PEL 26 – Hot #2 : Fox Alert ! – Évidemment – Persona Non Grata – Le souffle du dragon – San – Sunfield farm

PEL c’était le dernier WE de juin. 14000 visiteurs malgré la chaleur extrême.

On a pu jouer à des jeux déjà sortis ou qui sortiront dans les prochains mois.

Dans un premier reportage, on vous parlait de The Voynich Puzzle – Spirits of the Wild – Seven Prophecies – Faiseur de rêves  – Ave Lemming.

Dans ce deuxième volet ça sera le tour de Fox Alert ! – Évidemment – Persona Non Grata – Sunfield Farm – Le souffle du dragon – San.

 

 

 

Fox Alert !

 

C’est vrai que les jeux de mémoire sont assez prédominants dans les jeux enfants, mais quand ça raconte une histoire, on en parle et on aime bien. Dans Fox Alert ! chacun son tour on va piocher une carte animal venant du tracteur qui avance (le fermier commence sa journée et croise des animaux), dire de quel animal il s’agit et la cacher, la joueuse suivante devra faire le cri de cet animal et à son tour piocher une nouvelle carte. Toute une séquence d’animaux à retenir, et surtout pour le retour, quand le fermier rentre le soir, il croise à nouveau, mais dans l’autre sens, la coccinelle, la vache, le mouton, mais aussi un renard, il faudra alors appuyer sur le petit klaxon pour le faire fuir. C’est pas si simple, on aime inventer des cris d’animaux (et oui hein, la coccinelle ça fait quoi comme cri ?) dans ce jeu coopératif, où l’on peut aider en mimant.

 

 

En boutique

Un jeu de Jean-Charles RodriguezSandra Lebrun
Illustré par Anthony Moulins
Edité par Auzou

 

 

Évidemment

Etes vous du genre à quitter la salle de cinéma si le film est nul ? C’est oui ou c’est non. Je sais, ça dépend du film, des gens avec qui on est allés en séance, mais ça le jeu ne l’autorise pas. C’est oui on c’est non. On se décide, on prend sa petite carte pour donner sa position, puis on révèle, ce qui dessine en principe une majorité et une minorité. Et on va ensuite argumenter pour débusquer les personnes de la minorité. Ne parlons pas de mensonge, disons plutôt qu’il faudra masquer la réalité. C’est un jeu où on sort toute sa mauvaise foi, pour lequel je n’aurais pas pensé passer un bon moment, mais on a quand même enchaîné les manches. Fun !

 

 

Tout juste en boutique

Un jeu de Jay Bucciarelli
Illustré par   Blake Stevenson
Edité par Friendly SkeletonIello

 

 

Persona Non Grata

Si je vous dis que des cyber-animaux vont s’adonner à des jeux de majorité, vous allez me rigoler au nez. Mais on a vu pire thème, et Persona Non Grata sait effacer son thème pour faire briller les mécanismes. Chaque manche, on “draftera” cinq cartes en en conservant trois (dont une cachée), et en en transmettant une au joueur à notre droite et une à celui à gauche. Ensuite, les joueurs peuvent récupérer des trophées ou une clé à trancher les égalités… et voler des cartes pour les placer dans notre pile de score, et ainsi saboter les majorités (surtout celles du gagnant).

Le twist dans tout cela, c’est qu’en bout de partie, on marquera certes les points que l’on a stockés, à condition de défausser un activateur pour chacune des couleurs. Un activateur ? Eh bien oui, soit une carte faible qu’on n’aurait pas tellement voulu voler, soit un des précieux trophées de majorité. Mais les cartes allant de deux à six, on comprendra aisément que sacrifier deux points pour en gagner onze ou douze fait bon ménage.

Retors, Persona Non Grata n’est pas pour autant inaccessible. Sergio Halaban visite à sa façon les jeux de majorité, avec une économie presque-fermée dont il a le secret. Une très bonne pioche pour ceux qui aiment l’opportunisme mâtiné de planification.

 

 

Sortie Octobre

Un jeu de Sérgio Halaban
Illustré par Diego de Moraes
Edité par Dijon Jogos

 

San

San signifie “trois” en japonais. San, comme trois conditions de victoire, trois types de carte. Dans ce jeu de deckbuilding à deux, on cherche soit à envoyer cinq virus à l’adversaire, soit à corrompre douze cartes, soit à faire traverser à notre pion l’intégralité de la rivière d’achat qui sépare les deux joueurs. À chaque tour, vous jouez une couleur de cartes et autant d’équipements que vous souhaitez, et appliquez leurs effets. Chacun des mini-jeux est en fait un siphon à ressources : trente-six ressources Corruption à acquérir sur l’intégralité de la partie pour la corruption, trente pour les virus (modulo qu’il s’agit d’un tir à la corde), par exemple.

Faire cette petite arithmétique, pourtant nécessaire pour savoir dans quoi on s’engage, aura été un peu un tue-l’amour pour moi, car j’ai lu dans tous les effets de façon très nue : cette carte me fait progresser de telle façon, celle-là de telle autre, etc. Je me suis mis à tout quantifier très vite, et le jeu ne dispose pas d’un éventail de nuance fort, comme un Dominion qui vous limite à une action ou propose des effets plus complexes, un Ascension qui propose des synergies tranchées (pour ne citer que les grands anciens du deck building). San m’a plongé dans de la petite comptabilité et ne m’a donc pas soufflé – pour le même niveau de complexité, je préfère jouer à d’autres jeux.

 

 

Un jeu de Jules MessaudMartin Montergnole
Illustré par Mathieu Leyssenne
Edité par Blue Cocker Games

Ludochrono

 

Sunfield Farm

Ah, l’été revient, et avec lui, les récoltes de légumes à vendre au marché ! Bucolique, certes, mais fun ? Chaque tour, soit on vend nos produits à des clients (comprendre : satisfaire un contrat), soit on étend son jardin en prenant une tuile d’une offre et en plaçant les légumes imprimés sur elles sur les tuiles adjacentes ou de même couleur. Et si vous remplissez une tuile, hop, vous la retournez, récupérez ses légumes, et gagnez des animaux pour un petit scoring supplémentaire. On a l’impression de remplir des contrats (les champs) pour remplir d’autres contrats (les acheteurs de légumes), et le chaînage des deux n’a pas su éveiller mon intérêt. Sans doute que le jeu est fait pour d’autres joueurs que moi, mais j’ai trouvé le système au final plus laborieux que nécessaire. Je regrette aussi quelques bonus injustes saupoudrés ça et là.

Pour autant, je comprends tout à fait les incitations et les leviers proposés par ce Sunfield Farm : ils sont logiques, froids, calculés, ils ont du sens. Mais la magie du game design ne se commande pas toujours : ici, ma déception est de ne pas arriver à trouver le fun dans ce mélange qui rationnellement devrait donner des choix signifiants. Le manque de rêve, de souffle, d’un grain de folie, de relief ? Je ne trouve pas.

Un jeu de Céline LevetYoann Levet
Illustré par Cyrille Bertin
Edité par Sorry, We Are French (SWAF)

 

 

Le souffle du dragon

Gameflow aime bien les dragons, visiblement, après Dors Dragon d’or qui nous avait séduit il y a quelques années, voici Le souffle du dragon. Une mécanique inattendue qui nous a plu, le souffle ! 

Dans ce jeu pour enfants à partir de 6 ans, il faudra écarter du tas de cartes central les cartes qui viendront rejoindre notre collection, 6 cartes de couleurs différentes et c’est la victoire, ou 4 de notre couleur si on a réussi à devenir un super dragon. Pour isoler les cartes à récupérer, on prend une grande inspiration, et on souffle. Et bien ce n’est pas aussi facile que vous le pensez, et vous utiliserez des stratégies jamais employées ailleurs que pour faire sonner votre trompette ou allumer le barbecue. Le souffle du dragon propose des parties évolutives, et apprend même aux enfants à bien souffler. Et on apprécie la fabrication locale du jeu.

 

 

Sortie septembre

Un jeu de Victor Saumont
Illustré par Camille Chaussy
Edité par Game Flow

 

Bientôt la suite de nos découvertes ludiques parisiennes dans un dernier reportage, avec Concept Stories, Back to Back, Human Legacy, Les Yeux Fermés, Fliptoons, Eternal Sevens, que du très bon !

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