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Pandemie Contagion, sommes-nous déjà vaccinés ?

L’état d’esprit de Pandémie Contagion est à l’inversion des rôles. Le Pandémie était coopératif, le Contagion est compétitif. Dans Pandémie, on aimait jouer les supers-docteurs en super-vadrouille pour super-sauver le pas-super-monde en décomposition. Eh bien, dans le Contagion, on va se retrouver dans la peau du virus itself, prêt à rayer le plus de vies humaines possible de la surface du globe. Choix osé car assurément trash pour un spin off politiquement incorrect ? Voyons cela.

Nous avons lancé la partie en mode rôle-play ON, comme d’hab’, sans nous laisser impressionner.

« Je vais faire le SIDA et toi ?

– Ebola, enchanté.

– Arriviste, va. »

 

Vous êtes la maladie, il n’y a pas de remède qu’on nous dit.

 

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Paname is under attack

 

Bref, on était bien dans l’ambiance, on cernait bien le principe, et on était chacun prêt à sauter de festivals d’été en manifestations politiques pour toucher le plus de monde possible et gagner la partie.

 

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La boite de ce Pandémie est conçue sur mesure au matos et lui-même est de très agréable facture (mention spéciale aux boîtes de Pétri, comme celles qu’on utilise en microbiologie, enfin « on », pas moi, vous, je sais pas, mais ceux qui ont des blouses blanches dans la vraie vie quoi). A l’intérieur, des cartes, des cubes en plastique, des cartes, des petits plateaux et des cartes. Il s’agit donc d’un jeu… de cartes, bravo ! Oui avec une base de placement/majorité.

 

Ça se soigne ?

Vous avez votre petit plateau perso, 15 cubes maladie et une boite de Pétri. Au centre, devant tout le monde, un certain nombre de cartes Villes sont disposées (9 cartes Villes à 4 joueurs, 8 cartes Villes à 3 joueurs, etc).

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Allo Sydney ?

 

 

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Nos villes à éradiquer

 

Au début de chaque manche, on va retourner une carte Événement. Il peut y avoir des trucs cools pour votre vie de virus, comme une hausse du tourisme à travers le monde, des gouvernements en faillite ou des événements moins extra-cellulaires, comme une chute drastique des températures ou des sursauts de l’OMS. Ils sont plutôt bien vus ces événements, et demeurent au final un peu les event3262 seuls éléments qui nous replongent bien dans la thématique.

Sur certaines cartes Événement des symboles bonus apparaissent tels que « nouvelle ville », on ajoutera donc une nouvelle carte ville à celles déjà en place, ou « tête de mort » : cela signifie que chaque virus comptabilisera gaiement son nombre de victimes. C’est important, car c’est la principale façon de marquer des points pendant la partie.

 

Bring out your dead…

Pour comptabiliser les morts, on compte les cubes maladies pour chaque ville et le joueur qui est majoritaire gagne les points indiqués sur la carte Ville en question. Si vous insistez bien sur une ville, vous parviendrez à l’éradiquer complètement et cela amènera un autre décompte. De plus, le joueur qui aura posé le dernier cube fatidique gagnera le petit effet bonus inscrit au bas de la carte Ville. Par exemple, ce joueur pourra rejouer immédiatement.

A notre tour, on résout donc l’événement, puis on réalise 2 actions.

Il en existe 3 :

  • Piocher des cartes (vous êtes limité à 9 cartes en main)
  • Infecter une ville (en défaussant 2 cartes de la couleur de la ville que vous souhaitez infecter, ou une seule carte si vous y êtes déjà)
  • Renforcer la maladie (booster un des 3 aspects du virus, voir ci-après, en défaussant des cartes).

 

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Mon virus perso au début de la partie

 

La puissance de vos actions sera établie en fonction de vos caractéristiques sur votre plateau personnel. C’est les 3 aspects du virus.

En effet, sur votre plateau perso vous avez votre valeur d’incubation (qui correspond au nombre de cartes que vous piocherez avec l’action piocher), votre valeur d’infection (qui correspond au nombre de cubes que vous placerez dans une ville au moment de l’action infecter), et votre résistance (qui servira par exemple à encaisser les coups durs de l’OMS et autres méchants événements). Plus on améliore un de nos aspects, plus les boosts suivants seront chers.

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Les virus pourraient dériver de cellules ayant subi une simplification.

Bref, nous découvrons le jeu avec un bon a priori. Le thème est limite licencieux, ça nous change un peu des fermiers et des zombies, malheureusement, il s’efface assez vite devant les mécaniques abattues de pioche/défausse et de placement/majorité. Et, rapidement, les actions nous semblent trop répétitives. On pioche, mais on n’a pas assez de cartes pour être efficaces dans l’infection, donc on en défausse pour booster notre valeur d’incubation. Puis on repioche pour avoir les bonnes combinaisons, en priant la Variole que les cartes souhaitées sortent. Enfin, on place nos petits cubes dans le plus de coins du monde possible. Un peu à la Smash Up, on s’étale sur un max de ‘bases’, car même si on est le second arrivé, ça nous ferra quelques points au moment du décompte. Mais au moins dans Smash Up, il y a des factions qui permettent l’interaction bien directe. Ici, c’est relativement limité, voire carrément terne.

En bref, il faut être présent sur le plus de villes possibles, booster ses aspects pour mieux se propager, et encaisser les Événements négatifs avec la résistance. D’ailleurs, au départ, ces Événements ajoutent leur petite dose de surprise mais dès la 2e partie, ils finissent par se ressembler et devenir prédictibles. De plus, certains sont tellement violents qu’ils nous dictent carrément nos choix. Déjà que c’était pas hyper cornélien…

Pandémie Contagion est donc un jeu bien réalisé matériellement mais mécaniquement moins profond qu’il n’en a l’air, surtout si vous avez des joueurs un peu rodés. Le hic, c’est que même un public pic2085625plus novice se lassera de la répétitivité des tâches.

Globalement, le tout est trop générique malgré son concept volontairement « core » et s’avère assez oubliable. Le jeu ou le thème ? Hé bien… Les deux capitaine. S’appeler Pandémie ne suffit pas, eh oui les amibes, surtout quand Matt Leacock n’est pas aux manettes !

 >> La fiche de jeu

Un jeu de Carey Grayson
Illustré par Chris Quilliams, Josh Cappel, Marie-Elaine Bérubé, Marie-Eve Joly, Olivier Lamontagne, Philippe Guérin
Edité par Filosofia Édition, Z-Man Games
Pays d’origine : Etats-Unis
Langue et traductions : Anglais, Français
Date de sortie : 10/2014
De 2 à 5 joueurs
A partir de 13 ans
Durée moyenne d’une partie : 30 minutes

7 Commentaires

  1. Photo du profil de Grovast
    Grovast 31/12/2014
    Répondre

    Bravo pour la franchise de ce Just Played.

    Même impression de mon côté.

  2. Photo du profil de elniamor
    elniamor 31/12/2014
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    Je suis d’accord, c’est trop simple et répétitif pour être intéressant dans la durée. Ceci dit, c’est un jeu facile à sortir pour une partie avec des gens pas trop habitués aux jeux modernes.

  3. Photo du profil de TheGoodTheBadAndTheMeeple
    TheGoodTheBadAndTheMeeple 01/01/2015
    Répondre

    Bien apprécié de mon coté, simple et efficace. ça reste un petit jeu.

    Pas de thème, peu d’intéraction. Oui.

  4. Photo du profil de Shanouillette
    Shanouillette 01/01/2015
    Répondre

    oui . C’est surtout l’ aspect répétitif des choix et des actions qui me peine. Pioche, défausse, pioche, défausse, pioche, placement. mouais. On a joué au Remède et même si l’ensemble est peut être limite trop facile, le Game design est à un autre niveau quand même.

  5. Photo du profil de Angie
    Angie 15/01/2015
    Répondre

    J’ai tellement aimé Pandémie le remède, que du coup, je ne suis pas certaine de tester celui ci.

  6. Photo du profil de tartopom
    tartopom 19/01/2015
    Répondre

    Je ne sais pas pourquoi, je m’attendais un peu à ce type de JP. Le nom de Pandémie commence à être connu, et du coup, j’ai peur qu’il soit utilisé pour surfer sur une notoriété.

    Bref, je passe mon tour sur celui-ci du coup.

    • Photo du profil de Umberling
      Umberling 20/01/2015
      Répondre

      Ce n’est pas vrai pour le jeu de dés, apparemment 😉

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