PYRAMIDS : LAISSE PAS TRAINER AMENOPHIS

Après Biblios, Innovation et Innovation echoes, voilà le quatrième numéro de la gamme « aimantée » de chez Iello. Aimantée car le boitier se ferme par ce moyen. J’aime bien cette gamme et c’est dommage que l’éditeur ne la développe pas plus à mon goût. 

Quoiqu’il en soit, 4 ans après Innovation Echoes, voilà donc les Pyramids, jeu de collection classique mais non dénué d’intérêt comme nous allons le voir, destiné à un public familial qui a envie de creuser et de se creuser 3 secondes le ciboulot.

 

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La couverture de Michael Menzel fait le minimum syndical mais présente bien le thème : les chantiers égyptiens. Voilà, vous le savez, vous allez devoir bâtir pyramides, obélisques et tombeaux. À l’heure de l’apéro, car ce jeu dure environ 30 minutes, c’est un sacré défi.

 

Multiplier les constructions, à Thot ou à raison ?

Les auteurs ont-ils été inspirés par Egizia, autre jeu repris par Iello qui proposait, lui aussi, de bâtir ces trois fameux chantiers de façons différentes ? Je n’ai pas la réponse, mais pour info, les auteurs nous ont déjà donné Elysium. Une bonne carte de visite !

Le matériel est composé de cartes affichant plusieurs couleurs et parfois des symboles (les glyphes). Quelques aides de jeu, les tuiles Dieu, un pion 1er joueur et le dispensable, mais incontournable, carnet de score complète la panoplie du parfait architecte :

 

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Mais débutons par la visite du chantier numéro 1 : la pyramide.

Celle là, vous ne pouvez pas y couper, il faut obligatoirement, à chaque tour, ajouter une pierre à l’édifice (la pyramide sert de compte tour, c’est plutôt bien amené).

Il faut commencer par créer une base, les étages ne reposant sur rien… enfin, vous voyez, on n’est pas dans Stargate !

Pyramids-decompte

La pyramide va vous permettre de marquer des points en connectant vos couleurs. Vous pouvez aussi coller des pierres avec des symboles (les glyphes donc), mais le must est vraiment de créer des chemins colorés continus. Vous marquerez un point par pierre qui se touche ET un point par pierre dans la couleur majoritaire. Autant dire que vous doublez votre mise. La pyramide est terminée, le jeu s’arrête. Si chacune des 5 couleurs est présente 3 fois et que ces 3 pierres se touchent, vous gagnez 10 points de bonus. Là, faut être très fort pour y arriver.

La mise en place. Et la façon de coller ses pierres pour scorer (ligne rouge)

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À ce moment de la partie : Blanc 6 pts / vert 3 / rouge 2 /Bleu 2 + glyphe pyramide 2 (+ 6 couleur majoritaire)

 

Chantier n°2 : L’obélisque

Un principe de construction différent de la pyramide : Vous devez vous élever vers le ciel, chaque étage recouvrant à moitié l’étage du dessous. À la fin du jeu, comptez la couleur majoritaire, regardez si elle est présente à chaque étage et reportez vous au barème de points. Plus il y a d’étages, plus vous marquez (de 1 à 15 points). Si vous en construisez 5, c’est déjà pas mal.

 

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Un obélisque mal parti : la couleur rouge du 3e étage n’est pas au bon endroit, elle sera recouverte si le joueur ajoute un étage.

 

Chantier n°3 : le tombeau. Là, c’est plus pratique, on y met un peu ce qu’on veut. Mais attention, lors de la vérification, seules les couleurs majoritaires (par rapport à celles de vos adversaires) seront prises en compte et rapporteront 5 points (rien en cas d’égalité). Un effet « poubelle »  pour les tombes (on y met souvent ce qu’on ne peut pas mettre ailleurs), mais n’oubliez pas de trier vos déchets, ça peut faire la différence.

 

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Voilà les buts à atteindre, maintenant, leçon de construction. Comment bien organiser son chantier, choisir les bons produits et se servir des Dieux ?

 

 Tel Kephri qui croyait prendre

Le nombre de cartes variant selon le nombre de joueurs, partons ici sur une partie à 4 joueurs.

Nous allons commencer par approvisionner la carrière (en fait, un marché où l’on va acheter ses pierres). À 4 il y aura donc 4 paires (non dissociables) de disponibles.

 

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Prenez les paires par colonne

 

Vous choisissez ensuite la tuile Dieu. Cette tuile vous donne l’ordre du tour. Pyramids est un jeu de choix avec pénalité (comme on peut le voir dans le récent Yamatai par exemple). Plus le résultat est intéressant, plus la conséquence sera lourde ; à vous de bien gérer cette partie-là du jeu.

Vous choisissez la tuile 2, vous jouerez en second. « Ben j’ai qu’à prendre la tuile 1 ! » me diront les plus malins. Oui mais non, car comme susmentionné les tuiles les plus intéressantes sont celles qui vont vous faire jouer en dernier.

 

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Le 1er joueur ne peut construire QUE la pyramide, le 4e ou 5e peut aller partout

 

C’est énervant, mais c’est le cœur du jeu. Vouloir être partout, c’est prendre un risque. Et se dire que vous n’aurez pas ce que vous voulez. À vous de voir si ce que vont vous laisser les adversaires est vraiment catastrophique ou si vous pouvez en tirer quelque chose.

N’oubliez pas les glyphes. Sur une première partie, on a tendance à les ignorer pour se concentrer sur les couleurs, mais ils rapportent 2 points s’ils sont placés dans le bon chantier. Ils sont un peu rares et il ne faut pas, dans la mesure du possible, les laisser passer.

 

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Récapitulons donc l’ordre du tour :

  • Approvisionnement de la carrière
  • Sélection d’une tuile Dieu
  • Sélection d’une paire de pierres
  • Construction

 

La partie se termine au dixième tour de jeu. C’est beau, votre pyramide est achevée, elle possède 4 étages et vous offre la magnificence d’ un décor exotique.

 

► Anubis que bisque rage : rappel des points

Vous récoltez 1 point par pierre dans la plus grande connexion de chaque couleur et 1 par couleur majoritaire dans la pyramide. Bonus si vous avez 3 points liés dans chaque couleur. On ajoute X points par couleur majoritaire dans chaque étage de l’obélisque et on regarde la majorité de couleur pour chaque couleur dans le tombeau. S’ajoutent les points pour chaque glyphe bien placé. 

Les écarts entre joueurs ne devraient pas être trop importants.

 

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Gizeh le plus fort ?

Pyramids est un excellent jeu familial qui peut se jouer à 5. Il est à la fois simple à expliquer et tendu à jouer. La frustration est son moteur. Comme dans tout bon jeu à l’allemande, on a peu d’actions et trop de possibilités. On veut tout faire et c’est impossible. On laisse des cartes au voisin, on en prend certaines par dépit pour ne pas être dernier à construire. On prend des risques pour construire plus d’édifices dans le tour en serrant les fesses et en priant intérieurement que vos adversaires ne prennent pas les cartes que vous désirez.

Cette balance est omniprésente, et si on construit dans son coin, l’interaction (indirecte – on attaque personne de front, on lui chipe sous le nez le lot qu’il désire -) est bien présente. Voilà un jeu où l’on grince des dents et où les mots doux s’envolent régulièrement.

Le titre est donc assez classique, c’est un jeu de collection, mais la façon d’amener le décompte à son terme en construisant la pyramide est bien trouvé. La partie avance et le décor se développe sous nos yeux, c’est pour ma part un vrai plus.

Si j’ai un reproche à lui faire, c’est le côté « tout le monde gagne ». Au départ, on se concentre sur les chemins de couleurs (qui rapportent bien sûr) et au bout de 2 ou 3 parties, on voit que les glyphes sont tout aussi importants, tout comme le tombeau utilisé par dépit et qui au final peut s’avérer un investissement malin (mais plus difficile à maîtriser). Un peu comme dans Kanagawa où le postulat de fresque n’est pas un but en soi et où, quoiqu’on fasse, on arrive toujours à scorer, Pyramids donne des points assez facilement.

Niveau nombre de joueurs, j’ai préféré la configuration 3 et 4. À 2 c’est du blocage, à 5, il manque clairement une tuile Dieu pour laisser du choix aux derniers.

Mais ne boudons pas notre plaisir, Pyramids ne se revendique pas « jeu de stratégie pour joueurs super expérimentés » mais jeu familial avec un peu de réflexion. Et sur ce créneau, il réussit magnifiquement son objectif.

 

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+ Pour varier les plaisirs….

À la suite de la sortie du jeu, notre ami helvétique de Gus and co proposait 3 variantes. Vous pouvez les retrouver sur son blog à cette adresse. Une concerne l’attribution du premier joueur. Une autre propose de remporter 5 PV par glyphe dans le bon édifice et pour chaque majorité remportée par joueur. Une dernière joue sur les tombeaux : À la fin de la partie, vous remportez autant de points de victoire que la couleur de pierre la moins présente dans votre tombeau. 

 

 

Tous les articles de MorlockBob ici

Vous aimez construire des pyramides ? Egizia : le Nil n’est pas un long fleuve tranquille JP par Atom 

Vous aimez les jeux familiaux où l’on sélectionne des tuiles pour construire son paysage ? => Connaissez-vous Kingdomino : test d’El Gringo 

 

Fiche de jeu Ludovox

Un jeu de Brett J. Gilbert, Matthew Dunstan
Illustré par Camille Chaussy, Michael Menzel
Edité par iello
Distribué par iello
Langue et traductions : Anglais, Français
Date de sortie : 27-01-2017
De 2 à 4 joueurs
A partir de 10 ans
Durée moyenne d’une partie : 40 minutes

   

2 Commentaires

  1. Photo du profil de TheGoodTheBadAndTheMeeple
    TheGoodTheBadAndTheMeeple 06/06/2017
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    Article sympa qui me tente. Je n’ai pas compris le côté « tout le monde gagne » tu peux expliciter ?

    • Photo du profil de morlockbob
      morlockbob 06/06/2017
      Répondre

      « quoiqu’on fasse, on arrive toujours à scorer »

      Disons qu ‘au début, tu te concentres sur une couleur pour faire le chemin le plus grand dans la pyramide (ce qui fait du point car pierre + pierre majoritaire = 2/ ce qui correspond à une glyphe par ex et on tu t’en rends compte assez vite).

      Quand tu te concentres sur un type, tu ne fais pas top le reste, les autres joueurs idem, ça crée une sorte d’équilibre…Au bout de la partie, les écarts sont pas énormes.

      Tout le monde gagne dans le sens où quoi que tu fasses, tu fais des points. (d où le clin d ‘oeil a Kanagawa où la fresque la plus longue n ‘est pas LE truc puisque tu scores les animaux, les maisons, les pinceaux etc….).

      ça freine un peu la prise de risque…

      j ai été clair ?

       

       

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