Portraits et regards – Villő Farkas, Aurélie Raphaël, Candice Harris, Virginie Gilson, Apolline Jove

Aujourd’hui, nous interviewons des personnalités du monde du jeu de société qui méritent, à notre sens, d’être connues.
Autrices, éditrices, influenceuses, journalistes, illustratrices, directrices artistiques, cheffes de projet… Nous nous disions que les femmes du monde du jeu de société étaient un peu trop dans l’ombre. Nous voulons leur donner une voix, par un portrait simple, en cinq questions. Pour ce premier volet, nous avons donc le plaisir d’échanger avec Villő Farkas (graphiste et directrice artistique chez Mindclash Games), Aurélie Raphaël (chef de projet chez Iello, à l’origine de Loki), Candice Harris (la nouvelle recrue de BoardGameGeek News), Virginie Gilson (responsable éditoriale chez Repos Production) et Apolline Jove (autrice de Farben). 
Bonne rencontre avec elles !

 

Villő Farkas

Dis nous, qui es-tu, Villő ?

Je m’appelle Villő Farkas, je suis graphiste avec un diplôme en Arts Appliqués de l’université de Sopron. Je suis entrée dans les jeux de société en 2013, quand Viktor Peter et Richard Amann m’ont contactée avec l’idée de faire et de développer un certain jeu de plateau ayant pour thème les magiciens.

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Quelle joueuse es-tu ?

Le monde du jeu de société moderne était tout à fait nouveau pour moi quand j’ai commencé à travailler sur notre premier titre, Trickerion – Legends of Illusion, mais il est vite apparu que j’ai l’âme joueuse.
J’adore les jeux thématiques, stratégiques et tactiques – ceux-là mêmes qui définissent le portfolio de Mindclash Games, depuis le début. Je dois admettre une certaine exigence, d’ailleurs. 🙂 J’aime beaucoup les styles graphiques uniques et peu conventionnels, et les jeux qui ont une présence imposante sur la table.

 

En quoi consiste ton métier ludique ?

Après sept ans, je crois que je peux dire que j’ai maîtrisé les arcanes du design graphique pour les jeux de société. Je faisais des illustrations pour nos jeux précédents, mais depuis, je me suis spécialisée dans l’interface et les pictogrammes, sans oublier le design de l’identité graphique. Je suis aussi chargée de la préparation des fichiers d’impression de nos jeux, d’apprêter tout le matériel pour la production, ce qui est un processus très long et demande beaucoup de contrôle pour s’assurer de la qualité. Même s’il s’agit de la facette la moins créative de mon travail, je l’aime beaucoup parce que je peux participer à la concrétisation de nos idées, à leur transformation en vrais produits.

L’autre versant de mon travail est la direction artistique plus “classique”. J’adore aussi ! Avec Richard Amann, nous sommes chargés de créer les univers des jeux et nous coordonnons les artistes avec qui nous travaillons.

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Quelle est ta plus grande fierté ?

Honnêtement, je suis vraiment fière de tous nos jeux publiés. 🙂 Trickerion: Legends of Illusion aura toujours une place spéciale dans mon cœur, parce que c’est notre tout premier. Si vous ne connaissez pas, c’est un jeu de placement d’ouvriers dans un monde fictionnel inspiré de l’Europe urbaine du XIXe siècle. J’ai eu le plaisir de l’illustrer entièrement moi-même. Mon but était d’instaurer des personnages divers, hommes comme femmes ; une ligne de cahier des charges que nous conservons depuis, sur tous les jeux Mindclash Games.

Pour Anachrony, notre deuxième jeu, je suis surtout très fière de notre logo, du système d’icônes et du design de l’Infinity Box (en KS l’an dernier). Notre troisième jeu, Cerebria – The Inside World était peut-être le concept le plus unique sur lequel j’aie jamais travaillé. C’est un petit bijou bien particulier, qui séduit un grand nombre de joueurs. Je suis surtout très contente de mon travail sur l’illustration du plateau de jeu, et j’ai vraiment adoré travailler avec Toby Allen, qui a créé les esprits de Cerebria. J’ai eu le plaisir de colorer ses dessins farfelus, qui sont aussi devenus des figurines !

Mais peut-être, en fait, que je suis le plus fière de notre quatrième titre, Perseverance: Castaway Chronicles, un jeu en saga se déroulant sur une île pleine de dinosaures. [NDLR : Les deux premiers épisodes arrivent sur KS le 7 juillet] On rentre tout juste dans la folle période de pré-campagne… 🙂 Ce jeu est différent des précédents en cela qu’il comprend quatre épisodes, tous uniques, tous autonomes, qui racontent une histoire continue : celle de survivants d’un naufrage qui deviennent une grande civilisation sur une île hostile. On crée tout en pensant à l’évolution ! Comment les lieux et les visages vont changer, d’épisode en épisode, puisque le temps passe. Je suis très fière de ce que nous avons fait, et j’ai hâte de le partager !

 

Où te vois-tu dans 5 ans ? (Ou 10, c’est selon !)

Mindclash Games a commencé avec nous trois [NDLR: Villő Farkas, Viktor Peter et Richard Amann] mais depuis, nous avons grandi et nous sommes 7. On pourrait presque parler d’une petite famille soudée. J’adore travailler ici, car j’ai l’impression d’avoir trouvé un endroit où je peux créer librement, où je suis entourée d’un groupe qui me soutient, où nous sommes solidaires les uns des autres, et où nous avons du respect les uns pour les autres. Nous avons quelques idées dans la tête, donc, d’ici cinq ou dix ans, je ne vois pas de raison de changer !

 

Aurélie Raphaël

Qui es-tu, Aurélie ?

Je suis Aurélie Raphaël, chef de projet dans l’univers des jeux de société depuis plus de 5 ans. Je suis spécialisée dans les jeux pour enfants. J’ai travaillé pour Abeilles Édition et IELLO et je suis maintenant à mon compte en freelance. J’adore voyager, je suis souvent à droite et à gauche mais en ce moment vous pouvez me rencontrer dans les environs de Montpellier (eh oui, on revient toujours sur ses terres d’origine).

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Quel genre de joueuse es-tu ?

Je dirais que je suis une joueuse assez éclectique, je peux tout aussi bien m’amuser à un jeu de stop-ou-encore qu’à un jeu d’adresse en passant par les jeux de déduction… du moment que la stratégie reste light et qu’il ne faut pas calculer et mettre en place des tactiques sur plusieurs tours, tout me va ! Je suis aussi curieuse de nature donc très contente de tester de nouvelles choses !

Et puis dans le jeu de société, ce que j’aime par-dessus tout, c’est partager des moments uniques avec les joueurs autour de la table (sauf les mauvais perdants, ha ha).

 

En quoi consiste ton métier ludique ?

Le métier de chef de projet est un métier passionnant ; je suis en charge du développement du jeu, une fois celui-ci signé avec un éditeur. J’ajuste donc la règle avec l’auteur, au besoin, fais des études de marché pour connaitre le meilleur positionnement du produit en boutique, travaille les devis et optimisations de matériel avec l’usine, accompagne le travail de l’illustrateur sur le projet et rédige les fiches produits et éventuels autres documents qui peuvent aider à pousser le jeu auprès des joueurs et des boutiques.

Je développe des jeux pour le grand public mais il m’arrive aussi de gérer des projets ludiques pour les professionnels (les fameux serious game et outils de promotion ludiques).

Et depuis peu, je rédige des articles sur Tric Trac, autour des jeux de société enfants.

 

cover_sos-dino_jeux_de_societe_LudovoxQuelle est ta plus grande fierté ?

C’est peut-être un peu redondant pour ceux qui me suivent depuis le début, mais ma plus grande fierté reste d’avoir lancé la marque de jeux pour enfant de IELLO : LOKI. Je suis ravie que la marque et surtout les jeux aient trouvé leur public.

On n’a pas tous les jours la chance de monter une gamme de zéro, et beaucoup de gens m’ont fait confiance et suivi dans cette aventure (l’équipe IELLO, les auteurs, illustrateurs…) et je les en remercie.
Il m’a fallu prendre des décisions, défendre mes points de vue, convaincre, encaisser les remarques, rattraper mes erreurs… C’est vraiment très enrichissant comme expérience !

 

Où te vois-tu dans 5 ans ? (Ou 10, c’est selon !)

Ha ha, on dirait un entretien d’embauche… ^^

On va peut-être bien t’embaucher, ça dépendra de ce que tu réponds 😉 

Disons que d’ici 5 ans j’espère avoir encore plus de jeux développés, d’articles écrit sur TricTrac (et pourquoi pas sur Ludovox ? 😉 ) à mon actif. Et j’aurai peut-être monté ma boîte de chefs de projets spécialisés, qui sait ?

Deal ! 😉

 

Candice Harris

Qui es-tu, Candice ?

Je m’appelle Candice Harris, une batteuse/musicienne et fana de jeux de société.
Je viens de la banlieue de Philadelphie, mais je vis à Los Angeles depuis 2009, et autant dire que je savoure chaque instant. J’ai un diplômes en sciences de l’information et de la technologie et je travaille en tant qu’analyste des modèles d’affaires quand je ne joue pas aux jeux de société (ou quand je n’écris pas dessus, ou quand je n’en conçois pas).
Je suis une personne très sociable et ouverte qui adore s’amuser et inviter ses amis à jouer chez elle.

 

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Quel genre de joueuse es-tu ?

Je suis à la fois curieuse et passionnée. Je ne ferme pas la porte à un nouveau jeu de société, et ça ne se limite d’ailleurs pas aux jeux de société. J’adore les jeux profonds et complexes qui mettent des heures à jouer, mais aussi les jeux plus courts qui demandent de la réflexion, et tout ce qui se situe entre cela. Je ne suis pas très compétitive, donc perdre ou gagner m’importe peu : j’aime juste jouer à de bons jeux avec de bonnes gens.

Je suis toujours à l’affût de la découverte de “nouveaux” jeux. Oui, bien entendu, je pourrais jouer au même jeu autant de fois qu’il le faut pour le maîtriser, ce qui n’est pas une mauvaise idée. Mais pour moi, un jeu est un peu comme un voyage. J’adore l’Italie, et j’irais en vacances là-bas à chaque occasion, et plus j’en apprends sur le pays, plus j’ai envie d’y replonger, mais j’ai aussi très envie de visiter le monde entier et découvrir toutes ses merveilles. C’est pareil pour le jeu de société, j’essaie toujours de découvrir et d’apprendre.

Je suis le genre de joueuse qui ne dit pas non à une bonne soirée qui finira tard en convention. Cela veut dire apprendre et commencer jouer à Pax Renaissance à minuit ou jouer à The Great Zimbabwe à 2 heures du matin. Ce ne sont que deux occasions distinctes, mais je garde un bon souvenir de chacune.

Je trouve enfin le déballage d’un jeu, le dépunchage et l’organisation des composants tout à fait satisfaisants et calmants, parfois autant que le jeu lui-même.

 

En quoi consiste ton métier ludique ?

Je fais partie de l’équipe média de BoardGameGeek et je contribue aux BoardGameGeek News en me spécialisant sur les jeux plus lourds, qui ne sont pas toujours la tasse de thé du rédacteur en chef, W. Eric Martin. Parfois, j’apparais dans GameNight !

 

Quelle est ta plus grande fierté ?PAX RENAISSANCE

Même si je suis très fière de mes collections de jeux de société, de CD et de vinyles, je dois dire que ma plus grande fierté, ce sont mes parents. Ils m’ont toujours adorée et soutenue, et m’ont éduquée pour faire de moi la femme positive et ouverte que je suis. Peu de parents des années 90 encourageaient leur fille à jouer de la batterie. La batterie reste un domaine très masculin, et la plupart des parents auraient encouragé leur fille à jouer de la flûte, du violon ou du piano. Il n’y a rien de mal à ces instruments, hein, mais mes parents m’ont permis de briser les barrières traditionnelles, et m’ont donné cette chance d’être unique – cela a beaucoup contribué à qui je suis aujourd’hui.

Nous avons toujours fait des jeux vidéo et des jeux de plateau pendant mon enfance. Mes parents adoraient jouer à Pinochle avec leurs amis, et de façon régulière. Je pense que cela a beaucoup attisé ma passion pour les jeux de plateau.

Mon père est malheureusement décédé d’une maladie en 2011, mais il était un très bon guitariste, et m’a manifestement transmis le gène musical. Je me suis rendue compte plus tard de combien il m’a inspirée, tout spécialement parce qu’il m’a ouvert l’esprit, musicalement parlant, en me faisant découvrir de nombreux genres musicaux. C’est pourquoi, aujourd’hui, j’apprécie autant de genres : le jazz, le rock progressif, le hip-hop, le heavy metal, le R&B, etc.

Ma mère est une de mes partenaires de jeu favorites ! Elle me donne toujours le sourire. Lorsque nous ne jouons pas ensemble, nous nous envoyons des petites piques des jours durant, en attendant la prochaine partie. Elle a un excellent sens de l’humour que j’ai adopté. (Et elle ne me gagnera jamais à Jaipur, mais j’admire sa détermination et son obstination.  🙂 )

 

Où te vois-tu dans 5 ans ? (Ou 10, c’est selon !)

Dans 5 ans, je pense travailler à plein temps dans l’industrie des jeux de société, si possible en consolidant mon rôle sur BGG. Je suis aussi en train de concevoir un jeu de société à thème musical qui combine mes deux passe-temps favoris. Idéalement, je l’aurai fini et publié d’ici là. Je me verrais bien commencer un projet musical avec d’autres joueurs/musiciens afin de jouer un peu en convention, avec uniquement des musiciens aficionados de jeux de plateau ! Dans 10 ans, j’aurai aussi un livre de publié : « Comment faire jouer votre chéri-e aux jeux de plateau que vous adorez ». Je blague, hein, mais on ne sait jamais. Je veux surtout inciter encore plus de gens à jouer aux jeux de plateau, que ce soit en solo, en famille, avec des amis ou avec de parfaits étrangers. Certains de mes amis les plus proches sont des gens que j’ai rencontré en convention de jeu.

 

Virginie Gilson

Qui es-tu, Virginie ?

Je suis joueuse depuis ma tendre enfance. Je me rappelle que ma mère passait souvent à la ludothèque pour nous apporter un jeu de société pour le week-end ou les vacances ; on jouait beaucoup et à des jeux très variés. Mais ce n’est que bien plus tard que j’ai découvert le milieu professionnel du jeu. Pendant mes études, je ratais les cours pour me rendre sur les salons de jeu belges et français comme animatrice pour différents éditeurs. C’est comme ça que j’ai fait mes premiers pas dans le milieu du jeu. Je suis diplômée en Psychologie Sociale, des Organisations et du Travail, mais je n’ai jamais exercé. J’ai été engagée comme chef de projet chez Iello directement à la sortie de mes études et puis, après deux ans, j’ai rejoint l’équipe de Repos Production. 

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Quelle genre de joueuse es-tu ?

Je suis plutôt du genre compétitive, j’aime le challenge et je suis un poil mauvaise perdante contre le hasard. Mais j’aime aussi simplement passer un moment agréable avec des personnes que j’apprécie au détour d’un jeu d’ambiance !

 

En quoi consiste ton métier ludique ?

Je suis responsable éditoriale chez Repos Production depuis maintenant presque 3 ans. Mon métier couvre toute la vie d’un jeu, de ses premières idées jusqu’à la boîte que l’on retrouve en magasin ; mes fonctions sont donc multiples. Par exemple, je parcours les salons ludiques à la recherche de nouveaux jeux qui nous plaisent et je les développe jusqu’à ce que la mécanique soit la plus aboutie possible. A côté de ça, je travaille aussi sur l’aspect du jeu en répondant à ces différentes questions : quel format de boîte choisir ? Quelle thématique lui donner ? Avec quel illustrateur travailler ? Quel titre lui donner ? Et enfin, je rédige les règles du jeu, ce qui représente également une grosse partie de mon métier. Mais je ne suis pas seule pour faire tout ça ; il s’agit d’un métier très varié dont le résultat est toujours le fruit d’un travail d’équipe (et quelle équipe ! ).

 

Quelle est ta plus grande fierté ?concept kids animaux jeu

Ma plus grande fierté à ce jour est Concept Kids Animaux, des auteurs Alain Rivollet et Gaëtan Beaujannot. Il s’agit du premier jeu sur lequel j’ai travaillé en arrivant chez Repos Production. J’ai eu l’opportunité de le développer de manière entièrement libre avec mon collègue, Nicolas Boseret, en impliquant un maximum les enfants de 4 à 7 ans lors de sessions de tests que nous organisions directement dans les écoles. Ce fut très instructif et je suis fière du résultat qui plaît beaucoup à son public.

 

Où te vois-tu dans 5 ans ? (Ou 10, c’est selon !)

Dans un monde qui bouge autant que celui d’aujourd’hui, c’est toujours difficile de se projeter dans 5 ou 10 ans. Une chose est sûre, je suis convaincue que j’ai beaucoup de chance de faire partie du milieu professionnel ludique et de la Repos family !

 

Apolline Jove

Qui es-tu ?

 Je m’appelle Apolline, j’ai 25 ans. Je suis née dans les Yvelines et j’ai beaucoup hésité sur ma voie professionnelle : prépa littéraire, licence Humanités, DUT bibliothèque puis formation pour être professeure de français langue étrangère. C’est en allant vivre à Berlin, en 2016, que je suis entrée par hasard dans le monde du jeu de société en côtoyant des amis amateurs. J’ai eu la chance de créer mon premier jeu là-bas : Farben. Depuis, je suis rentrée en France, j’ai enseigné le français, et je suis partie vivre trois mois à Taïwan. J’aime les voyages, la création artistique, les petits moments de joie et de partages de la vie.

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Quelle genre de joueuse es-tu ?

Pendant mon enfance, j’ai joué à des jeux familiaux / d’ambiance avec ma famille et mes amis (Pictionary, Monopoly, Bonne Paie, Uno, Time’s Up, etc).
À Berlin, j’ai découvert de nombreux autres jeux (et plus modernes) comme Concept, Codenames, Dixit ; et j’ai eu l’occasion de tester des prototypes d’auteurs.
Depuis, je joue toujours beaucoup car je suis souvent entourée de personnes qui aiment jouer et qui me font découvrir des jeux. J’aime beaucoup Azul, Mysterium, Seven Wonders Duel, Bad Bones. Et j’adore toujours autant faire découvrir mon jeu, Farben, et y jouer ! ^^  Il me correspond vraiment bien car j’adore découvrir comment fonctionnent les autres.

 

En quoi consiste ton métier ludique ?

Je crée un peu de tout, j’ai eu d’autres idées de jeux, mais je laisse surtout les opportunités venir. 
En fait je ne prévois pas spécialement de continuer à concevoir pour l’instant. Mais si jamais il me vient de nouvelles idées de jeux, je n’hésiterai pas à contacter mes éditeurs.

 

Quelle est ta plus grande fierté ?FARBEN 2018

Farben est assurément l’une de mes plus grandes fiertés. C’est venu par hasard, juste après une idée que j’ai eu d’associer des mots à des couleurs. Les règles sont simples et il m’a fallu seulement une semaine pour le créer et présenter le prototype. Ça a été une grande surprise pour moi qu’il intéresse un éditeur et qu’il soit édité. J’ai pu ensuite aller au festival des jeux de Cannes, et faire plusieurs festivals. C’était un peu comme un rêve. Je suis quelqu’un d’assez angoissée et hypersensible, et le fait de me rappeler que j’ai créé un jeu, qui a peut-être rendu heureux quelques personnes qui y ont joué, ça me remplit toujours de joie.

 

Où te vois-tu dans 5 ans ? (Ou 10, c’est selon !)

J’ai beaucoup de mal à me projeter. Je décide toujours de mes projets de façon assez précipitée, qui surprend mes proches. Pour l’instant, je vais aller vivre en Normandie et je vais sûrement continuer de donner des cours de français. Dans l’idée, j’aimerais un jour créer une famille avec des enfants, mais pour ça, il faut déjà trouver le bon partenaire et ce n’est pas évident. Et en tout cas, j’essaierai de continuer de beaucoup voyager. Le voyage apprend à se délaisser de tout ce qui pèse, permet de rencontrer des nouvelles personnes inspirantes, et de voir la vie autrement.

Je ne sais pas du tout si je serai encore dans le milieu du jeu ou pas. En tout cas je continuerai d’être consommatrice de jeux de société. Tout dépendra de l’avenir de Farben. Et d’autres jeux potentiels à créer… 😉

   

4 Commentaires

  1. Photo du profil de TheGoodTheBadAndTheMeeple
    TheGoodTheBadAndTheMeeple 16/06/2020
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    Bravo ! Les femmes a l’honneur dans plusieurs secteurs du jeu 🙂

    Tres interessant, merci

  2. Tihro 17/06/2020
    Répondre

    Super article! Je ne connaissais que Villö Farkas. On voit que les profils de joueuses/joueurs sont aussi nombreux que les joueuses/joueurs elleux-même 🙂

  3. Anko 17/06/2020
    Répondre

    Chouette article ! Et c’est toujours sympa de lever le voile sur les coulisses des métiers du jeu. Merci pour ce coup de projecteur 100% féminin 🙂

  4. juven 19/06/2020
    Répondre

    Super intéressant merci. et bonne continuation a toutes.  comme quoi l ecrit n est pas mort, loin de là

     

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