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Retour sur le prix Expert du PEL :

Basile Mayeur et Tanguy Camus sont deux cousins qui ont été élevés aux jeux de rôles, aux cartes, et aux jeux de plateau tous types confondus. Forcément, à un moment, ils ont eu envie de créer le jeu qu’ils leur plairaient vraiment. C’est ainsi que né « Lucien & Edgar ».

Et figurez-vous que l’été dernier, leur création a gagné le prix du PEL (Paris Est Ludique) catégorie Expert s’il vous plait !

Penchons-nous donc un peu mieux sur cette histoire, le jeu (toujours en recherche d’éditeur, je dis ça je dis rien, on ne sait jamais…) et allons à la rencontre des ptits jeunes qui se cachent derrière ce proto ambitieux.

Bonjour ! Alors, dites-nous tout, Lucien & Edgar, c’est quoi ?

Lucien et Edgar est un jeu de société simple, convivial et stratégique, dans lequel vous devrez montrer vos capacités de réflexion et d’adaptation pour déjouer les plans de vos adversaires. Négociations, coups d’éclat, complots, tous les moyens sont bons pour étendre votre influence sur Castacendre, capitale industrielle de l’Empire.

Grâce à un système de déplacement simple et original ; à un vaste panel d’actions pour chaque personnage ; et à plusieurs ressources que vous devrez apprendre à maîtriser, chaque partie aura son histoire et son rythme. La clef du succès se cache dans la capacité qu’auront les joueurs à faire agir Lucien et Edgar en synergie, en tirant partie de leurs particularités et de leurs aptitudes. Serez-vous un brillant politicien ? Un magnat de l’immobilier ? Un entrepreneur à succès ? Les chemins vers la victoire sont multiples… mais prenez garde, j’ai vu Edgar roder près de l’Hôtel de ville.

Concrètement ?

Vous gérez deux personnages très différents, les faisant se déplacer et agir avec pour but de remplir des conditions de victoire. Très diverses, elles symbolisent les réussites financières, politiques, commerciales et de développement territorial ; liées aux actions de vos personnages. Chaque déplacement est secrètement planifié via une roue de déplacement, qui ajoute une notion de bluff et de surprise. Ce jeu mélange beaucoup de mécaniques : l’anticipation, la planification, l’optimisation de ressources, l’expansion territoriale, le bluff, etc.. Néanmoins, il serait impossible de dire de l’assigner à un type unique.

Vendez-moi du rêve… En quoi est-ce un jeu original ?

Notre objectif est de s’appuyer sur des principes clefs pour qu’aucun joueur ne ‘subisse’ une partie, et que l’expérience soit conviviale et intéressante stratégiquement ; le tout en sortant des mécaniques classiques. Typiquement, la prise de décision ne se prend pas l’un après l’autre, mais au cours d’une même phase de planification ou chacun élabore sa stratégie. La contrainte du tour par tour est inexistante, et le caractère simultané des actions renforce l’interaction entre les joueurs, qui est un de nos leitmotiv.

L’amusement provoqué par les interactions entre les joueurs n’est pas mis à mal par des parties trop figées : en effet, un joueur qui semble avoir du retard pourra toujours viser d’autres objectifs; des renversements de situation ou des victoires imprévues ont très souvent lieux, laissant la part belle aux débutants.
Et le tout en 1 heure maximum (15 min d’explication de règles, entre 30 et 45 min de partie), avec une progression en compétences au fil de la partie, et de parties.

Que diriez-vous à un éditeur s’il passait par là ?

Parmi les jeux de la catégorie expert, notre jeu n’a rien à envier aux grands standards, que ce soit par la profondeur des choix stratégiques, la compétitivité, le renouvellement des parties. Mais de notre point de vue, dans cette catégorie de jeux visant un profil ‘expert’, l’originalité, la simplicité et l’interactivité sont souvent sacrifiés. Ils sont restés nos maîtres mots durant toute la phase de création.

Quel est l’univers du jeu ?

Nous avons pu remarquer un paradoxe dommageable entre la qualité des mécaniques d’un jeu, et l’univers sur lequel il se base. Beaucoup d’excellents jeux se forgent sur des univers surexploités (on ne compte plus les jeux centrés sur les chevaliers & châteaux, les pirates, etc.) tandis qu’à l’inverse d’autres jeux avec des univers originaux, souffrent de mécaniques trop lourdes (Twilight Imperium en est un exemple flagrant).

Nous avons essayé de créer un atmosphère propre à Lucien & Edgar, une ambiance qui permettrait aux joueurs d’avoir un sentiment d’immersion dans un univers différent. Nous nous sommes donc basés un sur univers steampunk, dans des cités industrielles sombres et hostiles, l’une perchée sur une plateforme pétrolière rouillée et grinçante, l’autre dans une ville désertique et corrompue.

Et quid de Lucien et d’Edgar ?

Les personnages ont une histoire, des traits de caractère marqués, entre Lucien le magnat de l’immobilier, sournois et rusé sous ses apparences d’homme du monde, et Edgar, son compère badaud, aux allures de brute, mais avec un bon fond. Et pour marquer les joueurs, nous avons écrit un journal intime, qui raconte la rencontre entre les deux compères, et qui décrit l’univers dans lequel ils évoluent.

Extrait du journal intime

/page arrachée/
murs de pierres me rendent fou ! On y voit encore les traces des ongles des prisonniers précédents. La petite lucarne apporte à peine un peu
de lumière, mais surtout les cris de ces satanées mouettes qui attendent le retour des vapeurs de pèche. Impossible de fermer l’oeil de la nuit,
avec le bruit des vagues qui s’écrasent sur les piliers de la plateforme, et toutes les usines et leur tintamarre métallique… Foi d’Edgar, il est
grand temps que je mette les bouts ! En plus mon compagnon de cachot n’est pas bien causant ; un ivrogne arrêté pour avoir vomi sur les
étals de dentelle rare du Marché Couvert ! La belle affaire, à quoi sert d’avoir du tissu brodé, à dix or le pouce, si c’est pour mettre ses
fesses dedans ?

 

Et vous ? Qui vous êtes d’abord ?

Nous sommes deux cousins de 26 ans originaires de la région parisienne. Basile a fait une école d’ingénieur, et est actuellement en thèse en intelligence artificielle. Tanguy a fait une école de commerce, et est responsable d’une agence de services à la personne.

Comment est venue l’idée du jeu ?

Nous avons été toujours passionnés de jeux de tous bords. Le plaisir ludique apporté par les jeux de rôles et jeux vidéos il y a quelques années, s’est doublé de la recherche du challenge. Après des expériences en vivant du poker à l’étranger, nous nous sommes pris d’une boulimie de jeux de société ayant un aspect fun et compétitif. Nous avons fait donc le tour des classiques (Agricola, Wonders, Descendance, etc.), jusqu’à nous rendre compte que beaucoup se basaient sur les mêmes mécaniques d’optimisation de ressources. Nous avons donc eu le projet d’essayer de créer un jeu un peu différent, et portés par les premiers retours positifs de nos testeurs, nous avons souhaité le présenter à un concours.

Pendant près d’un an, nous avons confronté nos idées et nos perceptions différentes de ce que devait être un bon jeu. Au bout de trois semaines de réflexion, nous nous sommes lancés dans une première partie. 5 heures de coups hasardeux et approximatifs plus tard, nous avons compris qu’un gros travail de simplification nous attendait ! Les neuf mois suivant, nous nous sommes penchés sur l’équilibrage des mécanismes, la simplification des règles, pour ne garder que l’essentiel. Ainsi a commencé une phase, marquée par les doutes sous la douche, les appels nocturnes « Tanguy, il faut supprimer la Prison! », et des centaines de parties avec notre entourage, pour aboutir à un résultat nous convenant.

Et un mot sur les retours du PEL et l’aspect édition ?

Après ce succès lors du concours, nous nous sommes dit que faire éditer L&E serait une super opportunité de voir une année de travail aboutir. Concrètement, nous avons fait un mail de présentation, doublé d’un courrier aux 15 maisons les plus visibles, et présentes sur le salon. Nous avons eu plusieurs demandes d’envoi de règles, et deux demandes de prototype, mais pas encore de retours. Nous avons été largement débordés par ce début d’année, et n’avons pas pu mettre en place des moyens suffisants pour avoir une visibilité escomptée. Mais nous comptons bien nous mesurer au concours de Boulogne-Billancourt de 2015, avec la volonté d’acquérir toujours plus de crédibilité.

Et bien alors il ne me reste plus qu’à vous souhaiter tous mes voeux de réussite !

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