LE TEST DE LAST BASTION
Last bastion-Couv-Jeu de société-Ludovox
Un jeu de Antoine Bauza
Illustré par Nastya Lehn, Pierre Lechevalier
Edité par Repos Production
Langue et traductions : Anglais
Date de sortie : 2019-10
De 1 à 4 joueurs
Durée moyenne d'une partie : 45 minutes

Thèmes : Médiéval-fantastique
Mécanismes : Coopératif
Types de jeu : Jeu de plateau
Complexité du jeu : Amateur
Nombres de parties jouées : 6
Configurations testées : 2, 3, 4 joueur(s)

Introduction

Last Bastion est une réédition de Ghost Stories – le jeu qui m’a fait tomber totalement dans le jeu de société à l’époque. 
On en a fait des centaines de parties. Le défi coopératif, la tension induite et la difficulté corsée nous ont toujours donné envie de remettre ça. Oui, on a perdu, mais on allait pas se laisser abattre ! Petit à petit, de parties en parties, on est montés en compétences, on a compris que oui le jeu était difficile, mais surtout qu’il fallait réduire l’aléa de la chance au maximum, et comment. Ghost Stories est un jeu où il faut anticiper un maximum, optimiser, préparer. Se sacrifier aussi. Le jeu n’était pas dénué de défauts, loin s’en faut. Sur le mien, le matériel s’érodait (sur les dés de la première édition en particulier, depuis cela a été arrangé), les règles étaient pas hyper claires. 

Du coup ce Last bastion m’intéressait au plus haut point !

Contexte

Nous y avons principalement joué avec ma compagne.
Nous avons poncé Ghost Stories, joué avec les extensions, les goodies... on peut dire que l'on est plutôt fan du jeu.

Concernant Last Bastion, on y a joué en couple, avec des amis et surtout avec nos enfants qui ont terminé la campagne de Zombie Kidz Evolution. Last Bastion ne les a pas convaincu malheureusement. Et je regrette que la rethématisation n'ait pas légèrement édulcoré les illustrations, les membres coupés c'est pas top pour jouer avec des enfants. Dommage !

Nous allons donc tester Last Bastion mais aussi beaucoup le comparer à sa précédente version, Ghost Stories.
Qu'apporte de plus Last Bastion



ACCESSIBILITE DES REGLES
16
Clarté du livret de règles
Livret très bien pensé
Clarté des explications. Pertinence, quantité, et précision des exemples
Règles claires et sans erreur, exemples concrets et pertinents
Erreurs de règle, questions sans réponse après lecture, points flous
Sensation de compréhension correcte
Besoin de retour aux règles, facilité à retrouver l'info. Clarté et pertinence des aides de jeu
Quelques retours aux règles. aide de jeu correcte

Pour être gentil on va dire que les règles de Ghost Stories n'étaient pas un modèle du genre. L'agencement était discutable, on pouvait passer du temps à rechercher une info sur un questionnement et on ne savait pas où le trouver. Vous jouiez à 3 ou 4, mais combien mettre de cartes dans le deck des méchants ? Argh mais pourquoi c'est pas dans la mise en place ? Ah bah voila j'ai trouvé c'est à la toute fin, dans les variantes... Si vous oubliez le jeu quelques temps, bon courage pour retrouver le séquençage des actions rapidement. L'aide de jeu en fin de livret n'était pas intuitive et on passait du temps à l'intégrer et pourtant Ghost Stories est un jeu que l'on a sorti plus de 50 fois. Mais rien à faire.

De ce côté là, l'écriture des règles de Last Bastion sont totalement retravaillées. 
Chaque élément est explicité en début du livret, et tout est visuel donc on retrouve immédiatement l'information recherchée. La mise en place est présentée sur deux pages, tout est clair. D'un seul coup d’œil on déniche l'information recherchée. C'est toujours en fin de livret que l'on retrouve les différences pour la mise en place à moins de 4 joueurs, et ça aurait mérité un petit renvoi vers la page concernée dans la mise en page. Mais je chipote car le livret est bien organisé pour retrouver cette information cruciale, ou celle des modes de difficulté. 
On apprécie la présence d’un livret séparé avec les rappels des différentes iconographies. On apprécie aussi un petit feuillet où noter nos scores. On termine par une FAQ avec les questions que certaines situations de jeu peuvent amener. Bref, du beau travail. 

QUALITE DU MATERIEL
14,5
Organisation de la boîte. Éléments de rangement fournis
Rangement assez simple et organisé. Éléments en bon nombre
Qualité des éléments et des matériaux
Effort important
Ergonomie des éléments de jeu. Facilité de manipulation des éléments de jeu
Clarté visuelle. Manipulation adaptée
Qualité des illustrations
Graphismes basiques


Il s'est passé quelques années entre la sortie de Ghost Stories et celle de Last bastion et cela a été mis à profil. Du côté du rangement, la boite est bien organisée, chaque chose est à sa place, le thermoformage est efficient (ce que l'on demande à un thermoformage).
Nous n'avons plus 4 héros colorés, mais 8 sous forme de figurines grises, mais on pourra y adjoindre un socle à notre couleur.
Quand une tuile était hantée on devait la retourner, c'était un peu pénible : il fallait désolidariser nos 9 tuiles de jeu. Ici on place une figurine emprise du mal, c'est plus simple et plus visuel (et en plus pas besoin de retourner la tuile) bref c'est malin et efficace. L’ergonomie a été totalement retravaillée, chaque plateau de joueur mentionne l'effet quand il est plein de cartes monstres. Nous avons une carte aide de jeu recto verso qui rappelle un tour de jeu et les phases. C'est parfait.

On assemble 4 pistes autour des 9 tuiles, c'est très visuel et thématique et ça permet de contenir les 9 tuiles. Une bonne idée vraiment bienvenue.

Les dés sont gravés. Cela n'a l'air de rien mais les premiers dés de Ghost Stories s'effaçaient. Il est à noter que le service après-vente était réactif, donc j'ai du mal à leur en tenir rigueur d'autant que les éditions suivantes ont corrigés cela.

C’est très personnel, mais j’adore le travail graphique de Pierô sur Ghost Stories, alors que celui de Last Bastion me laisse froid.
J’ai une large préférence sur la thématisation avec les fantômes chinois, nous avions un thème peu usité dans le jeu de société. 
Je trouve dommage que le jeu n’ait pas été légèrement édulcoré, on trouve ça et là des membres tranchés, des cadavres sanguinolents. Je pensais le proposer à mes enfants qui ont traversé toute la campagne de Zombie Kids Evolution, mais ce traitement graphique les éloigne et c'est bien dommage ! Pour moi, Zombie Kids Evolution, en tant que tower defense, est un rejeton de Ghost Stories, et Last Bastion aurait pu être une passerelle. Par contre, j'aime l'illustration de la boite, elle dépeint assez bien le jeu : on va devoir résister face à une déferlante de monstres !

 

THEME
15
Objectifs du jeu clairs
C'est limpide
Histoire racontée par la partie. Evolution dans la thématique.
La trame de fond est intéressante
Cohérence des mécanismes et de la thématique
Tout parait cohérent
Cohérence du thème
Thème fouillé

Si la rethématisation ne me convient pas, il faut néanmoins reconnaître qu'elle fonctionne tout de même très bien. Le jeu est un tout thématique, on protège notre château, avec nos héros, chacun d'eux bénéfice d'un pouvoir cohérent avec son style. Chaque objet est logique et thématique, que ça soit le porte-étendard où l'on placera l'étendard de la couleur choisie, le trébuchet qui explose un monstre, etc.

DUREE DE VIE
14
Facilité à sortir : durée, profil de joueur, configurations de joueurs.
Souple
Renouvellement : modularité des composantes de jeu / évènements aléatoires décisifs
Les parties se différencient assez sérieusement
Contenu additionnel
De petites règles additionnelles
Essouflement du jeu
Assez surprenant

Comme Ghost Stories la durée de vie est importante. Ici, nous avons 8 plateaux personnages avec donc 8 pouvoirs différents. Mais la rejouabilité est principalement assurée par le renouvellement lié au fait que l'on va jouer en fonction de l’ordre des cartes monstres. Avant de maîtriser le jeu il va se passer quelques parties. Puis ensuite on peut relever le niveau de difficulté. Bref, de quoi s'occuper un moment !

MECANISMES
14
Fluidité du tour
Fluide
Interaction et implication pendant le tour des autres joueurs
Interaction importante
Équilibre : viabilité des stratégies, martingale / retard irrattrapable, fin de partie, Kingmaking.
Plusieurs grandes stratégies sont disponibles et viables
Contrôle sur le déroulement : équilibre opportunisme / planification
Équilibre du jeu entre planification et opportunité

Last Bastion a été rendu plus facile par rapport à Ghost Stories, c'est une évidence. Plus de bouddhas qui demandaient une planification, mais un trébuchet qui agit immédiatement. Quand un des héros meurt et qu'il est ramené à la vie il repart avec 2 points de vie au lieu d'un seul. On lance plus de dés noir quand on revient à la vie (mais ça c'était assez pénible). En soit cette simplification ne me dérange pas, car elle permet aussi de faciliter l'expérience du jeu, et cela le rend plus fluide. Et puis on peut toujours jouer en augmentant le niveau de difficulté.

Parlons quand même un peu de la difficulté. Ghost Stories est réputé pour être difficile, voire très difficile, mais ce qu'il faut comprendre dans ce jeu c'est qu'il ne faut pas jouer avec la chance et le hasard (ou en dernier recours). On ne part pas en slip au combat, on se prépare, on amasse des jetons équipements (ou jetons tao dans Ghost Stories). On réduit l'aléa au maximum. Il faut aussi pourvoir se sacrifier si la situation le demande.

Un coopératif doit être difficile pour garder une tension forte, sinon on s'y ennuie. Alors oui, parfois le hasard s'acharne sur nous, mais ça fait partie du jeu et il faut l'accepter ! Mais globalement on a toujours une solution pour s'en sortir (ou bien c'est que l'on a mal géré quelque chose). J'ai très rarement mal vécu mes défaites de Ghost Stories alors qu'à l'inverse je me souviens par exemple de parties de Pandemic où en deux tours la situation s'aggravait drastiquement sans que l'on ne puisse rien faire, à cause d'un mauvais enchaînement de cartes. Dans Ghost Stories / Last bastion, si les monstres compliqués arrivent vite en jeu et s'enchaînent dés le début, ça peut devenir compliqué, mais on peut aussi en faire une force car on sait que l'on ne devra plus y faire face. Au pire, un monstre compliqué et trop handicapant peut être tué avec le tombeau des rois anciens, mais ça vous coûtera 1 point de vie. N’oubliez pas que vous avez toujours votre jeton appel aux armes qui peut vous aider à tout moment. N'oubliez pas non plus de l'utiliser avant de tuer un monstre qui vous permet de le gagner à nouveau... c'est quand même un sacré bonus.

Ce qui fait le sel du jeu reste la coopération entre les joueurs, les décisions à prendre en fonction des monstres sur le plateau. À ce sujet, le jeu comme son grand frère n'est pas exempt de l'effet leader. Donc il vaut mieux le savoir si vous jouez avec un futur dictateur ;) mais pour moi ça reste un défaut de joueur plus qu'un défaut de jeu, même si bien sûr, certains jeux font en sorte de diminuer cet effet. 



16
14,5
15
14
14

Photo du profil de atom

69%

L'avis de atom

Testeur Ludovox.fr

Publié le 06/05/2020

En conclusion, ce Last Bastion à tout pour s'imposer chez les amateurs de coopératifs.
C'est tendu comme un slip d'orc (je fais les comparaisons que je veux et je ne me sens pas obligé de les justifier ^^), les pouvoirs sont intéressants, les règles sont totalement retravaillées dans le sens d'une saine simplification, le matériel est aussi globalement de meilleure qualité, l'ergonomie a été revue.

Vous n'aimez pas la simplification ? Montez le niveau de difficulté et on en reparle ! Sur Ghost Stories nous avions l'habitude de jouer en mode cauchemar et nous ne gagnions pas toutes les parties, loin s'en faut même...

J’ai une large préférence pour Ghost Stories sur la thématisation avec les fantômes chinois, nous avions un thème original et bien rendu. Je trouve dommage, quitte à choisir un thème plus mainstream, de ne pas l'avoir légèrement édulcoré : on trouve ça et là des membres tranchés, des cadavres sanguinolents, etc. Quelle plus-value ? Je pensais le proposer à mes enfants et c'est raté. 

En ce qui me concerne, je préfère et garde Ghost Stories pour ces raisons (thème, illustrations), même si je pense que Last Bastion gomme les défauts de son grand frère, principalement en matière d’édition et de règles. Last Bastion devrait séduire les joueurs qui apprécient son thème médiéval-fantastique et surtout, ceux qui ne connaissent pas Ghost Stories. Quant à ceux qui ont Ghost Stories ils risquent une légère déception, l'effet de la nostalgie jouant probablement un peu, et le doublon, clairement.

 


  • l'édition
  • l'ergonomie
  • règles bien écrites

  • les illustrations des monstres quelconques
  • La rethématisation
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