PEL 26 – ça joue dehors ! #2 : Fox Alert ! – Faust vs Mephisto – Évidemment – 4 keys – Persona Non Grata – Sunfield Farm – Le souffle du dragon – San

PEL c’était le dernier WE de juin. 14000 visiteurs malgré la chaleur extrême.

On a pu jouer à des jeux déjà sortis ou qui sortiront dans les prochains mois.

Dans un premier reportage, on vous parlait de The Voynich Puzzle – Spirits of the Wild – Seven Prophecies – Faiseur de rêves – Maki san – Ave Lemming – Bas les pattes.

Dans ce deuxième volet ça sera le tour de Fox Alert ! – Faust vs Mephisto – Évidemment – 4 keys – Persona Non Grata – Sunfield Farm – Le souffle du dragon – San.

 

C’est qu’il y avait du monde, plein d’éditeurs, regardez plutôt.

 

 

Les jeux !

 

Maki San

Duel de mémoire et de déduction pour ce jeu objet très simple d’approche : avoir un alignement de 4 makis de la même couleur pour emporter la partie. À son tour on pioche un maki du sac, on regarde la couleur des deux faces, et on le place sur la ligne qui sépare les deux joueuses. On a donc une information partielle de la ligne : on voit son côté et on se rappelle de ce qu”on a vu. Autre action possible, déplacer un maki en bout de ligne ou en retourner un.

Le jeu prend plus d’ampleur quand on joue avec les deux perles de wasabi qui feront retourner toute une section de la ligne, il faudra alors construire dans le but de retourner. 

Maki San a des sensations de Rainbow qui jouait aussi sur les couleurs recto-verso en duel.

 

 

En boutique

Un jeu de Marc Lagroy Maxime Iaciancio
Illustré par Amma Studio  
Edité par Ludically

Ludochrono

 

Bas les pattes

Qui dit ours en rivière dit pêche à la patte. Et c’est bien l’idée de ce Bas les pattes ! Un joueur déroule les cartes une à une et si quelqu’un désirait l’intégralité de la rivière, hop, il suffit de taper sur la patte d’ours centrale (en premier, que serait le jeu sans une pointe de rapidité). Sauf que la main avec laquelle vous tapez a une incidence : chaque joueur a une roue de score présentant un scoring différent entre les deux pattes. En l’espèce, personne n’est intéressé par exactement la même rivière !

Évidemment, la rivière est composée de collections, d’anti-collections et l’on ne pourra chacun effectuer que quatre prises par partie ! Bas les pattes a su installer à notre table une ambiance agréable. Je ne sais pas si la fraîcheur de l’expérience durera longtemps, mais c’est une proposition très agréable nonobstant. (Sachant qu’il existe un paquet de cartes avancé à rajouter lorsqu’on sera suffisamment familiarisés au jeu.)

 

Sortie septembre

Un jeu de  Félix Metzinger Sarah Germain
Illustré par Memé Candia
Edité par Disto Studio

 

 

Fox Alert !

 

C’est vrai que les jeux de mémoire sont assez prédominants dans les jeux enfants, mais quand ça raconte une histoire, on en parle et on aime bien. Dans Fox Alert ! chacun son tour on va piocher une carte animal venant du tracteur qui avance (le fermier commence sa journée et croise des animaux), dire de quel animal il s’agit et la cacher, la joueuse suivante devra faire le cri de cet animal et à son tour piocher une nouvelle carte. Toute une séquence d’animaux à retenir, et surtout pour le retour, quand le fermier rentre le soir, il croise à nouveau, mais dans l’autre sens, la coccinelle, la vache, le mouton, mais aussi un renard, il faudra alors appuyer sur le petit klaxon pour le faire fuir. C’est pas si simple, on aime inventer des cris d’animaux (et oui hein, la coccinelle ça fait quoi comme cri ?) dans ce jeu coopératif, où l’on peut aider en mimant.

 

 

En boutique

Un jeu de Jean-Charles RodriguezSandra Lebrun
Illustré par Anthony Moulins
Edité par Auzou

 

Faust vs Mephisto

 

Un jeu de plis à deux par l’auteur de Jekyll & Hyde et de Yellow House, avec des atouts changeants ? Pour un peu, on se sentirait presque dans des chaussettes. Ici, il est question de prendre ou donner toutes les cartes d’une couleur (lorsqu’on incarne Mephisto) ou de répartir les cartes d’une couleur entre les deux joueurs (lorsqu’on incarne Faust). Et ce pour quatre couleurs représentant Jouvence, Amour, Connaissance et Ambition. Méphistophélès a besoin de deux couleurs “corrompues” pour gagner la partie, et a un maximum de deux manches pour le faire, sinon Faust l’emportera.

Chaque couleur a son petit pouvoir : l’ambition peut souvent se retrouver plus forte, mais a aussi tendance à être la plus faible, l’amour est rare et doit être défaussé avant de pouvoir être joué en ouverture, la connaissance reste fixe pour la durée de la manche. Ceci, avec le fait qu’on distribue 20 sur les 22 cartes du jeu, brouille quelques calculs.

De surcroît, chaque joueur a deux pièces à dépenser par manche. Une pièce pour faire jouer l’autre à sa place. Tiens, t’as joué une carte à laquelle je ne veux pas répondre là tout de suite ? Allez hop, tu vas me faire le plaisir de jouer pour moi.

Les chaussettes ne sont pas vraiment celles qu’on porte, plus rugueuses pendant quelques parties, mais elles finiront par devenir confortables. En déroulant son jeu comme à l’habitude vous aurez des mauvaises surprises, l’adversaire qui jouer à votre place, les valeurs des couleurs changeantes ne se maîtrisent pas rapidement. Nul doute qu’en s’accrochant vous signerez le pacte.

 

 

Sortie septembre

Un jeu de Geonil
Illustré par Javier González Cava
Edité par Mandoo Games

 

Évidemment

Etes vous du genre à quitter la salle de cinéma si le film est nul ? C’est oui ou c’est non. Je sais, ça dépend du film, des gens avec qui on est allés en séance, mais ça le jeu ne l’autorise pas. C’est oui on c’est non. On se décide, on prend sa petite carte pour donner sa position, puis on révèle, ce qui dessine en principe une majorité et une minorité. Et on va ensuite argumenter pour débusquer les personnes de la minorité. Ne parlons pas de mensonge, disons plutôt qu’il faudra masquer la réalité. C’est un jeu où on sort toute sa mauvaise foi, pour lequel je n’aurais pas pensé passer un bon moment, mais on a quand même enchaîné les manches. Fun !

 

 

Tout juste en boutique

Un jeu de Jay Bucciarelli
Illustré par   Blake Stevenson
Edité par Friendly SkeletonIello

 

4 keys

Boîte d’un format différent chez Grrre Games, 4 keys vous plonge dans le monde portes et des clés. Des cartes à qui viennent rejoindre une grille de 4×4, soit des portes, soit des clés : de la construction de tableau. Les portes sont des sources de points de victoire si elles sont ouvertes par les bonnes clés qui seront placées dans la même ligne et/ou colonne.

Le marché est élégant et très lisible, un tapis néoprène sur lequel sont placés les quatre cartes du marché, il n’y a pas de valeur d’achat, seulement plus on se place à droite et plus on jouera tard lors du tour suivant. 

4 keys ne révolutionne pas l’offre grandissante du tableau building mais est un jeu agréable à manipuler et jouer.

 

 

En boutique

Un jeu de Kévin GauvinRomain Clément
Illustré par Florian Belmonte
Edité par Grrre Games

 

Persona Non Grata

Si je vous dis que des cyber-animaux vont s’adonner à des jeux de majorité, vous allez me rigoler au nez. Mais on a vu pire thème, et Persona Non Grata sait effacer son thème pour faire briller les mécanismes. Chaque manche, on “draftera” cinq cartes en en conservant trois (dont une cachée), et en en transmettant une au joueur à notre droite et une à celui à gauche. Ensuite, les joueurs peuvent récupérer des trophées ou une clé à trancher les égalités… et voler des cartes pour les placer dans notre pile de score, et ainsi saboter les majorités (surtout celles du gagnant).

Le twist dans tout cela, c’est qu’en bout de partie, on marquera certes les points que l’on a stockés, à condition de défausser un activateur pour chacune des couleurs. Un activateur ? Eh bien oui, soit une carte faible qu’on n’aurait pas tellement voulu voler, soit un des précieux trophées de majorité. Mais les cartes allant de deux à six, on comprendra aisément que sacrifier deux points pour en gagner onze ou douze fait bon ménage.

Retors, Persona Non Grata n’est pas pour autant inaccessible. Sergio Halaban visite à sa façon les jeux de majorité, avec une économie presque-fermée dont il a le secret. Une très bonne pioche pour ceux qui aiment l’opportunisme mâtiné de planification.

 

 

Sortie Octobre

Un jeu de Sérgio Halaban
Illustré par Diego de Moraes
Edité par Dijon Jogos

 

San

San signifie “trois” en japonais. San, comme trois conditions de victoire, trois types de carte. Dans ce jeu de deckbuilding à deux, on cherche soit à envoyer cinq virus à l’adversaire, soit à corrompre douze cartes, soit à faire traverser à notre pion l’intégralité de la rivière d’achat qui sépare les deux joueurs. À chaque tour, vous jouez une couleur de cartes et autant d’équipements que vous souhaitez, et appliquez leurs effets. Chacun des mini-jeux est en fait un siphon à ressources : trente-six ressources Corruption à acquérir sur l’intégralité de la partie pour la corruption, trente pour les virus (modulo qu’il s’agit d’un tir à la corde), par exemple.

Faire cette petite arithmétique, pourtant nécessaire pour savoir dans quoi on s’engage, aura été un peu un tue-l’amour pour moi, car j’ai lu dans tous les effets de façon très nue : cette carte me fait progresser de telle façon, celle-là de telle autre, etc. Je me suis mis à tout quantifier très vite, et le jeu ne dispose pas d’un éventail de nuance fort, comme un Dominion qui vous limite à une action ou propose des effets plus complexes, un Ascension qui propose des synergies tranchées (pour ne citer que les grands anciens du deck building). San m’a plongé dans de la petite comptabilité et ne m’a donc pas soufflé – pour le même niveau de complexité, je préfère jouer à d’autres jeux.

 

 

Un jeu de Jules MessaudMartin Montergnole
Illustré par Mathieu Leyssenne
Edité par Blue Cocker Games

Ludochrono

 

Sunfield Farm

Ah, l’été revient, et avec lui, les récoltes de légumes à vendre au marché ! Bucolique, certes, mais fun ? Chaque tour, soit on vend nos produits à des clients (comprendre : satisfaire un contrat), soit on étend son jardin en prenant une tuile d’une offre et en plaçant les légumes imprimés sur elles sur les tuiles adjacentes ou de même couleur. Et si vous remplissez une tuile, hop, vous la retournez, récupérez ses légumes, et gagnez des animaux pour un petit scoring supplémentaire. On a l’impression de remplir des contrats (les champs) pour remplir d’autres contrats (les acheteurs de légumes), et le chaînage des deux n’a pas su éveiller mon intérêt. Sans doute que le jeu est fait pour d’autres joueurs que moi, mais j’ai trouvé le système au final plus laborieux que nécessaire. Je regrette aussi quelques bonus injustes saupoudrés ça et là.

Pour autant, je comprends tout à fait les incitations et les leviers proposés par ce Sunfield Farm : ils sont logiques, froids, calculés, ils ont du sens. Mais la magie du game design ne se commande pas toujours : ici, ma déception est de ne pas arriver à trouver le fun dans ce mélange qui rationnellement devrait donner des choix signifiants. Le manque de rêve, de souffle, d’un grain de folie, de relief ? Je ne trouve pas.

Un jeu de Céline LevetYoann Levet
Illustré par Cyrille Bertin
Edité par Sorry, We Are French (SWAF)

 

 

Le souffle du dragon

Gameflow aime bien les dragons, visiblement, après Dors Dragon d’or qui nous avait séduit il y a quelques années, voici Le souffle du dragon. Une mécanique inattendue qui nous a plu, le souffle ! 

Dans ce jeu pour enfants à partir de 6 ans, il faudra écarter du tas de cartes central les cartes qui viendront rejoindre notre collection, 6 cartes de couleurs différentes et c’est la victoire, ou 4 de notre couleur si on a réussi à devenir un super dragon. Pour isoler les cartes à récupérer, on prend une grande inspiration, et on souffle. Et bien ce n’est pas aussi facile que vous le pensez, et vous utiliserez des stratégies jamais employées ailleurs que pour faire sonner votre trompette ou allumer le barbecue. Le souffle du dragon propose des parties évolutives, et apprend même aux enfants à bien souffler. Et on apprécie la fabrication locale du jeu.

 

 

Sortie septembre

Un jeu de Victor Saumont
Illustré par Camille Chaussy
Edité par Game Flow

 

Bientôt la suite de nos découvertes ludiques parisiennes dans un troisième reportage.

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