Ruée vers l’or), ou la fabrication de meeples avec des formes spéciales, etc.

boitage

La Ruée vers l’or, un boitage avec un pliage très particulier made in China

 

La position de la commission écologique de la UEJ 

Cette année la commission de l’Union des Éditeurs de Jeux (UEJ) a engagé un expert en provenance du cabinet Axess Qualité pour apporter des solutions et des réflexions sur les bioplastiques. Il planche sur la durée de vie d’un produit, la chaîne de production, le transport jusqu’au recyclage. L’UEJ a réfléchi en particulier à un cellophane qui serait biodégradable. Mais pour l’instant, encore rien de très concret…

“Il est un peu tôt pour penser à relocaliser la production, mais c’est en réflexion. Certains éditeurs produisent en Pologne ou aux Pays-Bas. Mais pour les plastiques comme pour les dés ou les gemmes, il n’y a pas de solutions autre que chinoises.” nous dit Simon Villiot de la maison Blam!, actif de la commission écologique de l’UEJ.

“Avec Blam !, nous avions engagé une réflexion sur la production plastique et avions demandé un devis à l’entreprise Plastics Vallée qui se trouve à Oyonnax, mais la réponse fut sans appel : la production serait trop faible et trop coûteuse.” raconte-t-il.

logo_uej

 

Le futur ?

Et si finalement cette crise avait un impact positif ? Peut-être pourra-t-elle nous pousser à revoir nos systèmes de production à plus courte échéance ? Aujourd’hui, on sait que l’on peut produire en Europe – et même en France – une belle partie des éléments d’un jeu (carton, bois, etc). Après tout, Ferriot Cric, fabricant français de jeux de société traditionnels localisé en France (dans l’Aube) le fait bien ; Bioviva (qui sort en ce moment Défis Nature Escape) produit aussi tous ces jeux en France ; sans oublier évidemment les Jeux Opla (avec l’excellent Kosmopol:it sorti dernièrement), dont c’est la philosophie !

 

canard

Le corona nous pousse à la réflexion selon le Canard Enchaîné 

 

Nous ignorons encore si le Covid 19 compte disparaître avec l’arrivée du printemps ou non, mais si la crise que nous traversons permet d’accélérer la sensibilisation des acteurs et permet une prise de conscience concernant l’urgence à relocaliser certains savoir-faire et à développer de nouvelles techniques (tel ce fabricant français qui utilise les algues pour produire un plastique plus ou moins biodégradables) alors tout n’aura pas été perdu !

 

   

25 Commentaires

  1. moi 04/03/2020
    Répondre

    Article intéressant et détaillé,Merci!

    Coronavirus n’a pas été renommé Covid-19. Coronavirus est la famille de virus; Covid-19 le présent virus.

    • Shanouillette 04/03/2020
      Répondre

      Merci du retour !

      tout à fait, ce qu’on voulait dire ici c’est que tout le monde l’a appelé Coronavirus pendant longtemps (par abus de langage) , parfois 2019 nCov , puis l’OMS l’a officiellement baptisé Covid 19 il y a quelques semaines.

      • Merlin DuMesnil 04/03/2020
        Répondre

        Pour être précis, COVID-19 est le nom de la maladie. Le virus est nommé différemment

    • atom 04/03/2020
      Répondre

      Merci pour ton retour,
      Je t’avoue que j’ai cherché à prendre de la distance sur le sujet de la pandémie. On est intoxiqué d’informations toute la journée. On est presque dans le temps réel, ça en devient risible d’ailleurs. Donc je me suis concentré sur l’aspect économique et sur le jeux de société. mais tu as raison de corriger, c’est un pur abus de langage.

  2. moi 04/03/2020
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    Débat intéressant qui dépasse largement le monde du jeu.

    Le patriement  productions stratégiques sera un sujet politique pour les Occidentaux. Le jeu est-il stratégique? Sans doute un peu moins que les médicaments et d’autres produits!

  3. Jmguiche 04/03/2020
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    Aller fabriquer en Chine pour « des pliages particuliers » ou « des meeples avec des formes spéciales », ce n’est, de mon point de vue de consommateur, pas une bonne raison.

    • atom 04/03/2020
      Répondre

      Le sujet n’est pas l’écologie ou bien les coûts sociaux. Cet exemple est la pour montrer que l’on choisit la chine pour plusieurs raisons, ça peut être des raisons économiques mais aussi de savoir faire. Malheureusement et on peut le déplorer on a désindustrialiser notre pays, la plupart des choses sont impossibles à faire désormais. On a perdu de la connaissance et du savoir faire. Plusieurs éditeurs défendrait le choix de la chine pour des raisons économiques et sociales. Petit à petit la chine évolue elle aussi et puis les chinois même s’ils sont dans un régime autoritaire peuvent revendiquer des conditions ou un salaire. Certains éditeurs réclament aussi cela chez leur partenaires chinois. Ainsi les conditions se sont améliorées. Ce n’est donc pas un choix uniquement technique.

       

      En tant que consommateur / joueur, j’aime bien me /nous remettre dans l’équation. Sommes nous prêts à payer plus cher ? Sommes nous prêts à avoir du matériel de moins bonne qualité ?

       

      On peut déplorer ces choix, mais les éditeurs dont on parle sont de petites taille et n’ont que peu d’impact. Que vont faire les gros acteurs ? ceux qui ont du poids ? Je veux dire ceux qui vendent en GMS. On me donnait l’exemple du Dobble qui est vendu dans un suremballage pour voir le présenter de manière appropriée pour avoir le visuel dans le rayon.

      • Groule 04/03/2020
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        Je comprend ton point de vue mais je suis prêt à payer plus cher pour du matériel moins varié, de moins bonne qualité, mais produit à moins de 1000 km de chez moi. Je n’en peux plus de ce système commercial déjà obsolète.

        D’ailleurs, j’ai récemment acheté Kosmopolit, conçu et 100% fabriqué en France, pas très cher. La qualité est très correcte (sans compter le jeu qui amuse tout le monde).

        Je crois que c’est un pas qui ne sera franchi que lorsque quelques uns auront montré l’exemple avec succès. Les autres suivront, et le savoir faire avec.

        • atom 05/03/2020
          Répondre

          Je suis aussi prêt à payer plus cher (et pourtant je roule pas sur l’or) même pour un matos moindre. Mais il faut comprendre que l’on reste minoritaire. Par conséquent on ne peut pas reprocher cela aux éditeurs. Les éditeurs dont on parle sont à taille humaine, ils tentent de faire des efforts, Cf l’édito sur l’écologie ou certains comme Lumberjack font le pari du transport en train au lieu des cargo. Mais si les gros continuent ne font pas d’efforts ça sera insuffisant.
          (j’ai reçu Kosmopolit ce matin ^^)

          • Groule 06/03/2020

            Oui, ce sont clairement les poids lourds qui doivent montrer l’exemple. On peut toujours espérer 🙂

  4. TheGoodTheBadAndTheMeeple 04/03/2020
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    Point complet et clair.

    Le probleme principal derriere tout ca, c’est que le monde capitaliste et consumeriste ne tourne pas sans la chine. Mais c’est impossible a changer en l’etat.

    Trump la ramene plus trop avec ses taxes bizarrement en ce moment.

  5. fouilloux 04/03/2020
    Répondre

    Putain, des années que la gauche se bat contre les délocalisation et qu’on nous traite de gentil beatniks rêveurs. Comme quoi…

  6. Dhjaz 04/03/2020
    Répondre

    Il fait du bien à lire cet article, comme souvent chez vous d’ailleurs 🙂
    Précisément, après une journée où on est bombardés de réflexions anxiogènes. J’ai un regain d’optimisme et d’énergie là.
    Merci! ♥

    • Shanouillette 05/03/2020
      Répondre

      Les médias généralistes ont tendance à nous angoisser avec un compte rendu heure par heure du nombre de contaminations mais n’oublions pas que la majorité de ces cas guérissent (dans plus de 80% des cas la maladie est bénigne).

    • atom 06/03/2020
      Répondre

      Merci beaucoup, ton retour fait très plaisir.

      L’objectif de l’édito c’était de faire un état des lieux sur le monde du jeu, pour cela que l’on ne souhaitait pas parler du virus en lui même. On est surinformé, si on veut se renseigner dessus c’est pas compliqué.

      Je pense que le sujet n’est pas anodin et qu’il faut prendre des mesures, mais que les médias généralistes nous plongent dans une peur irrationnelle. En même temps c’est leur moteur économique la peur. D’ailleurs je me permets de partager la chronique de ce matin de Daniel Schneidermann sur le sujet : (Coronawak et municipales). Du coup prendre de la distance c’est toujours intéressant 🙂

  7. morlockbob 05/03/2020
    Répondre

    un article très plaisant et instructif… merci corona

  8. Astien 05/03/2020
    Répondre

    Merci pour cet EDITO 🙂 !

    Une petite vue d’ensemble avec des références dedans si on veut aller plus loin, c’est top :).

    Il me semble que le Game Market d’Osaka s’est vu annulé lui aussi. Ce qui est un coup dur pour les auteurs & éditeurs japonnais qui font, pour la plupart,  de petits tirages et qui compte sur ce rassemblement pour faire voir leurs jeux.

  9. Laurent Denis 05/03/2020
    Répondre

    Merci beaucoup pour l’article bien documenté et notamment sur les ouvertures qu’il propose. Bon c’est pas tout ca mais on va relancer une partie de pandémie, ca pourrait nous servir 🙂

  10. Nicolas MATHIEU 05/03/2020
    Répondre

    très intéressant.

  11. Flemeth 05/03/2020
    Répondre

    Merci à toi Atom pour cet article éclairé qui mentionne une ambiance actuelle toute coronavirusienne, mais dont le ton n’est ni noir ni pessimiste pour autant 🙂

  12. Olivier BERTRAND 06/03/2020
    Répondre

    7 millions de morts par an à cause du réchauffement climatique !

    Je vais jouer à des vieux jeux. Il y a de quoi faire.

  13. Dds 07/03/2020
    Répondre

    Merci pour cet article.

    C’est une réflexion personelle que je me faisais également, comme bien d’autres j’imagine.

    Arrêtons de faire voyager nos kickstarter pendant plus de 5 semaines sur un bateau. Le marché du jeu est tellement porteur qu’il doit bien y avoir de quoi faire tourner des usines  chez nous en conservant de la rentabilité ? Que les créateurs de jeux s’associent, s’organisent et mutualisent leur production si il le faut pour engendrer la création d’usines.

    Oui la production coûtera peut-être quand même un peu plus cher, mais quand on voit les prix de frais de port des KS qui sont souvent une part non négligeable du prix final, au global la différence peut-être mineure. ( et je ne parle même pas des couacs de productions difficiles à détecter à distance qui nous ont menés à voir certaines cartes du 7ême continent réimprimées et renvoyées deux fois à tout le monde !…pour ne citer que lui)

  14. moi 09/03/2020
    Répondre

    Dans la production d’un jeu, il me semble qu’il y a très peu de main d’oeuvre. Je me trompe?

    Impression, découpe,mise en boîte, tout ça est sans doute automatisé.

    Pour réduire les coûts, on pourrait aussi éviter de nous mettre des boites 4 fois trop grandes et du matériel redondant ou inutile (dés,meeples, crayons, pistes de scores… et même taille-crayon !)

    Ces accessoires peuvent être vendus en vrac et utilisés dans les jeux quand on en a besoin.

     

     

  15. le zeptien 10/03/2020
    Répondre

    Des réflexions intéressantes dans l’article et les commentaires qui ont suivi. Je voulais juste revenir sur le prétexte du savoir-faire, un prétexte parfaitement pipeau, pour expliquer les délocalisations en Chine et ailleurs. Je me souviens notamment du cas d’un chef d’entreprise français qui dirigeait une société de fabrication de sous-vêtements féminins. Il avait délocalisé sa chaîne de  production en Tunisie. Dans un entretien  donné à une radio, un journaliste lui pose une question simple :

    – « Seriez-vous éventuellement prêt à revenir produire en France ? »

    le gars a répondu :

    -« Ah ben non, en France, on ne trouve plus personne qui a le savoir faire pour fabriquer des petites culottes ou des soutiens-gorges ».

    Et là, j’ai eu envie d’hurler (pardon d’avance pour les termes) : « Mais la faute à qui pauvre con ?? »

    Pourquoi des gens en France continueraient à se former à des métiers qui n’existent plus dans le pays ? Et pourquoi ils existent plus d’ailleurs ces métiers ? Parce que des détenteurs de biens et moyens de production ont délocalisé à tour de bras pour des questions de rentabilité, faire plus de marges et gagner plus de sous. Le savoir-faire, c’est l’excuse minable qu’ils ont trouvé ensuite pour justifier leur départ.

    Je pense que c’est aussi ce qui s’est passé pour le monde du jeu. Et j’irais même plus loin: je suis même pas certain, sur le plan des prix, que nous, les joueurs et acquéreurs  de jeux, on y gagne tant que cela à voir les jeux fabriqués en Chine.  🙂

    • Dds 25/03/2020
      Répondre

      C’est vrai que des boîtes moins pleine de vide ça serait intéressant. Aussi pour la place dans nos étagères. Je me suis déjà interdit d’acheter des jeux ou été plus sélectif sur mes choix uniquement par soucis de place. Je suis convaincu de ne pas être le seul, donc le marché y gagnerait en augmentation des ventes.
      Toutefois je suppose que les éditeurs ont peur de l’effet psychologique petite boîte = petit jeu = petit prix, donc ça ne fonctionnera que si tout le monde s’y met d’un coup. ça va être compliqué….

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