Ankh-Morpork : chaos et fourberie urbaine

Disque Monde : Ankh-Morpork est un jeu pour 2 à 4 joueurs inspiré des romans de Terry Pratchett, un univers fantastique, absurde et drôle, qu’il n’est pas indispensable de connaître pour jouer au jeu. Disque Monde est un jeu de plateau crée par Martin Wallace, illustré par les illustrateurs officiels des livres de Terry Pratchett notamment Stephen Player et édité en France par Iello.

Voici un jeu de majorité à identité secrète dans lequel vont s’affronter différents personnages ayant des objectifs variés mais menant au même but : Contrôler la plus grande, la plus cosmopolite et la plus répugnante cité du Disque Monde : Ankh-Morpork.

Chaque joueur va tenter de bâtir une fortune et de disperser ses agents pour prendre le contrôle de la ville. En fin stratège il convient de brouiller les pistes quant à nos véritables intentions pour qu’on ne comprenne pas qui nous sommes vraiment.  

Le contrôle des quartiers nous donne des pouvoirs qui seront indispensables pour atteindre nos objectifs variés : il faut donc un juste milieu entre les actions essentielles mais qui donnent des indices sur notre rôle, et celles qui nous font passer pour un autre pour empêcher les autres de gagner.

Si on s’arrêtait là, on pourrait penser que c’est un simple jeu de placement de pion et de majorité, mais il n’en est rien car le cœur du jeu accorde une grande importance au hasard et au chaos qui vont perturber la partie. Même si cela ne plaira pas à tout le monde ce parti pris renvoie directement à l’univers de Pratchett dans lequel le Chaos tient une place prédominante malgré des codes et des règles très strictes dans l’univers. En cela le jeu de plateau est une très bonne adaptation de l’œuvre originale même s’il en résulte un jeu très hasardeux selon les cartes que l’on obtient. Bien sûr, cet aspect pourra déplaire malgré le fait que l’on peut mettre en place sur le long terme une véritable stratégie globale. Je trouve personnellement qu’il y a un bon équilibre entre jeu stratégique et chaos, équilibre qui engendre des parties très drôles de par leurs côté imprévisible dont on va parler dans cet article.

 

Le Matériel 

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Pas mal de matos pour reconstituer la ville

Commençons donc par parler du matos ! La boite est plutôt volumineuse et affiche la très célèbre illustration du Disque monde reposant sur les 4 éléphants qui eux même reposent sur A’tuin, la tortue cosmique qui dérive vers une destination qu’elle seule connaît.

À l’intérieur, vous trouverez le plateau de jeu, celui-ci est une très jolie carte de la ville et de ses différents quartiers différenciés par des couleurs et des noms qui sont au nombre de douze.

Les couleurs sont peut-être un peu ternes, ce qui peut poser des problèmes de lisibilité mais globalement je trouve que ça permet de garder un visuel proche d’une carte médiévale et donne un plateau de jeu assez classieux. À mon sens, des couleurs vives n’auraient pas vraiment convenu.

Ensuite, vous trouverez les règles du jeu qui tiennent en 4 pages et qui sont assez claires, ainsi que 4 aides de jeu permettant d’avoir sous les yeux les explications de tous les pouvoirs des cartes, ceux des quartiers et les conditions de victoire de tous les personnages.

Elles sont suffisamment bien agencées pour que l’information soit disponible rapidement et s’avèrent agréables à l’oeil bien qu’assez sobres. C’est un ajout apprécié car il permet de réduire le temps des explications du jeu et de garder à l’esprit toutes les possibilités des personnages adverses pour vérifier chaque tour l’avancement de chacun.

On passe ensuite au thermoformage qui se divise en deux parties, celle des pions et celle des cartes. Pour ce qui est des pions, ils sont en bois et principalement de deux formes : des agents (48 pions) et des bâtiments (24 pions), tous de couleurs très vives pour bien les différencier entre les joueurs (rouge, jaune, vert et bleu).

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Tas de pions attendant de se retrouver dans la ville…

À cela s’ajoutent des pions neutres démons et trolls qui ne serviront pas forcément à chaque partie, ainsi que 12 pions chaos noirs pour symboliser une émeute dans un quartier. Les pions ne sont pas très beaux, il faut le reconnaître, mais pour le coup cela peut se comprendre pour un jeu de majorité, les couleurs vives aident à voir rapidement l’état dans chaque quartier, et le côté un peu “blocs” des pièces leur assure une stabilité, et elles vont souvent être déplacées alors c’est pas plus mal. 

Il y a également 50 pièces d’or et d’argent pour comptabiliser la fortune de chaque joueur. Elles sont dans un carton toilé et rendent plutôt bien.

Enfin, on arrive aux cartes, 7 cartes personnages, 12 cartes événements aléatoires, 12 cartes quartiers et 101 cartes Actions. Chaque type de carte possède un dos différent et les cartes Actions sont divisées en deux parties : celles aux fonds verts qui seront jouées en premier, et celles au fond rouge, jouées dans un second temps.

Les illustrations collent parfaitement à l’univers de Pratchett puisque ce sont ses illustrateurs attitrés et elles permettent une certaine immersion avec ses personnages aux noms et aux apparence loufoques. On peut ne pas adhérer mais il est clair que c’est du très bon boulot surtout que toutes les illustrations des cartes sont uniques ! C’est un plaisir de jouer ses cartes en clamant leurs noms débiles et en les montrant aux autres qui éclatent de rire avant de serrer les fesses en comprenant qu’ils pourraient en subir l’effet.

En conclusion, pour un jeu à 40€, la boîte est plutôt fournie, le gros format s’imposait surtout pour faire rentrer le plateau de jeu qui prend tout de même pas mal de place, et un gros effort a été fait sur toutes les illustrations qui permettent une bonne immersion dans ce fantastique univers même pour les non-initiés.

 

Jouer au Jeu :

Le pitch du jeu annonce déjà la couleur : “Lord Vétérini, le Patricien de la cité est mort !… ou a été enlevé… ou est parti en vacances… peut-être même les trois à la fois. Ce dont vous êtes sûr, en tout cas, c’est qu’il n’est plus dans les parages pour le moment. La cité réclame un nouveau dirigeant à la hauteur : VOUS !” Ce sera donc une lutte sans merci pour reprendre le contrôle de la ville, aidé par vos agents et des personnalités plus ou moins importantes de la ville.

Pour commencer à jouer, il faut placer le plateau et tous les éléments du jeu à côté, pions, cartes…

Le plus important peut alors commencer à savoir la répartition des rôles cachés parmi les 7 disponibles :

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Chacun possède son objectif secret.

  • Lord Vétérini qui doit posséder un espion dans un certain nombre de quartiers différents dépendant du nombre de joueurs. C’est un personnage plutôt simple à jouer si les adversaires ne sont pas assez alertes sur le nombre d’agents en jeu.
  • Les 3 Seigneurs Rouille, Selachii et des Mots qui veulent chacun contrôler un certain nombre de quartiers, c’est-à-dire avoir plus d’agents et de bâtiments que les autres joueurs sur ces quartiers, le nombre de quartier à contrôler varie selon les joueurs. Ce doit être le rôle le plus stratégique pour arriver à ses fins sans attirer les soupçons.
  • Le Dragon Roi d’Armes qui doit répandre le chaos dans la ville pour remettre en place une monarchie (8 jetons chaos sur le plateau). Il peut gagner très vite une partie selon la tournure des choses et s’il n’y a pas assez de cartes pour retirer du chaos.
  • Chrysoprase qui doit amasser une fortune de 50$ (en liquide et foncière) avant la fin du jeu. Il n’est pas un personnage si simple à jouer car la concurrence peut être très rude et rendre la tâche compliquée. Tout va se jouer sur l’investissement dans les bâtiments.
  • Le Commissaire Divisionnaire Vimaire qui doit tout simplement empêcher tous les autres de gagner jusqu’à la fin de la partie c’est-à-dire l’épuisement des cartes actions. C’est un personnage intéressant je trouve, et amusant à jouer car cela consiste à faire les pires crasses possibles à tout le monde toute la partie.

 

Le jeu étant de 2 à 4 joueurs, il y aura donc entre 3 et 5 personnages remis dans la boîte, on ne les connait évidemment pas. On peut trouver dommage qu’il n’y ait que 5 personnages différents au total, je trouve intéressant d’inclure les 3 seigneurs quand même, en effet il est possible que plusieurs joueurs aient le même objectif s’il y a plusieurs seigneurs sans qu’ils le sachent ! Il n’est ainsi pas rare de croire toute la partie qu’un joueur ait un rôle particulier alors qu’il est lui aussi un seigneur et de se faire avoir. On aurait peut-être aimé plus de variétés, pour plus de rejouabilité, mais c’est déjà pas si mal pour renouveler les parties.

Cette phase est très importante car elle va dicter votre stratégie pendant toute la durée de la partie, on ne joue pas de la même manière si on veut contrôler les quartiers que lorsque l’on doit répandre le chaos un peu partout.

On crée ensuite des paquets de cartes selon leurs types et on sépare les cartes actions en deux tas : les cartes vertes et les cartes rouges, ces dernières ont des effets plus violents et seront jouées une fois toutes les cartes vertes piochées. On y retrouvera par exemple les magiciens du disque-monde qui feront pleuvoir le chaos sur la ville. 

Distribuez ensuite 5 cartes (vertes donc) à chaque joueur et tous les pions agents et bâtiments d’une couleur à chaque joueur différent ainsi qu’une aide de jeu et vous êtes prêts à commencer.

Un tour de jeu est très simple : Vous jouez une carte, appliquez son effet (qui peut éventuellement vous en faire rejouer une autre), puis vous complétez votre main à 5 cartes. Si vous en avez plus de 5 en main à la fin de votre tour, vous gardez vos cartes supplémentaires et ne piochez tout simplement pas. Voilà, c’est tout, à vous de composer avec les cartes piochées pour vous rapprocher de votre objectif au fil de la partie, malgré le chaos ambiant qui pourrait bien ruiner tous vos plans.

À noter, comptez environ 1 heure de jeu pour terminer la partie sachant qu’elle peut se terminer bien plus vite si un joueur parvient à atteindre son objectif.

 

Les cartes au cœur du jeu

Tout le sel du jeu repose donc sur les cartes que l’on aura en main, ces cartes possèdent des effets qui sont tous facultatifs (excepté l’événement aléatoire) mais qui devront être résolus dans l’ordre de gauche à droite.

Il y a en tout 9 types d’effets dont le parchemin qui indique justement un effet unique et propre à la carte :

  • Placer un Agent : Vous pouvez placer un agent sur un quartier où vous en avez déjà un, ou un autre adjacent à ce dernier.
  • Construire un Bâtiment : Permet de construire un de vos bâtiments sur un quartier, pour cela il faut qu’il n’y ait aucun jeton chaos dessus et payez la somme indiquée. Vous pouvez alors prendre la carte quartier correspondante et utiliser son pouvoir une fois par tour.
  • Assassinat : Permet tout simplement de retirer un pion dans un quartier en plein chaos. C’est souvent la seule façon de vous débarrasser de la concurrence sur vos quartiers.
  • Retirer un jeton Chaos : Permet d’enlever un jeton chaos du quartier, soit pour se protéger d’un assassinat, soit pour empêcher le dragon d’armes d’approcher de son objectif, ou encore pour brouiller les pistes sur notre véritable objectif par exemple.
  • Prendre de l’argent : On prend de la banque la somme indiquée, qui varie de 1 à 5 selon les cartes. Elles sont surtout présentes en début de partie pour acheter des bâtiments, vers la fin du jeu il sera plus difficile d’amasser de l’argent.
  • Parchemin : Appliquer l’effet de la carte, ni plus ni moins. Ces effets uniques sont souvent très utiles et peuvent même renverser une partie comme celui permettant de changer de rôle au milieu de la partie avec un rôle non joué choisi au hasard.
  • Événement Aléatoire : Uniquement présent sur les cartes de magiciens, cet effet est le plus drôle et le plus imprévisible de tous. Vous allez piocher une carte événement aléatoire qui va faire pleuvoir la dévastation sur la ville, que ce soit des assassinats en chaîne, un incendie qui brûle tous les quartiers ou un dragon qui rase tout sur son passage. Quand on fait de la magie dans le disque monde, l’effet papillon n’est jamais très loin…
  • Rejouer : Toujours en dernier dans l’ordre des effets, il permet tout simplement de rejouer une carte par dessus celle de votre tour et d’en activer les effets, vous pouvez vider toute votre main de cette manière si chacune possède l’effet « rejouer ».
  • Interruption : Comme le parchemin, il faudra lire l’effet de la carte, cependant cela indique que vous pouvez jouer cette carte pendant le tour de l’adversaire, ce sont donc des cartes défensives. Attention par contre vous ne piochez pas avant la fin de votre propre tour alors mollo sur les contres.

 

ankhmorpork_cartes

Quelques exemples de cartes…

 

Dès lors il devient essentiel de maîtriser les stratagèmes élémentaires pour espérer s’en sortir avec l’aléatoire et le chaos ambiant. Certaines combinaisons vous sortiront de positions délicates alors réfléchissez bien à l’ordre de vos actions. Personnellement, après un bon nombre de parties, même en connaissant les cartes je reste toujours agréablement surpris de voir ce que je peux réaliser avec. On ne se bat pas que contre les joueurs mais aussi contre le hasard lui-même en essayant d’optimiser nos actions (vu que souvent on ne peut jouer qu’une seule carte). Le nombre de cartes en main est donc souvent un avantage non négligeable car cela nous permet d’en garder en réserve et de planifier nos prochains tours sans dépendre aussi fortement de la pioche.

 

Les quartiers, la clé du succès

La deuxième mécanique centrale du jeu repose sur la construction de bâtiments, ils servent à plusieurs choses : contrôler un quartier plus facilement, utiliser le pouvoir du quartier pour se rapprocher de son objectif ou encore placer son argent en quelque sorte. On ne peut pas construire un bâtiment sur un quartier en proie au chaos.

Bien choisir son quartier est la clé de votre succès mais cela reste un paris risqué car un événement aléatoire peut vous les détruire, lui et votre investissement. Non seulement vous perdez l’avantage de son pouvoir mais également l’argent utilisée pour le construire ce qui peut être véritablement désastreux. Cela augmente donc énormément la crainte du chaos ambiant du jeu, à chaque lancé de dé vous allez prier pour que le châtiment tombe sur les autres dans l’hilarité générale et la mine déconfite de la victime.

Soyons clair, une partie peut se jouer à la rapidité avec laquelle vous construirez vos premiers bâtiments dont voici les effets :

  • cartes-quartier

    L’ambiance sepia rappelle celle de la carte de la ville.

    Les Sœurs-Étienne et Sombrepuis : Ils permettent de payer une somme d’argent pour placer un agent sur le quartier ou un autre adjacent à celui-ci, ils sont bien sûr particulièrement intéressants en tant que Seigneur ou Lord Vétérini pour s’étendre rapidement.
  • Grand-Mur, Sept-Dormants, Atterrissage-du-Dragon, Mont-Roupillon, Décapes et Hippo : Une fois par tour, vous pouvez prendre une certaine somme dans la Banque, plus ils sont chers, plus la somme obtenue est grande. Ces quartiers sont plutôt neutres en terme de rôles car tout le monde a besoin d’argent, ce sont cependant les bâtiments indispensables pour la victoire de Chrysoprase.
  • Les Ombres : Une fois par tour vous pouvez ajouter un jeton chaos sur ce quartier ou un autre adjacent, il est évident que c’est un quartier essentiel pour le Dragon Roi d’Armes, mais il permet aussi d’empêcher les autres de construire des bâtiments.
  • Île des Dieux : Permet de payer 2$ pour retirer un jeton chaos. C’est un quartier qui peut être utile à Vimaire qui peut ainsi empêcher le Dragon Roi d’Armes de s’approcher trop près de son objectif mais également à ce dernier car il empêche ainsi les autres de retirer des pions chaos.
  • Terrain Forcier : Une fois par tour, vous pouvez piocher une carte Action puis en défausser une en échange. Encore une fois, un quartier neutre, à noter qu’il est un des seuls à être affecté directement par des cartes actions à savoir les cartes de magiciens qui y ajoutent des agents gratuitement.
  • Les Petits-Dieux : Vous pouvez vous protéger contre 3$ d’un effet de carte aléatoire. Il permet de conserver des bâtiments voués à la destruction par exemple ce qui le rends utile aux Seigneurs et à Chrysoprase essentiellement.

 

Il faudra donc choisir les bons quartiers et surtout réussir à construire avant les autres. Certains sont plus situationnels que d’autres, il y a donc deux stratégies à adopter : acheter des petits quartiers pas très demandés ou se battre pour rafler les plus prisés et obtenir les meilleurs pouvoirs.

Il faut cependant garder à l’esprit que plus votre rôle reste secret longtemps, plus il est simple de gagner, il n’est donc pas forcément judicieux de vous jeter sur les bâtiments correspondants à votre rôle sous peine de vous révéler aux autres joueurs qui feront alors bien plus attention à vos actions.

Par exemple prendre directement le quartier des Ombres peut faire comprendre aux adversaires que vous êtes le Dragon.. à moins que ce ne soit un stratagème pour le leurs faire croire. Bref, vous avez compris que ce jeu est un savant mélange entre stratégie, bluff et chaos ambiant.

 

Bilan 

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C’est de là que tout a commencé…

Pour conclure, Disque Monde: Ankh-Morpork est un jeu familial de par la durée de ses parties, plutôt courte pour un jeu du genre, mais surtout pour la durée des explications, il suffit d’une dizaine de minutes à peine pour que tout le monde comprenne et commence à jouer, les aides de jeux sont là pour faire taire les doutes. La simplicité enfantine de la mécanique de jeu principale joue aussi, vous posez une carte et appliquez son effet, tout simplement. 

Il n’empêche qu’il serait dommage de juger aussi vite Ankh Morpork car même si cela reste assez basique il y a bel et bien des stratagèmes qui se mettent en place et cela peut entraîner du guessing, double guessing… qui aura vite fait de vous entortiller le cerveau !

Votre souplesse d’esprit sera mise à rude épreuve car vous allez devoir retomber sur vos pattes et adapter votre stratégie à chaque crasse de vos ennemis mais aussi face au hasard qui est impitoyable et peut réduire à néant tous vos efforts. Certains ne vont pas aimer cette omniprésence du chaos et du hasard, personnellement je considère que cela fait partie intégrante du jeu et que l’on doit en tenir compte dans ses mouvements, comme par exemple ne pas investir trop gros « au cas où ». Et puis un jeu sur le Disque Monde ne pouvait honnêtement pas se passer de ce chaos ambiant ! Il est parfaitement assumé et pour ma part, je le trouve bien amené. Pour être franc, au moment où j’écris ces lignes, en une dizaine de parties, tous ceux ayant joué au jeu avec moi l’ont adoré et l’ambiance à table était vraiment sympa, mais ce n’était pas un public de gros joueurs de jeu de société.

Ankh Morpork est un bon jeu pour initier à une catégorie de jeux de société plus complexes qu’à l’accoutumée dans un contexte familial tout en gardant à l’esprit qu’il est parfois totalement injuste et que cela peut vraiment déplaire à certains.

À mi-chemin entre jeu familial et jeu de majorité simple mais pas simpliste, je pense qu’Ankh Morpork est un jeu qui a sa place dans toutes les ludothèques car il s’adresse à un peu tout le monde, surtout si vous êtes fans de l’univers de Pratchett ! Le jeu passera alors de « bon jeu » à « indispensable » tellement l’univers est bien retranscrit en termes de gameplay et d’ambiance. Alors lancez vous à la conquête de la plus grandiloquente ville du disque-monde et croisez les doigts.

 

 

Points Positifs :

  • Univers de Pratchett très bien rendu, surtout niveau illustrations

  • Des mécaniques simples mais une certaine profondeur de jeu

  • Très forte interaction entre les joueurs

  • Les rôles cachés apportant une dimension de bluff

Points Négatifs :

  • Le Hasard et le Chaos très (trop ?) présents

  • Peut-être un peu trop agressif au niveau des effets

  • On aurait aimé plus de rôles cachés

  • Certains pions pas supers jolis

 

 

Fiche de jeu

Un jeu de Martin Wallace
Illustré par Stephen Player
Edité par iello
Date de sortie : 09-2011
De 2 à 4 joueurs
Durée moyenne d’une partie : 60 minutes

Thèmes : Médiéval-fantastique, Ville
Mécanismes : Combinaisons, Majorité, Objectif secret

9 Commentaires

  1. Photo du profil de TheGoodTheBadAndTheMeeple
    TheGoodTheBadAndTheMeeple 16/11/2016
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    J’aurais perso du mal a le categoriser de familial. C’est un jeu chaotique d’une rare agressivite. Par ailleurs, il faut louvoyer pour entourlouper nos ennemis sur nos desseins ce qui n’est jamais simple.

    Je ne vois rien sur l’asymetrie extra large des objectifs qui font tout le sel du jeu, un aspect essentiel selon moi sur ce jeu particulier.

    Chez moi c’est un jeu d’ambiance pour gamers. Les joueurs occasionnels risquent de couiner a notre table.

    Bref un jeu un peu tombe dans l’oubli car il n’a pour moi qu’un public restreint.

    • Photo du profil de Mendrock
      Mendrock 16/11/2016
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      Je peux comprendre ton point de vue, familial n’est peut être pas le mot le plus adapté, mais pour avoir testé avec des gros gros néophytes du jeu de société je peux te dire que cela s’est bien passé. Tu as peut-être appréhendé le jeu selon ton prisme de joueur aguerri, car il est peut être agressif ou pas forcément simple à maîtriser en terme d’objectifs mais cela n’empêche en aucun cas l’amusement bien au contraire ^^
      Je pense que comme tu es plutôt un joueur « stratège » tu penses que tout le monde vas vouloir jouer de la même façon mais je t’assures que l’on peut jouer à Disque Monde de façon parfaitement détendue et bonne enfant 🙂 Tu trouveras sans doute cela dommage de pas faire le maximum pour gagner mais bon…

      Tu ne vois rien sur l’asymétrie des rôles? Pourtant je les ai tous détaillés ^^ Merci pour le retour en tout cas!

      • Photo du profil de Shanouillette
        Shanouillette 17/11/2016
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        Je confirme, joué avec un joueur pas très habitué aux j2s modernes, et il a très vite compris comment gagner !

      • Photo du profil de TheGoodTheBadAndTheMeeple
        TheGoodTheBadAndTheMeeple 17/11/2016
        Répondre

        Tu te fourres le doigt dans l’oeil en pensant 🙂 Ce n’est pas un jeu strategique a proprement parler. Et je ne le joue ni ne m’attend a le jouer ainsi. Mais quand je joue j’aime avoir une petite idée de l’intéret de ce que je joue au lieu de jouer au hasard.

        Cependant je ne ferai jamais jouer mes vieux à ça, à la limite ma soeur, mais c’est du coup plus casual gamer que familial.

        Quant aux roles ils sont décrits, mais je pense qu’une analyse s’impose pour bien montrer que l’asymétrie des roles force les joueurs à bien les connaitre pour avoir une petite idée de comment jouer au lieu de ne pas savoir quoi faire.

        Certains roles sont très simples à gagner, c’est intentionnel, mais ils sont aussi très simple à contrer.

        • Photo du profil de Mendrock
          Mendrock 19/11/2016
          Répondre

          Et bien désolé de m’être trompé, merci pour la précision sur l’asymétrie des rôles je pensais avoir été suffisamment clair mais l’espace commentaire sert aussi à apporter des ajustements ^^
          Effectivement partons sur Casual à la place de Familial, si ça peut contenter tout le monde ahah

  2. kaisersauze 16/11/2016
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    Merci pour cet article je vais le ressortir de derriere les fagots pour une partie. Un jeu que j aime bien mais a petite dose car effectivement le chaos est omnipresent meme jusqu aux cartes objectifs.

  3. Photo du profil de Shanouillette
    Shanouillette 16/11/2016
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    Joué une partie il y a longtemps, lire l’article m’a vraiment donné envie d’en refaire une !

  4. Mr Chtra 17/11/2016
    Répondre

    Ouh moi aussi, ça me donne envie d’arpenter à nouveau la cité aux milles surprises ! J’aime beaucoup le jeu pour l’attachement au disque monde et pour son coté foutraque. Par contre à quasi chacune de mes parties c’est Samuel Vimaire qui gagne à la fin (causalité narrative, sans doute)… A tel point que j’hésite à l’enlever…

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